Les difficultés rencontrées par 135 000 familles de Wallonie pour payer leurs factures d’eau
Jori Dupont a dénoncé la hausse du prix de l’eau en Wallonie, qu’il estime lourde pour les ménages, et a critiqué le fait que 135 000 familles soient en difficulté pour payer leurs factures. Il a jugé le renforcement du Fonds social de l’eau insuffisant et non structurel, estimant qu’il ne profite qu’à une minorité des ménages concernés et ne règle pas la précarité hydrique. Yves Coppieters a répondu qu’un plan plus ambitieux avait été présenté au Gouvernement pour mieux utiliser ce fonds, en simplifiant les démarches, en automatisant davantage l’accès, en formant des tuteurs énergie et en lançant une campagne d’information avec les CPAS et les associations. Le ministre a insisté sur le caractère fondamental du droit à l’eau et sur la volonté du Gouvernement d’améliorer l’accès à ce soutien pendant la législature.
Débat · 3 interventions
- JDJori DupontIndépendant
Monsieur le Ministre, parfois, je me demande si vous n’êtes pas un peu un pompier pyromane. Vous allumez un incendie au lanceflamme puisque vous augmentez le prix de l’eau. Vous l’augmentez de manière relativement forte puisque, pour une famille de quatre personnes, cela représente une augmentation d’une centaine d’euros par an. De l’autre côté, vous jouez au gentil pompier qui va aider les familles en difficulté en disant que vous allez améliorer le mécanisme du Fonds social de l’eau qui aide les familles – 6 % des familles – qui pourraient avoir besoin de cette aide à l’heure actuelle. L’eau ne devient-elle pas tout doucement un produit de luxe en Wallonie? Il y a 135 000 ménages en Wallonie qui n’arrivent pas à payer leurs factures d’eau. Ce n’est quand même pas rien. Renforcer le Fonds social de l’eau, c’est une mesure d’information surtout symbolique, voire une mesure cosmétique, puisque vous dites: «On ne communique pas assez sur le Fonds social de l’eau», comme si c’était la solution à la précarité hydrique. C’est ce paradoxe du pompier pyromane qui fait flamber le prix de l’eau puis qui dit: «Je vais aider les ménages à gérer cette flambée du prix de l’eau.» La meilleure manière, Monsieur le Ministre, serait d’empêcher que le prix de l’eau puisse flamber. Le Fonds social de l’eau, je le rappelle, n’aide que 6 % des ménages. Au mieux, si l’on utilisait toutes les capacités financières du Fonds social de l’eau, on pourrait aider 10 % des ménages. Cela veut dire que 90 % des ménages qui sont dans le besoin ne pourraient pas être aidés avec le Fonds social de l’eau. En plus, ce fonds social, n’oublions pas que c’est une mesure qui n’est pas structurelle puisqu’elle est payée par les factures d’eau des autres ménages. Ce n’est absolument pas la solution à la problématique de la précarité hydrique. Quand aurez-vous enfin une politique qui protège les Wallons et non pas qui les pousse de plus en plus dans la précarité?
Émotionnel 39% Monsieur le Député, nous avons bien une vision différente de cette problématique. Je suis très fier d’avoir déposé une note au Gouvernement wallon le 6 février dernier, qui reprend un plan pour lutter contre la précarité hydrique, un plan beaucoup plus ambitieux sur la meilleure utilisation du Fonds social de l’eau. Ce n’est pas une invention d’Yves Coppieters; ce fonds existe déjà depuis bien longtemps, mais il est malheureusement sous-utilisé. Ce plan ambitieux n’a pas été fait par Yves Coppieters; il a été fait en partenariat avec les distributeurs, Aquawal, différentes associations et le Réseau de lutte contre la pauvreté en Région wallonne. Ce plan a comme ambition d’augmenter l’accessibilité, soit que plus de personnes en situation de précarité hydrique puissent bénéficier de ce fonds. Monsieur le Député, ce n’est pas 6 %, mais 66 % du fonds qui était utilisé antérieurement. On veut augmenter son utilisation puisque c’est chacun d’entre nous qui payons ce fonds à travers notre facture d’eau. Dès lors, il faut maximiser l’utilisation de ces budgets pour 130 000 ménages qui doivent mieux l’utiliser. Pour cela, on veut une simplification administrative et que le recours à ce droit soit quasi automatisé, voire, à terme, complètement automatisé. On veut aussi former des tuteurs énergie qui puissent accompagner ces familles dans une meilleure utilisation et dans une vision un peu plus globale de cette utilisation de l’eau. Vous avez également compris que le problème est un problème de communication. Nous allons lancer une campagne de communication avec les CPAS, les associations et toute une série d’acteurs locaux afin de mieux informer ces familles de ce droit et de ce recours à ce Fonds social de l’eau. J’insiste sur le fait que, parce que c’est quelque chose qui va pouvoir soulager toute une série de familles, cet accès à l’eau de qualité est un droit fondamental. Ce Fonds social de l’eau, mieux utilisé, permettra ce recours à ce droit fondamental. Je vous assure que le Gouvernement wallon est très attentif à cela et le sera pendant cinq ans.
Agressivité 46%Constructivité 42%Factuel 39%Émotionnel 43%- JDJori DupontIndépendant
D’abord, Monsieur le Ministre, ce n’est pas moi qui me trompe, mais c’est vous qui vous trompez. Ce sont 6 % des familles qui pourraient en bénéficier qui l’utilisent et elles utilisent deux tiers du Fonds social de l’eau. C’est pour cela que je dis qu’au maximum du fonds social vous pourriez aider 10 % des familles dans la réalité. C’est donc vous qui vous trompez dans vos chiffres. Je dis 10 % à la grosse louche. Ce ne sont donc pas 66 % des familles qui en ont besoin qui l’utilisent, mais 6 %. Cela ne fonctionne dès lors pas et ce n’est pas la bonne méthode. Ce fonds est payé par la facture des citoyens qui paient leur eau. Ce n’est pas la solution à la précarité hydrique. Vous êtes en train de me dire que vous ne pouvez que changer ce Fonds social de l’eau, mais que vous ne pouvez pas changer le prix de l’eau. Pourtant, ce serait la vraie solution que de changer le prix de l’eau et d’arrêter les hausses du prix. C’est typique: on ne peut pas changer le prix des poubelles, on ne peut pas changer le prix de l’eau, et cetera. J’ai l’impression que le slogan des Engagés, qui est «le courage de changer», vous en avez finalement bien peur.
Agressivité 76%Émotionnel 58%
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