Les conditions de travail des aides- ménagères
Les intervenantes ont dénoncé la fréquence élevée des accidents de travail, les troubles physiques et le manque de sécurité dans le secteur des titres-services, ainsi que la faiblesse des salaires et l’absence d’équipements ergonomiques suffisants. Elles ont aussi demandé des précisions sur l’entrée en vigueur du plan annoncé par la ministre, sur l’application de l’obligation de formation de neuf heures par an, sur d’éventuelles sanctions en cas de non-respect des règles de bien-être et sur des actions de sensibilisation. La réponse transmise a confirmé des mesures jugées nécessaires, tout en indiquant que l’application de l’obligation de formation avait été à nouveau reportée à 2022, ce qui a suscité des regrets, et en rappelant que la crise covid compliquait le respect de certaines mesures dans les domiciles privés.
Débat · 4 interventions
- LLekanePTB
Monsieur le Ministre, le secteur des titres-services comptabilise 3 900 accidents par an, soit plus de 10 accidents par jour. Près de sept aides ménagères sur dix souffrent de maux de dos, d’arthrite et de douleurs musculaires, six travailleuses sur dix de douleurs au cou et aux épaules, et une aide ménagère sur dix ne se sent pas en sécurité en exécutant son travail. Ces chiffres sont interpellant et nous montrent l’ampleur et l’urgence de la situation. Plusieurs témoignages peuvent nous faire penser que ces chiffres sont en dessous de la réalité, car beaucoup de travailleuses «mordent sur leur chique» et continuent à travailler. Pourtant, ce ne serait pas du luxe qu’elles travaillent dans des conditions qui ne leur cassent pas le corps et qui ne les mettent pas en danger non plus. Nombre de travailleuses n’ont même pas 40 ans qu’elles ont déjà subi des accidents ou ont des problèmes de santé liés à la dureté de leur métier. En plus des conditions de travail difficiles et dangereuses, leur salaire ne suit pas: elles gagnent à peine 11,80 euros de l’heure. C’est indécent, surtout quand on sait que, pour pouvoir vivre dignement de son travail, il faut au moins 14 euros bruts de l’heure. Face à cet enjeu aussi crucial et qui rassemble autant de travailleuses, une réponse structurelle doit être apportée.Nous sommes dans un secteur qui n’organise pas des conditions de travail correctes pour ces travailleuses. Il faut pouvoir répondre à cette situation d’urgence. Mme la Ministre Morreale a d’ailleurs annoncé un plan pour améliorer cette situation. Au vu de l’urgence et de l’ampleur de la situation, quand ce plan entrera-t-il effectivement en vigueur? Garantissez-vous une amélioration des conditions de travail de ces femmes à court terme?
Agressivité 38%Constructivité 39%Factuel 45%Émotionnel 40% - DDisabatoEcolo
Monsieur le Ministre, si j’avais su que Mme la Ministre serait appelée à brûlepourpoint pour aller aux côtés du Roi, j’aurais postposé ma question, mais je vais essayer de la développer et j’espère que vous pourrez m’apporter quelques éléments de réponse. Ma collègue a évoqué les 3 900 accidents de travail par an, ce qui est assez important, et 10 % des travailleuses qui ne se sentent pas sécurité sur leur lieu de travail. Suite à ce constat, le Fonds de soutenabilité aux titres-services a décidé de mener une campagne de sensibilisation. On a un peu moins de 50 000 travailleuses – c’est pour cela que je parle de travailleuses et non pas de travailleurs –, dont 98 % sont des femmes. C’est un secteur essentiellement féminin. La question du bien-être au travail est une compétence avant tout fédérale. Ici, comme on est un peu à cheval, puisque le lieu de travail est le domicile des personnes, il est clair que la Région a aussi une compétence ou une responsabilité par rapport à cela. Je voulais venir plus précisément sur les questions de formation. Un arrêté du Gouvernement wallon de 2016 prévoyait un minimum de neuf heures de formation par an et par travailleuses. Il a été, en mai 2019, postposé au 1er janvier 2021. Je voulais savoir si, aujourd’hui, il était bien pris en considération et s’il était bien actif, s’il devait bien y avoir ces neuf heures de formation par an et par travailleuses On sait bien que c’est un élément important par rapport à ces travailleuses, y compris dans la 19 P.W. – C.R.I. N° 31 (2020-2021) – Mercredi 26 mai 2021 réorientation, puisque, ma collègue l’a évoqué aussi avec différents chiffres, il y a un turnover important. Beaucoup des gens aussi sont en arrêt maladie parce que c’est un métier exigeant et pénible. Je voulais savoir si des sanctions étaient prévues si l’on n’avait pas de respect de ces formations-là par rapport aux entreprises et de savoir ce qu’il en est par rapport au respect des conditions de bien-être au travail pour un utilisateur qui, à un certain moment, ne respecte pas les règles de bien-être au travail. Je sais que, précédemment, une entreprise pouvait stopper le contrat. Cela n’empêchait pas une autre entreprise de rendre un contrat à un utilisateur qui, malheureusement, avait mal agi d’une certaine manière. Se pose donc la question, pour moi, des sanctions. Enfin, dernier élément, c’est sur la sensibilisation, la ministre a-t-elle prévu quelque chose au niveau de la sensibilisation au niveau régionale?
Agressivité 44%Factuel 36%Émotionnel 41% - LLekanePTB
Nous saluons les nouvelles mesures prévues et essentielles, mais aussi urgentes au vu de la situation pour l’ensemble des travailleuses du secteur. En effet, le système des titres-services était censé les mettre en sécurité. Or, c’est tout l’inverse visiblement. Pour nous, du matériel de travail ergonomique et des produits sains doivent être garantis et mis à disposition par l’employeur, comme pour tout autre métier. On ne comprend pas pourquoi c’est le cas dans d’autres secteurs, alors que le secteur des titres-services en serait dépourvu. Enfin, on se trouve dans un secteur qui n’offre pas des conditions de salaire décentes. Il s’agit d’un secteur majoritairement féminin. Dès lors, une véritable lutte pour le droit des femmes passe par une garantie d’indépendance économique. Nous revendiquons un salaire minimum de 14 euros de l’heure, car cela nous semble essentiel et nous continuerons à le revendiquer à l’avenir. Quoi qu’il en soit, il y a encore un grand travail à effectuer au niveau de ce secteur et l’on ne manquera de revenir vers vous pour connaître les avancées. Je vous remercie. P.W. – C.R.I. N° 31 (2020-2021) – Mercredi 26 mai 2021 20
- DDisabatoEcolo
Je remercie M. le Ministre pour la réponse qu’il transmet de la part du cabinet de Mme Morreale. J’ai un petit regret sur la question de la formation: on repousse encore à 2022 alors que c’était quand même un arrêté qui datait de 2016. C’est un élément important à prendre en compte si l’on veut que ce type d’emploi soit plutôt un tremplin pour autre chose et qu’il puisse y avoir une réorientation, puisqu’il y a un certain turnover en raison de la pénibilité du métier. La ministre en est tout à fait consciente et elle y est favorable. Par ailleurs, le contexte covid dans lequel nous sommes a amené une série de problématiques, notamment les règles supplémentaires concernant l’aération de la pièce, ne pas être là en même temps. Comme il y a une proximité, puisque c’est à l’intérieur des maisons des personnes, il est parfois un peu difficile pour les travailleuses de faire respecter ces mesures. Pour le reste, comme ma collègue l’a dit, nous y reviendrons en commission.
Agressivité 39%Constructivité 44%
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