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ActualitéWalloniemercredi 9 juillet 2025

La grève de prestataires de soins du 7 juillet 2025

Synthèse

Caroline Taquin a dénoncé la grève des médecins du 7 juillet 2025, qu’elle a présentée comme le signe d’une inquiétude profonde pour l’accessibilité des soins, la liberté tarifaire des prestataires et l’équilibre financier des hôpitaux, et elle a interrogé le ministre sur sa position, le soutien possible aux patients et l’existence d’une concertation. Yves Coppieters a regretté la grève, a indiqué n’avoir pas été concerté par le ministre fédéral, mais a précisé que ces enjeux étaient discutés en CIM Santé et qu’un groupe d’experts travaillait sur la réforme hospitalière. Il a jugé nécessaire une réforme, notamment des suppléments d’honoraires et de l’accessibilité, en soulignant qu’elle devait aller de pair avec la réforme de la tarification et celle des hôpitaux, tout en estimant que les médecins libéraux devaient assumer leurs responsabilités.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, avec Daniel Bacquelaine, nous avons suivi, et surtout nous n’avons jamais baissé la garde par rapport aux décisions, propositions et tentatives du ministre fédéral de la Santé, le ministre Vandenbroucke. Il réforme, il provoque, mais surtout, il ne concerte pas, ou du moins pas assez et pas au bon moment. Les médecins ont fait la grève, ce qui est rare. Les médecins n’ont pas simplement exprimé une colère, ils sont allés bien plus loin. Ils ont exprimé un mouvement de fond pour les patients, pour que l’accessibilité et la qualité des soins de santé soient maintenues. Ils ont manifesté leur souhait pour les soignants de maintenir et de garantir leur liberté dans le futur, y compris dans la tarification, le respect de ceux-ci et l’attractivité du métier. Ils ont exprimé leurs inquiétudes par rapport aux hôpitaux qui sont déjà dans le rouge d’un point de vue du financement. Intervenir sur les suppléments d’honoraires et les plafonner n’arrangera pas la situation des hôpitaux. Il faut absolument une réforme structurelle, nous sommes tous d’accord. En tant que ministre de la Santé au niveau wallon, quelle est votre position sur la réforme telle que présentée par le ministre Vandenbroucke? Quel soutien pourriez-vous déployer pour les patients, pour les soignants et pour les hôpitaux? Avez-vous été concerté? Des réunions sont-elles prévues en ce sens?

    Agressivité 67%Émotionnel 59%
  2. Madame la Députée, je l’ai dit dans la presse, c’est regrettable que le corps médical soit entré en grève ce lundi, parce que je pense qu’il y avait moyen de trouver des solutions ou en tout cas d’avancer différemment. Non, je n’ai pas été concerté par le ministre Vandenbroucke sur sa réforme. Mais oui, en CIM Santé – on en a déjà eu trois depuis le début de la législature, il y en avait encore une ce matin – on discute de tous ces points: la pénurie du personnel, la réforme hospitalière, et vous savez que la CIM Santé a mis en place un groupe de travail d’experts sur la réforme hospitalière, représentatifs de toutes les communautés et toutes les dimensions philosophiques par rapport à tout cela. On attend toujours leurs recommandations. Cette réforme est nécessaire, je l’ai bien dit. On ne peut pas continuer sans envisager une réforme par rapport aux suppléments d’honoraires, à l’accessibilité. C’est dans ce sens-là, en l’occurrence, qu’en Région wallonne, on évolue sur notre réforme de la première ligne de soins. J’espère qu’elle sera opérationnalisée en 2026. Je comprends, et les médecins l’ont bien dit, cette réforme envisagée par le ministre Vandenbroucke n’est pas possible sans la réforme de la tarification des soins. Elle doit se faire en parallèle. Vous ne pouvez pas imaginer limiter le conventionnement ou limiter les suppléments d’honoraires sans savoir comment va se faire la future tarification à l’acte ou au forfait, bien sûr en tenant compte des aspects préventifs, du temps à passer avec le patient, et cetera. C’est une chose, et on sait très bien aussi que cette réforme ne pourra pas se faire sans la réforme hospitalière. Je pense que le ministre Vandenbroucke l’a compris: c’est en 2028 que toutes ces réformes vont démarrer et qu’il doit avoir sur la table ces trois documents. Tant que l’on ne verra pas clair sur la réforme de la tarification, c’est-à-dire comment on va valoriser toute une série d’actes ou de pratiques communautaires des médecins, on aura trop de questions en suspens. Oui, je soutiens en gros le fait que cela va peut-être trop vite, mais je ne soutiens pas le fait de faire grève parce que je pense que l’on est dans une médecine libérale. On n’est pas face à des fonctionnaires, ce sont des médecins libéraux, ce sont des indépendants, ils doivent prendre aussi leurs responsabilités.

    Agressivité 69%Constructivité 59%Factuel 67%Émotionnel 68%
  3. Merci, Monsieur le Ministre. Justement, si les médecins se sont manifestés de la sorte, c’est parce que la situation est grave. Vous le dites, le ministre Vandenbroucke sait. Mais il sait depuis cinq ans. Nous avons entamé un bras de fer et je peux vous avouer que c’était assez agréable et réjouissant quand on arrivait à gagner un combat. Je vous encourage à entamer ce bras de fer avec lui, sinon vous ne serez pas respecté et les Wallons ne seront pas respectés. Il est clair qu’il faut une réforme, il faut une réforme structurelle, mais les choses doivent se faire dans l’ordre. Travailler dans l’ordre, c’est d’abord travailler sur la réforme des tarifs, sur la nomenclature, sur la réforme des hôpitaux, tout cela en respectant l’accord du Gouvernement pour lequel il a apposé sa signature. Je vous fais confiance pour la suite, Monsieur le Ministre.

    Constructivité 45%

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