Le mur construit dans un tunnel pour piétons par les étudiants montois contre l’insécurité
Les intervenants dénoncent l’insécurité persistante dans un tunnel piétonnier à Mons emprunté par des étudiantes, étudiants et des élèves, ainsi que l’inaction des autorités malgré des interpellations répétées depuis cinq ans. Ils relèvent une action symbolique menée par les étudiants, qui ont construit un mur pour attirer l’attention sur les agressions et le sentiment d’insécurité, et critiquent certains propos imputant le problème à l’habillement des jeunes filles. Le ministre reconnaît la situation et annonce une réunion la semaine suivante, tandis que les députés demandent des mesures rapides et concrètes pour garantir la sécurité des usagers du tunnel.
Débat · 4 interventions
- LD
Monsieur le Ministre, la peur règne à Mons, dans un tunnel bien connu des étudiantes et des étudiants. Depuis cinq ans, la Région wallonne est interpellée, comme nous l’avons été, par l’organisation représentative des étudiants. Bien qu’ils aient peur – ce sont principalement les jeunes filles victimes de harcèlement –, ils ont tenu à mener une action concrète. Ils ont peur, mais ils sont déterminés. Ils ont construit un mur pour attirer l’attention de la Région wallonne, pour attirer votre attention. Après avoir pris contact avec le bourgmestre de la Ville de Mons, M. Nicolas Martin, après avoir pris contact avec le président de l’Université de Mons, M. Philippe Dubois, ils me disent tous en chœur: «Nous ne voyons rien venir, Laurent». Ils ont alors dressé ce mur, qui a été immédiatement abattu. Aujourd’hui, ils nous demandent de vous poser cette question: pourquoi, après cinq ans, ne sont-ils pas encore en sécurité? Pourquoi ne sont-ils pas entendus? La mission aujourd’hui est de connaître vos intentions, celles de votre administration par rapport à des demandes d’étudiants par centaines, depuis cinq ans, génération après génération, dans ce fameux tunnel qui relie le centre-ville, Warocqué au campus du champ de Mars et la plaine de Nimy. J’attire votre attention, je porte leur parole. Ils attendent une action de votre part, vous devez pouvoir les entendre. On doit pouvoir agir pour que les étudiants de Mons, comme ailleurs, puissent être en toute sécurité quand ils évoluent d’une fac à l’autre, d’un établissement à l’autre. Monsieur le Ministre, je vous interpelle et j’attends votre réponse avec impatience et détermination. 35 PW – Session 2023-2024 – CRI n° 7 – Séance plénière – Mercredi 29 novembre 2023
Agressivité 90%Constructivité 84%Factuel 82%Émotionnel 99% - BBeugniesPTB
Monsieur le Ministre, des étudiants montois ont fait le mur de manière très concrète; ils ont fabriqué un mur. Cela fait des années qu’il y a des problèmes d’insécurité, cela fait des années qu’il y a des agressions dans un tunnel qui relie le centre-ville à un campus universitaire, celui de la plaine de Nimy, mais aussi du côté du lycée Marguerite Bervoets, des étudiants de secondaire empruntent aussi ce tunnel. Cela fait aussi des années que ces étudiants interpellent la Région wallonne, interpellent les autorités, vous interpellent. Ils demandent que l’on prenne en compte leur problème d’insécurité dans ce tunnel, que l’on résolve leur problème d’agression. Ils ne sont pas entendus. Pire encore, figurez-vous que quand ils ont téléphoné à un représentant de la Région wallonne, on leur a répondu que le problème n’était pas le tunnel, mais la manière dont les étudiantes s’habillent. On croit rêver! Face à cela, les étudiants ont décidé de construire un mur à une intersection bien spécifique du tunnel, là où des agresseurs peuvent potentiellement se cacher et agresser des étudiantes et des étudiants qui passent par là. L’ORE, l’organisation représentative des étudiants de l’UMons, à l’initiative de cette action – je les en félicite –, a voulu vous prouver qu’il y avait moyen d’agir rapidement, à tout le moins si le Gouvernement s’inquiète de la sécurité de nos jeunes. Malheureusement, ce mur n’a pas fait long feu, il n’a pas tenu longtemps, parce que des personnes malveillantes l’ont détruit. C’est normal qu’il n’ait pas tenu longtemps, parce que ce sont des étudiants, pas les maçons du Service public de Wallonie. Monsieur le Ministre, il est important d’intervenir. Je voudrais citer une phrase qu’ils ont dite: «cette action et la symbolique qui en découle ont pour but de faire entendre un message fort à la Région wallonne.» Monsieur le Ministre, avez-vous entendu ce message fort? Qu’allez-vous faire pour garantir la sécurité des étudiantes et des étudiants qui passent par ce tunnel pour se rendre à l’université ou au lycée?
Agressivité 59%Émotionnel 52% - LD
Je pense que l’organisation représentative des étudiants a bien fait de mener cette action. Elle était absolument nécessaire. En effet, dans votre réponse, je vois que vous n’étiez pas pleinement au courant de cette situation. Je vous garantis que j’ai eu hier en ligne à la fois le président de l’Université de Mons et M. le Bourgmestre de la Ville de Mons, ils sont sur la même ligne. Oui, il y a un vrai problème de sécurité dans ce tunnel. Je pense aussi, Monsieur le Ministre, que l’on ne peut plus accepter aujourd’hui que des membres disent que c’est à cause de l’habillement des jeunes filles. Nous sommes nombreux à être parents ici. En cette semaine de lutte contre les violences sexuelles à l’égard des femmes, on ne peut pas accepter cela. Je suis parent d’étudiantes à Mons. Elles ont peur! Elles étudient la journée. Elles ont le droit de sortir le soir. Je me réjouis que vous ayez une réunion la semaine prochaine et je peux vous assurer que nous allons suivre ce dossier.
- BBeugniesPTB
D’abord, je tiens encore une fois à vraiment féliciter ces étudiants pour leur détermination et pour leur action, parce que c’est clairement grâce à eux qu’aujourd’hui vous vous engagez à agir. J’espère que ce ne sont pas simplement de belles promesses. Vous parlez, Monsieur le Ministre, de sentiment d’insécurité. Il n’y a pas qu’un sentiment d’insécurité. Il y a des agressions dans ce tunnel. Ce qui est remarquable en tout cas, c’est que les étudiants ont vraiment fait la démonstration qu’en cinq jours – c’est le temps que cela a pris pour construire le mur – il y avait moyen de trouver des solutions pour des problèmes qui durent depuis des années. Depuis des années, vous avez été complètement dans l’inaction par rapport à cela. Aujourd’hui, je pense que vous n’avez plus d’excuse pour ne pas agir immédiatement – et pas seulement dans quelques mois –, parce qu’il faut impérativement éviter de nouvelles agressions.
Agressivité 85%Constructivité 74%Factuel 61%Émotionnel 76%
Questions similaires
La sécurité du tunnel pour piétons de nimy à mons
Les intervenants signalent depuis plusieurs années l’insécurité et des agressions dans le tunnel piéton de Nimy, utilisé par des étudiants de l’UMons et du secondaire, et dénoncent l’absence de réponse concrète malgré des interpellations répétées. Ils relèvent une action symbolique menée par des étudiants, consistant à ériger un mur pour attirer l’attention des autorités, ainsi que des propos jugés inacceptables attribuant le problème à l’habillement des jeunes filles. Le ministre indique avoir pris connaissance de la situation, confirme l’existence d’un problème de sécurité et annonce une réunion la semaine suivante avec les acteurs concernés.
L’insécurité des femmes dans les transports en commun
Les intervenantes soulignent, à partir d’une étude de Mpact, que les femmes se sentent nettement moins en sécurité que les hommes dans les transports en commun et aussi dans la micromobilité, en raison notamment du harcèlement et des agressions sexuelles, avec des conséquences sur leurs déplacements quotidiens. Elles interrogent le ministre sur son analyse des chiffres et sur les mesures à prendre, en insistant sur la nécessité d’impliquer les femmes dans la conception des solutions et d’agir aussi sur les infrastructures, comme l’éclairage, la fréquence des bus, les arrêts à la demande et la prévention du bond des véhicules. Le ministre indique avoir pris connaissance de la problématique et rappelle les actions déjà engagées ou en cours, notamment des campagnes de sensibilisation, des formations pour les agents du TEC et des initiatives avec sa collègue Christie Morreale, tout en reconnaissant qu’une prise de conscience régionale existe. Les députées saluent ces démarches mais estiment qu’elles doivent être complétées par des mesures concrètes supplémentaires sur le réseau et par une consultation directe des usagères.
Les craintes d’agressions des femmes dans les transports en commun
Les députées soulignent, à partir d’une étude de l’ASBL Mpact, que les femmes se sentent moins en sécurité que les hommes dans les transports en commun et la micromobilité, avec une forte crainte d’agressions sexuelles, aggravée par le harcèlement, la surcharge des bus et le manque d’éclairage. Elles interrogent le ministre sur son analyse des chiffres et sur les mesures à prendre pour renforcer concrètement la sécurité des usagères, notamment en associant davantage les femmes à la conception des aménagements. En réponse, le ministre met en avant une prise de conscience régionale et des actions déjà engagées, telles que des campagnes de sensibilisation, des formations des agents et des outils d’observation comme les « fiches d’ambiance ». Les intervenantes reconnaissent ces initiatives mais estiment qu’il faut poursuivre l’effort et ajouter des mesures structurelles, comme augmenter l’offre, améliorer l’éclairage, permettre l’arrêt à la demande et associer les femmes à la réflexion.
L’enquête de plan international belgique sur le harcèlement des femmes en rue
Le questionneur s’appuie sur une enquête de Plan International Belgique révélant l’ampleur du harcèlement sexuel dans l’espace public, le faible taux de plaintes, l’absence fréquente d’aide des témoins et la banalisation du phénomène, qui conduit certaines femmes à modifier leurs trajets et leurs comportements. Il demande quelles mesures concrètes ont été prises pour sensibiliser les citoyens, renforcer le rôle des témoins et donner suite aux travaux de la conférence interministérielle consacrée à cette thématique. La ministre est interrogée sur les actions déjà issues de cette concertation et sur les moyens de remédier à ce sous-recours à la plainte et au manque de soutien aux victimes.
La sécurité des cyclistes sur les routes wallonnes
Les intervenants ont dénoncé l’insécurité ressentie par les cyclistes sur les routes wallonnes, en pointant le manque d’infrastructures sécurisées, l’état dégradé de certaines voiries et les nids-de-poule, notamment sur des tronçons utilisés par des courses cyclistes comme Liège-Bastogne-Liège. Ils ont aussi souligné les conséquences en termes d’image pour la Wallonie et demandé des réparations, une meilleure anticipation avec les organisateurs et une priorisation des budgets pour les tronçons problématiques. Le ministre a été interpellé sur son bilan et sur les mesures concrètes à prendre pour renforcer la sécurité des cyclistes au quotidien comme lors des compétitions.