L’amélioration de l’état des routes wallonnes pour 2024
Les intervenants ont dénoncé la dégradation des routes wallonnes, jugées dangereuses pour les motards et les automobilistes, et ont interrogé le ministre sur l’utilisation des moyens fiscaux consacrés aux infrastructures ainsi que sur l’exécution du plan « Mobilité et Infrastructures pour tous », reporté depuis 2022. Ils ont aussi relevé le manque d’investissements visibles dans les priorités du Plan de relance et demandé des mesures rapides pour réparer les voiries et réduire les risques. Le ministre a indiqué vouloir faire de l’entretien des routes une priorité et favoriser une réparation continue, tout en expliquant les retards par le contexte de crise. Les auteurs ont pris acte de cette position, tout en soulignant que l’état des routes continue, selon eux, à se détériorer.
Débat · 4 interventions
- BBeugniesPTB
Monsieur le Ministre, l’état des routes en Belgique est catastrophique et c’est particulièrement le cas pour notre Région. En tant que motard, je ne suis pas le seul à le dire puisque le président de Fédémot, la Fédération des motocyclistes, dit la même chose dans la presse et il a tout à fait raison. Chaque nid-de-poule, chaque ornière et chaque trou dans la route constituent un véritable piège pour les motards qui risquent de chuter. Étant donné qu’ils n’ont pas de carrosserie pour se protéger, la chute peut parfois entraîner la mort. Les routes sont très dangereuses. À titre personnel, je n’ose plus rouler la nuit parce que, rouler sur une nationale mal éclairée, c’est un peu comme jouer à la roulette russe tellement c’est dangereux. En journée, être obligé d’avoir les yeux rivés sur le sol pour être sûr de ne pas se taper un nid-depoule ou une ornière plutôt que de bien regarder devant soi pour anticiper, c’est aussi dangereux. Cependant, on est obligé de le faire parce que l’on n’a pas le choix. Il n’y a pas que les motards qui se plaignent de l’état des routes puisque les automobilistes se plaignent d’éclatements de pneus et de jantes ou d’amortisseurs qui cassent. Ils doivent parfois slalomer entre les nidsde-poule, ce qui est évidemment un danger pour la circulation. Pourtant, on paie beaucoup de taxes: une taxe de mise en circulation qui va augmenter et dont on va parler tout à l’heure, une taxe de circulation, beaucoup d’accises pour le carburant ainsi qu’une taxe kilométrique pour les routiers. L’argent est censé être récolté pour améliorer les routes. Aujourd’hui, c’est le contraire qui se passe. Monsieur le Ministre, que faites-vous avec tout cet argent? Je me pose la question parce que les routes continuent à se dégrader. Que comptez-vous faire dans l’immédiat pour réparer toutes ces routes dangereuses afin de sauver des vies?
Agressivité 64%Constructivité 48%Factuel 47%Émotionnel 54% - MMauelMR
Monsieur le Ministre, en 2019, la qualité des routes en Belgique a été pointée du doigt par le Forum économique mondial. La Belgique est désormais classée à la 56 [e] place sur 141 au niveau mondial et a donc perdu 10 places depuis 2017. Au niveau de la qualité des routes, la Belgique se situe entre la Thaïlande et la Pologne, qui ne sont pas connues pour la qualité de leurs infrastructures routières. Quatre ans plus tard, la situation ne s’est malheureusement pas améliorée, comme le constatent le Forum économique mondial ainsi que de nombreux Wallons et Wallonnes. Mes collègues et moi-même vous avons questionné en commission sur le plan «Mobilité et Infrastructures pour tous» et son report depuis décembre 2022. Récemment, le ministre-président s’est prononcé sur les priorités du Gouvernement wallon, qui concernent un entretien bien meilleur des infrastructures routières d’ici la fin de la législature. Partagez-vous cet avis? Comment allez-vous concrètement assurer l’exécution du plan «Mobilité et Infrastructures pour tous», le faire avancer et l’exécuter pour la fin de la législature ou le préparer pour la prochaine législature?
Agressivité 56%Émotionnel 39% - BBeugniesPTB
Merci, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. Franchement, vous dites que vous voulez mettre la priorité sur l’entretien pour les routes, mais dans les faits l’état des routes empire. C’est ce qui est en train de se passer. Je vous ai quand même parlé de vies humaines qui sont en danger, même potentiellement en danger de mort. J’ai bien regardé dans les 42 projets prioritaires du Plan de relance, qui est quand même le programme prioritaire du Gouvernement. Il n’y a pas une ligne, pas 1 euro, pour améliorer la qualité des routes. Par contre, pour faire payer un pseudocontrôle technique pour les motards, là il n’y a pas de souci, on peut compter sur vous alors que l’on sait très bien que c’est l’état des routes qui tue et ce n’est pas l’état des machines. Concernant les énormes taxes que l’on paie pour les routes, je crois que si l’on devait vraiment payer des taxes en rapport avec la qualité des routes, c’est votre Gouvernement qui devrait nous donner de l’argent.
Agressivité 78%Émotionnel 55% - MMauelMR
Merci pour votre réponse, Monsieur le Ministre. Je pense aussi que ces dernières années, on a vraiment eu l’impression qu’il y a eu un genre de changement de stratégie dans la réfection des routes parce que l’on a vraiment l’impression de ne pas avoir vu grand monde. On vous l’a rappelé en commission. C’est un constat qui a été fait un peu dans tous les arrondissements. Vous aviez dit que c’était aussi dû aux crises, mais on avait jusqu’ici un peu l’impression qu’il y avait un genre de volonté dans votre chef de sous-investir dans les routes. Merci d’avoir constaté qu’il existe un besoin important d’entretien, ainsi que la volonté de favoriser la réparation constante des routes. Je resterai attentive à ce qui se passera dans le futur.
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