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ActualitéWalloniemercredi 13 mars 2024

Les craintes d’agressions des femmes dans les transports en commun

Synthèse

Les députées soulignent, à partir d’une étude de l’ASBL Mpact, que les femmes se sentent moins en sécurité que les hommes dans les transports en commun et la micromobilité, avec une forte crainte d’agressions sexuelles, aggravée par le harcèlement, la surcharge des bus et le manque d’éclairage. Elles interrogent le ministre sur son analyse des chiffres et sur les mesures à prendre pour renforcer concrètement la sécurité des usagères, notamment en associant davantage les femmes à la conception des aménagements. En réponse, le ministre met en avant une prise de conscience régionale et des actions déjà engagées, telles que des campagnes de sensibilisation, des formations des agents et des outils d’observation comme les « fiches d’ambiance ». Les intervenantes reconnaissent ces initiatives mais estiment qu’il faut poursuivre l’effort et ajouter des mesures structurelles, comme augmenter l’offre, améliorer l’éclairage, permettre l’arrêt à la demande et associer les femmes à la réflexion.

Débat · 4 interventions

  1. Monsieur le Ministre, une étude récente de l’ASBL Mpact révèle que, peu importe le moyen de transport en commun utilisé, les membres de la communauté féminine sont moins en sécurité que les hommes. Malheureusement, ce n’est pas nouveau et ce n’est pas une surprise puisqu’on sait que les femmes sont victimes d’agressions sexuelles lors de leurs déplacements, ce qui accroît ce sentiment d’insécurité. Il faut savoir que 75 % d’entre elles craignent de subir une agression sexuelle. Par contre, ce qui est nouveau, c’est que l’on retrouve ce sentiment d’insécurité chez les usagères de micromobilité, c’est-à-dire les trottinettes ou les vélos. Vous avez pris, avec l’OTW, des mesures pour les transports en commun. Il serait donc opportun d’envisager de les implémenter également pour ces nouveaux modes de transport très populaires. Avez-vous pris connaissance de cette étude? Quelles actions allez-vous mettre en place pour augmenter la sécurité des femmes dans les transports?

    Agressivité 66%Constructivité 58%Factuel 60%Émotionnel 70%
  2. Monsieur le Ministre, vendredi dernier, le 8 mars, c’était la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. L’ASBL Mpact s’est penchée sur les inégalités entre hommes et femmes en matière de mobilité. Son constat est dramatique: huit femmes sur dix craignent d’être agressées dans les transports en commun. En 2018, une étude de Soralia montrait que 81 % des femmes adaptent leur comportement quand elles utilisent les transports en commun à la suite des agressions – souvent sexuelles – dont elles sont victimes. Savez-vous que les femmes prennent les transports en commun pour aller au boulot et pour en revenir, mais aussi pour des activités quotidiennes, comme faire les courses, aller conduire et chercher les enfants, aider un parent plus âgé? Cela concerne encore plus les femmes des milieux populaires qui n’ont pas d’autre alternative. Quand le bus est bondé, comment éviter les mains baladeuses? Je ne vous parle pas du stress quand il faut prendre le bus à la nuit tombée. Surtout que, ces derniers temps, des quartiers entiers sont privés d’éclairage public, et ce, parfois pendant plusieurs jours d’affilée. Est-ce comme cela partout? Non. En Autriche, la Ville de Vienne implique systématiquement les femmes pour concevoir, tester et évaluer les aménagements urbains et la mobilité. Vienne est une ville pensée pour les femmes et donc inclusive pour toutes et tous. En Wallonie, ce n’est pas le cas, et les femmes sont les grandes oubliées des transports et de la mobilité. Monsieur le Ministre, quelle est votre analyse des chiffres qui viennent de sortir? Quelles leçons en tirezvous? Qu’avez-vous mis en place dans les bus et dans les équipements de mobilité pour que les femmes s’y sentent en sécurité et puissent les utiliser sans stress, quels que soient le lieu et l’heure?

  3. Je remercie M. le Ministre pour sa réponse. Comme je l’ai dit, ainsi que ma collègue, le constat est plus que dramatique. Vous l’avez répété à plusieurs reprises dans votre réponse, il y a une réelle prise de conscience de la part de la Région et des actions ont été ou sont mises en œuvre. Je suis désolée de dire que, malgré tout cela, il reste ce constat. On ne peut fermer les yeux face à cette peur, à cette crainte, chez les femmes de subir des agressions lors de leurs déplacements, quelles qu’elles soient. J’entends que, avec votre collègue, Christie Morreale, il y a eu des campagnes de sensibilisation au harcèlement dans les bus. Il faut continuer à dispenser des formations. On ne va pas régler le problème du jour au lendemain, et nous en sommes bien conscients. Je pense, Monsieur le Ministre, qu’il faudrait associer les femmes à la réflexion et se déplacer avec elles dans les différents espaces afin qu’elles puissent également participer à la réflexion des mesures à mettre en place.

    Agressivité 76%Émotionnel 87%
  4. Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. Sensibiliser, c’est bien; former les agents du TEC, c’est bien; faire des «fiches d’ambiance», c’est bien. Cependant, il y a aussi des mesures à prendre au niveau des infrastructures concrètes sur le réseau des autobus. Par exemple, augmenter l’offre de bus. S’il y avait plus de bus, ils seraient moins bondés, et l’on serait moins facilement victime d’attouchements, tout comme s’il y avait la possibilité de s’arrêter à la demande et des arrêts correctement éclairés. 33 PW – Session 2023-2024 – CRI n° 13 – Séance plénière – Mercredi 13 mars 2024 Ce sont des mesures que l’on peut facilement mettre en place pour que tout le monde puisse prendre les autobus et les transports en commun en parfaite sécurité, et surtout les femmes.

    Constructivité 78%Factuel 44%

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