La collaboration de la biotech wallonne avec des acteurs chinois du secteur
Anne Laffut a interrogé le ministre sur l’essor des collaborations entre biotechs wallonnes et acteurs chinois, en soulignant les opportunités de marché mais aussi l’absence d’un cadre clair garantissant sécurité juridique, transparence et réciprocité. Pierre-Yves Jeholet a répondu qu’il fallait soutenir la coopération scientifique et stratégique avec la Chine, deuxième puissance économique mondiale, tout en exigeant des garanties strictes en matière de contrôle, de propriété intellectuelle et de protection des données, afin d’éviter toute exportation de savoir-faire. Il a insisté sur la nécessité de renforcer l’écosystème biotechnologique wallon pour maintenir la compétitivité des entreprises face à un concurrent stratégique. En réplique, la députée a cité l’exemple d’EsoBiotec, entreprise wallonne ayant bénéficié de tests cliniques en Chine, pour illustrer l’intérêt concret de ces partenariats.
Débat · 3 interventions
- AL
Monsieur le Ministre, longtemps jugée peu fiable et en retard par rapport à la recherche européenne, la Chine s’impose aujourd’hui comme un acteur scientifique crédible et comme un partenaire attractif pour les biotechs wallonnes. Le secteur chinois démontre sa solidité, tant en termes technologiques que réglementaires, et les collaborations se multiplient entre la Wallonie et la Chine. Ces collaborations sont soutenues par un marché colossal et par une politique d’ouverture de Pékin. Aujourd’hui, toute une série d’acteurs wallons réévalue leur stratégie vers l’Asie. Cependant, l’absence d’un cadre clair en Belgique et en Wallonie crée une certaine incertitude juridique et politique. Ils ont besoin d’une orientation officielle pour encadrer et pour sécuriser ces nouveaux partenariats. J’aurais aimé connaître votre position par rapport à ces nouvelles collaborations, à ce développement des coopérations entre la Wallonie et la Chine en matière de biotechnologies. Pouvez-vous nous dire s’il existe un moyen de garantir une certaine sécurité, une transparence et surtout une réciprocité de ces collaborations?
Agressivité 75%Constructivité 47%Factuel 41%Émotionnel 73% Madame la Députée, après les États-Unis, la Chine est la deuxième puissance économique mondiale. On ne peut pas être indifférent à cette puissance économique. Un aspect important est que, au niveau européen, la stratégie de croissance, à la fois compétitive et innovante, doit être mise en œuvre et tenir compte des opportunités de marché à travers le monde. On sait les conséquences des décisions de l’administration américaine et de Trump sur toute une série de secteurs, notamment le secteur pharmaceutique et des biotechnologies. Oui à la collaboration scientifique et stratégique avec la Chine, parce qu’il y a des opportunités d’ouverture sur le marché par rapport à nos technologies scientifiques, nos technologies et nos avancées médicales. Cependant, je voudrais être très clair par rapport à cela. Tout en ne freinant pas cette opportunité, on doit avoir des garanties très claires, pouvoir contrôler, et ne pas exporter nos savoirs scientifiques et technologiques. Il convient aussi de garantir la propriété intellectuelle et la protection des données personnelles. Ce sont des éléments importants. Le plus important est de dire oui à une collaboration scientifique et stratégique, mais aussi en renforçant notre écosystème en Wallonie, la biotechnologie qui est reconnue internationalement et faire en sorte que nos entreprises restent compétitives par rapport à un concurrent, parce que la Chine reste un concurrent stratégique.
Agressivité 70%Constructivité 59%Factuel 59%Émotionnel 67%- AL
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. Clarifier la manière de collaborer en matière scientifique et stratégique avec cette puissance économique qu’est la Chine dans ce secteur en pleine croissance apparaît comme une priorité, mais vous l’avez rappelé, en ayant toutes les garanties nécessaires. Renforcer notre écosystème et maintenir la compétitivité de nos entreprises wallonnes est primordial. La presse économique a récemment rappelé l’importance croissante de la Chine dans la biotechnologie, en citant notamment le rachat de Gracell Biotechnologies par AstraZeneca pour 1,2 milliard de dollars, et surtout en rappelant le rachat pour 1 milliard de dollars par le même AstraZeneca d’EsoBiotec, également spécialisé dans la thérapie cellulaire. EsoBiotec est une entreprise wallonne soutenue par la Région, dont le succès fulgurant tient en partie aux tests cliniques qu’elle a pu mener en Chine. On peut saluer EsoBiotec et à travers elle, son fondateur, M. Latere, pour cette réussite exceptionnelle, mais aussi pour son attachement à la Wallonie et sa volonté d’y maintenir la recherche et le développement.
Constructivité 67%
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