Les négociations régionales avec assuralia et l’avenir du fonds des calamités face au travail du réseau wallon de lutte contre la pauvreté (rwlp)
Julien Liradelfo a dénoncé le sentiment d’abandon persistant chez les sinistrés des inondations de 2021, en évoquant les lourdeurs administratives régionales, les difficultés rencontrées face aux assurances et le recours nécessaire à un guide pratique de la Fondation Roi Baudouin. Il a également critiqué la gestion du Fonds des calamités, notamment le refus de financer de nouvelles expertises, ce qui selon lui bloque encore la résolution de nombreux dossiers. Dans sa réponse, le ministre-président Di Rupo a défendu le bilan de la gestion de crise et contesté l’ampleur des critiques, ce qui a suscité une réplique du questionneur soulignant l’existence de nombreux témoignages de terrain confirmant ces difficultés.
Débat · 3 interventions
- JL
Monsieur le Ministre-Président, cela va faire deux ans que la Wallonie a été frappée par les terribles inondations. En deux ans, on a tiré une série de constats, dont un persiste et est récurrent, c’est celui de l’abandon. Un médecin, qui s’est rendu dans les zones sinistrées pour rencontrer les familles des victimes témoigne, dit qu’il a dû expliquer aux gens qu’il n’était pas de la Région wallonne, qu’il n’avait rien à voir avec les pouvoirs publics, pour que les familles acceptent de discuter avec lui. Cela témoigne bien de la colère et du sentiment d’abandon de la population. On a eu aussi cette semaine le témoignage d’une sinistrée de Verviers dans la presse qui disait, comme beaucoup de sinistrés l’ont dit, que le plus dur, c’est l’après. Elle a eu des mots difficiles et très durs: «Les démarches administratives de la Région wallonne détruisent les victimes, les gens.» Ce sont ses mots. On parle des démarches administratives de la Région. Il y a aussi celles des assurances. C’est encore plus compliqué. C’est tellement compliqué que la fondation Roi Baudouin a dû sortir un guide, pour aider en fait les victimes des inondations à s’en sortir à l’avenir avec toutes les démarches administratives face aux assurances. Ils ont pris toutes les expériences des personnes qui ont dû se battre pendant deux ans avec des assurances, des personnes qui se sont fait arnaquer et des personnes qui ont dû lutter pour avoir leurs droits, et ils en ont fait un guide de la débrouille pour faire face aux assurances, aux machines qui broient les victimes. C’est fou qu’en Wallonie, en 2023, on ait besoin d’un guide de la débrouille qui n’est même pas fait par le Gouvernement ou par les pouvoirs publics, qui est fait par la fondation Roi Baudouin. On a besoin d’un guide pareil pour s’en sortir dans les démarches, alors que l’on est victimes d’inondations. Je n’ai qu’une question: quand allez-vous enfin briser cet abandon?
Agressivité 88%Émotionnel 86% - JL
Monsieur Di Rupo, ce qui est une honte, c’est d’oser venir dire ici que cela a été la meilleure gestion de crise que l’on a connue. C’est une honte quand on entend les retours de terrain, mais pas uniquement. Sur l’abandon, je vais quand même rappeler que, notamment le professeur Teller l’a dit, tous les rapports démontrent que l’abandon est grand chez les victimes, il est encore présent deux ans après. C’est une honte! Deux ans après les inondations, des gens n’ont toujours pas réglé leurs problèmes. C’est une honte également. Si je prends le témoignage de la personne qui habite à Verviers et que j’ai cité tout à l’heure, concrètement, le Fonds des calamités lui demande une nouvelle expertise, mais le Fonds des calamités ne veut plus payer les experts. Par conséquent, l’expert ne vient plus. Le résultat est qu’elle est toujours dans les difficultés. C’est la réalité. Vous pouvez essayer la méthode Coué et dire que tout va bien et que vous avez tout bien géré, mais il faut pouvoir écouter la réalité.
Agressivité 86%Émotionnel 89% - JL
Je constate que cela vous arrange de limiter la situation à un témoignage qui est de la presse, ce n’est pas un témoignage que j’ai pris moi-même. Cela vous arrange bien de limiter à cela. Des témoignages comme celui-là, il y en a des dizaines, des centaines, et le problème est que vous ne voulez pas l’entendre.
Agressivité 51%Émotionnel 72%
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