Moniteur citoyen
← Toutes les questions
ActualitéWalloniemercredi 9 juillet 2025

L’application du décret Gouvernance dans le processus des nominations à la tête des intercommunales

Synthèse

Germain Mugemangango a dénoncé des arrangements politiques et des nominations de proches à des mandats rémunérés, estimant que ces pratiques contredisent les promesses de renouvellement et alimentent la défiance envers la classe politique. François Desquesnes a répondu qu’il applique le Code de la démocratie locale et de la décentralisation, ainsi que les règles de cumul applicables aux mandataires, avec contrôle de l’administration et possibilité d’annulation en cas d’irrégularité. Il a précisé que les mêmes règles sont vérifiées pour tous les organes intercommunaux et sociétés à participation publique locale significative, sans distinction de personne ou d’appartenance politique.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, pendant et après la campagne électorale, M. Bouchez a manifestement menti. Suite notamment à une place qui avait été fournie par le Parti socialiste à M. Laurent Levêque, ancien chef de cabinet de Mme Morreale, M. Bouchez s’était fendu d’un tweet où il disait : « Recaser les copains, c’est fini. L’État PS, c’est fini ». Avec lui, tout allait changer, on allait voir ce qu’on allait voir. Il a dit à toutes les personnes qui ont voté pour lui qu’il allait faire de la politique autrement. Ces petits arrangements, c’était terminé avec lui. Manifestement, les arrangements pour recaser les copains ne le dérangeaient pas tellement. Cela le dérangeait quand ce n’étaient pas ses copains à lui. Il y a là une grande preuve d’hypocrisie. Il fait exactement ce qu’il a reproché aux autres de faire. Que se passe-t-il dans les faits? Il se place dans la structure Spa-Francorchamps, parce qu’il aime bien les voitures. Puis, il place sa femme à la présidence de l’ONE, un mandat rémunéré à 40 000 euros sur l’année. Cela vient d’un parti qui en plus critique vertement les personnes qui soi-disant ne voudraient pas travailler, puisque ce parti se bat pour la suspension du chômage après deux ans. Quand on se met bien soi-même en trouvant des emplois pour soi et ses proches, il n’y a pas de souci. C’est beaucoup plus compliqué pour les autres. Monsieur le Ministre, quelles sont les mesures que vous allez prendre pour que ce genre de petits arrangements entre copains se terminent pour que, au lieu de se servir, on se décide à servir l’intérêt général de la collectivité?

  2. FD

    Monsieur le Député, mon job, en tant que ministre des Pouvoirs locaux, est de m’assurer que le Code de la démocratie locale et de la décentralisation soit dûment appliqué. Il existe des règles très claires concernant la compatibilité, le respect des normes de cumul, et cetera. Ces règles sont au nombre de trois: - la première est régie par l’article 1531-2 du Code de la démocratie locale qui prévoit que la qualité de président ou de vice-président d’une intercommunale ou d’une société à participation publique locale significative est incompatible avec la qualité de membre du Parlement européen, des chambres législatives fédérales ou d’un parlement de Région ou de Communauté. Je suis saisi, dans le cadre de l’exercice de la tutelle, d’une vérification. Mes services – l’administration – assurent cette vérification. Dans l’hypothèse d’une contravention à cette règle, je serais amené à annuler la décision de l’entité qui l’a prise; - la deuxième est régie par les articles L1125-12 et L2212-81quater qui limitent à trois mandats exécutifs rémunérés celles et ceux qui sont uniquement conseillers communaux ou provinciaux; - la troisième est régie par la loi du 6 août 1931 qui s’applique aux députés fédéraux et qui limite à un mandat exécutif rémunéré la possibilité de cumul pour les membres de la Chambre ou du Sénat. Mon administration applique pour tous les organes intercommunaux et les sociétés à participation publique locale significative les mêmes règles pour tout le monde, quelles que soient les personnes. Je ne fais pas de distinction ni de couleur de cheveux ni de couleur politique.

  3. Monsieur le Ministre, ce n’est pas seulement une question de légalité, c’est aussi une question de morale politique. Les gens en ont marre de se voir imposer une série de mesures qui vont impacter leur vie, alors que certains partis politiques font des arrangements entre eux pour se fournir des carrières bien rémunérées. Pour rappel, la politique doit servir les gens, l’intérêt collectif et non pas soi-même. Tant que l’on n’aura pas compris cela, on ne pourra pas éviter que les gens se plaignent de la classe politique.

    Agressivité 83%Émotionnel 70%

Questions similaires

UrgenteWallonie18.09.24

L’étude du journal Le Soir sur l’état préoccupant des finances communales wallonnes

Le député a relayé l’inquiétude suscitée par une étude de presse sur la fragilité des finances communales wallonnes, en pointant le niveau d’endettement, le recours à des plans de gestion et l’impact annoncé de mesures régionales, notamment le gel des subsides liés à l’emploi local. Le ministre a reconnu la difficulté de la situation et souligné la nécessité d’un redressement budgétaire global, en rappelant toutefois que la Région connaît elle aussi une situation financière tendue et que les communes doivent disposer de davantage d’espace budgétaire. Il a estimé qu’une partie importante des difficultés découle aussi du financement fédéral insuffisant des polices et des pompiers, appelant dès lors le Fédéral à assumer ses responsabilités. Le député a répliqué en demandant une communication claire et chiffrée sur les conséquences des mesures régionales pour les communes, dénonçant un manque de transparence avant les élections communales.

GMGermain Mugemangango · PTBFrançois Desquesnes
Finances localesFinances communales
UrgenteWallonie06.11.24

Les problèmes rencontrés lors de signalements d’infractions électorales lors des dernières élections locales

Germain Mugemangango a dénoncé des faits qu’il estime constitutifs d’infractions électorales à Charleroi lors des dernières locales, notamment la présence de camions publicitaires de partis devant un bureau de vote et le comportement d’un candidat du MR, en demandant quelles sanctions et quelles mesures préventives seraient prises. François Desquesnes a rappelé que le Code de la démocratie locale interdit la campagne dès le samedi à 22 heures, mais a indiqué que l’appréciation des faits et d’éventuelles suites relèvent de la justice, de la Commission de contrôle des dépenses électorales et de la juridiction de vérification des élections, dans le respect de la séparation des pouvoirs. Le député a répliqué que les faits avaient été consignés dans les procès-verbaux et signalés à la police, tout en soulignant la nécessité d’une meilleure organisation des scrutins à l’avenir et du respect de la loi par les partis politiques.

GMGermain Mugemangango · PTBFrançois Desquesnes
Élections localesDépouillement électoral
ActualitéWallonie22.10.25

La neutralité des directeurs financiers des communes

Guillaume Soupart a interrogé le ministre sur la neutralité des directeurs financiers communaux, à la suite de photos du directeur financier de Mons aux côtés du collège communal lors d’une manifestation, avec des signes d’appartenance politique et syndicale. Il a estimé que cette situation posait un problème d’apparence de neutralité, compte tenu du rôle de contrôle budgétaire de cette fonction et de la situation financière difficile de la ville. François Desquesnes a rappelé le principe de neutralité de l’administration dans l’exercice de la fonction, tout en soulignant que la liberté d’expression et d’action dans la sphère privée demeure garantie par l’article 19 de la Constitution, sous réserve du respect des principes généraux du droit. Le député a maintenu que, dans ce cas précis, le devoir de retenue aurait été atteint et a appelé à une évolution du cadre législatif et des mentalités.

GSGuillaume Soupart · MRFrançois Desquesnes
Transparence administrativeFonction publique locale
ActualitéWallonie14.05.25

Les difficultés budgétaires des grandes villes wallonnes

Le député a dénoncé les difficultés budgétaires des grandes villes wallonnes, en particulier Charleroi, en attribuant l’essentiel des déficits au sous-financement fédéral des CPAS, des zones de secours, de police et des pensions, et en critiquant le plan Oxygène ainsi que la hausse de taxes communales. Le ministre a répondu que la Région consacre 10 % de son budget au financement des communes via le Fonds des communes, avec une aide plus élevée pour les grandes villes et Charleroi, et a rappelé l’obligation légale pour les communes d’équilibrer leurs budgets. Il a reconnu que le Fédéral doit faire des efforts, tout en estimant que les communes doivent elles-mêmes assainir leur gestion pour retrouver de la crédibilité financière.

GMGermain Mugemangango · PTBFrançois Desquesnes
Finances localesBudget régional
UrgenteWallonie09.06.21

L’absence de réponse du ministre collignon à la demande du front commun syndical d’intervenir dans la commune d’anderlues

Germain Mugemangango a dénoncé le blocage politique à Anderlues, où la commune fonctionnerait depuis plusieurs mois sous douzième provisoire sans parvenir à voter correctement son budget, faisant craindre un défaut de paiement des salaires et une rupture de la continuité du service public. Il a demandé au ministre d’intervenir rapidement, éventuellement via l’envoi d’un commissaire spécial, en invoquant aussi l’appel des forces syndicales et politiques locales. Dans sa réplique, il a insisté sur l’urgence d’une intervention, estimant que l’administration dispose déjà des éléments fournis par les organisations syndicales et que la situation ne peut plus durer.

GMGermain Mugemangango · PTBChristophe Collignon
Concertation administrativeFinances locales