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ActualitéWalloniemercredi 7 janvier 2026

Le manque de sablage des routes enneigées

Synthèse

Les députés ont interpellé le ministre sur la gestion du récent épisode neigeux, en soulignant les difficultés persistantes sur certaines voiries secondaires, les risques pour les automobilistes et les cyclistes, ainsi que le manque d’anticipation perçu dans certaines communes. François Desquesnes a rappelé que le réseau régional est traité par le SPW avec un budget annuel de 30 à 40 millions d’euros, 100 000 tonnes de sel, 660 engins et plus de 1 200 personnes mobilisées, sur la base de 53 stations météo et d’un système d’alerte gradué. Il a précisé que les routes secondaires relèvent des autorités communales, tandis que les pistes cyclables latérales doivent être intégrées au dispositif d’entretien, mais que les pistes en site propre sont encore trop peu équipées pour être déneigées, et que les RAVeL relèvent des communes sauf le long des voies d’eau, où la Région intervient. Les échanges ont aussi porté sur l’opportunité d’une meilleure coordination locale et d’un éventuel partage de matériel, d’information et de priorisation des tronçons cyclables.

Débat · 9 interventions

  1. Monsieur le Ministre, depuis quelques jours maintenant, la Wallonie connaît le plus gros épisode hivernal que nous avons rencontré ces dernières semaines. Je voulais faire le point avec vous, puisque depuis maintenant une dizaine de jours nos hommes sont sur le terrain, nos agents du SPW, nos agents communaux et toute une série de sous-traitants. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour les remercier pour ce travail souvent ingrat qu’ils réalisent durant la nuit. Parfois, d’ailleurs, de nombreux citoyens ne sont pas conscients du travail de fond qui est réalisé. Au-delà de cela, je voulais voir avec vous si tout se passait bien, si la situation était sous contrôle. Je pense qu’il n’y a pas de gros soucis au niveau du réseau structurant pour le moment, et tant mieux. C’est la qualité de l’organisation qui est bien là aujourd’hui. Dès lors, pouvons-nous faire le point sur la situation? Tout est-il sous contrôle? Les épisodes sontils bien prévus comme il se devait?

    Agressivité 68%Constructivité 73%Factuel 54%Émotionnel 68%
  2. Monsieur le Ministre, la neige tombe, tout le monde l’a remarqué. En sortant du parking Confluence hier pour me rendre à votre commission, j’observais les cyclistes sur le quai le long de la Meuse et la voie n’était pas déneigée. Ma première pensée était : « quel courage de rouler à vélo par un temps pareil ». Puis, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir le sentiment de danger pour eux de circuler le long de l’eau sur une piste glissante, même s’ils étaient assez bien équipés. Le déneigement des pistes cyclables est un sujet qui revient chaque année. Avello fait souvent un communiqué pour témoigner leur inquiétude par rapport, à leurs yeux, au peu de déneigement des réseaux cyclables à certains endroits. Je suis assez pragmatique aussi et je me rends compte que la priorité va aux grands axes, aux autoroutes, aux routes régionales et à la voirie en général étant donné que les services de secours doivent arriver chez chacun des Wallons et Wallonnes, et ils ne vont pas en vélo. Néanmoins, si nous voulons avoir une véritable politique de report modal, nous devons encourager et améliorer cette politique de déneigement des axes cyclables. Quelles sont les mesures prises par la Région wallonne pour améliorer ce déneigement des axes cyclables? Y a-t-il des collaborations avec les communes pour améliorer ce déneigement? J’ai été assez surpris par un article dans Le Soir, dans lequel on parlait de déneigement des RAVeL par les communes. À mes yeux, c’est une responsabilité régionale de les entretenir. Pouvez-vous clarifier ce qui se fait à ce niveau?

    Agressivité 43%Émotionnel 52%
  3. Monsieur le Ministre, chaque fois qu’il neige, on entend la même chanson : « Il suffit d’un centimètre de neige et tout est paralysé. » On l’a encore vu ce matin, pour beaucoup d’automobilistes, la situation était compliquée. Je tiens d’abord à saluer le travail des agents du SPW, mais aussi de tous les ouvriers qui font en sorte que nos routes soient praticables en travaillant la nuit, dans le froid, dans des conditions difficiles. Malgré leurs efforts, on ne peut que constater que certaines routes et surtout des voiries secondaires sont parfois mal dégagées ou tardivement dégagées. Dans pas mal de communes, des routes sont restées dangereuses pendant un bon moment. On ne peut dès lors que se poser la question sur l’anticipation, d’autant plus que les infos météo étaient claires, que les chutes de neige étaient annoncées à l’avance. Cela n’a pas empêché certains de connaître le chaos sur nos routes cette semaine. Ce lundi d’ailleurs, en sortant de ce Parlement, le rond-point était totalement bouché, à l’arrêt. Il était très compliqué de sortir de Namur. Comment expliquez-vous ce manque d’anticipation pour certaines communes? Certains pointent le manque de moyens dans les services de déneigement dans les communes. Comment le Gouvernement va-t-il aider les communes à financer des services qui sont aussi essentiels?

    Agressivité 39%
  4. FD

    Madame et Messieurs les Députés, comme vous, il ne m’aura pas échappé qu’il neige sur la Wallonie et que cela suscite donc des questions d’actualité fort à propos. (Rires) J’ai déjà eu l’occasion de répondre aussi sur l’aspect équipement des voitures, et je ne peux que recommander aux automobilistes qui veulent circuler sur des routes plus escarpées, ou plus étroites ou moins prioritaires, de s’équiper de pneus neige. Ce n’est pas une obligation, mais c’est une recommandation. Il y en a encore. J’en viens maintenant à la façon dont est organisé le service de maintien en état du réseau routier régional: 7 834 kilomètres de voiries régionales, des routes et des autoroutes qui sont gérées par les agents du SPW MI. Comme d’aucuns l’ont signalé, je souhaite également les remercier pour le travail qu’ils mènent dans l’ombre, dans la nuit, au petit matin, pour faire en sorte que nos routes soient dans le meilleur état. Le budget consacré à la praticabilité du réseau routier régional, bon an mal an, par le SPW, s’élève à entre 30 millions et 40 millions d’euros par an; c’est un investissement considérable de la part de la Wallonie. Cela correspond notamment à un stock de sel, en tout cas début novembre, de 100 000 tonnes qui permet d’assurer l’activation de mécanismes qui permettent de faire fondre la neige et de rendre nos routes plus secure. Ces 100 000 tonnes sont déployées par jusqu’à 660 engins de déneigement, de salage et d’épandage qui sont activés sur nos routes. Au plus fort de la crise, lorsque tous les districts sont en alerte, c’est plus de 1 200 personnes qui travaillent jour et nuit à rendre nos routes praticables; qu’ils en soient remerciés. Comment fonctionne également le système? Il existe 53 stations de météo sur le territoire wallon, gérées par le SPW MI. Ce sont autant de signaux d’alerte qui permettent d’identifier quel est le bon moment pour saler nos routes. Choisir le bon moment, c’est économiser le sel, et surtout faire en sorte que l’action soit menée au bon moment. L’idéal est d’intervenir trois heures avant les chutes de neige, et de commencer le traitement à ce moment-là. Comment cela fonctionne-t-il au-delà des mécanismes de surveillance du réseau? Il y a également une activation de la Cellule d’action routière – qui est composée du centre Perex, des gestionnaires de voirie, mais également de la police de la route –, qui identifie quelles sont les actions à mener en fonction des paramètres et des prévisions météorologiques. Il y a trois niveaux d’action: d’abord, la vigilance renforcée, lorsque les signaux de l’IRM donnent une conjonction d’humidité et de froid de nature à amener du verglas ou de la neige. Ensuite, si les éléments se confirment, on passe à un système de préalerte. Enfin, lorsque l’événement est imminent ou en approche et qu’il faut mobiliser l’équipe, nous passons en système d’alerte routière. Les alertes routières permettent de mobiliser à la fois les agents du SPW MI, mais également l’ensemble des sous-traitants régionaux. Cela doit permettre d’assurer la praticabilité de nos routes. Les 660 engins qui courent sur les 7 834 kilomètres de voirie régionale ne peuvent pas être partout en même temps. Je rappelle que, pour être efficaces, le sel et/ou la saumure doivent être malaxés, c’est-à-dire qu’il faut un passage de véhicules. Vient s’ajouter à cela le comportement de chacune et chacun d’entre nous au volant. On n’est pas toujours habitués à rouler sur la neige, puisque ce n’est pas toutes les années qu’il y a des épisodes neigeux significatifs. Il y a des véhicules mal équipés, des conducteurs peu aguerris ou découvrant la neige, et cela provoque des ralentissements et des bouchons. En heure de pointe, ce qui au départ est plutôt un ralentissement se transforme en système de congestion. C’est problématique pour l’efficacité du salage, puisque le salage nécessite un malaxage: le fait que les véhicules puissent rouler sur la neige salée. Cela concernait le réseau régional. En ce qui concerne les routes secondaires qui relèvent essentiellement des autorités communales, il revient à chaque autorité communale d’assumer ses propres responsabilités. Il y a des contacts très rapprochés entre chaque district et les services communaux. Au besoin, des mécanismes de solidarité concrète sont mis en place. Je pense que cela se passe globalement bien. Pour l’instant, malgré l’épisode neigeux relativement significatif que nous avons connu, il n’y a pas d’incidents majeurs à déplorer. Il y a eu quelques accidents et quelques blessés, mais c’est heureusement resté léger. C’était ce que je pouvais dire en l’état de ce jour et de ce petit épisode neigeux que la Wallonie traverse.

  5. La question était davantage légère que les précédentes, mais non moins importante dans le contexte que nous connaissons. C’était important de faire un focus sur cette situation, puisqu’on voit souvent, sur les réseaux sociaux, les gens se plaindre que rien ne se fait, que rien ne va, que c’est le chaos total en Belgique dès que l’on a trois centimètres de neige. On peut aussi féliciter, comme vous l’avez fait, le personnel qui se démène depuis plusieurs jours sur nos voiries pour faire en sorte que nous puissions nous rendre soit au travail, soit à d’autres occupations dans de bonnes conditions. Les chiffres que vous avez rappelés sont extrêmement impressionnants: 100 000 tonnes de sel, 660 engins sur les routes, 1 200 personnes qui travaillent jour et nuit. Cela valait le coup de faire un focus sur la situation.

    Constructivité 53%Émotionnel 42%
  6. J’avoue, Monsieur le Ministre, que je n’ai pas eu de réponse sur le cyclable. Monsieur le Président, M. le Ministre peut-il répondre?

    Agressivité 89%Émotionnel 88%
  7. Merci, Monsieur le Ministre, pour vos réponses. J’ai bien conscience que l’on doit prioriser les routes à déneiger, mais la situation du réseau secondaire pose quand même de sérieux problèmes ; on l’a encore vu ce matin puisque des bus ne circulent plus. Pourtant, dans d’autres pays limitrophes, on constate que cela se passe mieux. Ne pourrait-on pas s’inspirer de ce qui se fait bien ailleurs afin d’éviter la colère, les tensions et les accidents sur nos routes ? Enfin, j’ai posé une question sur l’aide que vous pouvez donner aux communes, et j’ai compris qu’il n’y en aurait pas. Je le répète, le réseau secondaire est important. En effet, ces routes sont souvent très dangereuses et, pour les citoyens, cela mérite que les communes aient un véritable soutien. Il en va de la sécurité de toutes et de tous.

    Agressivité 78%Constructivité 41%Émotionnel 76%
  8. FD

    Je ne voulais pas répliquer aux répliques, mais simplement m’excuser auprès de M. Dewez pour l’oubli de sa question concernant les pistes cyclables. Pour les pistes cyclables, le manuel d’entretien et de salage des routes prévoit qu’ils doivent inclure les pistes cyclables latérales aux routes. Il arrive que, dans certains endroits, il y ait un obstacle ou une séparation physique entre la piste cyclable et la route. Malheureusement, trop peu de districts aujourd’hui sont équipés de systèmes de nettoyage et de déneigement des pistes cyclables situées en site propre et séparées de la chaussée. Il n’y en a que pour le district du Brabant wallon, à ma connaissance. Concernant les RAVeL, les obligations d’entretien relèvent des communes, à l’exception des RAVeL le long des voies d’eau qui relèvent de la Région. Par ailleurs, le site Pro Velo conseille aux cyclistes de plutôt privilégier, en période hivernale, de rouler dans la neige fraîche qui, semble-t-il, est mieux que les endroits plus verglacés et à moitié nettoyés. Voilà ce que je puis vous dire en réponse à vos questions.

    Émotionnel 44%
  9. Merci, Monsieur le Ministre, d’être revenu sur ma question. J’avais une proposition : on pourrait faire une réunion par district du SPW regroupant les communes concernées, avec un représentant d’Avello et un représentant de la police. Elle aurait pour objectif de fixer les tronçons prioritaires – je sais que l’on ne saura pas déneiger d’un coup toutes les pistes cyclables séparées de la route –, faire l’état des lieux entre communes et se mettre d’accord sur les pistes cyclables prioritaires. Ensuite, il faudrait collaborer sur le matériel et le personnel humain pour voir la manière de les déneiger. Il faudrait également informer les cyclistes des pistes prioritairement déneigées. Enfin, il faudrait, chaque année, en N+1, évaluer et, en fonction de l’évolution du réseau, éventuellement revoir. De la sorte, on avancerait petit à petit dans une étape d’évolution constante à ce niveau.

    Agressivité 53%Constructivité 66%Factuel 43%Émotionnel 57%

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