Plan énergie-climat
L’absence du plan national Énergie-Climat (PNEC) et ses conséquences en matière de répartition des amendes reçues par la Belgique
Anne-Catherine Goffinet a interpellé la ministre sur le retard du dépôt du PNEC, dû selon elle à l’absence de validation de la contribution flamande, et sur les risques de sanctions européennes ainsi que la répartition éventuelle des amendes entre entités fédérées. Cécile Neven a répondu que la Wallonie avait bien transmis une contribution conforme aux objectifs européens, qu’un avis motivé de la Commission européenne a été reçu le 12 mars et impose un délai de deux mois pour déposer le plan, et qu’elle a alerté ses homologues fédéral et régionaux pour les responsabiliser. Elle a précisé qu’aucune responsabilisation des Régions n’est possible sans accord de coopération, mais qu’un tel accord devra fixer les droits, devoirs et le partage des éventuelles amendes. La ministre a ajouté que la présidence wallonne de la Commission nationale Climat servira à préparer ces discussions et à défendre la position wallonne.
L’effondrement du marché des pompes à chaleur et les perspectives de décarbonation
J.-P. Bastin a interpellé la ministre sur la chute annoncée des ventes de pompes à chaleur en Wallonie et en Belgique, qu’il relie à leur moindre attractivité économique face au gaz ou au mazout, et a suggéré d’étudier un mécanisme de crédit de kilowattheures pour les rendre plus avantageuses. Cécile Neven a confirmé la baisse des ventes, tout en la relativisant par rapport aux très bons résultats de 2022 et 2023 et en évoquant aussi des facteurs conjoncturels, tandis qu’elle constatait une hausse des chaudières au mazout. Elle a mis en avant deux leviers principaux pour soutenir la décarbonation du chauffage : l’isolation des bâtiments et la réduction de l’écart de prix entre l’électricité et le gaz, via une surcharge unique modulable, en concertation avec le régulateur et le fédéral. Le député a pris acte de ces orientations et a salué le volontarisme annoncé.
La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique jugée insuffisante par l’Union européenne
Nicolas Janssen a souligné le retard de la Belgique et de la Wallonie dans la part des énergies renouvelables, rappelant l’objectif européen pour 2030 et interrogeant la ministre sur les moyens de contribuer à l’accélération de la transition, notamment par des zones d’accélération, ainsi que sur l’équilibre entre développement énergétique, paysages et santé publique. Cécile Neven a indiqué que le projet de PNEC fixe pour la Belgique un objectif de 21,7 % de renouvelables et que la contribution wallonne via le PACE vise 28 à 29 %, la Wallonie étant selon elle sur sa trajectoire de 2022. Elle a toutefois relevé que la difficulté tient aussi aux objectifs des autres entités, à la répartition des efforts au niveau belge et à l’absence de partage réalisé de l’offshore, tout en estimant que les objectifs wallons ne pourront pas être atteints uniquement par l’éolien et le photovoltaïque, mais aussi par d’autres technologies comme le biogaz, l’hydrogène et le stockage.