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ActualitéWalloniemercredi 25 février 2026

La préparation de l’Europe et de la Wallonie à un réchauffement climatique de 4 degrés

Synthèse

Céline Tellier a alerté sur les projections d’un réchauffement pouvant atteindre 4 degrés en Europe et a interrogé le ministre-président sur le renforcement des politiques d’atténuation et surtout d’adaptation en Wallonie, ainsi que sur l’actualisation des outils de modélisation et cartographies des risques. Adrien Dolimont a répondu qu’une étude de vulnérabilité du territoire wallon avait déjà été réalisée avec différents scénarios climatiques, et qu’une stratégie d’adaptation ainsi qu’un plan de territoire étaient en cours d’élaboration, en complément des mesures d’atténuation du PACE. La députée a salué l’existence de cette étude tout en insistant sur la nécessité de budgets d’investissement dédiés et d’une diffusion des résultats aux communes, estimant que l’adaptation devra être financée pour éviter des coûts bien plus élevés en cas de catastrophes.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre-Président, pas 1,5 degré, pas deux, pas trois, mais quatre degrés de réchauffement. Voilà ce à quoi il faut désormais s’attendre en Europe en termes de réchauffement climatique, selon un récent rapport du Conseil scientifique consultatif européen sur le changement climatique. Face à ce constat pour le moins interpellant – ce n’est pas la journée que nous vivons aujourd’hui qui me contredira –, il faut agir à deux niveaux: - l’atténuation du risque climatique; - un autre pour lequel nous sommes bien moins préparés, à savoir l’adaptation au dérèglement climatique. Sur ce volet, force est de constater que l’Union européenne traîne encore. À ce stade, il existe uniquement une vague stratégie d’adaptation qui date de 2021 et qui a malheureusement connu différents reculs en matière de dérégulations, notamment suite – c’est le rapport qui l’indique – à toute la vague de dérégulations dites Omnibus. Or, on sait que le coût de l’inaction est largement supérieur: on parle de cinq fois plus par rapport à une action climatique résolue. En témoignent, par exemple, les chiffres de l’été 2025 au niveau européen, avec 24 000 décès suite à des phénomènes climatiques extrêmes qui auraient pu être évités, mais également, si l’on parle en monnaie sonnante et trébuchante, 45 milliards de dommages économiques ont touché les infrastructures en Europe. Votre accord de gouvernement vise à mettre en place une politique environnementale basée sur des données scientifiques objectives, dans le respect du principe de précaution. Monsieur le Ministre-Président, allez-vous écouter la science et renforcer la politique de votre Gouvernement en matière d’atténuation et d’adaptation, notamment en adaptant les outils et les modélisations climatiques aujourd’hui utilisées par la Wallonie en ce qui concerne, par exemple, les risques d’inondations ou d’autres cartographies très utilisées?

  2. Madame la Députée, à mon avis, il ne vous aura pas échappé qu’une étude sur la vulnérabilité du territoire wallon a bien été réalisée et présentée l’année dernière. Différents scénarios y ont été étudiés, dont des scénarios à deux, trois et quatre degrés supplémentaires. On doit prendre en compte ces risques climatiques qui sont très changeants. Il est clair que la journée que nous vivons aujourd’hui peut être interpellante. C’est pour cela que l’on a travaillé à une stratégie d’adaptation du territoire wallon et à la réalisation d’un plan d’adaptation de notre territoire. La méthodologie a été présentée – cela ne vous aura sans doute pas non plus échappé – par la ministre Neven au niveau du Gouvernement wallon, en toute fin d’année. Toutes les mesures concrètes d’opérationnalisation seront développées sur base de cette méthodologie. Elles viendront également s’ajouter aux mesures concrètes déjà reprises dans le PACE en termes d’atténuation. On ne se limite pas à l’échelle régionale. On a l’ambition de déployer cela – en bonne intelligence et en bonne interaction – à l’échelle locale, pour également permettre la mise en place de plans d’adaptation à la vulnérabilité des territoires à l’échelle locale. Il faut faire cela en bonne intelligence avec l’ensemble des niveaux de pouvoir. Comme vous le voyez, on ne reste pas les bras ballants. On se base sur des données scientifiques objectives. Je rappelle l’étude de vulnérabilité. On travaille aussi en bonne intelligence avec les stratégies développées à l’échelle européenne, comme vous avez pu le citer, bien que vous êtes moins optimiste que moi, je l’entends.

    Agressivité 64%Constructivité 61%Factuel 73%Émotionnel 66%
  3. Merci, Monsieur le Ministre-Président, pour vos éléments de réponse. Si je reprends simplement l’argument purement économique – vous le savez en tant que ministre du Budget –, on ne peut plus se permettre, pour les finances wallonnes, une crise comme celle des inondations que nous avons vécue en 2021 et, bien sûr, tous les drames humains qui les ont accompagnées. L’étude de vulnérabilité ne m’a pas échappé, puisque c’est moi qui l’avais lancée – vous vous en souviendrez peut-être – avec notre collègue, Philippe Henry, alors ministre du Climat. Je suis ravie que cette étude ait pu être présentée au sein de ce Parlement à notre demande, et elle doit se poursuivre. La ministre s’est engagée, notamment en termes de diffusion aux différentes communes. Il est clair que la stratégie d’adaptation est une chose, mais, si cette stratégie – et j’espère qu’elle intégrera les estimations les plus récentes en la matière, comme l’a fait la France, par exemple – ne s’accompagne pas de budgets d’investissement dédiés, elle ne servira à rien. Là, on a vraiment besoin que le Gouvernement prenne à bras-le-corps cet enjeu de l’adaptation de nos territoires. Cela va coûter de l’argent, mais c’est un investissement pour éviter un coût bien plus important en cas de dommages catastrophiques.

    Agressivité 81%Constructivité 58%Factuel 37%Émotionnel 74%

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