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ActualitéWalloniemercredi 20 novembre 2024

L’effondrement du marché des pompes à chaleur et les perspectives de décarbonation

Synthèse

J.-P. Bastin a interpellé la ministre sur la chute annoncée des ventes de pompes à chaleur en Wallonie et en Belgique, qu’il relie à leur moindre attractivité économique face au gaz ou au mazout, et a suggéré d’étudier un mécanisme de crédit de kilowattheures pour les rendre plus avantageuses. Cécile Neven a confirmé la baisse des ventes, tout en la relativisant par rapport aux très bons résultats de 2022 et 2023 et en évoquant aussi des facteurs conjoncturels, tandis qu’elle constatait une hausse des chaudières au mazout. Elle a mis en avant deux leviers principaux pour soutenir la décarbonation du chauffage : l’isolation des bâtiments et la réduction de l’écart de prix entre l’électricité et le gaz, via une surcharge unique modulable, en concertation avec le régulateur et le fédéral. Le député a pris acte de ces orientations et a salué le volontarisme annoncé.

Débat · 3 interventions

  1. JB
    Jean-Paul Bastin
    Les Engagés

    Madame la Ministre, ce mardi, le titre d’un article évoquait l’effondrement du nombre de pompes à chaleur vendues en Wallonie et en Belgique lors de ce premier semestre, à savoir -56 %. C’est regrettable, car ces pompes à chaleur permettent de diminuer substantiellement les rejets de CO2. Or, on sait que le chauffage prend une part non négligeable dans ces rejets. Y a-t-il une explication à cet effondrement des ventes? Une hypothèse évoquée dans l’article est que ces systèmes sont peu rentables économiquement puisque leur consommation électrique est substantiellement plus coûteuse que leur équivalent en mazout ou en gaz. Serait-il imaginable de discuter avec les gestionnaires de réseaux de distribution pour pouvoir créditer tout acheteur d’une solution en pompe à chaleur d’un certain nombre de kilowattheures à l’année et ainsi rendre le système non seulement intéressant d’un point de vue climatique et des rejets, mais aussi intéressant d’un point de vue économique, et ce, sans que ce ne soit trop budgétivore ou énergivore, au sens administratif du terme, pour vos services, sachant que les GRD ont, me semble-t-il, l’obligation de financer des énergies vertes? Je vous remercie d’avance, Madame la Ministre, de nous informer sur ce point.

  2. Monsieur le Député, en effet, j’ai également lu cette étude de Climafed qui indique une chute de 50 % des ventes de pompes à chaleur. Pour votre information, on est passé de 29 800 à 16 000. C’est une comparaison du premier semestre de cette année par rapport au premier semestre de l’année 2023. En comparaison, il y a une augmentation des ventes de chaudières au mazout de 8 %, ce qui n’est pas rien non plus. Il faut relativiser ces chiffres parce que les ventes ont été particulièrement bonnes en 2022 et en 2023. C’est un premier élément. Deuxième élément, il y a également des raisons conjoncturelles à cet état de fait. Je ne vais pas rentrer dans le détail ici. Quels sont nos leviers? Vous avez évoqué une piste. Je retiens deux leviers. Le premier levier, c’est l’isolation. C’est vrai avec n’importe quel type de chaudière, mais, a fortiori, avec une pompe à chaleur parce que, si l’on isole, la pompe à chaleur peut fonctionner à température plus basse, consommant ainsi beaucoup moins d’énergie et devenant plus rentable. Il n’en reste pas moins que son coût d’installation est plus élevé. Le deuxième levier – c’est l’un des enjeux de la législature –, c’est de travailler sur le différentiel entre le prix de l’électricité et le prix du gaz. Là, il y a beaucoup de choses à faire. Cela passera, en concertation avec le régulateur et le Fédéral, par la mise en place d’une surcharge unique qui sera pilotable et que l’on pourra déplacer entre vecteurs énergétiques pour inciter les ménages à se diriger vers des vecteurs énergétiques décarbonés.

  3. JB
    Jean-Paul Bastin
    Les Engagés

    Merci, Madame la Ministre, pour ces éléments de précisions. J’entends aussi un certain volontarisme par rapport à des réglementations sur de la ventilation et de l’ajustement de quotas de kilowatts qui pourraient être alloués d’une manière ou d’une autre, et ce, envers les solutions les plus vertueuses écologiquement. Nous nous tiendrons évidemment informés et porterons attention aux annonces qui arriveront immanquablement.

    Constructivité 100%Factuel 70%Émotionnel 66%

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