L’installation de Gens du voyage sur des terrains privés
Guillaume Soupart a dénoncé la multiplication des occupations illégales de terrains par des Gens du voyage en Wallonie, en citant notamment Boussu, Hensies, Mons, Ghlin et Dour, ainsi que les nuisances constatées pour les propriétaires privés. Il a interpellé le ministre sur l’absence d’avancement du projet d’aire d’accueil de Mons-Borinage et a plaidé pour une approche plus souple, éventuellement intercommunale, afin d’éviter les situations d’urgence et les dégradations.
Yves Coppieters a rappelé que la Région incite les communes à devenir des communes accueillantes, en identifiant des terrains, en fixant des règles de fonctionnement et en sollicitant la subvention annuelle de 30 000 euros destinée à financer un agent dédié ; il a regretté que Boussu n’ait pas introduit de candidature et relevé que seules sept communes bénéficient actuellement de ce dispositif. Il a également mis en avant le rôle du Centre de médiation des Gens du voyage et des Roms, ainsi que la poursuite de projets d’aires d’accueil structurées, en précisant que la suite du dossier devra être définie avec le ministre Desquesnes.
Débat · 5 interventions
Monsieur le Ministre, des Gens du voyage continuent d’occuper illégalement des terrains aux quatre coins de la Wallonie. Récemment, c’est à Boussu qu’une série de caravanes se sont installées sur le terrain d’un agriculteur qui, malheureusement, a déjà dû subir cela par le passé et avait dû, à l’époque, traiter jusqu’à 40 mètres cubes de déchets qu’il avait retrouvés sur son terrain. Si l’on prend simplement les deux derniers mois dans l’arrondissement de Mons, on a eu le cas également à Hensies. On a eu le cas à Mons, que ce soit sur le site du Grand Large, sur le parking juste à côté du terrain de hockey qui a été fraîchement installé grâce à des subsides Infrasports, ou encore dans la commune de Ghlin. On a eu également le cas à Dour sur le site de la Machine à feu. On voit que le problème n’est pas résolu à l’heure actuelle en Wallonie. Monsieur le Ministre, on sait qu’il y avait eu un projet de terrain à Mons qui devait normalement s’installer à Jemappes. Il y a eu des revendications citoyennes afin que ce terrain ne soit pas installé. C’était un projet où un budget de 1 million d’euros était prévu pour pouvoir installer cette aire. Le budget est peut-être conséquent, il faut peut-être le revoir à la baisse pour faire des installations plus faciles d’accès et pas forcément dépenser des montants aussi conséquents. Il y a aussi une somme qui est consacrée par la Wallonie pour que les villes puissent avoir un agent qui accueille les personnes issues de la communauté des Gens du voyage, puisque l’on sait que souvent, malheureusement, il y a des difficultés sur le terrain puisqu’il y a parfois des dépôts sauvages, il y a parfois des prises d’eau ou d’électricité non payées et cela pose des difficultés sur le terrain. Monsieur le Ministre, pourriez-vous faire le point sur cette terre d’accueil à Mons-Borinage? Plus largement, quelle est la politique que vous menez concernant l’accueil des Gens du voyage en Région wallonne?
Agressivité 40%Émotionnel 39%Je vous remercie, Monsieur le Député, pour votre question qui a été débattue déjà hier en commission. Je reviendrai sur la situation de Boussu... (Réactions dans l’assemblée)
Agressivité 57%Constructivité 53%Émotionnel 61%Vous savez que la Région wallonne incite les communes à être des communes accueillantes, c’est-àdire à identifier un terrain pour accueillir, à définir les règles de fonctionnement de ce terrain et définir aussi le coût de la prise en charge pour les occupants. Vous savez aussi que les communes ont le droit de demander une subvention de 30 000 euros par an pour financer un agent et pour avoir une action, une démarche proactive par rapport à l’accueil des Gens du voyage et ne pas être à chaque fois dans une situation d’urgence. On a lancé un appel à candidatures de communes qui s’est terminé le 31 août dernier. On n’a eu aucune nouvelle commune demandeuse. Il n’y a que sept communes en Wallonie qui profitent de cette subvention. Je déplore donc, Monsieur le Député, que Boussu n’ait pas candidaté à ce subside complémentaire parce que cela aurait donné un cadre particulier pour prévenir l’accueil des gens du voyage. (Réactions dans l’assemblée) M. le Président. – Je vous invite à écouter.
Agressivité 36%Il y a d’autres mécanismes intéressants, dont le Centre de médiation des Gens du voyage et des Roms, qui est un centre qui vient justement solutionner les problèmes quand cela se passe sur le terrain. Ils descendent sur le terrain et ont un rôle de médiation. Par rapport à votre situation d’un terrain privé, je pense que cette structure – bien sûr financée par la Région – a tout son sens. On essaie de mettre en place de nouveaux dispositifs, c’est-à-dire des aires d’accueil pour l’ensemble de la Région, qui sont financées et pour lesquelles l’infrastructure est prévue. Il est vrai que le projet que vous avez cité n’a pas encore abouti. Cela fait toujours partie des projets pilotes que l’on pourrait mettre en place. Je dois redéfinir la suite avec le ministre Desquesnes, puisque c’est bien sûr avec lui que le travail va se passer. Cela reste quand même, je pense, une piste de solution, tout en rappelant la responsabilité des communes d’accueillir ces gens et de profiter du cadre de la Région wallonne.
Agressivité 75%Émotionnel 69%Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour ces éléments. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait qu’il faut éviter l’urgence. Le problème, c’est que la situation se répète de manière systématique dans une commune puis dans une autre. Je pense qu’il faut vraiment avoir une vision pluricommunale. C’est peut-être même via les intercommunales que l’on pourrait travailler à avoir une aire d’accueil centralisée. On sait aussi qu’il y a une forte difficulté et une opposition citoyenne à l’installation des différentes aires d’accueil pour les Gens du voyage. Dès lors, il faut réfléchir à des sites qui permettent d’avoir une situation apaisée pour que cet accueil puisse se faire. Je le dis et je le répète, il faut que tout le monde respecte la loi aussi, que tout le monde respecte l’accueil qui est fait dans les communes, parce que malheureusement ce n’est pas le cas sur le terrain. On se retrouve alors avec des situations invraisemblables: par exemple, ici, on a un agriculteur qui ne sait pas dans quel état il va retrouver son terrain et c’est problématique.
Agressivité 64%Constructivité 86%Factuel 76%Émotionnel 73%
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