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ActualitéWalloniemercredi 12 février 2025

Le Sommet international pour l’action sur l’intelligence artificielle

Synthèse

Les députés ont interrogé le ministre sur la stratégie wallonne face au développement de l’intelligence artificielle, en insistant sur les enjeux d’investissement, de partenariats public-privé, de formation, de compétitivité et de création technologique, ainsi que sur les risques sociaux et éthiques, notamment l’impact potentiel sur l’emploi des femmes. Pierre-Yves Jeholet a répondu que la Wallonie devait anticiper l’IA plutôt que la subir, en la considérant comme une opportunité pour l’industrie, la santé, l’administration et la sécurité, tout en rappelant la nécessité d’un cadre fondé sur la transparence, l’éthique, la protection de la vie privée et la sécurité. Il a indiqué que l’IA serait intégrée de manière transversale dans Digital Wallonia et qu’une nouvelle stratégie numérique serait prochainement présentée. Les intervenants ont salué la réponse, tout en soulignant la nécessité de poursuivre le débat sur les dimensions budgétaires, les PPP, les compétences et les enjeux démocratiques liés à l’IA.

Débat · 7 interventions

  1. Monsieur le Ministre, l’intelligence artificielle est au cœur des débats d’actualité. Elle ouvre un champ des possibles extraordinaire, mais appelle aussi certaines craintes. L’Organisation internationale du travail a récemment alerté sur les conséquences de l’automatisation du travail par l’intelligence artificielle, soulignant que la majorité des emplois menacés par cette automatisation étaient ceux où les femmes travaillaient. Cela risque d’aggraver les inégalités qui sont encore trop présentes actuellement. Allez-vous anticiper en Wallonie ce que l’Organisation internationale du travail dénonce ici? Comment allez-vous le faire? Comment comptez-vous faire pour que les femmes ne soient pas sur le carreau dans cette transition technologique majeure que nous vivons tous actuellement?

    Agressivité 69%Émotionnel 64%
  2. OD

    Monsieur le Ministre, cette semaine a lieu le troisième sommet mondial au sujet de l’intelligence artificielle. On sait que c’est une bataille mondiale dans laquelle l’Europe a du retard. Elle vient d’annoncer un investissement de 200 milliards d’euros dans le secteur de l’intelligence artificielle pour résorber son retard par rapport à la Chine et aux États-Unis. Ce qui est intéressant dans cette somme de 200 milliards, c’est de voir qu’il y en a 50 qui viennent du public et 150 du privé. Il s’agit d’un PPP à forte consonance privée. On a appris aussi qu’Emmanuel Macron avait annoncé un investissement de 109 milliards de la part de la France. Dans la DPR, l’intelligence artificielle est mise en évidence comme un outil de développement dont on doit analyser les impacts qui peuvent être positifs ou négatifs sur le bien-être au travail, sur la mobilité – comme cela a été dit tout à l’heure par mon confrère, Jean-Paul Bastin –, sur les soins de santé, pour les entreprises de manière générale, mais avec un certain nombre de défis éthiques, sociaux et économiques qui demandent certainement une gouvernance réfléchie au niveau wallon. J’ai eu la chance, la semaine dernière, d’intervenir à l’OCDE dans le cadre du Réseau des parlementaires des pays de l’OCDE, où, dans un séminaire sur l’intelligence artificielle et les compétences, j’ai pu développer quelques exemples wallons, notamment celui de l’Université de Namur – qui donne désormais systématiquement dans toutes les facultés des cours sur le sujet –, le développement de cours pour les demandeurs d’emploi, la formation continue et toutes les initiatives qui sont prises. Il y a aussi l’innovation avec le projet TRAIL qui regroupe aujourd’hui les centres de recherche et les universités dans ce domaine. Quelle est votre stratégie par rapport au développement de l’IA? Quel budget comptez-vous y allouer? Dans ce cadre budgétaire, souhaitez-vous aller aussi vers des formules de partenariat public-privé avec des entreprises privées?

    Agressivité 40%
  3. Monsieur le Ministre, le sommet international évoqué est la preuve que l’intelligence artificielle est une réalité. Néanmoins, ce n’est pas une fatalité. Il faut prendre des politiques pour pouvoir vivre avec celle-ci et se servir de cette technologie et de cette évolution au service des citoyens, qu’ils soient européens, belges et même et surtout wallons. On a vu que l’objectif était de prendre des initiatives au niveau mondial pour faire de l’intelligence artificielle un partenaire. Ce dernier visera à rompre la fracture numérique que beaucoup de Wallons subissent et fera en sorte que l’innovation dans différents domaines puisse nous servir. On parle du médical, de la mobilité et de notre empreinte écologique et environnementale. La Belgique est signataire de ce traité et de cet engagement; la Wallonie l’est de facto. Comment voyez-vous les choses? Cela a été répété par M. de Wasseige, et l’on sait que la Déclaration de politique régionale fait de l’intelligence artificielle un enjeu pour votre Gouvernement. On doit être rassurés, il ne faut pas que nos craintes sur une technologie nouvelle nous fassent traîner le pas, et l’on doit prendre le wagon. Si je peux reprendre quelques mots d’Emmanuel Macron en conclusion de ce sommet, il se réjouissait d’une intelligence artificielle humaniste et d’un modèle pluriel, ouvert, généreux et équitable, qui prend en compte la question du climat et la question du genre. Il est évident que, si certaines franges de la population aujourd’hui peuvent être touchées par cette technologie, il faut faire en sorte qu’elles ne soient pas oubliées et, au contraire, qu’elles soient poussées à performer sur le sujet.

    Constructivité 55%Factuel 39%Émotionnel 49%
  4. Madame et Messieurs les Députés, je vous remercie d’être intervenus sur un véritable défi pour notre économie, nos entreprises et tout simplement notre société. L’intelligence artificielle, nous ne devons pas la subir, mais l’anticiper. Nous devons la voir en termes d’opportunités pour le monde de l’industrie, de la santé, pour nos administrations et pour la sécurité. Je pourrais multiplier les secteurs et les exemples. Cela veut-il dire que nous devons être naïfs par rapport à notre position concernant l’intelligence artificielle? Non, nous ne sommes pas naïfs quant au rôle et au tempo que donnent, par rapport aux technologies et à l’intelligence artificielle, les ÉtatsUnis et la Chine. On sait combien les États-Unis et la Chine peuvent être des partenaires pour notre économie, nos industries et nos entreprises, mais aussi pour des concurrents. Ce que nous voulons, après avoir perdu le défi de la production technologique, c’est de ne pas perdre le défi de la création technologique et de l’évolution des technologies. L’intelligence artificielle contribue à l’avancement technologique. J’étais, pas plus tard qu’hier, à Bruxelles, au label «Vitrine industrie du futur». J’ai pu constater ô combien les industries et les entreprises, peu importe les secteurs – le secteur agroalimentaire, le secteur chimique, le secteur des sciences du vivant, le secteur des technologies –, faisaient du numérique et de l’intelligence artificielle des atouts et des opportunités; ces opportunités sont partagées par le personnel et les travailleurs quant au développement de leur activité. Franchement, sur les 16 prix qui ont été remis – je vous invite à aller voir sur le site les vidéos, car c’est surprenant –, on voit combien la technologie est un facteur de compétitivité pour nos entreprises. Nous sommes avec des handicaps de compétitivité en matière de coût du travail et de l’énergie en Belgique, mais on a un avantage important, à savoir cette plusvalue et cette valeur ajoutée que sont l’innovation et la recherche de nos entreprises; l’intelligence artificielle y contribue, bien évidemment. Pas de naïveté par rapport aux États-Unis et à la Chine. Le message de l’Europe, hier, d’investir 200 milliards est positif; c’est un message auquel nous devons adhérer, que ce soit en Wallonie ou en Belgique. Il faut aussi que l’Europe ait le sens de l’urgence et le sens de l’action parce qu’il ne suffit pas de se contenter de propos ou de déclarations. Aujourd’hui, on veut des actions, on veut des réalisations concrètes et l’on veut aussi le sens de l’urgence par rapport à l’intelligence artificielle. Pas de naïveté non plus par rapport aux dangers d’une technologie comme l’intelligence artificielle. Il faut être conscient que nous voulons cette technologie, mais dans le sens d’une certaine transparence, d’une certaine éthique et d’un certain respect de la vie privée. Ce sont des balises et des différences que nous avons. Vous avez vu les expressions, hier, des représentants des États-Unis au Sommet de Paris sur l’intelligence artificielle. J’ai envie de dire que c’est sans foi ni loi. Nous voulons en Europe, nous voulons en Belgique et nous voulons en Wallonie une intelligence artificielle sécurisée, responsable, éthique et intelligente. Au niveau de la Région wallonne, dans le cadre de Digital Wallonia, notre stratégie numérique, nous y travaillons. L’intelligence artificielle doit être transversale dans les politiques que nous menons. Quand on parle de moderniser la fonction publique et l’administration, l’intelligence artificielle peut y contribuer, de même que dans le secteur de la santé, dans le secteur de l’économie et des entreprises. Nous allons prochainement présenter une nouvelle stratégie du numérique et de la digitalisation ainsi que la place importante que l’intelligence artificielle doit jouer, dans le sens de la responsabilité, mais aussi des opportunités qu’elle peut nous apporter. C’est dans ce sens que nous travaillerons dans les jours, dans les semaines et dans les mois à venir.

    Constructivité 38%
  5. Je vous remercie, Monsieur le Ministre. Je pense, comme vous, que nous sommes à un virage et que nous avons un beau défi devant nous à apprivoiser. Je n’ai pas entendu une seule fois le mot «femme» dans votre réponse. Aussi, je me permets d’insister pour que le Gouvernement agisse afin que cela n’impacte pas l’emploi dans certains secteurs, comme je l’ai signalé. Monsieur le Ministre, c’était une première pour moi, car, en effet, je viens de vous poser une question qui a été entièrement rédigée par l’intelligence artificielle. En cette semaine où les regards se tournent vers le Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, qui se tient à Paris, il est utile, pour nous aussi, de nous interroger sur l’impact de l’IA sur notre démocratie. Quelle place doit-elle tenir dans notre Parlement? Quelles questions éthiques cela soulève dans nos travaux parlementaires? Nous devons toutes et tous nous poser les bonnes questions.

    Agressivité 63%Constructivité 49%Émotionnel 55%
  6. OD

    Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour vos réponses. On aura l’occasion d’en rediscuter en commission sur les aspects budgétaires et les partenariats public-privé, comme cela a été évoqué dans ma question. Je note le point intéressant: ce n’est pas uniquement sur les usages qu’il faut travailler, mais aussi sur la création technologique. Nous devons rester avec une certaine maîtrise au niveau de l’Europe, mais aussi au niveau de la Wallonie, et donc continuer à soutenir des initiatives, telles que le TRAIL et d’autres. L’OCDE, la semaine dernière, a justement souligné l’impact positif que peut avoir – et j’aimais bien cette nuance – la robotisation sur l’augmentation de la productivité. On sait que, dans le cadre de notre Région, cela peut permettre aux entreprises de compenser les difficultés liées au handicap de compétitivité que nous subissons.

    Constructivité 88%Émotionnel 39%
  7. Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. Vous avez parlé d’anticipation des impacts négatifs éventuels que cela pourrait avoir sur le tissu économique de la Wallonie. Je suis certain que nous parviendrons à franchir le cap et à faire en sorte de nous approprier cette technologie. Pour le reste, il s’agit de s’adapter: s’adapter à un train qui est déjà en marche à grande vitesse et s’adapter aux collègues européens, dont la France s’est voulue, à l’initiative de son président, pionnière en termes d’investissements. Nous devons dès lors faire en sorte de favoriser cette technologie au profit des Wallons. C’est une opportunité à ne pas manquer, car cela présage d’opportunités économiques et de redéveloppement pour la Wallonie.

    Agressivité 61%Constructivité 90%Factuel 54%Émotionnel 59%

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