L’exposition de la Wallonie à la transmission du chikungunya
Céline Tellier a alerté sur l’augmentation du risque d’introduction et de transmission du chikungunya, de la dengue, du Zika et de la fièvre du Nil en Wallonie, en lien avec le réchauffement climatique et la progression du moustique tigre, et a पूछा demandé s’il existait un dispositif spécifique de surveillance et de préparation des professionnels de santé. Yves Coppieters a répondu qu’il ne s’agit pas d’une situation endémique en Belgique mais de cas importés, tout en rappelant l’existence d’une surveillance au travers du plan NEHAP et du plan Environnement-Santé, ainsi que de dispositifs régionaux via l’AViQ et le SPW ARNE. Il a annoncé la révision de la liste des maladies à déclaration obligatoire avec l’intégration du chikungunya, et la préparation d’actions de sensibilisation du public sur la stagnation des eaux afin de limiter la prolifération des moustiques.
Débat · 3 interventions
- CTCéline TellierEcolo
Monsieur le Ministre, le chikungunya, la dengue, le Zika et la fièvre du Nil sont des virus qui pourraient bientôt faire leur apparition dans nos cabinets de consultation. C’est quelque chose que nous ne souhaitons pas. Ils sont profondément liés à la transmission plus importante des virus par le moustique, en particulier le moustique tigre venant des régions tropicales. On constate, en effet, une évolution de la propagation de ces maladies chez nous, avec un premier cas de chikungunya qui a été détecté ces derniers temps en Belgique. On sait que ces cas risquent malheureusement de ne pas être isolés, avec une augmentation de la propagation de ces risques par le dérèglement climatique, qui accroît la période de transmission de ce virus transmis par les moustiques. L’ULB a eu l’occasion de rédiger une étude et indique que, d’ici la fin du siècle, les conditions environnementales belges seraient deux fois plus propices à la transmission de ce type de maladies et de virus. Avez-vous déjà prévu un plan spécifique de surveillance pour ces maladies tropicales – peut-être en interaction avec l’Institut de médecine tropicale que nous connaissons bien en Flandre – pour prévenir l’apparition de ce type de virus chez nous et surtout pouvoir équiper nos professionnels en matière de santé publique face à l’émergence de ces maladies davantage de nature environnementale?
Agressivité 71%Factuel 38%Émotionnel 56% Madame la Députée, il est vrai que nous parlons d’une maladie virale transmise par un moustique Aedes – plus connu sous l’appellation de moustique tigre. Vous pouvez attraper la maladie si vous êtes dans le sud de la France ou dans le sud de l’Italie. On le voit bien pour la dengue ou pour le paludisme : ces pathologies sont déjà dans le sud de l’Europe, alors qu’elles étaient auparavant limitées à l’Afrique, à l’Asie du Sud-Est et éventuellement à l’Amérique latine. C’est une réalité. Les facteurs sont clairs: le changement climatique, la transition environnementale, l’urbanisation, l’immigration, le tourisme, et cetera. Je vous rappelle la crise de la covid-19: on est exactement dans le même cadre des facteurs environnementaux. On a eu ici des cas importés. Il ne faut pas commencer à dire que la maladie est chez nous. La maladie n’est pas chez nous; ce sont des cas importés. Ce sont des gens qui rentrent de voyage, soit avec le moustique infecté dans leur valise – pas de chance! –, soit parce qu’ils ont contracté la maladie ailleurs et qu’ils l’importent chez nous. Il n’y a donc pas de situation épidémique ou endémique actuellement. En Belgique, on a le plan NEHAP qui est porté par le Fédéral avec les entités fédérées à travers le plan Environnement-Santé dans lequel il y a toute une surveillance de l’évolution et du trajet du moustique tigre en Europe. Tout cela est très bien surveillé. Ce moustique est attendu chez nous, mais la situation est encore bien sous contrôle. En Région wallonne, l’AViQ et le SPW ARNE ont un plan environnemental et un plan sanitaire pour anticiper les conséquences du moustique ici. L’AViQ doit réviser la liste des maladies transmissibles et infectieuses obligatoires, dans laquelle on va maintenant intégrer le chikungunya. Les médecins devront être vigilants par rapport aux symptômes, aux premiers signes et empêcher les transmissions si la maladie arrive chez nous. Le SPW ARNE a une responsabilité au niveau environnemental. Des communications vont passer dès cet été en disant: «Attention, toute stagnation d’eau va favoriser la reproduction des moustiques». Ce sont les pots de fleurs, les citernes mal fermées, et cetera. Une campagne de communication est envisagée par rapport à cela. L’idée n’est surtout pas de paniquer la population, même si ce sont des maladies qui arriveront malheureusement chez nous dans les prochaines années. M. le Président. – La parole est à Mme Tellier.
Agressivité 59%Constructivité 77%Factuel 88%Émotionnel 67%- CTCéline TellierEcolo
Merci, Monsieur le Ministre, pour vos éléments de réponse. Je n’étais pas en train de dire que cela allait devenir courant chez nous, mais nous devons être attentifs parce que c’est malheureusement un des effets négatifs de l’augmentation des risques climatiques : cela favorise la transmission de ce type de virus. Si vous ne le faites pas pour des raisons financières ou pour les générations futures, faites-le pour la santé. Protégeons aussi notre Région des risques climatiques. Je me réjouis d’entendre que vous avez mobilisé vos administrations pour intégrer cette question. C’est évidemment essentiel.
Agressivité 55%Constructivité 79%Factuel 49%Émotionnel 75%
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