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ActualitéWalloniemercredi 19 mars 2025

Les métiers en pénurie menacés par la limitation du chômage à deux ans

Synthèse

Julien Liradelfo a critiqué la limitation du chômage à deux ans pour les personnes en formation vers des métiers en pénurie, estimant qu’une telle exclusion est contre-productive et pousse davantage vers la précarité ou le CPAS. Pierre-Yves Jeholet a rappelé l’objectif gouvernemental de remettre davantage de personnes au travail, en soulignant le paradoxe entre le nombre important de chercheurs d’emploi et la pénurie de main-d’œuvre, tout en indiquant que les modalités d’application fédérales restent à préciser. Il a précisé que les statuts des personnes en formation devront être examinés afin de ne pas pénaliser celles qui suivent des parcours professionnalisants, et que le gouvernement wallon restera attentif aux répercussions de la réforme.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, cela a été confirmé dans la presse par votre collègue fédéral, le ministre Clarinval. Les personnes qui sont en formation dans les métiers en pénurie seront exclues du chômage après deux ans. Je voudrais d’abord dire que cette mesure d’exclusion en tant que telle est absurde. Absurde parce que l’on voit que toutes les études et toutes les expériences ont démontré que cela donnait l’inverse de ce que l’on recherchait. On sait qu’aujourd’hui, quand on exclut quelqu’un du chômage, bien souvent il se retrouve au CPAS ou, peut-être même, plus dans la précarité. Cela devient compliqué de se déplacer, d’acheter un véhicule, de mettre du carburant, d’avoir un abonnement GSM, d’être actif dans sa recherche d’emploi. Cette absurdité, aujourd’hui, elle va encore plus loin. Parce que même des personnes qui sont dans des formations pour des métiers en pénurie seraient exclues, alors même que dans votre accord de gouvernement, les mots «métiers en pénurie» se retrouvent 12 fois. Aujourd’hui, cela me paraît vraiment absurde. Comment justifier une mesure d’exclusion qui démontre qu’elle a l’effet inverse? On éloigne les travailleurs du marché du travail. Comment justifier que cette mesure va toucher les travailleurs qui sont dans des cycles de formation pour arriver dans ces métiers en pénurie?

    Agressivité 83%Émotionnel 83%
  2. Monsieur le Député, à nouveau, on ne peut pas être d’accord sur tout, mais que la préoccupation de pouvoir remettre davantage de personnes aujourd’hui inactives sur le marché du travail, que ce soit parce qu’elles sont chercheuses d’emploi, bénéficiaires d’allocations de chômage ou en maladie de longue durée, est bien un objectif du Gouvernement. Je ne vous ai pas entendu dire le contraire. Il faut remettre davantage de personnes au travail. Il est vrai que c’est le paradoxe d’avoir 233 000 chercheurs d’emploi aujourd’hui – je ne parle même pas des malades de longue durée – et d’avoir plus de 150 métiers critiques et en pénurie de main-d’œuvre. J’ai rencontré le ministre de l’Emploi, le ministre Clarinval, la semaine dernière, pour évoquer les modalités de toute une série de réformes qui sont prises au niveau fédéral, notamment la limitation des allocations de chômage dans le temps. La décision est très claire dans l’accord Arizona, mais il y a encore toute une série de modalités à définir. Quand vous parlez de formation, c’est vrai que l’on est passé de 3 à 4 ans au niveau du statut infirmier, mais ce ne sont pas nécessairement des personnes qui ont un statut de chercheur d’emploi. C’est un statut d’étudiant. On devra, quand on va regarder les modalités, voir évidemment les statuts. Un chercheur d’emploi qui a une formation au FOREm ou un apprenant à l’IFAPME, ou un étudiant n’ont évidemment pas le même statut. L’objectif est de ne pas pénaliser des personnes, peu importe leur statut, qui sont en train de suivre des formations professionnalisantes. C’est un point d’attention qui sera très important pour nous. Le but est de remettre davantage de personnes au travail, notamment dans des métiers en pénurie. Il est encore un peu tôt, même s’il y a eu un article de presse qui n’était pas, en tout cas pour moi, d’une plus grande clarté – peut-être pour vous –, mais nous étudierons et nous serons très attentifs, au niveau du Gouvernement wallon, à voir les modalités de la mise en œuvre des mesures du Fédéral et les répercussions sur la Région.

    Agressivité 52%Constructivité 44%Factuel 50%Émotionnel 55%
  3. Monsieur le Ministre, ce n’est pas un article de presse, c’est avant tout une déclaration de votre collègue, le ministre MR Clarinval. J’entends aujourd’hui que vous confirmez que cette mesure rate sa cible, va toucher des personnes qui sont en formation dans des métiers en pénurie. Plus largement, la mesure d’exclusion rate sa cible. On a bien compris où vous voulez en venir. On a compris que le MR et Les Engagés, leur politique était de précariser les personnes qui aujourd’hui cherchent un emploi, parce que ce n’est pas en les excluant que l’on va les remotiver. Évidemment que tout le monde peut se trouver un travail, mais si jamais vous jetez les gens dans la précarité, ils vont simplement juste se débattre pour survivre. Ce n’est pas comme cela que l’on trouve un boulot.

    Agressivité 82%Émotionnel 60%

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