La polymédication des personnes âgées
Sabine Roberty a alerté sur la polymédication des personnes âgées, en s’appuyant sur une étude de la Mutualité chrétienne montrant qu’une part importante des seniors prend jusqu’à cinq médicaments par jour, avec des risques accrus d’interactions et d’effets secondaires, particulièrement en Wallonie et en maison de repos. Yves Coppieters a reconnu un problème de surmédicalisation, soulignant qu’en maison de repos les résidents prennent en moyenne neuf médicaments par jour, et a plaidé pour une rationalisation des prescriptions via le médecin coordonnateur, la prévention quaternaire et une meilleure coordination entre médecins, pharmaciens et infirmiers. Il a également mis en avant la formation des professionnels, l’usage d’outils comme STOPP/START pour analyser les interactions, ainsi que la sensibilisation des familles et des résidents à l’automédication. La députée a pris acte en rappelant le rôle central des médecins coordinateurs et des pharmaciens dans l’amélioration de l’ordonnancement des traitements.
Débat · 4 interventions
- SR
Monsieur le Ministre, une étude récente menée par la Mutualité chrétienne indique que 38 % des personnes âgées en Belgique consomment jusqu’à cinq médicaments différents par jour. Selon cette étude, ce que l’on appelle la surmédicalisation – la surconsommation de médicaments – est particulièrement impactante chez nous, en Wallonie, mais aussi en institution. Plus on consomme de médicaments différents, plus il y a de risques d’interactions et d’effets secondaires. Dans le champ de vos compétences en Wallonie, comment améliorer encore la sensibilisation des institutions, des membres du personnel et du secteur des soins de santé pour lutter contre ce phénomène de surmédication?
Agressivité 58%Émotionnel 51% Madame la Députée, on parle de polymédication lorsque l’on prend cinq médicaments par jour. En moyenne, dans les maisons de repos, les résidents prennent neuf médicaments par jour. C’est un vrai problème de surmédicalisation. C’est la responsabilité des familles, des médecins, des médecins coordonnateurs, et de nous tous par un manque de coordination de l’ensemble de ces soins. Concrètement, la volonté est d’abord de rationaliser et de revoir les prescriptions. C’est le rôle du médecin coordonnateur. C’est ce que l’on appelle la prévention quaternaire. La prévention quaternaire est très bien développée en médecine générale. Il s’agit de lutter contre la surmédicalisation, de chercher les effets secondaires, les interactions, et d’enlever les molécules qui entraînent ces interactions. C’est le rôle du coordonnateur de soins. Ils sont présents en maison de repos. Il faut travailler sur la formation des professionnels de santé en général, et sur une meilleure collaboration entre le médecin, le pharmacien et l’infirmier par rapport à ces prescriptions. Il faut utiliser les outils de l’intelligence artificielle STOPP/START par rapport aux prescriptions permettant de nous aider à analyser les interactions médicamenteuses. Il faut travailler làdessus. Je termine avec, à nouveau, la sensibilisation des familles et des résidents eux-mêmes à cette surmédicalisation. En effet, ils sont parfois provocateurs de leur automédication par rapport aux prescriptions.
Agressivité 72%Constructivité 52%Factuel 61%Émotionnel 67%- SR
Je vous remercie pour l’ensemble de vos réponses. Vous avez rappelé que la responsabilité est partagée. En effet, tout le monde doit être attentif à ce genre de choses. Vous avez parlé des médecins coordinateurs. Ils sont mis en place depuis la dernière législature. Après ce que l’on a pu travailler ici... M. le Ministre ne me regarde pas, mais ce n’est pas grave.
Constructivité 74%Factuel 55%Émotionnel 43% - SR
Je vous remercie, Monsieur le Président. Ces médecins coordinateurs en maison de repos ont pu être mis en place sous la précédente législature. Cela faisait partie des recommandations spéciales covid. Vous avez eu raison de rappeler leur rôle essentiel au niveau du choix des médicaments. Vous avez rappelé également que c’est toute une chaîne qui doit participer à cette coordination. Vous avez notamment parlé de l’intelligence artificielle avec STOPP/START, mais aussi du travail qui peut être coordonné avec les pharmaciens. Ils jouent un rôle essentiel dans le choix des médicaments. On ne dit pas que l’on doit tous les arrêter, mais améliorer l’ordination de tous ces médicaments entre eux.
Agressivité 39%Constructivité 86%Factuel 46%Émotionnel 71%
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