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ActualitéWalloniemercredi 3 septembre 2025

L’impact des droits de douane américains sur l’économie wallonne

Synthèse

Valérie De Bue a interrogé le ministre sur l’impact des droits de douane américains sur les exportations wallonnes, en rappelant l’importance du marché américain, l’existence d’une veille de l’AWEx et la création d’un groupe de travail fédéral-régional. Pierre-Yves Jeholet a souligné la fragilité et l’imprévisibilité générées par ces mesures, leur effet potentiel sur les exportations, l’investissement et plusieurs secteurs clés, tout en insistant sur la nécessité de maintenir le dialogue avec les États-Unis. Il a annoncé sa participation à une mission économique avec la Princesse Astrid début octobre et a plaidé pour la diversification des débouchés via les accords commerciaux et pour le maintien d’une capacité de production en Wallonie afin de soutenir l’ancrage industriel.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, les États-Unis constituent un allié économique stratégique pour l’économie wallonne ; c’est même un partenaire essentiel et le premier partenaire hors Union européenne. Vous le rappeliez récemment, les exportations wallonnes vers les États-Unis représentent 7 milliards d’euros. Cet été, un accord tarifaire a été conclu entre les États-Unis et l’Europe. Bien que les conséquences en soient partiellement allégées grâce à l’accord tarifaire, les barrières douanières du président Trump pénaliseront sans aucun doute très fort les entreprises wallonnes. Depuis vendredi, il y a encore une évolution, puisqu’une cour d’appel américaine a déclaré illégaux les droits de douane. Ce jugement est suspendu jusqu’au 14 octobre. Les droits de douane sont dès lors d’application en Europe, en Belgique et en Wallonie depuis le 7 août. Monsieur le Ministre, vous n’avez pas attendu cette situation pour anticiper l’impact sur les entreprises wallonnes. Vous avez mis en place une veille. Vous avez, au travers des équipes de l’AWEx, soutenu les entreprises et accompagné celles-ci pour diversifier leurs exportations, et qu’elles se rendent moins dépendantes des États-Unis. Quel bilan pouvons-nous tirer déjà à l’heure actuelle des actions de l’AWEx? Comment encore anticiper l’impact? Quels sont les résultats du groupe de travail que vous avez mis en place récemment? Un groupe de travail qui unit des représentants fédéraux et régionaux. Avez-vous déjà eu écho, depuis le 7 août dernier, de certains changements dans le comportement de nos entreprises?

    Agressivité 60%Constructivité 44%Factuel 48%Émotionnel 46%
  2. Madame la Députée, la tarification douanière imposée par les États-Unis entraîne évidemment une certaine fragilité. Fragilité parce qu’elle est contestée même par la justice américaine, mais aussi une certaine imprévisibilité, puisque avec M. Trump, les vérités d’un jour ne sont pas nécessairement les mêmes le lendemain. Ce qui nécessite une anticipation de nos entreprises par rapport aux conséquences que ces décisions américaines peuvent avoir sur nos exportations, sur notre capacité d’investissement et sur la santé de nos différents secteurs, que ce soit les sciences du vivant, l’énergie ou encore le secteur agroalimentaire. Ensuite, il est clair que les décisions américaines aujourd’hui sont à l’encontre du partenariat historique que nous avons avec les USA, que ce soit sur le plan diplomatique, politique, mais aussi sur le plan militaire et économique. Cependant, il ne faut pas tourner le dos aux USA, il faut maintenir un dialogue avec les ÉtatsUnis. C’est dans ce sens que je serai présent début octobre dans une mission économique avec la Princesse Astrid pour justement défendre les intérêts économiques de notre Région et de nos entreprises. Enfin, et ma collègue a été très claire sur le MERCOSUR, nous avons toute une série de traités commerciaux, d’accords de libre-échange avec aucun impact sur le volet agriculture comme le MERCOSUR. Nous devons aller de l’avant par rapport à la ratification de ces traités commerciaux parce que nous devons réorienter nos exportations vers des pays émergents, vers d’autres opportunités en matière d’exportation. Sur le volet des investissements, nous devons aussi veiller à ce que nous puissions garder toute une série d’investissements, une capacité de production en Wallonie, parce que sans capacité de production, il n’y a pas de souveraineté industrielle et il n’y a pas de puissance économique. Dès lors, nous travaillons à la fois sur nos exportations, mais aussi sur notre ancrage industriel en Wallonie.

    Agressivité 42%Constructivité 41%Émotionnel 37%
  3. Monsieur le Ministre, merci pour votre réponse tout à fait rassurante et je dirais même enthousiasmante confirmant le maintien du dialogue avec les États-Unis. Si l’on veut renforcer la capacité d’exportation de nos entreprises et les diversifier, c’est bien sûr lié aussi à la capacité de la Wallonie à s’inscrire dans des accords commerciaux pour favoriser les échanges économiques, accords commerciaux bien évidemment équilibrés. Pour ce qui porte sur les investissements et la souveraineté industrielle de la Wallonie, la réindustrialisation de la Wallonie est effectivement un second enjeu. Je pense que l’on doit s’y préparer et je sais que ce Gouvernement, dans toutes ses composantes, est pleinement mobilisé vers cet objectif. Pour moi, cet avenir est vraiment l’enjeu principal en Wallonie.

    Constructivité 96%

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