Les conséquences pour les entreprises wallonnes des nouveaux droits de douane américains
Olivier de Wasseige a alerté sur l’instabilité des nouveaux droits de douane américains et sur leurs effets négatifs pour les entreprises wallonnes, notamment en matière de prévisibilité, d’exportations et d’emploi, en demandant quelles mesures d’accompagnement l’AWEx mettait en place et quelles coordinations existaient avec le fédéral et la Commission européenne. Pierre-Yves Jeholet a souligné l’impact de ces fluctuations sur les exportateurs, a plaidé pour une souveraineté industrielle européenne, la diversification des marchés et une réponse européenne ferme et proportionnée, tout en indiquant que l’AWEx agit pour rassurer les entreprises en coordination avec le fédéral. Le questionneur a ensuite insisté sur la nécessité de pousser l’Europe à avancer vers plus de souveraineté et d’aider les entreprises à diversifier leur clientèle afin de compenser d’éventuelles pertes sur le marché américain.
Débat · 3 interventions
- ODOlivier de WasseigeLes Engagés
Monsieur le Ministre, malheureusement, ce sujet risque de rester longtemps une question d’actualité, tant les décisions prises aux États-Unis sont volatiles et surprenantes. En effet, après la décision de la Cour suprême des États-Unis de suspendre les droits de douane imposés par Donald Trump, celui-ci a décidé de s’asseoir sur la décision de son conseil suprême et de remettre une nouvelle couche de 10 à 15 %. Ce sera peut-être 20 % tout à l’heure, 25 ou peutêtre 12 %, on n’en sait rien. Cela s’ajoute évidemment aux taxes qui existaient déjà. De notre côté, c’est une catastrophe pour les entreprises wallonnes en termes de prévisibilité et d’incertitude par rapport à des changements de règles auxquels elles ne peuvent s’adapter. C’est très difficile, d’autant plus que cela représente quand même un volume important. Les États-Unis sont un gros client de la Wallonie en termes d’exportations. On doit absolument trouver des solutions. Comment avez-vous réagi au niveau du Gouvernement wallon, particulièrement avec l’AWEx, pour aider les entreprises, les informer et les rassurer? Je pense que c’est important de les rassurer. La FEB et différentes fédérations sectorielles sont intervenues à ce sujet pour rassurer les entreprises, en espérant trouver des solutions du côté wallon. Deuxième question, avez-vous des contacts avec le Fédéral et avec la Commission européenne pour avoir une action coordonnée et espérer pouvoir arriver à une solution qui reste stable? Ce dont nos entreprises ont besoin, c’est de stabilité et, si possible, du moins de taxes possible.
Agressivité 79%Constructivité 37%Factuel 45%Émotionnel 69% Monsieur le Député, la décision de la Cour suprême américaine démontre que l’État de droit reste encore un pilier fondamental de nos démocraties occidentales. Ensuite, la fluctuation des décisions et des droits douaniers impactent nos entreprises exportatrices et impactent évidemment l’emploi et les travailleurs de nos entreprises. En outre, et vous avez raison, nos entreprises exportatrices ont besoin de sécurité, ont besoin de prévisibilité et certainement pas d’incertitudes quotidiennes. Cela démontre aussi que la souveraineté industrielle en Wallonie et en Belgique, mais, plus fondamentalement, en Europe est indispensable dans des secteurs stratégiques comme la défense, l’énergie, les sciences du vivant, les biotechnologies, l’agroalimentaire, la santé et bien d’autres. Enfin, il faut saisir toutes les opportunités, diversifier les marchés, les opportunités de nouveaux continents et de nouveaux pays, notamment à travers les accords commerciaux et les accords de libre-échange. Toutefois, les États-Unis restent un partenaire commercial et économique important. Nous respectons l’Amérique, certes, mais le commerce mondial mérite mieux que des épisodes improvisés chaque semaine ou chaque jour. Une guerre commerciale, c’est comme un match de foot où tout le monde perd. On attend aussi de l’Europe une position ferme et proportionnée, sans escalade politique qui affaiblirait nos deux économies et sans accepter des mesures discriminatoires pour nos entreprises, qui pénaliseraient évidemment nos entreprises exportatrices, notre économie et nos travailleurs. C’est ce à quoi l’on s’attelle à l’AWEx pour rassurer nos entreprises, en coordination, bien évidemment, avec le Fédéral pour défendre une position européenne ferme et proportionnée. En effet, je pense que c’est absolument indispensable aujourd’hui par rapport à la situation.
Constructivité 69%Factuel 66%Émotionnel 67%- ODOlivier de WasseigeLes Engagés
Merci, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. Vous avez raison d’avoir souligné que la décision de la Cour suprême des États-Unis montre que l’on est encore dans un État de droit. Il reste à espérer que le président respectera les institutions de son propre pays. Vous avez aussi souligné la nécessité d’une position ferme de l’Europe et d’une souveraineté européenne qui est indispensable. Évidemment, on doit y travailler et l’on doit vraiment pousser l’Europe à avancer dans ce sens. Au-delà d’accompagner les entreprises par rapport au marché américain, il faudrait voir comment elles peuvent avoir une diversification de leur clientèle et essayer de récupérer de nouveaux marchés ou d’accentuer certains marchés existants pour récupérer ce qu’elles pourraient perdre en chiffre d’affaires aux États-Unis.
Agressivité 58%Constructivité 65%Émotionnel 47%
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