Les campagnes visant à réduire la consommation de lait
Jean-Paul Bastin a critiqué les campagnes visant à réduire la consommation de lait, qu’il a jugées défavorables aux agriculteurs et potentiellement préjudiciables à l’alimentation des enfants, en soulignant l’intérêt du programme « Lait et fruits à l’école » et des visites de fermes. La ministre Anne-Catherine Dalcq a confirmé le maintien de ce programme, rappelé la priorité donnée à une alimentation saine et à la prévention, et défendu les éleveurs en indiquant qu’ils respectent les normes de bien-être animal et font l’objet de contrôles. Elle a aussi estimé que ces campagnes étaient mensongères et a plaidé pour un renforcement de la communication via l’APAQ-W afin de mieux faire connaître la réalité des fermes wallonnes.
Débat · 14 interventions
- JBJean-Paul BastinLes Engagés
Madame la Ministre, le bien-être animal est une thématique qui nous touche tous. J’ai été cependant assez surpris de voir qu’une association bien connue voulait mettre fin au programme de distribution de lait, de fruits et de légumes à l’école. Il concerne 95 000 enfants en Wallonie, dont pour certains, c’est la seule manière d’avoir régulièrement un fruit ou un laitage. C’était surtout le laitage qui était visé, parce que soi-disant, l’élevage est source de beaucoup de maltraitance animale. Il y a à peine une semaine, mon collègue Janssen vous interpellait par rapport au manque de matière, type fumier, pour la culture; aujourd’hui, on attaque encore de face la production agricole en mettant à l’index nos agriculteurs. Sans compter que, d’un point de vue santé publique, même si vous n’êtes pas compétente dans ce domaine, il me semble important que nos enfants aient accès à une source de calcium. Je vois que votre collègue en charge de la Santé opine du bonnet. On nous a serré la ceinture pour les cafétérias et c’est très bien par rapport à d’autres boissons. Par contre, pour les enfants et le laitage, ce ne serait pas opportun d’y œuvrer. Madame la Ministre, au-delà de la boutade, comment faire en sorte de remettre l’agriculture, le lait au goût du jour, comment faire en sorte que nos élèves aillent dans les fermes et se rendent compte du travail et souvent de l’amour que les agriculteurs ont vis-à-vis de leurs animaux, et que le bien-être des animaux est aussi une condition d’un bon rendement? C’est important et c’est le sens de leur engagement. On vient de parler de ruralité; c’est aussi l’agriculture, c’est une tradition. Les écoles, c’est aussi quelque chose d’important. Derrière cet article, il y a aussi une opportunité.
Agressivité 54%Émotionnel 45% Monsieur le Député, je salue véritablement le programme européen « Lait et fruits à l’école » qui a touché un certain nombre d’élèves, qui doit en toucher davantage et qui va être maintenu. La priorité est claire : avoir une alimentation saine à l’école. Éduquer les enfants dès leur plus jeune âge à une alimentation saine est tout simplement bon pour la santé. C’est un moyen de prévention. Le Gouvernement wallon a de grandes ambitions au niveau de la prévention. Les moyens ont été doublés pour la prévention de la santé. Je sais que le ministre Coppieters réalise tout un travail sur la prévention pour améliorer la santé des Wallons de manière générale. Comme mentionné dans l’article, un certain nombre de personnalités du monde scientifique, de vétérinaires, ont dénoncé le côté mensonger de ces campagnes. Cela a été relayé par la presse. Oui, les éleveurs prennent soin de leurs animaux, respectent les normes de bien-être animal, sont même contrôlés par l’AFSCA et par la Région wallonne. Au niveau de l’APAQ-W, tout un travail peut être réalisé, est déjà réalisé, mais doit être renforcé pour mettre en évidence ce qui se passe réellement dans nos fermes wallonnes.
Agressivité 55%Émotionnel 41%- JBJean-Paul BastinLes Engagés
Je vous remercie, Madame la Ministre, de rectifier le tir clairement et de rappeler votre soutien pour le projet « Lait et fruits à l’école », de rappeler l’engagement du Gouvernement avec le doublement du budget pour la prévention, mais aussi de mobiliser l’APAQ-W pour faire en sorte qu’il y ait un maximum d’échanges entre nos nos élèves, les classes, qu’elles puissent aller dans les fermes et voir à quel point cela peut être aussi enrichissant, dans le bon sens du terme. ###### PROJETS ET PROPOSITIONS Proposition de résolution visant à organiser une transition écologique juste et équitable dans le cadre de la mise en œuvre du système d’échange de quotas d’émission pour les bâtiments, le transport routier et d’autres secteurs (ETS 2), déposée par Mme Tellier, MM. Hazée, Mockel, Mmes Cremasco et Linard (Doc. 234 (2024-2025) N° 1 à 3)
Agressivité 73%Constructivité 61%Émotionnel 80% - CTCéline TellierEcolo
Madame la Ministre, chers collègues, nous avons longuement débattu, en juin et juillet dernier, de notre proposition de résolution au sein de la Commission du climat et de l’énergie. À l’entame de ce débat, je souhaite tout d’abord rappeler l’objectif de notre résolution qui est de nous préparer au mieux collectivement, face à l’application d’une nouvelle tarification carbone à venir en 2027 sur le chauffage et les carburants fossiles afin que cette réforme européenne – que votre majorité a transposée en avril dernier en droit wallon – puisse permettre l’indispensable sortie de notre dépendance collective aux énergies fossiles en protégeant des hausses de prix attendues les ménages et les microentreprises qui en ont besoin, tout en accompagnant l’ensemble de notre société vers plus d’autonomie énergétique. Depuis lors, le contexte a encore accentué l’importance du combat climatique et des enjeux d’équité et de justice qui en découlent. En effet, cet été 2025, la Belgique et l’Europe ont à nouveau été frappées par des événements climatiques extrêmes: fin juillet, des inondations soudaines et de violents orages ont touché notre pays, notamment les communes de Leuven, Bruxelles, Hélécine, Sambreville et Auvelais, à quelques kilomètres d’ici, plongeant nos concitoyens dans le chaos; - depuis juin, des vagues de chaleur intense chez nous et en Europe se sont succédé avec des températures dépassant les 32 degrés, mettant nos infrastructures et nos habitants à rude épreuve et brûlant des dizaines de milliers d’hectares de forêt chez nos voisins français ou espagnols. Un peu partout, la sécheresse frappe nos terres de plein fouet et met à mal le travail de nos agriculteurs. Ces événements ne sont malheureusement plus des anomalies, mais des signes clairs du dérèglement climatique en cours. Pourtant, pendant ce temps, des voix influentes au Mouvement réformateur disent de plus en plus fort vouloir appuyer sur la touche pause climatique. Le ministre fédéral Clarinval a en effet sorti l’une de ses célèbres diatribes climatosceptiques pour réclamer une pause dans les mesures environnementales et climatiques, arguant qu’il fallait «sauver la compétitivité de nos entreprises». Le président du MR, quant à lui, a mis en doute les objectifs climatiques européens, suggérant que «si le Green Deal avait été efficace, ça se saurait». Avec toutes les personnes conscientes des enjeux et de leur gravité, y compris dans votre majorité, nous sommes restés pantois. Madame la Ministre, à l’entame de cette nouvelle année parlementaire, j’ai d’abord une question toute simple et pourtant essentielle. Comme ministre du Climat, validez-vous de tels propos totalement irresponsables? Ces positions sont non seulement irresponsables, mais elles trahissent une vision courttermiste qui ignore les réalités du terrain, tout comme les plus solides publications scientifiques depuis des décennies. Je ne vous ferai pas l’affront de vous les rappeler ici. En Wallonie, la crise climatique se double d’une crise sociale et économique qui renforce encore la nécessité d’une action déterminée. Depuis la réduction brutale des primes à la rénovation en février 2025, le secteur de la construction a été déstabilisé, et c’est un euphémisme. Plus de 1 500 entreprises en Belgique ont fait faillite, et de nombreux ménages se retrouvent sans soutien pour rénover leur logement énergivore – plus de 60 % des logements wallons. Embuild déplore une réduction parfois sensible de l’activité pour 72 % des entreprises de rénovation. Bref, la rénovation, dont le rythme doit être triplé, est tout simplement à l’arrêt depuis l’annonce de votre réforme brutale en février dernier. La pause demandée par plusieurs voix dans votre parti a donc commencé. C’est celle de l’activité économique et c’est vous qui l’avez provoquée. Pourtant, d’ici quelques mois, en 2027 – c’est-à-dire demain –, une nouvelle tarification carbone s’imposera aux ménages et aux entreprises par le biais des combustibles fossiles, du chauffage et du transport. Face à cette double crise, climatique et sociale, notre résolution propose un cap clair pour l’ETS 2 basé sur trois piliers. Le premier, tout l’argent de l’ETS 2 pour la transition. Chaque euro doit servir à sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, à arrêter les perfusions qui nous lient à Poutine ou aux pays de l’OPEP, à prendre notre destin énergétique en main. Pas pour financer d’autres politiques ou des politiques existantes, j’insiste. Pas pour des promesses creuses ou pour boucler les fins de mois du Gouvernement wallon. La transition, toute la transition et rien que la transition. Deuxième pilier, accompagner les plus fragiles: les ménages précaires, les microentreprises, les personnes habitant en zone rurale, les associations. Ils doivent être soutenus concrètement face aux hausses attendues des prix – aides financières, accompagnement technique, mobilité alternative. Il ne faut pas le faire demain, mais aujourd’hui. Nous proposons qu’une partie de cet accompagnement puisse se réaliser sous forme de redistribution directe, au moins temporairement et pour les plus fragiles qui ne seront pas à même d’absorber ces augmentations. Trois, respecter nos objectifs climatiques. L’ETS 2 ne doit pas être un prétexte ou un épouvantail pour freiner l’action. Les engagements européens sont là. La Wallonie doit les honorer et renforcer ses ambitions. Elle ne doit pas utiliser la tarification carbone comme un cheval de Troie pour abandonner le combat pour un climat viable pour nous et pour nos enfants. Elle doit réinvestir les politiques de mobilité alternative à la voiture et aider nos concitoyens et nos entreprises à réduire leurs dépenses énergétiques. Récupérer notre autonomie et notre souveraineté dans un contexte mondial «insécure» et instable est à ce prix, et ce prix, c’est un investissement sensé et rationnel pour l’avenir. Nous vous appelons, chers collègues, à soutenir cette résolution pour que l’ETS 2 devienne un outil de justice sociale et de transition énergétique, et non un instrument d’injustice climatique.
- NJ
Chers collègues, commençons par la position du MR concernant le système ETS 2, ce mécanisme qui introduira un signal prix sur les énergies fossiles utilisées dans le logement et le transport. L’ETS 2 est une directive européenne et le débat démocratique a principalement eu lieu au niveau des institutions européennes pendant presque deux ans, avant d’être adopté dans un contexte lourd d’urgence climatique et de fortes pressions économiques et géopolitiques. Ce système a pour action concrète de limiter progressivement la quantité de combustibles fossiles mis sur le marché européen par les compagnies pétrolières, gazières et charbonnières, de sorte à respecter les quantités de CO2 totales fixées par les objectifs climatiques européens et de renforcer notre souveraineté énergétique. Notre Parlement a voté le 16 avril dernier le décret transposant l’ETS 2 dans notre Région. Depuis le début des discussions à propos de cet ETS 2, le MR s’est montré très inquiet quant à la praticabilité de ce nouveau système. Si nous soutenons les politiques de signal prix, cela ne doit pas se transformer en un mur-prix. Ces politiques doivent se traduire dans le temps long et rester acceptables pour les citoyens. Avec un carburant et un chauffage soumis à un système similaire à l’ETS, les fournisseurs d’énergie seront amenés à répercuter le surcoût de ces quotas sur les consommateurs. La hausse annoncée des prix de l’essence, du mazout ou encore du gaz impactera directement les ménages. Aujourd’hui, la Wallonie reste sans réponse de la part de l’Union européenne quant aux estimations de prix de quotas. Certaines études indépendantes parlent de 40 euros la tonne alors que d’autres parlent déjà de 100 euros, voire encore du double. S’imagine-t-on la différence pour les citoyens? Ne pas transposer la directive, c’est notamment faire courir le risque à la Wallonie d’éventuelles sanctions financières de la part de la Cour de justice, mais agir sans acceptation de la part de la population, c’est faire courir le risque, à la Wallonie comme à bien d’autres régions, de faire face au syndrome des gilets jaunes qu’a connu la France, par exemple. Forte de ce constat, la ministre Neven n’est pas restée les bras croisés, bien au contraire. Vous avez, Madame la Ministre, contacté la Commission européenne via la Commission nationale du climat afin d’avoir les garanties nécessaires pour garder le dispositif sous contrôle grâce à un encadrement des prix notamment. Pouvez-vous d’ailleurs nous faire part de la réponse reçue du commissaire européen Hoekstra? Vous avez également fait partie d’une initiative reprenant ces mêmes demandes de garanties dans un non-paper cosigné par 17 États membres. En outre, encore fin juin, dans le cadre du fonds social Climat, vous avez annoncé cinq mesures structurantes conçues pour répondre concrètement aux besoins des ménages précarisés et des microentreprises vulnérables. Ces mesures ont été élaborées dans le respect du cadre européen et partagées dans le temps, à la différence d’autres régions. Concrètement, notre Région entend: développer le transport social à la demande; - mettre en place un budget mobilité favorisant la multimodalité; - soutenir les microentreprises dans l’amélioration de leur performance énergétique; - augmenter le volume de rénovation énergétique dans le logement d’utilité publique; - améliorer en Communauté germanophone la performance énergétique des logements sociaux. Madame la Ministre, vous avez bien démontré votre attachement au respect des règles européennes ainsi que votre envie de trouver le meilleur équilibre possible entre efficacité de la transition et protection des citoyens et des entreprises les plus exposées, et cela, avec une méthode bien à vous: la rigueur, l’écoute et la responsabilité. Par ailleurs, lors de nos précédentes interventions, nous avons déjà souligné les principales divergences de mon groupe avec la proposition de résolution Ecolo qui reste d’actualité. Je mentionnerai en premier lieu le manque de clarté d’Ecolo sur la question du signal prix qui reste préoccupant. Ce premier constat apparaît notamment très clairement dans l’interview que vous avez accordée la semaine passée, Madame Tellier, au journal L’Écho. Dans cet article, on peut constater que vous vous inquiétez la plupart du temps des conséquences de l’ETS 2, puis vous concluez en regrettant que l’on puisse s’y attaquer. N’est-ce pas contradictoire? N’est-il pas plus généralement contradictoire d’appeler à une sortie brutale des énergies fossiles et puis, dans le même souffle, de contester le principe même d’un prix incitatif sur le carbone? Cette contradiction affaiblit selon nous la crédibilité de votre position. Deuxièmement, contrairement à ce que laisse entendre la résolution, il n’y a, à ce stade, aucun désinvestissement dans la transition. Le Gouvernement wallon a fait un autre choix, celui de l’efficacité, de l’impact concret et non des dépenses dogmatiques. Troisièmement, le PACE n’est pas gelé, cela a déjà été dit. Le Gouvernement avance rapidement et a déjà décidé d’une série de mesures qui seront implémentées encore en 2025. Enfin, sur l’utilisation des recettes ETS 2, le Gouvernement n’a jamais affirmé que seuls 25 % seraient dédiés à l’accompagnement des publics vulnérables. Néanmoins, nous assumons notre volonté de ne pas réserver ces politiques à une seule catégorie de la population, mais de permettre aussi à un ménage moyen de bénéficier des soutiens à la transition: ciblage social et transition pour tous également. Venons-en maintenant à votre intervention, Madame Tellier, notamment, il y a quelques instants. Vous aviez repris plusieurs de ces éléments en commission et encore sur votre site internet. Vous posez trois conditions légitimes pour valider le plan de la ministre. Tout d’abord, que chaque euro aille bien à la transition. Vous avez dit, il y a quelques instants: «Non pas pour financer les fins de mois difficiles du Gouvernement wallon». Deuxième condition, que les ménages soient massivement accompagnés pour sortir de leur dépendance aux énergies fossiles. Troisièmement, respecter nos objectifs climatiques – que le Gouvernement ne sabote pas nos propres objectifs climatiques. Depuis cette intervention, et à la lumière des annonces faites par la ministre et du débat en commission, le MR ne voit aucun obstacle à ce que ces trois conditions soient considérées comme rencontrées. Sur les recettes ETS 2 non affectées au Fonds social pour le climat, le Gouvernement analysera la meilleure affectation possible dans le cadre fixé par la Commission européenne, afin d’obtenir le meilleur impact en matière de transition et d’accompagnement des publics. Quant à la transparence, nous le redisons fermement: le Gouvernement n’a ni l’intention ni la possibilité de détourner ces recettes. Le cadre européen impose des règles très strictes de traçabilité, de contrôle et d’audit. Toute dérive serait sanctionnée, on le sait bien. Nous invitons donc les auteurs de la résolution à relire, si c’est nécessaire, la directive européenne, plutôt que de susciter des soupçons infondés en la matière. Pour conclure, la réalité est relativement simple – pourrait-on dire. Les engagements wallons sont clairs, solides et transparents. Madame la Ministre, vous avez démontré votre attachement au respect des règles européennes ainsi que votre envie de trouver le meilleur équilibre entre efficacité de la transition et protection des citoyens et des entreprises les plus exposées. C’est, selon nous, le meilleur gage de la poursuite de nos objectifs climatiques.
Agressivité 40%Émotionnel 37% Madame la Ministre, chers collègues, la proposition de résolution soumise à notre assemblée aujourd’hui a au moins un mérite : celui de poser le débat relativement à la question climatique et à la façon dont on conçoit la transition – cela vient d’être exprimé –, et surtout à quel rythme l’on opère cette transition et comment l’on accompagne cette transition. Cela a été évoqué par les orateurs précédents, l’ETS 2 est un mécanisme qui vise à jouer sur les marchés. Un mécanisme d’essence néolibérale qui vise à diminuer la consommation des énergies fossiles en jouant sur les prix et, fatalement, en les faisant augmenter. Cela pose évidemment la question des différents effets sociaux sur les ménages les plus précaires, sur les PME et, fatalement, si l’on parle de transports, sur l’impact des différentes zones rurales. Cela a été bien résumé, lors des différents débats, Mme la Ministre nous a répondu, comme cela vient d’être expliqué, que la directive devait être transposée – à défaut d’opérer des sanctions à l’échelle de la Belgique –; qu’elle avait écrit à la Commission afin d’obtenir des garanties sur un encadrement des prix; enfin, elle a évoqué un plan social censé accompagner la mesure. Tout cela, ce sont des débats tenus entre nous, au sein de notre commission – débats d’ailleurs fort intéressants et plaisants. Quelques jours après nos débats, en nous penchant sur les comptes rendus de la Chambre, qu’avons-nous constaté? Qu’avons-nous vu? Que votre président de parti, lui, s’exprime plus directement à la Chambre puisqu’il dit ceci: «Ma formation politique est totalement opposée à cet ETS. Il va être une catastrophe pour les classes moyennes. Si cela ne tenait qu’à nous, il disparaîtrait complètement, car il ne sauvera pas la planète, mais il tuera notre industrie et notre classe moyenne». Je vous passe la lecture de ce qui est exprimé sur le site de votre président de parti, c’est encore plus clash, mais ce n’est pas le propos. D’une part, on pourrait se dire que, tant mieux pour le débat, tout le monde se rend compte que le fait d’opérer des recettes libérales crée de la casse sociale et qu’il faut pouvoir l’accompagner. Finalement, il nous rejoint dans nos différentes craintes quant à l’espèce de bombe à retardement que ce mécanisme va créer dans la population et même pour nos PME. On peut entendre différentes expressions, mais ce n’est pas la moindre des expressions puisqu’elle émane de votre président de parti. Aujourd’hui, la question que l’on peut se poser, c’est celle sortie de la polémique politicienne, c’est celle de la cohérence dans l’action politique. Aujourd’hui se pose la question du Gouvernement wallon, que vous représentez: quelle est donc sa position dans ce dossier? Il faut vous reconnaître un certain volontarisme, puisque vous avez écrit à la Commission pour faire en sorte d’encadrer le mécanisme. Il a été évoqué que vous êtes rejoints par différents États ou que vous avez rejoint différents États, mais on sait aussi, par expertise, comment les choses se passent en Europe. Une question se pose: 2027, c’est demain. Appliquerons-nous l’ETS 2 tel quel en 2027? Si oui, comment? Quand j’entends les différents orateurs, je me dis que tout le monde est inquiet quant à ce mécanisme. Tout le monde reconnaît que cela pose question à la fois sur le plan social, pour les plus précaires d’entre nous, mais aussi économiquement. Nous allons peut-être mettre en difficulté des petites PME. Sur les études, on peut discuter sur la nuance, sur différents vocables, sur différents montants. Je ne reprends que les études qui ont été citées: l’étude Trinomics qui va jusqu’à 635 euros par an de surcoût de facture de chauffage et de carburant pour un ménage, jusqu’à 400 euros selon la Banque nationale, donc de 400 euros à 635 euros. Il est patent que ce seront les ménages aux revenus les plus faibles qui seront principalement impactés. Vous savez comme moi, et vous l’avez d’ailleurs encore confirmé dans vos différents interviews, que 23 % des ménages wallons sont en précarité énergétique et que, malheureusement, les PME et les indépendants sont fortement exposés dans le cadre de ce recours à l’énergie. L’ETS 2 est un mécanisme d’émanation européenne qui se veut accélérer la transition, mais qui va, si cela reste en l’état, se faire au détriment des plus faibles. On peut dès lors se poser la question de savoir si le mécanisme est transposé, quelle est la réponse du Gouvernement wallon qui reconnaît qu’il y a des effets pervers, néfastes pour les plus précaires d’entre nous, pour nos entreprises et pour les citoyens ruraux. Quelle est donc la réponse au-delà d’un courrier dont vous nous direz peut-être la réponse et dont on aura, peut-être, la confirmation qu’en Europe, si l’on est rejoint par différents grands États, on pourrait modéliser ou encadrer les marchés? Ce qui, entre parenthèses, est plutôt une thèse sociale-démocrate, je ne pense pas que l’histoire européenne conduise au fait de dire que les sociauxdémocrates sont majoritaires en Europe; ce sont plutôt les libéraux qui sont à la manœuvre et qui imposent leurs thèses économiques. La réponse, c’est le plan social. Vous nous avez présenté en commission un plan social. Malheureusement, à nos yeux, il se limite à des têtes de chapitre. Il est relativement vague, il n’y a pas de chiffres, pas de calendrier et surtout pas de dotation budgétaire. Ce plan social ne peut pas se limiter, à deux ans de l’échéance, à quelques items, il faudra apporter des précisions. Dès lors, nous attendons avec impatience ces précisions. D’autre part, on peut aussi se dire que tout cela pourrait être accompagné par une politique volontariste du Gouvernement. La Wallonie s’est engagée en faveur du climat à poser différentes politiques en matière de rénovation ou plutôt, je devrais parler au passé, puisque la Wallonie avait effectivement posé des choix en matière de rénovation. Aujourd’hui, on tarde à avoir les différentes politiques que vous allez poser en matière de rénovation. On pourrait se dire qu’il y a une crise du logement et que le logement public est une priorité. Qu’est-ce que l’on constate? Vous le savez comme moi, c’est moins 25 % dans vos budgets. Je dirais que c’est plutôt une politique qui est à l’arrêt. On verra ce que donne le prochain budget. On pourrait se dire que l’on va renforcer les transports publics: eh bien, non! On constate malheureusement qu’il y a aussi des coupes dans les budgets des différents TEC. Tout cela pourquoi? Parce que l’on sait que les budgets sont compliqués. C’est une chose que je reconnais aisément, mais surtout parce que vous avez fait le choix, à l’entame de la législature, de vous priver de moyens pour une réforme dogmatique – j’ose le dire – en matière de droits d’enregistrement qui ne produira pas ses effets, qui ne conduira pas aux plus jeunes d’entre nous d’accéder à la propriété, mais qui a un effet sur le marché, qui augmente les valeurs des différentes maisons et finalement qui fait le lit des propriétaires et des agences qui procèdent dans la matière. Ce qui veut donc dire que quelque part, on est en grande difficulté, surtout en grande attente des mesures que vous allez prendre. Pour résumer, doit-on tenir compte de ce que votre président de parti évoque, ou reste-t-on sur une voie qui est de faire en sorte de transposer et d’appliquer l’ETS 2, de le corriger? À ce sujet, j’attends vos réponses puisque vous avez pris une initiative intéressante de voir si le marché peut être modelé et encadré. Cependant, ce qui ne dépend pas de l’Europe, c’est votre plan d’accompagnement. À ce sujet, je dois dire – pour utiliser des mots sobres – que l’on reste sur notre faim et que je ne pense pas que ce sont les quelques lignes que vous avez évoquées qui sont de nature à nous rassurer. En clair, la position du groupe socialiste est la suivante: il est évident que nous sommes en faveur d’une politique climatique ambitieuse, mais aussi d’une politique climatique qui soit juste, écosociale, et non pas d’une politique climatique qui se fait aux forceps et qui se fera au préjudice des plus précaires d’entre nous. Nous demandons donc dès lors: - un bouclier social automatique 300 euros d’aides par ménages vulnérables dès 2027; - une orientation, à tout le moins, si pas un plan massif de rénovation dans les différents quartiers défavorisés, avec, je le pense, un effet d’encadrement sur les loyers pour éviter la spéculation; - un soutien spécifique aux PME et aux indépendants; - un fonds Kyoto bis distinct et traçable pour garantir la transparence; - un burden sharing équitable basé sur la précarité énergétique avec 38 % des moyens pour la Wallonie. En conclusion, Madame la Ministre, et je m’adresse à travers vous au Gouvernement, je pense que ce dossier est un dossier important dont on reparlera encore dans ses travées, pour lequel votre Gouvernement a une responsabilité importante. Nous ne pouvons nous satisfaire de postures de principe, et nous attendons d’un Gouvernement et d’une formation politique qu’il ait des propos cohérents de son de son président jusqu’à ses ministres, jusqu’à ses parlementaires. Une position cohérente dans un dossier d’importance. Nous attendons de votre Gouvernement qu’il accompagne cette transition, qu’il pose un cap et qu’il nous indique la façon dont il va procéder pour protéger les plus précaires d’entre nous, pour protéger ceux qui habitent loin des villes et qui ont besoin de véhicules, les ruraux. Puis surtout, pour ne pas encore mettre un frein à notre économie, pour faire en sorte d’aider les TPE et les PME.
- AGAnne-Catherine GoffinetLes Engagés
Chers collègues, il est vrai que notre groupe Les Engagés soutient le mécanisme de l’aide ETS 2, à partir du moment où il se traduit en une réelle politique sociale, avec une redistribution sociale, géographique et climatique. Des discussions sont en cours dans de nombreux pays européens quant aux inquiétudes qui existent autour de ce mécanisme de l’ETS 2 et les conséquences de ce nouveau marché européen du carbone sur le bâtiment et sur le transport routier, et ce, dès janvier 2027. Nous ne sous-estimons pas l’importance de bien mesurer les conséquences futures de la mise en application de ce mécanisme ETS 2. À partir de janvier 2027, les conséquences se feront sentir directement sur les ménages et sur les entreprises. Une étude a été réalisée par Trinomics, mais également par le Bureau fédéral du Plan. Je souhaite revenir sur le contexte global dans lequel nous nous trouvons. À tous les niveaux de pouvoir, nous souffrons d’un manque cruel de moyens pour la transition énergétique et climatique, alors que de nombreux enjeux existent. Je pense à l’électrification massive, aux objectifs de rénovation du bâti, à la décarbonation de l’industrie, à la protection des ménages vulnérables notamment. Il nous faut faire face à ces enjeux, allouer les recettes ETS de manière efficace, transparente et efficiente. Depuis 2023, la totalité des recettes au niveau européen des enchères ETS doit être utilisée à des fins liées au climat, conformément à la directive ETS. L’utilisation des recettes du premier mécanisme – le fameux ETS 1 – a été assez peu transparente par le passé. Nous insistons pour que les recettes soient un moyen de financement additionnel pour la concrétisation des politiques et des investissements climatiques. Des recettes pourraient servir dans des infrastructures pour soutenir le secteur privé, les ménages et les entreprises. Des recettes peuvent aussi viser le renforcement des actions ou des programmes, mais aussi servir à l’atténuation et à l’adaptation à des thématiques liées à la politique climatique. L’Europe prévoit, en compensation des coûts induits par ces nouveaux mécanismes, la mise en place d’un fonds social pour le climat doté d’un montant de 86,7 milliards d’euros pour la période 2026-2032. La Belgique disposerait de 1,66 milliard d’euros de ce fonds. La Belgique, dans la soumission du plan social Climat national à la Commission européenne, doit permettre de bénéficier des ressources de ce plan. Il faudra se poser les bonnes questions et communiquer correctement plus largement aux citoyens. Je pense à des questions comme: la mesure prise est-elle efficace pour l’environnement? Quel est l’impact pour la population? Quel est l’impact pour les familles dans leur quotidien? Comment les publics et les ménages les plus vulnérables seront-ils touchés? Ces questions nous semblent essentielles dans le choix des politiques. Nous nous inquiétons aussi sur les impacts sociogéographiques. Il y a un risque qu’ils soient plus importants en Wallonie qu’en Flandre. Nous insistons particulièrement sur l’impact dans nos zones rurales de ce mécanisme ETS 2 où il y a peu d’alternatives à l’usage de la voiture, et où les ruraux devront payer plus cher, notamment l’essence à la pompe. La vulnérabilité de l’ETS 2 sera plus élevée dans les zones moins peuplées, où les maisons sont souvent bien plus grandes, pas assez isolées, et chauffées avec un système de mazout. J’insiste à nouveau sur cette notion que je rappelle régulièrement en commission, sur l’acceptabilité sociale – c’est un élément essentiel – et sur la nécessité de bien communiquer pour relever aussi les avantages qu’apporte cette tarification carbone pour la décarbonation, mais aussi pour la transition énergétique et climatique. Je remercie le groupe Ecolo d’avoir déposé ce texte, mais celui-ci relève plusieurs erreurs que j’ai pu évoquer au sein de la commission et ce texte ne reflète pas le travail du Gouvernement actuel. Il est important, dans un premier temps, de laisser finaliser les dossiers par le Gouvernement. M. le Président. – La parole est à M. Mugemangango.
- GM
Chers collègues, la proposition d’Ecolo a déjà été débattue deux fois en commission. Nous étions favorables à l’époque et nous le sommes aujourd’hui. Elle vise à atténuer, partiellement seulement, les conséquences de la mise en place de la taxe carbone ETS 2. Rappelons-le, Ecolo, le PS, le MR et les Engagés ont tous voté son adoption à l’Europe et Ecolo dépose aujourd’hui une motion pour en atténuer les dégâts. Or, le Gouvernement wallon avait jusqu’au 30 juin pour présenter un véritable plan social Climat censé compenser au moins une partie de l’impact de cette taxe. On parle quand même d’un surcoût pouvant aller jusqu’à 640 euros par an et par ménage, pour se chauffer ou pour se déplacer. Malgré leurs promesses de «pas de nouvelles taxes», le MR et Les Engagés ont voté cette taxe, ici, comme à Bruxelles et à Strasbourg. Ce n’est pas une taxe symbolique, c’est une vraie facture. Plusieurs centaines d’euros de plus par an pour les familles. En réponse, un communiqué de presse de la ministre du Climat avec cinq mesures, sans budget, sans objectif, sans délai. Case cochée, merci, circulez. Rien qui empêche les travailleurs de se prendre de plein fouet la facture de 640 euros. Soyons clairs, le problème ne vient pas seulement de ce plan social Climat insuffisant. Le vrai problème, c’est la taxe carbone elle-même. En commission, le député Janssen du MR s’inquiétait des conséquences financières d’une nontransposition, mais a-t-il seulement lu ce qu’a dit son président de parti, Georges-Louis Bouchez, dans la presse en juillet? Ou bien, considère-t-il que ce n’était qu’une nouvelle sortie farfelue comme on en a l’habitude avec lui? Georges-Louis Bouchez nous dit qu’il va s’opposer à la taxe carbone, mais son trumpisme à la belge, on le connaît. Beaucoup de déclarations et au final, les familles payent. Après tout, quand on se vante de ne pas rouler en CLA de merde, mais en GLE, on n’a sans doute pas le même problème de fin de mois que la plupart des Wallons. Voici pourtant ce qu’il disait: «Nous allons nous opposer à l’introduction de la taxe carbone. J’en ai déjà discuté avec le groupe libéral. Le Gouvernement wallon y est opposé et au moins 17 États membres souhaitent déjà le reporter. J’ai même demandé une enquête sur ce qui se passerait si nous ne le mettions tout simplement pas en œuvre. Parce que c’est de la folie.» Sauf que cette folie ne tombe pas du ciel. C’est le MR de Bouchez, avec Les Engagés, qui a voté la taxe carbone au Parlement européen. Voilà la vérité. Bref, il est temps d’assumer l’erreur et de la corriger. Il est aussi temps d’appliquer réellement le principe du pollueur-payeur. Comme on l’a déjà dit ici, et comme Oxfam et d’autres l’ont montré, les ultrariches polluent 15 fois plus que le citoyen moyen avec leurs jets privés, leurs yachts, leurs modes de vie hyper carbonés. Pourtant, ce n’est pas eux que l’on fait payer. Ce ne sont pas les responsables de la pollution aux PFAS, ce ne sont pas les multinationales, ce ne sont pas les 1 % les plus riches, ce sont les citoyens, avec des taxes comme la taxe poubelle pour payer les déchets produits par l’agrobusiness. Deux poids, deux mesures, voilà ce qui dégoûte les gens de la politique. Il est temps aussi de reconnaître l’impact plus fort en Wallonie. Selon une étude de Trinomics, jusqu’à 23 % des ménages wallons pourraient basculer dans la précarité énergétique. Pourquoi? Parce que 75 % des logements en Wallonie datent d’avant 1980 et sont mal isolés. Parce que de nombreuses familles doivent utiliser leur voiture, faute de transports publics suffisants, surtout en zone rurale. Pendant ce temps, le Gouvernement MR-Engagés coupe 60 % des primes à la rénovation, augmente les tarifs du TEC. C’est pour toutes ces raisons que si l’on accepte le cadre décidé par les partis traditionnels au niveau européen, la proposition d’Ecolo a au moins le mérite d’essayer quelque chose. Bien plus en tout cas que les cinq lignes envoyées par la ministre, même si évidemment, on regrette les votes «pour» de tous les partis traditionnels au Parlement européen. De plus, on sent bien que cette taxe carbone met mal à l’aise. Pour cause, vous savez très bien à quel point elle est injuste. En commission, Mme la Ministre nous a dit que 18 États membres veulent revoir le processus de mise en œuvre. Mais le problème, ce n’est pas le processus. Le vrai problème, c’est le principe même de cette taxe. La logique du signal prix. Quelle est l’idée? Si l’on augmente le prix, les gens vont automatiquement changer de comportement. Parfois, cela peut marcher quand on a une alternative. Cependant, ici, ce raisonnement est déconnecté de la réalité. Se chauffer, se déplacer, ce ne sont pas des choix de confort, ce sont des besoins fondamentaux pour travailler ou pour passer l’hiver. Concrètement, que demande-t-on aux familles pour éviter de payer 640 euros de plus par an? Installer une pompe à chaleur. Acheter une voiture électrique. Qui peut sérieusement croire ici que chaque famille pourra facilement financer tout cela? Une pompe à chaleur coûte plusieurs milliers d’euros et n’a aucun sens dans une passoire énergétique où l’isolation n’est pas faite. Isoler son logement: encore des milliers d’euros. Pendant ce temps, on devrait aussi changer de voiture et s’acheter un véhicule électrique à 30 000 ou 40 000 euros – ou peut-être une GLE à plus de 100 000 euros. Ce n’est pas le Fonds social climat européen qui va changer les choses. On parle d’un budget de 65 milliards d’euros pour toute l’Europe. L’Union européenne compte environ 500 millions d’habitants. Faites le calcul: 130 euros par personne. Franchement, je ne connais pas beaucoup de pompes à chaleur ni de voitures électriques à 130 euros. Soyons honnêtes, ce n’est pas un plan de transition, c’est un plan d’exclusion sociale.
Je remercie les auteurs de la résolution et les députés qui se sont exprimés durant cette séance, mais aussi durant les deux séances de commission sur ce dossier important. Je vais quand même vous rappeler brièvement mes propos concernant la transposition de la directive ETS 2. Comme vous le savez, cela a été dit, il s’agit d’une directive. Il revenait à la Wallonie de la transposer. On a poursuivi le processus qui avait été entamé par mes prédécesseurs, au risque d’être pénalisés par la Commission. Cette transposition ne signifie pas un assentiment aveugle au texte. Le Gouvernement est totalement conscient des enjeux – dont nous avons d’ailleurs beaucoup débattu – et des impacts. Je l’ai d’ailleurs rappelé à plusieurs reprises dans mes différentes interventions. Celle-ci porte bien entendu sur l’impact que la mise en œuvre que cette directive aura potentiellement sur les ménages et sur les entreprises, singulièrement les plus vulnérables d’entre eux. Avant les vacances, des chiffres ont été publiés par le Bureau du Plan, et ils donnent un impact entre 255 et 415 euros par an, selon les déciles de revenus, pour un prix de la tonne de carbone de 60 euros. J’ai aussi, via la CNC, interpellé la Commission par courrier pour qu’elle puisse garantir que tout sera mis en œuvre pour garder ce dispositif sous contrôle. Ce courrier demandait à la Commission de donner des garanties sur un encadrement des prix dans le cadre de l’ETS 2 et sur la possibilité d’activer des mécanismes correcteurs si la situation l’exigeait. On a reçu enfin une réponse du commissaire Hoekstra à ce courrier. Le commissaire se montre confiant dans les outils et mesures qui sont prévus pour compenser et maîtriser le dispositif. Il se montre ouvert à étudier certaines suggestions formulées. Il y a du positif dans cette réponse, mais elle n’est toutefois pas de nature à répondre à nos préoccupations. Notre courrier a également été partagé par la représentation permanente auprès des États membres, et il a suscité un intérêt fort puisque, à l’initiative de la Tchéquie, un non-paper basé sur les considérations de notre courrier a été rédigé et un argumentaire a été consolidé avec des propositions complémentaires. Ce non-paper a reçu le soutien de 18 États membres, ce qui n’est pas rien. Il a été envoyé à la Commission et nous attendons à ce stade les réactions de la Commission à ce non-paper. Cependant, tant au niveau du courrier de la CNC que du non-paper, le message qui transparaît et qui est le mien depuis le début, c’est que la mise en œuvre de l’ETS 2 doit impérativement être cadrée et maîtrisée par la Commission. Il faut réfléchir à des mécanismes de mise en œuvre progressive et non abrupte au 1er janvier 2027. Si la Commission n’est pas en mesure d’apporter des garanties, des aménagements ou des améliorations. Il convient alors, et je l’ai dit à plusieurs reprises, de questionner la pertinence du lancement au 1er janvier 2007 dans les modalités prévues actuellement. La Commission doit être clairement mise face à ses responsabilités dans ce dossier. J’en viens au plan social Climat, qui est un des outils destinés à couvrir partiellement les impacts de l’ETS 2 sur les ménages et les microentreprises vulnérables. Il a fait l’objet de décisions importantes le 19 juin. Nos discussions avec la Flandre et Bruxelles sont très positives en termes de répartition budgétaire des moyens du fonds. Nous attendons à présent un accord du Fédéral sur la proposition des Régions pour pouvoir finaliser la contribution wallonne. Le plan social Climat sera alors, à ce stade, complet et les mesures seront complétées avec des aspects budgétaires. Nous avons fait le choix d’un plan social Climat qui ne comporte pas 392 mesures, mais qui se concentre sur cinq mesures essentielles. Pour en revenir à l’ETS 2 plus globalement, je souhaite aussi ajouter que la hausse des prix affectera dans les faits l’ensemble des ménages wallons, indépendamment de leurs moyens. C’est pourquoi, en totale cohérence avec la vision qui est portée par ce Gouvernement, c’est une action globale qui va permettre vraiment de concilier l’ambition climatique et la prise en compte de tous les usagers, citoyens comme entreprises, qui sera menée, et pas uniquement au travers du fonds social Climat via le plan social Climat, mais via les recettes de l’ETS 2 cette fois. Dans cette action se retrouvent notamment la réforme du système de soutien à la rénovation, l’appui à l’électrification des processus, et encore bien d’autres mesures aussi que je ne vais pas détailler ici. Je conclurai en disant que la priorité de ce Gouvernement est bien de trouver le meilleur équilibre entre l’efficacité de la transition et la protection des citoyens et des entreprises.
Constructivité 43%Factuel 43%- CTCéline TellierEcolo
Madame la Ministre, je vous remercie pour vos éléments de réponse. Je remercie également les collègues qui se sont exprimés. Aujourd’hui, nous savons qu’une famille qui se chauffe au mazout – c’est encore la majorité de nos concitoyens –, dans une maison mal isolée – c’est encore la majorité de nos concitoyens –, sans aides suffisantes à la rénovation – c’est désormais le cas – et sans transport en commun à proximité ne pourra pas réduire sa facture énergétique. Elle est de facto, qu’on le veuille ou non, quelle que soit notre couleur politique, dépendante des énergies fossiles, car les solutions concrètes ne sont pas à sa portée. Surtout, et c’est là que notre responsabilité est engagée – et surtout la vôtre! – parce que le Gouvernement n’aide pas cette famille à rendre ces solutions accessibles. Vous avez réduit le budget des transports en commun. Je suis ravie que M. Desquesnes soit encore là aujourd’hui avec nous. Vous avez réduit le budget «cyclables». (Réactions dans l’assemblée) Un mensonge? On peut refaire tous les débats budgétaires si vous voulez, les chiffres sont là. Vous avez mis à l’arrêt la rénovation. Les chiffres sont là: le nombre de faillites est totalement clair. Vous avez mis à l’arrêt les projets d’énergie renouvelable, on en a encore parlé tout à l’heure. Vous avez mis en place une réforme sur les droits d’enregistrement sans aucun lien avec la performance énergétique des bâtiments. Dans les faits, à travers tous ces gestes concrets que vous posez depuis un an, vous condamnez ces personnes à rester prisonnières de ces factures énergétiques. Notre vision est claire: il faut aider ces ménages et ces entreprises à sortir de cette dépendance aux énergies fossiles, de cette dépendance à des factures énergétiques élevées, pour éviter la hausse des factures énergétiques liées à l’ETS 2, mais aussi pour éviter plus largement – rappelons-nous en 2022 – les factures énergétiques extrêmement élevées de nos concitoyens. Je rappelle que, depuis le premier semestre 2025, l’augmentation des factures énergétiques a été plus élevée que ce que prévoit l’ETS 2. Dès lors, indépendamment de l’ETS 2, ces factures augmentent. Il faut pouvoir les accompagner. Il faut aussi les accompagner pour reprendre en main notre souveraineté énergétique dans le contexte international que nous connaissons. Effectivement, Monsieur Mugemangango, nous avons voté pour l’ETS 2 au niveau européen et nous maintenons cela, contrairement à nos collègues qui, ici, semblent pour certains faire marche arrière. Nous avons voté pour, comme le MR, le PS et Les Engagés. Nous maintenons cela parce que le signal prix peut avoir du sens. Néanmoins, rappelez-vous: notre condition à ce soutien au niveau européen était la mise en place d’un fonds social Climat. Nous avons été le seul groupe politique à nous battre en ce sens. Aujourd’hui, le chauffage et la mobilité représentent 45 % des émissions de gaz à effet de serre de notre pays. Il serait donc totalement irresponsable de faire en sorte que le problème n’existe pas. On ne peut pas balayer d’un revers de la main l’avenir de nos enfants ni toutes les victimes des changements climatiques qui existent déjà aujourd’hui. Nous avons formulé trois demandes claires: - que les recettes soient intégralement réinvesties dans la transition, comme l’a décidé d’ailleurs le Gouvernement bruxellois sortant; - que les ménages soient accompagnés avec une part de redistribution directe; - enfin, que vous ne sabotiez pas vous-même nos objectifs climatiques. J’ai entendu dans les mots de M. Janssen: «Nous sommes d’accord avec ces trois demandes». J’entends dans les mots de Mme Goffinet: «Merci. Il y a quelques erreurs», sans nous dire lesquelles, sans proposer aucun amendement à notre texte. Je suis déçue qu’à nouveau vous jouiez la majorité contre l’opposition face à un débat qui mérite beaucoup mieux que des querelles partisanes, s’agissant de l’avenir de nos concitoyens.
- NJ
Je serai bref. J’aimerais remercier la ministre qui a répété que le vote que nous avons fait de l’ETS2 n’était pas un assentiment aveugle et que, comme je l’ai dit tout à l’heure, le MR est inquiet en la matière. On sait combien il y a d’inconnues importantes, notamment le prix de la tonne du carbone, et que dès lors l’acceptabilité sociale est une priorité. Nous voulons tous éviter un effet «gilets jaunes» et par ailleurs, simultanément, faire un maximum pour atteindre nos objectifs climatiques. Dès lors, vous l’avez rappelé, Madame la Ministre, comment y arriver? C’est en faisant le maximum pour obtenir cet équilibre que vous poursuivez entre l’efficacité des mesures qui seront prises par le Gouvernement, et la protection des citoyens et des entreprises les plus exposées.
Agressivité 47%Émotionnel 66% Tout d’abord, je comprends que Mme la Ministre n’ait pas commenté les propos de son président, sinon elle y passerait beaucoup trop de temps durant ses journées vu la multiplicité des déclarations. Ceci étant, un tantinet plus sérieux, même si cela pose un problème de cohérence dans un parti, j’ai bien entendu que vous avez eu une réponse du commissaire en charge de la matière. Je vous demanderai s’il est possible de nous la transmettre. Cela me semble relativement transparent. J’ai cru comprendre que la réponse était plutôt mitigée. À partir du moment où l’on mise beaucoup sur l’encadrement, le report de la mesure, c’est bien que l’on puisse se faire notre propre opinion relativement à cela. J’adhère à ce que vous tentez de faire en Europe, même si l’on sait comment la Commission fonctionne. Par contre, ce qui dépend purement de vous, vous nous avez donné des informations relativement au plan social Climat que vous avez conçu, que l’on estime encore trop flou. Je ne veux pas critiquer pour critiquer. Vous avez annoncé que vous partiez du budget, donc je pense que l’on va avoir l’occasion d’en reparler. C’est pour la mesure d’accompagnement. Par contre, ce qui dépend totalement de vous et de vos collègues, ce sont les différentes mesures d’accompagnement. On ne voit pas du tout de cap, ni en matière de transport par rapport aux ruraux et encore moins en matière d’isolation. Je ne vais pas redire ce que mes collègues ont dit, mais j’ai quand même le sentiment que tout le monde se rend compte que ce sera compliqué pour une bonne partie de la population. Vous êtes aux responsabilités, c’est donc à vous d’apporter des mesures qui permettent, comme cela a été évoqué, qu’il y ait une acceptation sociale. Cela fait partie de la cohésion sociale. Quand vous dites que cela concerne toute la population, oui, celui qui a les moyens va tout de suite faire installer une pompe à chaleur, et rassurez-vous, lui, il a déjà des panneaux photovoltaïques. Ce n’est pas de ceux-là que l’on parle, on parle de ceux qui n’ont pas la possibilité d’être propriétaires, qui sont locataires – vous avez sans doute été attentive aux chiffres qui démontrent que les loyers augmentent très fort en Wallonie, c’est quelque chose qui devrait vous préoccuper –, qui n’ont que le choix d’être locataires et de vivre dans des maisons mal isolées. Vous devrez poser un cap clair et faire des choix avec votre Gouvernement.
Agressivité 57%Constructivité 44%Factuel 50%Émotionnel 61%- AGAnne-Catherine GoffinetLes Engagés
Je vous remercie, Madame la Ministre, de nous avoir fait état des discussions, de toutes les actions que vous prenez vis-à-vis non seulement de la Commission nationale du climat, mais aussi vis-à-vis de la Commission européenne. J’entends que vous restez attentive et vigilante, avec l’ensemble du Gouvernement, par rapport aux inquiétudes que chacun et chacune formulent par rapport à l’ETS 2. La DPR était claire quant aux ambitions climatiques. Elle est aussi claire quant à la lutte contre la précarité énergétique, puisqu’il est bien indiqué qu’il y a une nécessité de s’engager à évaluer et à rassembler les différentes politiques de lutte contre la précarité énergétique dans l’objectif d’être plus efficients, et surtout pour soutenir l’ensemble des ménages. C’est un point important. Nous aurons encore l’occasion d’en débattre, j’en suis sûre et certaine, au sein de cette Commission. Comme je l’ai dit à l’entame de cette discussion, notre groupe soutient toujours le mécanisme ETS 2, dans le sens où il doit encore et toujours se traduire en une réelle politique sociale.
Constructivité 77%Factuel 64% - GM
Je suis sidéré par certains des arguments que vous utilisez, Madame la Ministre. Par exemple, quand vous dites que vous avez fait le choix – vous et votre Gouvernement – de poursuivre la logique de la taxe carbone parce que le Gouvernement précédent avait déjà entamé cette démarche, je vois que vous faites des choix. Il y a des politiques du Gouvernement précédent que vous soutenez, par exemple, taxer les gens. Par contre, quand il s’agit de maintenir le budget de logement public, par exemple en termes de construction, vous décidez de ne pas le faire. Il y a un choix qu’il faut que vous assumiez. Pour aider les gens, vous ne poursuivez pas cette politique. Par contre, pour les taxer, vous la poursuivez. C’est un élément. L’autre élément est clair, on est totalement dans un double langage de la part de votre Gouvernement et du MR en particulier. On voit bien cette stratégie, cette tactique qui consiste à dire A pour tromper ses électeurs, puis à faire B quand on doit soi-même agir. M. Janssen l’a aussi souligné, quand vous dites: oui, mais on s’est soumis à la réglementation européenne, parce que l’on risquait d’avoir des amendes ou des sanctions. Je rappelle que, dans la citation que l’on a prise de votre président de parti, M. Bouchez, il a été clairement dit qu’il voulait faire l’enquête pour savoir quels sont les risques que l’on prenait en refusant et en résistant contre cette mesure. Là-dessus, il n’y a plus de nouvelles. D’une part, quand il s’agit de résister contre cette taxe, il n’y a plus personne, mais quand il s’agit de tromper les gens en disant que l’on va résister contre cette taxe, on continue à tromper ces électeurs. Là où il y a aussi une totale contradiction, c’est que votre Gouvernement décide – cela a été dit plusieurs fois, il faut le répéter plusieurs fois – de casser le système de primes. Votre Gouvernement décide de ne pas fournir suffisamment de logements de qualité et isolés aux gens. Par contre, il leur fait payer des choix qu’ils n’ont pas faits. C’est la double peine. D’une part, ces personnes ne seront pas aidées et, d’autre part, ces ménages vont payer 640 euros. Entre le choix d’aider les gens ou les taxer, votre Gouvernement choisit de les taxer. C’est inacceptable pour nous.
Agressivité 92%Constructivité 66%Factuel 88%Émotionnel 92%
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