Moniteur citoyen
← Toutes les questions
ActualitéWalloniemercredi 21 février 2024

La vulnérabilité énergétique des aînés

Synthèse

Le député souligne qu’une enquête de la Mutualité chrétienne révèle qu’un quart des seniors vivent en précarité énergétique et que deux tiers ne comprennent pas le système de primes individuelles à la rénovation, qu’il juge peu lisible et inefficace. Il estime que la stratégie actuelle ne permettra pas d’atteindre les objectifs de rénovation en Wallonie et plaide pour des solutions plus collectives, comme les rénovations par quartier, le tiers payant et une simplification administrative. Le ministre répond qu’il maintient le cadre des primes et les évolutions déjà annoncées, sans remettre en cause la logique actuelle. Le débat met aussi en avant la faible notoriété des plateformes de rénovation, que le questionneur dit limitée à 3 % des personnes interrogées.

Débat · 2 interventions

  1. Monsieur le Ministre, la Mutualité chrétienne a fait une enquête auprès des séniors; celle-ci nous apprend qu’un quart des séniors vivent dans une situation de précarité énergétique. Cette enquête nous apprend aussi que deux tiers de ces personnes ne comprennent rien à votre système de prime individuelle de rénovation, vu qu’ils s’estiment soit mal informés, soit pas informés du tout par rapport à ce système individuel de prime de rénovation. C’est donc l’échec. C’est le bilan de votre stratégie et de celle de votre Gouvernement. C’est l’échec de cette stratégie de primes individuelles. Or, le boulot est important à faire puisque, en Wallonie, il y a un million de logements résidentiels à rénover pour atteindre les objectifs climatiques et environnementaux de 2050. C’est énorme. Cela ne marchera pas avec ce que vous êtes en train de faire maintenant. Cela pose d’autant plus question qu’il y a des pistes. On pourrait faire, par exemple, des rénovations par quartier, et pas seulement dans deux projets pilotes, mais dans l’ensemble de la Wallonie. On pourrait aussi utiliser un système de tiers payant. Cela veut dire un financement public qui serait remboursé par l’économie d’énergie faite après rénovation. Cela n’impliquerait alors aucun euro à sortir de son portefeuille pour le citoyen. On pourrait aussi envisager une prise en main intégrale de l’administration de telle manière que, avant les travaux, pendant les travaux et après les travaux, ce ne sont pas les citoyens qui doivent porter ce poids administratif. Maintenant, on a une stratégie totalement inefficace, anti-écologique, puisque cela n’avance pas, et qui est antisociale, puisque seuls ceux qui ont les moyens peuvent, malgré les primes, faire les travaux. Ma question est bien claire: quand allez-vous changer de stratégie, arrêter avec cette stratégie inefficace, anti-écologique et antisociale?

  2. Monsieur le Ministre, je suppose que vous n’ignorez pas que chacun peut aller lire sur votre site les choses qui ont changé et qui n’ont pas changé. Vous avez effectivement parlé d’une augmentation de primes, mais cela reste sur une stratégie individuelle de primes. C’est la réalité. Les chiffres sont alarmants: il faut 40 000 rénovations par an pour pouvoir avancer suffisamment jusqu’à 2050, c’est énorme. Quand vous dites que vous n’allez pas quitter cette stratégie individuelle, cela pose question. Quand j’entends Mme Rajae Maouane, par exemple, à la télévision dire qu’elle est pour la rénovation par quartier, c’est exactement ce qu’il faudrait faire, au-delà de la stratégie individuelle. Je vous suggère que cet élément ne reste pas que sur les plateaux télé, mais que ce soit votre réalité quand vous êtes vous-même ministre. Vous avez parlé des plateformes de rénovation. Cette enquête, que j’espère que vous avez lue, parle aussi des plateformes de rénovation. Savez-vous quel pourcentage de personnes sont au courant que cela existe? Trois pour cent. Si vous ne prenez pas réellement ce dossier en main, cela ne va pas avancer et ce sera dramatique de faire ce constat en 2050.

    Agressivité 77%Factuel 59%Émotionnel 70%

Questions similaires

ActualitéWallonie03.09.25

L’aggravation de la fracture énergétique en raison de l’octroi de prêts au lieu de primes à la rénovation

Laurent Devin a dénoncé la réduction des primes à la rénovation énergétique, qu’il juge brutale et source de désarroi pour les ménages comme pour le secteur de la construction, et a interrogé la ministre sur une éventuelle orientation vers des prêts et des obligations. Cécile Neven a confirmé que le système de primes avait été revu, tout en affirmant qu’il reste le plus généreux du pays, et a indiqué qu’un nouveau régime global de soutien à la rénovation est en préparation pour le 1er octobre 2026. Elle a précisé que plusieurs pistes sont à l’étude, dont des prêts éventuellement combinés à des primes pour certains ménages, un accompagnement renforcé, des incitants fiscaux, des obligations de rénovation et une amélioration de la certification PEB. Le député a reconnu l’existence de ce chantier mais a insisté sur le risque d’endettement pour certaines familles et sur la nécessité d’un dispositif capable d’embarquer l’ensemble des publics.

LDLaurent Devin · PSCécile Neven
Prêts à la rénovationPrimes publiques
UrgenteWallonie21.01.26

L’étude du Conseil central de l’économie (CCE) relative à la rénovation du parc résidentiel

Les députés ont interrogé la ministre sur l’étude du Conseil central de l’économie estimant à plus de 100 milliards d’euros les investissements nécessaires d’ici 2050 pour rénover le parc résidentiel, en demandant notamment quelle part reviendrait à la Wallonie et quels moyens budgétaires annuels seraient débloqués. Ils ont critiqué la baisse des primes à la rénovation et la réforme annoncée, jugée plus contraignante et potentiellement fondée sur des emprunts ou des sanctions, au risque d’exclure les ménages précaires. Cécile Neven a répondu que le rapport allait dans le sens de sa politique, fondée sur une concentration des aides publiques vers les ménages les plus modestes et les logements les moins performants, avec une mobilisation du privé, une réforme progressive du PEB et un système de soutien global prévu pour le 1er octobre 2026. Elle a ajouté que les modalités concrètes et les calibrages étaient en cours, en lien avec le secteur de la construction et avec une réflexion plus large sur le mix énergétique wallon.

JCJean-Jacques Cloquet · Les EngagésCécile Neven
Rénovation des bâtimentsInvestissements publics
UrgenteWallonie21.01.26

L’aide publique pour la rénovation énergétique

Les députés ont interrogé la ministre sur le rapport du Conseil central de l’économie, qui estime à plus de 100 milliards d’euros l’investissement public nécessaire d’ici 2050 pour la rénovation énergétique, et ont demandé quelle part de cet effort reviendrait à la Wallonie ainsi que quel budget annuel serait mobilisé. Ils ont aussi critiqué la baisse des primes à la rénovation et la réforme annoncée, jugée trop orientée vers des prêts et des sanctions, au détriment des ménages précarisés. Cécile Neven a répondu que le rapport confirmait, selon elle, l’orientation de sa politique : concentrer les moyens publics sur les ménages les plus modestes et les logements les moins performants, tout en mobilisant aussi des investissements privés. Elle a indiqué que la nouvelle réforme de soutien global, prévue pour le 1er octobre 2026, ainsi que les obligations de rénovation liées au PEB, sont encore en cours de calibrage, en parallèle d’un travail sur le mix énergétique wallon et la concertation avec le secteur de la construction.

JDJori Dupont · IndépendantCécile Neven
Rénovation des bâtimentsTransition écologique
UrgenteWallonie21.01.26

L’action de la Wallonie à contre-courant des recommandations du Conseil central de l’économie (CCE) pour le financement de la rénovation

Les députés ont interpellé la ministre sur la compatibilité de la politique wallonne de rénovation avec l’avis du CCE, qui estime à plus de 100 milliards d’euros les investissements nécessaires d’ici 2050, dont environ 1 milliard par an en Wallonie, en soulignant le risque d’exclure les ménages précaires si les aides se transforment en emprunts ou sont réduites. Cécile Neven a répondu que le rapport confirmait l’orientation de sa réforme, centrée sur un soutien accru aux ménages les plus modestes et aux logements les moins performants, avec une mobilisation conjointe des financements publics et privés. Elle a précisé que les modalités du nouveau système de soutien global, prévu pour le 1er octobre 2026, ainsi que les calibrages et la réforme du PEB, étaient encore en cours, tout en insistant sur la prise en compte de la capacité des ménages, du secteur de la construction et du mix énergétique.

LDLaurent Devin · PSCécile Neven
Rénovation des bâtimentsTransition écologique
ActualitéWallonie18.12.25

La transition vers des crédits et l’endettement en matière de rénovation énergétique

Özlem Özen a dénoncé une réforme qui, selon elle, remplace les primes par des prêts et oblige les ménages à s’endetter pour rénover, au risque d’exclure les plus précaires et de freiner la rénovation. Olivier Maroy et Anne-Catherine Goffinet ont, eux, demandé des précisions sur les conditions d’accès, la lisibilité du nouveau dispositif et les délais de traitement des dossiers. Cécile Neven a présenté une réforme structurée autour de quatre piliers: transposition des exigences européennes, plan de rénovation avec calendrier par labels PEB, adaptation du soutien MEBAR et nouveau système de soutien fondé sur le Rénopack et le Rénoprêt. Elle a indiqué que l’audit resterait préalable, que la liste des travaux resterait globalement inchangée, que l’aide serait calculée globalement plutôt que poste par poste, et que l’accès aux prêts serait lié à un saut de label, tout en détaillant le calendrier de rénovation et les règles annoncées concernant les chaudières au mazout.

ÖÖÖzlem Özen · PSCécile Neven
Transition écologiqueRénovation des bâtiments