La limitation de l’intervention du fonds des calamités aux sinistrés réassurés
Julien Liradelfo dénonce la lenteur du traitement des dossiers du Fonds des calamités après les inondations, ainsi que l’exigence faite à certains sinistrés de souscrire une assurance pour être indemnisés, ce qu’il juge inabordable pour des ménages modestes. Il cite un cas concret où une personne aurait dû payer une prime élevée sous peine de refus d’indemnisation, puis aurait vu son dossier rejeté. Il demande à Di Rupo de supprimer cette condition afin que toutes les victimes puissent être aidées, sans distinction selon leur capacité à se réassurer.
Débat · 3 interventions
- JL
Monsieur le Ministre-Président, je vous ai plusieurs fois interpellé sur le comportement des assurances envers les sinistrés, sur le fait qu’elles indemnisent au rabais et sur votre passivité par rapport à cette problématique. J’ai eu des excuses différentes: vous m’avez dit que c’est un dossier fédéral, que c’était une loi de 2004 que vous avez découverte. Je veux rappeler que c’est une loi que votre parti avait votée; je parle du plafonnement du montant d’intervention. Vous m’aviez également dit que vous n’étiez pas le porte-parole d’Assuralia. Vous faites bien de le préciser. Aujourd’hui, je voudrais vous interroger sur un dossier sur lequel vous avez entièrement la main, à savoir le Fonds des calamités, ce fonds qui est censé aider les personnes mal assurées ou non assurées. Vous avez reçu 7 600 demandes de dossiers et, 10 mois après les inondations, seulement 1 170 dossiers ont été traités. Je rappelle que, derrière ces chiffres, ce sont des familles qui sont toujours dans les difficultés, des gens qui dorment encore sur des divans ou dans leur maison insalubre. On se pose alors la question: pourquoi ces chiffres sont-ils si mauvais? Vous avez donné des justifications différentes. Vous avez d’abord dit que c’était compliqué de remplir ce type de dossier, que les sinistrés n’étaient pas habitués. C’est sûr que 22 pages de dossier, quand on est en burn-out administratif et que l’on a vécu des inondations pareilles, c’est assez compliqué. Vous avez dit aussi que les dossiers étaient incomplets. Toutefois, la réalité n’est pas celle-là. La réalité est que votre gouvernement exige que les sinistrés prennent une assurance pour pouvoir bénéficier du Fonds des calamités. C’est de cela qu’il est question. La vraie raison est que vous obligez des personnes qui avaient déjà du mal à payer une assurance à se tourner vers des assurances qui leur demandent des primes aujourd’hui estimées à 1 100 euros pour se réassurer. C’est la condition que vous donnez. Je vous ai entendu tout à l’heure essayer de corriger le tir. Vous avez parlé des RIS, vous avez parlé de déclaration sur l’honneur. Je tiens à dire que le problème n’est pas les sinistrés, ce sont les assurances...
Agressivité 67%Constructivité 52%Factuel 56%Émotionnel 60% - JL
Ce sont les assurances qui demandent aujourd’hui des primes de 1 100 euros à des personnes qui ne sont pas en capacité de payer. Monsieur le Ministre-Président, allez-vous intervenir pour supprimer cette condition pour tous les sinistrés pour que la Région wallonne aide toutes les victimes des inondations?
Agressivité 82%Émotionnel 64% - JL
Monsieur le Ministre-Président, j’entends bien votre bricolage que vous avez fait puisqu’on a pris le doigt dans le pot de confiture, mais ce qui m’intéresse, ce sont les faits. _(Réactions dans l’assemblée)_ Et ici, Monsieur Di Rupo, j’ai des faits. J’ai ici un document provenant du Fonds des calamités avec une personne à qui l’on demande de payer une assurance pour pouvoir être indemnisée. Si elle ne paie pas avant le 15 mai, elle ne sera pas indemnisée et son dossier sera refusé. Ce sont des faits, Monsieur Di Rupo. Cette personne gagne 1 800 euros par mois. Peut-être qu’avec 11 000 euros par mois, c’est facile de payer une prime de 1 100 euros, mais la réalité, c’est que même avec 1 800 euros par mois, c’est difficile de payer une prime! _(Réactions dans l’assemblée)_ Et vous savez, la réalité de ce qu’il s’est passé? C’est que, finalement, cette personne, son dossier a été refusé. Monsieur le Ministre-Président Di Rupo, je vous ai entendu tout à l’heure parler de regarder vers l’avant et pas dans le rétroviseur, mais, quand je regarde dans le rétroviseur, je vois toutes les personnes que vous avez abandonnées.
Agressivité 76%Émotionnel 63%
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