L’enquête de plan international belgique sur le harcèlement des femmes en rue
Le questionneur s’appuie sur une enquête de Plan International Belgique révélant l’ampleur du harcèlement sexuel dans l’espace public, le faible taux de plaintes, l’absence fréquente d’aide des témoins et la banalisation du phénomène, qui conduit certaines femmes à modifier leurs trajets et leurs comportements. Il demande quelles mesures concrètes ont été prises pour sensibiliser les citoyens, renforcer le rôle des témoins et donner suite aux travaux de la conférence interministérielle consacrée à cette thématique. La ministre est interrogée sur les actions déjà issues de cette concertation et sur les moyens de remédier à ce sous-recours à la plainte et au manque de soutien aux victimes.
Débat · 2 interventions
- SSobryMR
Madame la Ministre, l’ONG indépendante Plan international Belgique a dévoilé, il y a quelques jours, des chiffres frappants par rapport au harcèlement sexuel en rue. C’est un fléau qui concerne majoritairement les femmes. La moitié d’entre elles indiquent carrément prévoir des détours pour éviter de devoir passer seules dans certains lieux. Au-delà de ce triste constat, d’autres chiffres qui posent questions sont ceux relatifs aux réactions et aux suites qui sont données à ces actes. On apprend en effet P.W. – C.R.I. N° 33 (2020-2021) – Mercredi 23 juin 2021 18 que seulement 6 % des victimes vont jusqu’à déposer plainte auprès de la police. Souvent, elles se sentent impuissantes, d’une part parce qu’un classement sans suite de leur plainte leur semble inéluctable, et d’autre part parce qu’en général elles ne peuvent compter sur d’éventuels soutiens de témoins. À Charleroi, par exemple, 91 % des femmes interrogées disent n’avoir pu compter sur l’aide d’aucun témoin. On sait pourtant que la plainte est primordiale, ne fût-ce que pour chiffrer le phénomène, puisqu’on sait que, pour ce problème particulier, le chiffre noir qui concerne les faits non recensés est particulièrement important. Madame la Ministre, comment peut-on remédier à cette situation? Comment conscientiser les citoyens, notamment par rapport au rôle crucial du témoin? Cette thématique étant à l’ordre du jour d’une conférence interministérielle spécifique à ce sujet depuis plusieurs mois, quelles mesures concrètes ont déjà pu en ressortir? Je vous remercie.
- SSobryMR
Madame la Ministre, j'ai moimême, pas plus tard qu'hier, été confrontée à ce genre de phénomène en traversant la rue pas loin du Parlement. Cela m’a fait penser à un autre chiffre frappant relayé par l’enquête: 25 % des femmes disent y être confrontées tellement souvent qu’elles n’y font même plus attention. Je trouve que cela illustre une banalisation totalement anormale de ce type de phénomènes qui a des impacts réels. Des femmes en viennent à modifier leurs itinéraires. Certains espaces publics – des parcs, des zones de gare – deviennent presque des endroits de non-droit pour les femmes. Elles vont prendre 20 minutes en plus le matin pour réfléchir à leur tenue, en se demandant si ce n’est pas trop ceci, trop cela. 19 P.W. – C.R.I. N° 33 (2020-2021) – Mercredi 23 juin 2021 Je pense qu’il est primordial de continuer le travail de sensibilisation des victimes et des témoins, et en parallèle le suivi policier – qui ne relève pas de vos compétences, on est bien d’accord. Je ne peux que vous encourager à continuer.
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