L’ouverture de la Flandre sur l’instauration d’une vignette
Les députés ont interrogé le ministre sur l’instauration d’une vignette routière, en demandant les modalités de concertation avec la Flandre et Bruxelles, la forme du dispositif et la garantie qu’il ne pèsera pas sur les citoyens wallons. Le ministre a rappelé que la DPR prévoit un mécanisme de droits d’usage afin de faire contribuer aussi les véhicules étrangers au financement et à l’entretien du réseau, et s’est réjoui de la convergence avec la nouvelle position flamande, tout en espérant une dynamique similaire à Bruxelles. Il a indiqué que les modalités devront encore être définies, en s’appuyant notamment sur l’expérience et l’outil Viapass déjà utilisés pour les poids lourds.
Débat · 5 interventions
- JBJean-Paul BastinLes Engagés
Monsieur le Ministre, je pense que mon propos sera moins animé que le précédent. Néanmoins, je me souviens, il y a quelques semaines, d’un ton parfois goguenard, sceptique parce que la majorité, le Gouvernement, avait osé mettre dans sa DPR que nous allions instaurer une vignette sur le territoire wallon et que nous allions travailler avec des partenaires pour qu’elle soit d’application sur l’ensemble du pays. Pour la minorité évidemment, ce n’est pas possible. Voilà déjà une idée à peine née qui est déjà morte avant d’aboutir. M. Mugemangango l’a souligné tout à l’heure, la Région flamande a mis un peu plus de temps que nous pour faire un Gouvernement, mais les bonnes idées ont fait leurs petits: ils ont également intégré, dans leur Déclaration de politique régionale, l’idée de mettre en place une vignette. Reste alors évidemment le Gouvernement bruxellois, qui n’est pas encore constitué, mais je suis sûr que les 162 kilomètres carrés qui les concernent pourront également intégrer l’ensemble du royaume et ses 30 800 kilomètres carrés pour avoir cette vignette et cette participation de nombreux automobilistes étrangers qui viennent utiliser nos routes sans les payer, comme nous le faisons quand nous allons en France ou en Suisse, par exemple. Monsieur le Ministre, quelles sont désormais les modalités pour prendre contact avec votre homologue du nord du pays pour déterminer les modalités d’instauration d’une telle vignette? Sera-t-elle physique? Sera-t-elle virtuelle? Pouvez-vous nous garantir que les citoyens de notre royaume et de notre Wallonie n’auront pas à en supporter le coût? Enfin, apporterez-vous une attention et une main tendue aux négociateurs bruxellois pour qu’ils puissent également intégrer cette dynamique?
Agressivité 41% Monsieur le Ministre, j’ai lu avec attention votre interview de rentrée, où vous aviez la volonté d’avancer sur cette vignette. Vous avez aussi émis que, si cette vignette n’était pas possible, vous aviez un plan B. Mais, bonne nouvelle : hier, l’accord de Gouvernement flamand intègre aussi le souhait d’instaurer cette vignette. Certes, mon homologue vient de le dire, il reste la Région bruxelloise, si l’on veut une homogénéité pour cette vignette, mais je pense que le bon sens reviendra. Je me dis donc que cette vignette pourra certainement, avec un peu de concertation avec les différentes Régions, voir le jour. Six millions cinq cents voitures étrangères parcourent notre Région, notre pays tous les jours. C’est donc, pour moi, une excellente idée. C’est vraiment une des solutions mises en avant afin que l’on puisse restaurer et faire des travaux sur le réseau routier. Monsieur le Ministre, il faudra prendre des contacts, voir quel est le timing. Comment allez-vous négocier avec les autres Régions? C’est vraiment là le sens de mes questions. Je sais que l’on est aux prémices, la nouvelle étant tombée hier. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs, mais voyons comment on va mener le dossier pour qu’il soit mené à bien. La volonté d’aboutir anime ce Gouvernement. Je vous rejoins sur ce dossier, parce que je le suis depuis très longtemps et je me réjouis vraiment que l’on puisse aller dans cette direction parce que notre réseau routier en a besoin. Il me paraît essentiel que cette vignette puisse voir le jour et que les utilisateurs étrangers puissent aussi cotiser. Je crois que l’on a la même volonté: que cette réforme ne coûte pas à l’ensemble de la Région et au citoyen régional parce que l’on veut une fiscalité neutre. Je souhaite vous entendre par rapport à cela.
Constructivité 77%Factuel 56%Émotionnel 65%- FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Madame et Monsieur les Députés, ces questions portent sur un choix majeur de la Déclaration de politique régionale : celui de mettre en place un mécanisme de droits d’usage, de vignette auto, en Wallonie. Pourquoi porte-t-on, au sein de la Déclaration de politique régionale MR-Les Engagés, ce projet? Pour mettre fin à une discrimination, une injustice: aujourd’hui, le réseau régional routier et autoroutier wallon est financé uniquement par les Wallonnes et les Wallons. Il en est de même en Flandre et à Bruxelles. Or, vous le savez – vous avez cité des chiffres – de très nombreux véhicules étrangers roulent sur nos routes, les usent, réclament aussi des services de qualité. On le sait, aujourd’hui, en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre, le réseau mérite mieux. La logique est donc de mettre en place une contribution, comme cela se fait dans d’autres pays. Quand on prend l’autoroute en France, quand on va en Suisse, en Autriche, au Portugal, en Slovénie, en Slovaquie, ce sont des endroits où il y a un droit d’usage. C’est bien dans ce sens que la Déclaration de politique régionale wallonne souhaitait avancer. On espérait le plan A, celui où les autres Régions bougent. La mise en place du nouveau Gouvernement flamand ce week-end et les décisions prises dans ce cadre amènent à une convergence, un alignement des planètes; je ne peux que m’en réjouir. J’espère qu’il en sera également de même lorsque, dans les prochaines semaines, le Gouvernement bruxellois sera formé. Regardons maintenant les modalités, notamment sur la manière dont on va fonctionner, puisque c’est une question que vous m’adressez. Quand j’entends ma collègue flamande Annick De Ridder dire: «C’est un projet phare et c’est une priorité. Nous voulons le faire en 2027, nous avons la volonté de concerter la Wallonie, nous avons la volonté d’affecter les recettes à l’entretien des routes et nous voulons une pression globale fiscale identique pour l’ensemble des Flamands». Ce sont exactement les mêmes conditions que celles de l’accord de la DPR wallonne. C’est une très bonne nouvelle et l’alignement des planètes est donc clair. Nous allons y travailler. Il restera dans les prochains mois à travailler sur les modalités. La chance est que l’on a déjà une expérience qui fonctionne avec le système Viapass, qui est un outil pararégional commun aux trois Régions, pour ce qui concerne les camions. On a donc un outil technique, technologique et administratif à disposition; on va l’utiliser et travailler avec dans les prochaines semaines. C’est un enjeu important pour l’amélioration et la sécurisation du réseau routier: avoir un réseau moderne, digne d’un usage sécurisé et confortable pour l’ensemble des usagers, et financé par l’ensemble des utilisateurs, y compris les plaques étrangères, ce qui n’est pas le cas pour l’instant dans notre beau pays.
Agressivité 41%Émotionnel 39% - JBJean-Paul BastinLes Engagés
Merci, Monsieur le Ministre, pour ces éclaircissements et cette volonté réaffirmée. Vous affirmer que nous vous soutenons dans cette volonté de faire payer une juste contribution par l’ensemble de ses différents utilisateurs. Non, pour une fois, je rejoindrai le PTB : les Wallons ne sont pas le Mister Cash de la mobilité européenne. Il est de bon droit que chacun puisse y contribuer justement. Nous reviendrons pour connaître les modalités d’application: est-ce une vignette une fois par an ou, au contraire, par semaine ou par jour, comme dans d’autres pays? Est-ce physique ou numérique? Ceci s’écrira avec le partenaire du nord du pays, dont nous pouvons souligner les bonnes relations qui semblent s’initier dès le début.
Constructivité 95%Émotionnel 40% Comme vous l’avez dit, Monsieur le Ministre, mettre fin à cette discrimination nous paraissait indispensable, ainsi qu’avoir cet objectif de la réfection du réseau routier. Les données sont là et, à l’heure actuelle, nous avons les mêmes conditions que la Flandre. L’équation est complète et la volonté est d’avancer. Je vous rassure, nous sommes deux. La volonté est d’avancer sur ce dossier, donc place aux différentes modalités et aux différents contacts, mais le timing est là. Je vous remercie pour les précisions que vous nous avez apportées.
Constructivité 60%Factuel 65%
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