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ActualitéWalloniemercredi 16 avril 2025

La lutte contre les feux de forêt en Wallonie

Synthèse

Céline Tellier a interpellé la ministre Anne-Catherine Dalcq sur la stratégie wallonne de prévention, d’anticipation et de coordination face aux feux de forêt, à la lumière de l’incendie d’Achouffe, et a demandé des moyens humains, matériels et un renforcement de la recherche forestière. La ministre a présenté une approche fondée sur l’anticipation, avec des réunions régulières entre acteurs, des interdictions de circulation dans certaines zones, une cellule d’expertise évaluant le risque au jour le jour, ainsi que des circulaires et interventions via le gouverneur en cas d’alerte. Elle a insisté sur la prévention par la sensibilisation du public aux comportements à risque et a indiqué préparer un décret sanitaire pour mieux lutter contre les ravageurs et les effets des sécheresses sur les forêts.

Débat · 35 interventions

  1. Madame la Ministre, il y a quelques jours, un feu de forêt important avait lieu à Achouffe, près d’Houffalize, dans la province de Luxembourg, mettant ainsi le doigt sur une problématique importante : celle des incendies de forêt qui, malheureusement, ne sont pas impossibles dans notre Région, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Quelle stratégie mettez-vous en place tant pour prévenir que pour anticiper ces risques en matière de feux de forêt? On sait qu’ils risquent d’arriver plus régulièrement à cause des dérèglements climatiques. Quelle est votre stratégie en termes de coordination avec les services de secours? Je pense aux différentes zones de secours, à la protection civile, aux pompiers et à votre collègue en charge de l’Intérieur au niveau du Fédéral. Enfin, quels moyens humains et matériels, de façon générale, mettez-vous en place pour, avec votre administration, veiller davantage sur nos forêts?

    Agressivité 79%Émotionnel 67%
  2. Madame la Députée, vous avez dit les trois mots : anticipation, coordination et prévention. Au niveau de l’anticipation, ce sont des réunions régulières qui ont déjà lieu entre tous les acteurs concernés, mais ce sont aussi des arrêtés d’interdiction de circulation publique à certains endroits que j’ai signé ces derniers jours pour ne pas arriver à des situations problématiques. C’est aussi préparer l’avenir parce que les forêts sont de plus en plus durement touchées par la crise des scolytes, les chenilles processionnaires ou encore les sécheresses. Je suis en train de mettre en place un décret sanitaire que je présenterai au Gouvernement à la fin du mois de mai pour avoir des outils pour faire face à ces ravageurs, mais aussi pour agir plus rapidement, que ce soit en prévention, mais également en cas de problème pour intervenir plus facilement et agir de manière plus efficace. Au niveau de la coordination, dont vous parliez, une cellule d’expertise évalue le risque au jour le jour. Si le risque devient trop élevé, une information est envoyée au gouverneur. Un ensemble de procédures, de mesures et d’informations sont dans une circulaire dont le gouverneur et la province peuvent s’emparer pour faire face à la situation sur le terrain. La prévention, c’est surtout de la sensibilisation parce que, souvent, les incendies proviennent d’une négligence humaine. C’est bien communiquer sur le fait qu’il ne faut pas jeter son mégot, ne pas faire de feu, ne pas circuler là où c’est interdit. Par exemple, ne pas garer sa voiture avec un pot d’échappement chaud dans les hautes herbes. Les incendies sont des conséquences de sécheresses, et l’on en voit de plus en plus. Nous restons vigilants à l’heure actuelle par rapport aux sécheresses parce qu’elles ont aussi des impacts sur d’autres choses comme la biodiversité ou l’agriculture.

    Agressivité 79%Constructivité 75%Factuel 81%Émotionnel 82%
  3. Je vous remercie, Madame la Ministre, pour vos éléments de réponse. Effectivement, travailler sur la culture du risque est indispensable par rapport à l’augmentation des risques climatiques et des risques de sécheresse, que vous avez rappelés. Je voulais aussi appuyer le travail sur le décret sanitaire que nous avions entamé. Je me réjouis que vous le poursuiviez. Je voulais aussi vous engager à travailler sur le plan quinquennal de recherche forestière. C’est important d’améliorer la recherche en matière de cartographie des zones à risque. J’espère que vous aurez à cœur de renforcer les financements à cet égard. Cela m’inquiète quand on sait les coupes que vous avez faites en matière de budget du DNF, à savoir 50 %. Je vois que vous souriez, mais c’est un peu un disque rayé. Malheureusement, tant que je n’ai pas vu l’amélioration au conclave budgétaire, je n’y croirai pas, mais j’espère que cela arrivera. Enfin, les moyens plus généraux, en matière humaine, mais aussi en matière matérielle, sont indispensables pour faire en sorte que cette culture du risque se matérialise de façon claire et précise dans le chef de votre administration. ###### DÉBAT (Suite) ###### Débat sur l’état de la Wallonie, en application des articles 70 et 135 du règlement

    Agressivité 50%Émotionnel 52%
  4. Monsieur le Ministre-Président, Mesdames et Messieurs les Ministres, chers collègues, chers citoyens qui nous suivez sur les télévisions communautaires et sur les réseaux sociaux, le discours sur l’état de la Wallonie doit être un moment important de notre vie parlementaire. Nous attendions votre vision, vos projets, vos perspectives pour notre avenir commun. Par des indicateurs soigneusement choisis, vous avez préféré nous brosser un tableau de la Région pour ancrer votre récit d’une Wallonie à la dérive, d’une Wallonie en décrochage, en quasi-faillite, que seule une politique de rupture – entendez: de droite et brutale – pourrait redresser. En vous parant d’une virginité politique schizophrénique, vous nous dites que tout ce qui a été fait doit être balayé pour que la prospérité jaillisse comme par enchantement. Votre analyse est biaisée et votre attitude méprisante. Méprisante parce qu’elle est contre-productive, parce qu’elle sape la confiance collective que nous devons nourrir. Elle décourage celles et ceux qui, sur le terrain, innovent, entreprennent, forment et accompagnent chaque jour. Je ne vais pas me lancer dans une bataille d’indicateurs, parce que l’on peut toujours sélectionner les chiffres qui confortent un récit. Il n’empêche que certains faits s’imposent à tous. Tout d’abord, ils déconstruisent le mythe de la Région en perpétuel déclin. Ces dernières années, la croissance wallonne a été plus que robuste. Elle a presque systématiquement dépassé la moyenne belge entre 2014 et 2019. Elle s’est montrée résiliente entre 2021 à 2024. Après les crises qui se sont succédé, elle était comparable, voire supérieure à celle de la Belgique et de la zone euro. Si, comme le préconise la BNB, on compare la Wallonie avec les régions similaires d’Europe des 15, on constate surtout que les rebonds économiques prennent du temps. On voit surtout que la Wallonie dispose de nombreux atouts: - l’accès à un marché potentiel étendu et riche; - une bonne accessibilité en infrastructures; - de l’espace – c’est de l’or – pour l’implantation d’activités; - un tissu d’entreprises technologiques innovantes; - une population en âge de travailler en augmentation – vous l’avez dit –, avec de nombreux diplômés de l’enseignement supérieur. Cela n’occulte pas les défis que nous devons relever et qui doivent être placés encore et toujours au cœur d’une politique économique ambitieuse. Les faiblesses de la Wallonie se situent au niveau des variables sociales qui sont étroitement liées, comme la santé, la pauvreté, l’exclusion sociale et le marché du travail. L’amélioration du capital humain à travers la formation et l’enseignement est une priorité, tout comme les investissements dans les infrastructures de transport. C’est la conclusion de l’étude de la BNB. La Wallonie a un potentiel de convergence indéniable. Il faut l’exploiter, sans entretenir l’illusion d’un rattrapage éclair. C’est là que le Gouvernement est attendu et qu’il faut agir, d’autant plus que nous sommes dans un momentum particulier de grandes incertitudes, où les équilibres géopolitiques et économiques basculent. Les tensions internationales, le réchauffement climatique, la guerre commerciale lancée par Trump, tout nous incite et nous impose à prendre notre destin en main pour bâtir une économie qui soit plus résiliente et plus durable, pour positionner nos capacités industrielles, pour les renforcer, pour consolider notre indépendance énergétique, et pour développer notre potentiel de recherche et d’innovation. La Wallonie a sa place dans ce mouvement. Il faut un projet concret qui unit relance économique, transition écologique et justice sociale, un projet de société qui fédère et qui donne de l’espoir. Ce projet mobilisateur qui fera de ce momentum une opportunité, le Gouvernement ne le propose pas. Ce qui frappe dans ce contexte de profonds bouleversements, c’est la passivité de votre Gouvernement. Vous donnez l’impression que le seul fait d’avoir changé de majorité est une fin en soi, et que votre élan s’est arrêté net après votre installation dans les cabinets namurois en juillet dernier. En témoigne votre discours. Il faut avouer que le discours que vous avez prononcé aurait pu être pico bello il y a neuf mois, lors de la présentation de la DPR. Vous nous avez égrené un catalogue d’intentions générales, mais vous n’avez formulé aucune proposition précise et concrète, aucun objectif chiffré. Rien, nada, que dalle. Beaucoup reste à faire pour continuer à faire progresser la Wallonie. Les Gouvernements précédents – il faut avoir l’honnêteté de le dire – avaient mis des choses en place. Ils avaient des objectifs et des stratégies détaillées. Leurs stratégies étaient perfectibles, mais elles étaient présentes. Votre vision pour la Wallonie, votre stratégie, on ne les voit pas. En revanche, on voit bien les mesures brutales qui coûtent aux Wallons et aux Wallonnes. En matière d’emploi, vous avez dit avoir deux objectifs. L’augmentation du taux d’emploi est un objectif chiffré et une priorité que l’on partage, soyons clairs. L’emploi est bien plus qu’un indicateur économique, c’est un vecteur d’inclusion, de dignité et idéalement d’épanouissement. C’est la clé d’un modèle social solide, d’une économie compétitive et d’une société plus équitable. Vous êtes pour l’emploi, et c’est très bien. Cependant, au-delà du discours, que constate-t-on neuf mois après la mise en place de votre Gouvernement? On observe qu’alors que le taux d’emploi a augmenté de 2 % en Flandre, il s’est écrasé en Wallonie où il a diminué de 1,8 %. Le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés a augmenté de 3,1 % depuis que vous êtes en place, alors qu’il avait baissé pendant plusieurs années. Le taux de chômage repart également à la hausse. Sur les bancs socialistes et dans la population, on est tentés de dire que c’est logique. Depuis son installation, le Gouvernement n’a pris aucune mesure pour créer de l’activité et de l’emploi, pas une seule. En revanche, il a multiplié les mesures destructrices. L’inaction du Gouvernement se traduit aussi par un manque flagrant de volontarisme en matière de stratégie économique, commerciale ou industrielle. Le Gouvernement précédent, sous l’impulsion du ministre de l’Économie qui se trouve aujourd’hui derrière moi, avait identifié un objectif clair: l’industrie manufacturière et le secteur de la construction devaient représenter 25 % du PIB en 2030. Aujourd’hui, il n’y a simplement plus d’objectif. Pourtant, tout invite à l’action, Messieurs et Mesdames. L’année s’est terminée sur une hausse du nombre d’emplois perdus en raison de faillites entraînant la destruction de plus de 2 500 emplois entre octobre et décembre: Casa, Lunch Garden, Tupperware, Makro, Excel, Copeland, Dawn Foods, Thermo Fisher, Univercells, Opticable, Cora et peut-être Liberty Steel. Vous me permettrez d’avoir une pensée particulière pour ces travailleurs et ces travailleuses que nous connaissons presque familièrement. Autant de faillites, de fermetures et de restructurations, c’est autant de drames qui plongent des milliers de familles dans l’angoisse quant à leur avenir. Quelle est la stratégie du Gouvernement pour enrayer cette spirale négative? Quand le Gouvernement dévoilera-t-il sa politique industrielle? Quand le Gouvernement dévoilera-t-il sa politique économique, sa réponse à la crise de la grande distribution, son soutien aux commerces de proximité? Que fait le ministre de l’Industrie pour soutenir les entreprises wallonnes dans un contexte de guerre commerciale qui les menace? Que fait le Gouvernement pour saisir les opportunités de développement de l’industrie de la défense dans le contexte géostratégique actuel? On vient d’annoncer une future feuille de route pour Wallonie Entreprendre. Toutefois, neuf mois après votre installation, on ne voit toujours pas quels sont les axes concrets du projet économique. Là encore, on parle beaucoup: on va évaluer, on va rationaliser, on va faire mieux avec moins. Ce sont de bons slogans électoraux. Néanmoins, les slogans électoraux, c’est trop court. Je suis désolée. Vous êtes neuf mois plus tard, on a besoin de votre stratégie. Les Wallons veulent sentir que vous bougez pour votre Région. La Flandre – qui est manifestement votre modèle et dont le Gouvernement s’est mis en place plus tard que vous – a déjà développé son plan industriel, fixé des objectifs, développé son plan de défense, alors qu’elle n’a pas les atouts historiques de la Wallonie. En Wallonie, on ne voit rien venir. Sans doute piqué au vif par nos critiques, le ministre Jeholet vient toutefois d’annoncer la création d’une task force «Défense» qui va se réunir la semaine prochaine. Enfin! dirais-je. On attendra des résultats concrets. Il ne suffit pas de déclarer dans la presse que la Wallonie doit se faire entendre dans le plan Défense. Ce que l’on attend, c’est que l’on agisse: que l’on prenne des initiatives concrètes pour défendre les intérêts des Wallons et des Wallonnes et que l’on soutienne la création d’emplois. Justement, l’emploi est un autre domaine où s’illustre tout le paradoxe du Gouvernement MREngagés. Quand il s’agit d’en créer, c’est inactif, mais quand il s’agit d’en détruire, mes amis, le bilan est impressionnant: destruction de l’emploi, 10 sur 10. On ne remplace pas les départs, les contrats à durée indéterminée dans la fonction publique, on supprime 450 emplois dans le CPAS parce que ce n’est pas comme si l’on allait être noyés avec les mesures fédérales de transfert vers les CPAS. On baisse d’un tiers les financements facultatifs dans le secteur associatif. On asphyxie les pouvoirs locaux. J’en passe. Que dire, par ailleurs, de la non-indexation des subventions des 38 000 travailleurs et travailleuses – les femmes, parlons-en – dans nos communes et dans nos CPAS! Le pire est à venir, avec l’annonce d’économies additionnelles via une réforme du dispositif APE, qui a été annoncée hier en commission, qui ressemble trait pour trait à celle qui avait été abandonnée en 2019, vu le rejet massif et unanime des employeurs et des travailleurs, unis dans la rue. C’est une initiative dogmatique d’autant plus incompréhensible qu’une réforme complète, concertée et budgétairement tenable et maîtrisée a été votée en 2021 par le MR, ce MR aujourd’hui qui les voue aux gémonies. Ce qui est interpellant dans tout cela, c’est que vous démantelez des dispositifs sans aucune évaluation. Il faut être cohérent: vous parlez de l’évaluation, alors venons-en. Une seule et unique initiative: l’évaluation, c’est important. Vous l’avez vu dans le discours du ministre-président. Par conséquent, on va regarder. La première mesure prise, c’est l’exclusion des chômeurs de longue durée décidée par l’Arizona. Quand on va exclure 54 000 Wallons et Wallonnes, cela va forcément créer de l’emploi. Que disent les études? C’est bizarre, toutes les études sont convergentes: Oxford, UCL, OCDE, toutes disent que cela ne marche pas. Néanmoins, on se fiche de ces évaluations, on s’obstine. Parmi nos demandeurs d’emploi de longue durée en Wallonie, une grande moitié d’entre eux ont plus de 50 ans et donc énormément de mal à trouver un boulot. Regardez les difficultés que rencontrent les travailleurs de Lunch Garden, de Makro, de Delhaize. Vous savez ce qu’on leur dit? «Trop vieux, trop cher». Voilà ce qu’ils entendent répéter à longueur de journée. Un jugement sans appel. Toutes les études soulignent l’inefficacité des exclusions. Elles ne créent rien. Elles font disparaître des personnes des radars, elles précipitent dans la précarité, elles condamnent à travailler au noir. Faut-il le rappeler, contrairement à la promesse électorale des Engagés, aucun emploi n’est proposé à ces victimes d’exclusion. Encore une promesse qui s’envole; une de plus. Et très peu de perspectives s’ouvrent à ces personnes exclues. Car les chiffres sont là, on le sait via Statbel: il y a en Wallonie 37 000 emplois vacants. Combien de demandeurs d’emploi avons-nous? Deux cent quarantecinq mille, indemnisés ou non. Cela veut dire que quand il y a un poste, cinq restent sur le carreau. Cela dit d’autant plus qu’il faut créer de l’emploi. Et c’est tout le paradoxe, ou plutôt tout le cynisme de vos gouvernements qui sanctionnent celles et ceux qui ne trouvent pas de travail, mais qui ne font rien non plus pour en créer. Vous en avez d’ailleurs fait l’aveu, Monsieur le Ministre-Président, en réduisant votre objectif pour le taux d’emploi de 80 % dans la DPR à 70 % dans votre discours. Manque d’ambition ou aveu d’impuissance. (Réactions dans l’assemblée) Pas de souci, on peut «fact-checker» tout ce que vous voulez. Je peux vous dire que j’ai beaucoup travaillé sur les notes et je vous les montre quand vous voulez. Bon nombre de ces personnes exclues vont donc se trouver exposées à un risque accru de pauvreté. Est-ce pour cela que votre Gouvernement abandonne l’objectif de réduction de pauvreté que s’étaient fixé vos prédécesseurs à l’horizon 2030? Le taux de pauvreté, Mesdames et Messieurs, a baissé depuis 2020 de 4,2 %. Mais il reste encore «inacceptablement» élevé avec 21,8 % en 2024. Là encore, vous ne fixez aucun objectif, ce qui trahit votre manque d’intérêt pour une Wallonie plus juste et plus inclusive. En fait, le pouvoir d’achat des familles modestes et des classes moyennes ne semble pas vous préoccuper. En témoignent vos choix en matière de logement, en matière de titres-services, de prix de l’eau, de transports publics, en sabrant dans le budget du logement public avec une réduction historique de 25 % de ses moyens. Vous décrétez un moratoire déguisé sur la construction et la rénovation des logements publics et vous cassez la machine économique. En réduisant de 60 % les primes à la rénovation, vous empêchez beaucoup de ménages d’isoler leurs habitations et de faire baisser leur facture énergétique. Vous fragilisez un secteur de la construction déjà en difficulté et vous niez l’enjeu climatique. En augmentant le prix des TEC, en stoppant les extensions du tram, en réduisant l’offre de transports en commun et peut-être demain en supprimant la gratuité pour les jeunes et pour les aînés, vous frappez directement les familles, vous ratez à nouveau des occasions de réduire les émissions de CO2. C’est donc la même question qui se pose: comment, dans ces conditions, comptez-vous atteindre votre objectif de réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030? Là aussi, on attend toujours la feuille de route. En refusant d’interdire les frais complémentaires réclamés par les grosses sociétés de titres-services, vous faites plaisir aux actionnaires qui verront grossir leurs dividendes, mais vous poussez de nombreuses familles à renoncer à leur aide-ménagère ou à recourir au travail au noir, ce qui prive de protection sociale ces travailleuses que vous prétendez valoriser. C’est ce que vous avez dit durant toute votre campagne électorale. En augmentant la facture d’eau des ménages de 50 euros en moyenne, vous fragilisez encore davantage les plus fragiles, en particulier les familles monoparentales. S’ajoutent des économies dogmatiques imposées aux services publics, au secteur associatif, les piliers mêmes de notre société. Que dire de l’attitude du Gouvernement à l’égard du non-marchand, à l’égard des aides-soignantes, des aides-ménagères sociales, des aides familiales, des assistantes sociales dans les CPAS, du personnel des maisons de repos, des institutions pour personnes en situation de handicap? Autant de métiers qui connaissent une pénurie et qui ne parviennent plus à attirer des jeunes, notamment en raison des horaires coupés, des conditions salariales ou de la pénibilité de certaines tâches. Alors que nous avions débloqué un budget historique de 260 millions euros, vous dites: «Au mieux, dans la deuxième moitié de la législature, nous débloquerons peut-être un budget» – sans dire combien. Or, il y a urgence d’entendre le secteur en ébullition, de s’asseoir avec lui à la table de négociation. En effet, l’état de la Wallonie se mesure également à la manière dont nous écoutons et dont nous répondons aux besoins fondamentaux des Wallons et des Wallons. L’accès à un enseignement, à un emploi de qualité, à un logement décent, à l’énergie abordable, à des transports en commun, à des services publics de proximité, à un accompagnement face aux aléas de la vie, ce ne sont pas des options, mais des droits fondamentaux. Votre indifférence envers les besoins de la société se manifeste aussi dans le traitement que vous réservez aux villes et aux communes. Symbole de cette culture du contrat moral qui a toujours uni la Wallonie à ses communes, vous avez effacé de la DPR l’engagement de compenser l’impact des décisions régionales sur les finances publiques locales, alors même que nos pouvoirs locaux, particulièrement nos grandes villes, sont confrontés à l’explosion des dépenses pour la police, pour les pompiers, pour la pension, pour la pauvreté. Face à leurs difficultés, que faites-vous? Vous imposez une poursuite de la reprise des coûts des zones de secours par les provinces, mais vous supprimez des financements communaux, l’indexation des subsides APE. Vous modifiez le mécanisme d’indexation du Fonds des communes. Rien que ces deux mesures auront un impact de 400 millions d’euros à l’horizon 2029. Vous supprimez le renfort en personnel accordé aux CPAS face à la hausse des bénéficiaires du revenu d’intégration sociale, tout en vous félicitant – c’est quand même le pompon – du transfert massif de chômeurs exclus vers ces mêmes structures. On nous promet des compensations fédérales, mais elles seront partielles et leurs conditions particulièrement défavorables pour la Wallonie. Si j’en crois les dernières informations, ce sera zéro en 2026. Vos partis se sont couchés devant les nationalistes flamands. Vous allez asphyxier les CPAS wallons. Comme si ce n’était pas suffisant, les communes subiront aussi les conséquences de la réforme de l’IPP prévue par l’Arizona. Encore 90 millions d’euros de recettes en moins par an, en rythme de croisière. Le résultat est inévitable. On va presser sur l’emploi, on va diminuer les services aux citoyens, on va augmenter les prix, on va augmenter la fiscalité locale et, in fine, cela induira une baisse du pouvoir d’achat des ménages et des classes moyennes. Ici se manifeste tout votre cynisme. Le Gouvernement se vante de refuser toute taxe nouvelle, mais encourage, voire contraint les villes à pousser au maximum les curseurs de leur fiscalité. «Ce n’est pas moi qui fais le sale boulot, ce sont eux». C’est courageux! Face aux attaques répétées de Bart De Wever et aux conséquences du modèle Arizona sur la Wallonie et sur ses pouvoirs locaux, vous ne levez aucun bouclier. Vous ne protégez pas les Wallons et les Wallonnes. Aveu de faiblesse ou aveu de complaisance? On vous entend vous réjouir – oui, vous réjouir – que la réforme fiscale prive la Wallonie de 270 millions d’euros de recettes, vous dites: «Ce n’est pas grave, on s’engage à compenser par de nouvelles économies sur le dos des citoyens». Les partis francophones du Gouvernement fédéral se sont fait avoir, Mesdames et Messieurs, sans broncher, sans opposer aucune résistance. Je terminerai ce survol par la gouvernance. Vous nous annonciez un «gouvernement d’ingénieurs» et une gestion budgétaire rigoureuse. On en est loin. On cultive le paradoxe, on cultive l’inconsistance, on cultive l’injustice, on cultive l’iniquité. Vous annoncez un retour à l’équilibre d’ici 2029, mais vous dégradez, la première année que vous faites un budget, de 77 millions le déficit de la Région wallonne. Vous invoquez la maîtrise des finances publiques pour justifier des coupes dans des politiques qui sont structurantes, qui sont favorables aux classes moyennes ou modestes, mais vous vous précipitez pour faire voter une réforme fiscale au bénéfice des plus nantis qui va priver la Wallonie de 870 millions d’euros de recettes par an. On parle ici, Mesdames et Messieurs, de 5 % de nos recettes. Vous jugez prioritaire de réduire la taxe de mise en circulation des voitures électriques premium, comme la Tesla Y, entraînant un coût de plusieurs millions d’euros. Comme symbole politique, c’est top! On a 500 euros de réduction pour la Tesla et, pour ceux qui ont éventuellement les moyens de s’offrir une Renault 5, ce sont 30 euros – soit 15 fois moins. Est-ce cela, vos priorités? Vous nous avez promis des choix objectifs efficients, une culture de l’évaluation, un respect de la parole publique, mais vous réduisez les moyens du secteur associatif, des dispositifs des missions régionales pour l’emploi, des SIS, de Tremplin 24, des structures d’autocréation d’emploi, sans évaluation. Par contre, vous maintenez ceux qui engrangent des effets d’aubaine qui sont avérés et qui sont écrits noir sur blanc comme SESAM ou comme Airbag. Vous dites vouloir faire de l’évaluation votre fer de lance, mais la première grande réforme que vous faites, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, sur les droits d’enregistrement, vous refusez d’inclure un dispositif d’évaluation. Encore une fois, quelle inconsistance! Vous sabrez dans les primes à la rénovation au nom d’un prétendu dérapage budgétaire, mais vos annonces brutales créent des mouvements de panique qui coûteront cher à la Région. Vous vous asseyez sur un avis assassin du Conseil d’État sur l’illégalité. Il dénonce l’illégalité de vos mesures transitoires qui, en quelques heures, ont réduit à néant des projets de vie de milliers de familles. Où se trouve le pilotage professionnel quand vous refusez de fixer des objectifs chiffrés et des feuilles de route en matière d’emploi, de réduction de la pauvreté et de transition énergétique ou de réindustrialisation? Voilà le visage de votre gouvernance: des principes affichés, des promesses répétées, mais une réalité qui est faite d’arbitraire, de contradictions, de choix partisans et dogmatiques. Le pire, c’est que vous n’avez toujours pas fait un euro pour assainir les finances publiques puisque tous les efforts frappent déjà durement les citoyens. Ils ont été faits pour financer une réforme fiscale dont très peu profiteront. Pourtant, Mesdames et Messieurs, une autre voie est possible. Il est tout à fait possible de gouverner autrement, avec des objectifs clairs, avec des priorités économiques, sociales et environnementales coordonnées dans un cadre budgétaire maîtrisé avec une vision à long terme. La preuve: de 2019 à 2024, sous le Gouvernement Di Rupo, on a fait baisser le chômage de 9,5 %, on a baissé de près de 12 %, le chômage de longue durée. On a une baisse quasi constante, depuis cinq ans, du nombre de jeunes qui ne sont ni à l’emploi ni à la formation, selon Statbel. Cette résilience s’illustre dans l’évolution du taux d’emploi: 4,4 % d’augmentation du taux d’emploi sous le Gouvernement précédent, malgré la crise sanitaire, malgré les inondations, malgré la crise énergétique. (Réactions dans l’assemblée) M. le Président. – Monsieur le Ministre, Messieurs les Députés, c’est Mme Morreale qui a la parole.

  5. Cela vous gêne d’entendre que nous avons augmenté le taux d’emploi de 4,4 %, alors que depuis que vous êtes là, il a baissé de 1,9 % ! Loin des slogans : des gestes, des faits, des chiffres, la réalité ! Elle est là, cette ambition. Et votre ambition, c’est combien ? C’est 1,9 % d’augmentation. Allez ! Ce résultat, on l’a obtenu par des politiques publiques fortes en matière d’accompagnement, de formation, par des incitants. On est sortis du schéma classique avec des dispositifs d’innovation sociale. On a cherché des solutions, que l’on teste justement pour sortir du rang, pour améliorer le taux d’emploi, de la relance, de la transition énergétique. Est-ce que c’était suffisant? Certainement pas, et je voudrais que vous entendiez ceci: nous devons avoir l’humilité de le reconnaître, mais j’ai toutefois une conviction. Nous avons agi très concrètement en rassemblant, en objectivant nos choix pour protéger la population dans un contexte de crise sans précédent, pour augmenter le taux d’emploi, pour redéployer notre économie et pour protéger les plus fragiles. Croyez-moi, nous continuerons à déposer et à soutenir des propositions constructives en ce sens pour inciter, par exemple, les employeurs à proposer des emplois de qualité dans l’intérêt de tous. Si vous regardez en Flandre, 73 % des offres d’emploi offrent des contrats à durée indéterminée, quand en Wallonie, la réalité, c’est que 77 % des offres d’emploi proposent du contrat intérimaire ou à durée déterminée. Transformons cette difficulté avec des aides à l’emploi, qui existent, mais qui doivent être conditionnées à trois mois d’engagement, ce qui permet, pour les travailleurs durablement dans le chômage, d’en sortir et de se développer dans une entreprise. On veut l’inverse des contrats précaires, l’inverse des contrats d’intérim qui maintiennent les demandeurs d’emploi dans le chômage. Puis, s’il vous plaît, arrêtons d’opposer l’emploi privé et l’emploi public. Non, il n’y a pas trop d’emplois publics en Wallonie. Il y a trop peu d’emplois privés. Une récente étude d’Itinera l’a encore montré: il faut créer de l’emploi privé. D’où la nécessité de créer un pacte wallon pour l’industrie, pour le travail, qui réunisse tous les acteurs, les patrons, les organisations syndicales, les associations environnementales, nos académiques, pour renforcer notre tissu économique et relever le défi de l’emploi – de qualité. Nous avons aussi besoin d’une feuille de route pour le climat juste et concertée, avec des compensations pour les ménages vulnérables et les PME, et des investissements ambitieux pour la rénovation énergétique et la mobilité durable. Nous avons besoin de cohésion sociale en soutenant les acteurs de terrain qui tendent des filets de sécurité pour ceux qui trébuchent dans la vie. Tout cela implique de retrouver le sens de la concertation sociale, d’écouter celles et ceux qui vivent en Wallonie, au quotidien, dans les entreprises, les associations, les services publics. Oui, il faut aussi une gestion budgétaire rigoureuse, mais cela impose avant tout d’éviter des réformes fiscales coûteuses qui ne profitent pas à la classe moyenne, et de supprimer les effets d’aubaine. Les Wallonnes et les Wallons ont besoin de comprendre. Ils ont besoin d’adhérer aux perspectives proposées. Cela suppose d’être convaincu que les efforts sont répartis équitablement, que chacun contribue à la mesure de ses possibilités. Sous le Gouvernement de votre prédécesseur, souvenez-vous, Monsieur le Ministre du Budget actuel et précédent, nous avons réalisé 0,5 milliard d’économies structurelles, mais équilibrées – au-delà de ce que nous demandait la Commission de la dette. Nous n’avons pas, Mesdames et Messieurs, de leçon à recevoir. Voilà l’alternative: un projet rigoureux, mais juste, ambitieux, mais réaliste, tourné vers l’avenir, sans sacrifier celles et ceux qui ont le droit de bien vivre, ici et maintenant. Ce projet est bien éloigné de celui que vous portez: brutal et clivant, source de divisions et de fractures sociales, de dualisation et de démantèlement du bien commun. Dans un monde soumis aux vents mauvais des régressions sociales et sociétales, nous avons besoin plus que jamais d’équité, de justice sociale et de solidarité. Dans un monde qui se polarise, où les extrêmes avancent et les droits fondamentaux reculent, la cohésion n’est pas un luxe, c’est un impératif démocratique. C’est pour cela que les socialistes vont continuer à se battre pour un modèle de démocratie sociale juste et efficace dans lequel chacune et chacun aura sa place. Pour cela, Mesdames et Messieurs, vous pouvez compter sur nous. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à Mme De Bue.

    Agressivité 63%Constructivité 81%Factuel 71%Émotionnel 67%
  6. Monsieur le Ministre-Président, Mesdames et Messieurs les Ministres, chers collègues, faire face aux vérités qui dérangent et surtout assumer les réformes nécessaires, tel est notre cap. Le changement qu’incarne votre Gouvernement, vous venez justement de l’illustrer avec une présentation originale et moderne. Vous l’avez mis en avant, Monsieur le Ministre-Président, le mode de fonctionnement de la Wallonie, trop longtemps façonné par 40 ans de gouvernance socialiste, est devenu, dans bien des domaines, inefficace, coûteux et parfois contreproductif. (Réactions dans l’assemblée) Notre volonté est claire: faire différemment pour faire mieux, pour que chaque réforme, chaque mesure ait un impact positif sur la vie des gens. Je vous remercie, Monsieur le Ministre-Président, de nous rappeler les premières mesures concrètes de ce Gouvernement: neuf mois d’action, et déjà des résultats. Trop souvent, Madame Morreale, je suis désolée, vos propos reposent sur des postures et des caricatures qui masquent une incapacité à proposer des solutions concrètes et réalisables aux défis de notre Région. Les partis de gauche sont les champions dans l’art de dénoncer, accuser, protester, mais ils ont bien plus de mal quand il s’agit de proposer des alternatives réalistes. À la première annonce de réforme, la gauche est dans la rue avant même d’en connaître les contours. Protester contre ce que l’on imagine, pas contre ce qui existe: voilà la spécificité de la gauche. Cependant, cela n’améliore pas le quotidien des Wallons. En moins de cinq mois, notre Gouvernement a mis en place une réforme fiscale inédite. C’est un coup de pouce concret pour des milliers de Wallons, contrairement à ce que vous dites, qui en ont plus qu’assez d’être étouffés par une fiscalité trop lourde. En effet, avant que la Wallonie s’éveille sous un ciel azur, elle était détentrice d’un record honteux: le taux de droits d’enregistrement le plus élevé de l’OCDE. Le taux est passé de 12,5 % à 3 % pour la première habitation. Ce n’est pas un cadeau fiscal, cela permet à des jeunes, à des familles qui comptent moins de revenus, moins d’épargne, d’accéder à la propriété, et les effets sont directs. En ce début d’année, selon le secteur des agences immobilières, les ventes en Wallonie ont été boostées de 15 %, ce sont tous des jeunes qui ont accédé à la propriété. (Applaudissements) Un autre exemple: dès 2028, les taux les plus élevés en matière de succession seront divisés par deux. On vous prenait parfois jusqu’à 80 %: le système était complètement obsolète, abusif et injuste. Nous restons lucides, chers collègues. L’argent magique n’existe pas. Des efforts conséquents restent à fournir pour réduire le train de vie de la Région sans affecter la qualité des services. À cet égard, ce Gouvernement prend ses responsabilités en suivant les recommandations de la Commission extérieure de la dette et ira encore beaucoup plus loin avec un effort structurel de 268 millions d’euros pour 2025. Le Gouvernement mise sur la rationalisation et surtout l’efficience. Chaque euro investi doit produire un effet. Trop longtemps, la Wallonie a pratiqué la politique du saupoudrage. Il est toujours plus facile de distribuer de l’argent plutôt que de faire des économies. Pourtant, il est tout à fait possible de faire mieux avec moins; c’est justement la voie qui a été choisie. Le cap est clair: passer d’une logique de distribution à une culture de l’évaluation et surtout une culture du résultat des politiques publiques. L’objectif de ce Gouvernement est de créer un environnement favorable aux entreprises et à l’entrepreneuriat, avec des aides mieux ciblées et des procédures simplifiées. C’est comme cela que nous ferons émerger des leaders dans les secteurs où notre Région peut se démarquer. Dans un contexte international instable, marqué notamment par la séquence des droits de douane américains, nous devons rester mobilisés pour soutenir nos entrepreneurs. La Wallonie est riche de ses PME, elle est une région exportatrice. Le ministre-président et le ministre de l’Économie sont pleinement impliqués dans une réponse européenne concertée et nous devons plaider pour un libre-échange ouvert, mais équilibré, qui protège les secteurs clés, mais pour un libre-échange. L’objectif est de garantir des accords justes et respectueux des standards européens favorables à la croissance et à l’emploi. Face à la situation géopolitique actuelle, l’Europe, la Belgique et, à son échelle, la Wallonie doivent prendre le chemin de l’autonomie stratégique, développer des synergies et mutualiser les efforts. En matière de défense, les investissements ne doivent plus être tabous. Contrairement à certaines allégations dans la presse, ce Gouvernement ne manque absolument pas de vision – que du contraire. Il a même anticipé les investissements en la matière et n’a pas attendu ni les déclarations du nouveau président des États-Unis et encore moins le plan ReArm Europe pour avancer des ambitions fortes. Notre dynamique économique ne peut fonctionner sans un pilier essentiel: l’emploi. Trop longtemps, il faut le reconnaître, nous avons laissé des dispositifs s’empiler, sans cohérence et sans évaluation. Le budget annuel s’élève chaque année à 3 milliards d’euros, alors que malheureusement, nous comptons 233 000 chercheurs d’emplois en Wallonie. Pour quel résultat? Territoires zéro chômeur de longue durée et Coup de boost: de belles idées sur papier, mais des résultats globalement insuffisants. Alors qu’en 2024, 180 000 emplois étaient vacants en Belgique, dont 40 000 en Wallonie. Nous devons financer la création d’emplois et nous devons arrêter de financer des structures. À côté de cela, d’autres entreprises se créent, se développent, innovent et d’autres emplois seront créés. Le numérique, l’intelligence artificielle, vous en avez beaucoup parlé; les nouvelles technologies font déjà partie de notre quotidien. Il ne peut y avoir d’avenir économique durable sans une Wallonie qui ose ces transitions, qui les maîtrise et qui les façonne. Ce Gouvernement s’est pleinement saisi de cet enjeu, en travaillant ardemment à une version actualisée de la stratégie numérique Digital Wallonia. La réforme portée par le ministre Jeholet est une révolution: un FOREm plus efficace, une évaluation croisée de tous les dispositifs d’insertion socioprofessionnelle, une refonte complète. L’objectif est que chaque chercheur d’emploi trouve sa place dans le monde du travail, grâce à un accompagnement rapide, individualisé et efficace. Les premières mesures portent leurs fruits. Depuis décembre, les chercheurs d’emploi sont pris en charge par le FOREm dans les 15 jours suivant leur inscription. Auparavant, il fallait attendre jusqu’à quatre mois. Cette rapidité démontre déjà ses effets positifs. Sur les 1 200 personnes inscrites début du mois de décembre, la moitié a retrouvé le chemin de l’emploi ou a suivi une formation. Le travail continue. C’est cela, la culture du résultat. La meilleure politique sociale est celle qui permet de trouver sa voie sur le marché de l’emploi. Le travail est un levier d’émancipation. C’est aussi pour cette raison qu’au niveau de la petite enfance, politique portée par la ministre Lescrenier, le Gouvernement va mieux prendre en compte les enfants et les parents, avec plus de places en crèche et une priorité aux parents qui travaillent. Dans cette dynamique de relance, un autre levier est important, celui du tourisme et du patrimoine. Ces secteurs sont des moteurs d’emploi local, de revitalisation économique et de rayonnement régional. Agir pour la Wallonie, c’est aussi moderniser le fonctionnement de son administration au service exclusif des citoyens. C’est simplifier leurs interactions quotidiennes avec l’administration: une diminution de la paperasserie, sans pour autant mettre de côté les personnes victimes de la fracture numérique. C’est la première fois qu’en Wallonie et en Fédération WallonieBruxelles, les Gouvernements se sont mis d’accord, grâce à la ministre Galant, sur un choc de simplification administrative dans ses priorités. Madame Morreale, vous parlez beaucoup de la Flandre. Ces derniers temps, je vous entends beaucoup parler dans la presse, ce matin encore. Si la Flandre est votre modèle, comme vous semblez souvent y faire allusion, vous devez savoir que depuis x années, les autorités flamandes ont développé une culture de l’entrepreneuriat. Elles ont simplifié le quotidien de celles et ceux qui prennent des risques pour créer de la valeur, notamment par une fiscalité plus légère et une bureaucratie réduite. C’est cela que nous voulons. (Réactions dans l’assemblée)

  7. Vous étiez ministre de la Simplification administrative. Avec l’économie et cette ambition administrative dans le précédent Gouvernement, c’est ridicule.

    Agressivité 88%Émotionnel 88%
  8. Cette ambition de modernisation, nous la portons pour l’administration régionale, mais elle doit se prolonger au niveau local, parce que les citoyens ne font pas la différence entre un service communal, provincial ou régional. Ils veulent des démarches plus simples, des réponses plus rapides et une administration plus humaine. C’est pourquoi nous posons les premiers jalons d’un changement de culture au niveau des pouvoirs locaux: une fonction publique locale plus équitable, où chaque engagement se fait par contrat, où les compétences priment sur les statuts, où la mobilité est encouragée et où les talents sont reconnus. En parallèle, nous ouvrons un chantier plus large, celui d’une gouvernance locale modernisée, avec moins de structures redondantes et plus de transparence. Le ministre-président l’a évoqué: faire face aux enjeux climatiques, c’est aussi notre priorité. La ministre Neven a décidé d’implémenter rapidement le plan Air-Climat-Énergie pour atteindre nos objectifs climatiques et énergétiques à l’horizon 2030. Nous n’avons plus de temps à perdre dans l’élaboration de plans successifs qui finissent par prendre la poussière. Avec ce Gouvernement, il est désormais question de passer à l’action et de mettre ce plan en œuvre. Concernant les primes Énergie, la gauche, comme à son habitude, critique cette réforme. Cependant, elle oublie de mentionner que notre Gouvernement a permis de sauver le système et de maintenir des conditions bien plus avantageuses que dans d’autres Régions, notamment en Région bruxelloise, où ces primes ont disparu. Sans l’action du Gouvernement, à trajectoire constante – je le rappelle –, la facture globale de la Région se serait élevée fin 2025 à 674 millions d’euros. Nous allions droit dans le mur. La gauche trouve normal que l’État paie jusqu’à 90 % des travaux des ménages, alors que ces primes n’ont pas permis de démultiplier les rénovations. Cela n’a pas été dit suffisamment. Quel résultat souhaitons-nous? L’objectif est de 3 % de rénovation du bâti. Il n’est pas atteint, puisque nous sommes à peine à 1 %. Nous devons initier cette culture de résultat et atteindre ces objectifs. Nous considérons qu’il faut transformer un système qui a fait exploser les effets d’aubaine pour généraliser les effets levier. Le rôle d’une prime, ce n’est pas de tout payer, c’est de déclencher un projet. Qui dit prime de rénovation dit logement. J’aime le rappeler: l’accès au logement est un droit fondamental, et les mesures de ce Gouvernement vont dans ce sens. Cependant, le secteur du logement est aussi fragmenté et ce Gouvernement veut unir ces différentes structures pour mieux servir les Wallonnes et les Wallons. C’est pour cela que nous voulons créer une Agence de l’habitation et des pôles logement locaux qui répondront de manière plus efficace aux besoins de chaque citoyen. Un autre enjeu central pour la vie quotidienne des Wallons, c’est d’offrir à chaque citoyen une mobilité fluide et respectueuse de l’environnement. Ce Gouvernement agit pour des transports plus fréquents et plus fiables, accessibles partout, y compris dans les zones rurales, trop souvent oubliées. Nous apportons tout notre soutien au ministre Desquesnes qui reprend en main des investissements dans des projets structurants qui dessinent l’avenir économique et écologique de la Wallonie. Ce Gouvernement accélère enfin le déploiement des bornes de recharge. Il allège la fiscalité des véhicules bas carbone en agissant pour la sécurité, avec des infrastructures améliorées pour les cyclistes et les piétons, ainsi qu’une gestion dynamique des vitesses. Servir les Wallons, c’est aussi répondre à leurs besoins les plus humains: avoir un emploi, un logement, mais aussi garantir une bonne santé, pouvoir être soigné, accompagné et vieillir sereinement. Comme le dit si bien l’adage, mieux vaut prévenir que guérir. Le budget de la prévention a été doublé pour atteindre les 80 millions d’euros. Nous comptons sur vous, Monsieur le Ministre Coppieters, pour transformer l’essai. Prévenir des maladies chroniques, dépistage, alimentation, activité physique: nous voulons une Wallonie qui agit en amont. Plus de prévention aussi pour responsabiliser. Malgré un emploi, un logement, une bonne santé, la Wallonie doit aussi déployer un maillage de services qui accompagnent efficacement et adéquatement. C’est ce que porte la nouvelle gouvernance de l’aide et l’action sociale. On ne va pas vers moins de social, mais vers mieux de social. Nous sommes aussi une Région qui vieillit, vous l’avez évoqué, et le Gouvernement veut diversifier les solutions pour nos aînés. Offrir des alternatives aux maisons de repos classiques, respecter les choix de vie. Cette transition me permet de revenir à un sujet que vous avez abordé et qui me tient particulièrement à cœur: servir les Wallons et plus singulièrement les Wallonnes, c’est aussi refuser les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes. Les chiffres que vous avez révélés sont sans appel: écarts de revenus, dépendance financière, violences subies. Ils doivent nous alerter, mais surtout nous engager. Comment parler de l’état de la Wallonie sans mentionner nos agricultrices et nos agriculteurs? Ces travailleurs passionnés qui ne comptent pas leurs heures malgré les innombrables défis qu’ils rencontrent. Nous avons toujours été de leur côté et nous continuerons à les soutenir dans leurs revendications. Le bon sens paysan doit redevenir le centre des normes, comme pour la simplification administrative par exemple, où ce Gouvernement s’emploie à avoir des agriculteurs davantage dans leurs exploitations que derrière un bureau à remplir des paperasses. Le bon sens paysan veut aussi que les différentes aides à l’agriculture reviennent intégralement aux vrais agriculteurs, aux agriculteurs actifs, à ceux qui investissent et qui prennent des risques, à ceux qui œuvrent pour une agriculture familiale et à taille humaine que nous soutenons en Wallonie. Enfin, le bon sens paysan, c’est aussi faire confiance à la science et à la recherche agricole pour développer une agriculture plus durable sans compromettre la viabilité économique des exploitations. L’organisation des États généraux de la protection des cultures, à l’initiative de la ministre Dalcq, constituera une formidable occasion d’innovation dans ce secteur. Protéger notre avenir, c’est aussi prendre soin de ce qui nous entoure. Trop longtemps, les politiques de biodiversité et de gestion de la nature ont été traitées de manière trop fragmentée. Il est temps de mettre fin au saupoudrage des subsides. Le Gouvernement a lancé des évaluations rigoureuses des politiques de soutien, car nos espaces naturels, nos forêts et notre biodiversité méritent notre attention et un soutien durable. Nous avons parlé d’avenir, de responsabilité; je terminerai donc mon tour d’horizon en saluant l’ambition et les actes concrets en matière d’environnement. Ces derniers mois, une gestion proactive des PFAS a été mise en place avec l’adoption en février dernier de la norme plus stricte de 100 nanogrammes par litre pour les 20 PFAS dans l’eau de distribution. Nous devons poursuivre le travail. Il faut une stratégie claire, une feuille de route ambitieuse, des objectifs mesurables prenant en compte toutes les dimensions de l’environnement, mais aussi les réalités économiques. Monsieur le Ministre Coppieters, nous comptons sur vous et vous faisons confiance. Nous voulons une transition environnementale qui rassemble, mais qui ne culpabilise pas, une transition coconstruite avec les citoyens, mais aussi avec les entreprises et pas contre elles. Chers collègues, il était grand temps de sortir des vieux schémas, de passer à l’action et de bâtir ensemble une Wallonie plus forte. Ce Gouvernement ne réforme pas pour réformer. Il réforme pour améliorer la vie des Wallonnes et des Wallons, pour redonner de l’espoir, pour donner à chacune et à chacun les clés de son avenir. Nous voulons construire un nouvel état d’esprit en Wallonie, une Wallonie de l’initiative, du pragmatisme et de la fierté, une Wallonie qui encourage le dépassement de soi, qui libère les initiatives. Nous ne voulons plus d’une Wallonie résignée sur son sort. Nous voulons une Wallonie confiante et tournée vers l’avenir. Monsieur le Ministre-Président, pour conclure, je reprendrai cette célèbre citation: «Quand on regarde dans la bonne direction, il ne reste plus qu’à avancer». C’est en effet en regardant dans la même direction et en agissant avec audace – vous avez cité le mot «oser» à de nombreuses reprises –, détermination et courage que l’on transforme l’avenir. Au nom du groupe MR, je vous réitère toute notre confiance. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à M. Liradelfo.

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  9. Tout à l’heure, le ministre-président a cité à plusieurs reprises Winston Churchill. Histoire que l’on démarre sur une base commune, je voulais aussi partager une de ses citations : « Le succès est la capacité d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme ». C’est un peu l’impression que donne ce Gouvernement. Puisque l’on parle du passé, je voudrais faire un petit retour sur celui-ci. La campagne électorale est, on le sait, une période intense durant laquelle les partis vont vers les citoyens et présentent leurs idées. Pendant cette campagne électorale, on a entendu le MR et les Engagés dire que, avec eux, les travailleurs allaient gagner plus. On a parlé de 500 euros; on voit aujourd’hui que c’est faux. On les a entendus aussi dire que, avec eux, il n’y aurait pas de nouvelles taxes. Encore un mensonge. Et puis, revenons dans le temps, vous avez formé votre Gouvernement, toujours avec cette promesse forte: pas de nouvelles taxes en Wallonie! Vous aviez parlé d’une nouvelle ère pour la Wallonie. Monsieur Dolimont, vous alliez nous projeter dans le futur. C’est bien ce que vous avez raconté avec enthousiasme. Toutefois, dans la réalité, c’est tout l’inverse qui se passe. La nouvelle ère s’est transformée en vieille recette «austéritaire» avec de nouvelles taxes pour les citoyens. Pour reprendre le ministre-président, qui reprend lui-même Albert Einstein, «la folie, c’est de faire la même chose et s’attendre à un résultat différent». Visiblement, vous n’avez pas compris cette citation. C’est vrai, ces taxes ne sont pas directement prélevées par la Région wallonne. Pour le coup, vous avez été ingénieux, créatifs. Vous avez décidé d’imposer toute une série de mesures aux communes en échange de financements. Ce sont des mesures d’austérité qui vont asphyxier les communes et les obliger à créer de nouvelles taxes. On le sait, les communes sont en difficulté. Il y a, certes, des problèmes de gestion dans certaines communes et il ne faut pas le nier. Cependant, la principale cause de ces difficultés, c’est le sousfinancement structurel des autres niveaux de pouvoir. Ce Gouvernement passe son temps à dire que les communes jettent l’argent par les fenêtres, alors que 96 % du déficit des communes wallonnes de ces cinq dernières années proviennent des charges transférées par le Fédéral. Dès lors, au lieu de venir en aide aux communes, vous décidez de serrer encore un tour de vis en leur imposant des mesures qui vont faire mal aux citoyens. Dans les faits, vous avez simplement sous-traité votre rage taxatoire aux villes et aux communes. La réalité, c’est que ce Gouvernement MR-Engagés a trompé la population. Votre promesse de ne pas taxer plus les citoyens est tombée à l’eau. La réalité, c’est que le Gouvernement MR-Engagés pousse les communes à introduire de nouvelles taxes, à augmenter celles qui existent et à réduire les services publics locaux; voilà le projet de ce Gouvernement. J’entends déjà la majorité dire que ce n’est pas vrai. Je vais prendre des exemples très concrets. À La Louvière, le Collège communal PS-MR a augmenté de 40 % la taxe communale sur les déchets. Cela veut donc dire qu’un ménage de plus de trois personnes, qui payait 176 euros, devra payer 252 euros tandis qu’une personne isolée, qui payait 83 euros, devra payer 119 euros. C’est énorme! À Charleroi, le Collège PS-Engagés va supprimer la gratuité des garderies, va augmenter le montant du cadastre des maisons et va augmenter les redevances de parking. Ce ne sont que quelques exemples qui montrent que votre Gouvernement force les villes à prendre des mesures d’austérité. Vous sous-traitez le sale boulot. Au total, vous allez obliger les villes à racler les fonds de tiroir pour aller chercher des dizaines de millions d’euros sur le dos des citoyens et des services publics. Derrière ces chiffres, c’est bien cela qui se cache. L’emploi sera touché avec le non-remplacement d’un agent communal sur deux. Le prix du document administratif va aussi augmenter, comme la taxe poubelle et le précompte immobilier. Dans certaines villes et communes, certains subsides qui concernent les clubs sportifs, les associations vont diminuer. Enfin, la gratuité des repas dans les écoles risque de disparaître et les prix des garderies vont également augmenter. On le voit clairement, ce Gouvernement wallon MREngagés avait promis qu’il n’y aurait pas de nouvelles taxes, mais force les communes à aller chercher l’argent directement dans la poche des citoyens. Non seulement ce Gouvernement dit vouloir réduire les dépenses des communes, mais, en plus, il réduit les recettes en n’indexant pas les subsides qui financent une partie des emplois locaux, en supprimant 8 millions d’euros de subsides aux intercommunales chargées de la gestion des déchets, ou encore en retirant des moyens aux CPAS, qui ont pourtant grand besoin de ceux-ci. Sans oublier que les membres de ce Gouvernement savent très bien que la plus grande part de l’endettement des communes ne vient pas des dépenses de ces dernières, mais des dépenses que le niveau fédéral leur transfère sans compensation. On parle du financement du revenu d’intégration sociale. On parle du financement des zones de police. On parle du financement des zones de secours ou encore des pensions des agents communaux. En 15 ans, ce sont plus de 3 milliards d’euros qui ont été pompés aux communes par le Fédéral. Le Gouvernement wallon n’en parle pas, il préfère dire qu’il faut faire des efforts et qu’il n’y a pas d’alternative. On a un donc Gouvernement wallon qui avait promis qu’il n’y aurait pas de nouvelles taxes, mais qui dans les faits saigne les communes, leur retire des moyens, ne met pas le Fédéral devant ses responsabilités et qui finalement prend les citoyens pour un Mister Cash. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à M. Mugemangango.

    Agressivité 52%Émotionnel 37%
  10. Une autre tromperie de ce Gouvernement – et c’est assez surprenant – porte sur la question de l’emploi, puisque la volonté affichée de ce Gouvernement et la volonté affichée du MR en particulier, c’est de mettre les gens au travail. Au contraire, ce Gouvernement ne fait rien pour protéger l’emploi. Cela a été dit par Mme Morreale, il y a maintenant toute une série d’entreprises qui sont en difficulté – Thermo Fisher, Opticable, Cora – et où l’on voit des emplois qui sont supprimés, restructurés, qui disparaissent, avec à la clé – on a parlé de Cora cette semaine et de ces 1 800 familles concernées –, toute une série de personnes qui vont être en grande difficulté. Cela veut dire aussi tous les indépendants autour. La question de l’emploi devrait être la priorité de ce Gouvernement. Que se passe-t-il, finalement? Le Gouvernement est en train de regarder le train passer. Il est en train de constater, jour après jour, les pertes d’emplois sans rien faire. Tout à l’heure, on a entendu M. Jeholet confesser son impuissance sur le sujet. Bien souvent, on parle de ce que l’on peut faire après la perte d’emploi – et c’est important, c’est même un sujet en soi, à quel point les structures qui devraient soutenir les personnes qui sont en recherche d’emploi ne sont pas soutenues par ce Gouvernement –, mais on devrait également parler de ce que l’on peut faire avant la perte d’emploi. Là, il y a un levier particulier parce que, en Wallonie, il y a un soutien économique très important aux entreprises, que ce soit en termes d’investissements pour l’emploi, pour la recherche, en termes de réduction des prix de l’énergie, notamment sur base des factures des gens. Toute une série de mesures sont prises pour soutenir les entreprises. Si l’on prend par exemple les certificats verts qui sont payés par la facture des gens, ce sont, en 2024, 266 millions d’euros qui vont vers les entreprises. Si l’on prend par exemple Cora, dont on a parlé, ce sont 2,6 millions d’euros d’aides qui sont versées par la Région wallonne. Il y a là un véritable levier. Si l’on prend les fameux accords de branche qui s’appellent maintenant les accords carbone, en 10 ans, ce sont 1,35 milliard d’euros qui vont à ces entreprises. Là-dessus, deux éléments sont importants. Le premier élément, c’est que ces aides sont très faiblement, voire pas du tout conditionnées au fait de garder l’emploi. Cela tombe pourtant sous le sens. Si l’on est du MR – et je n’en suis pas – et que l’on dit que l’on doit absolument dépenser chaque euro de manière pertinente et de manière transparente, on devrait avoir à cœur de conditionner tout cet argent à un retour sur le plan social et économique. Ce n’est toutefois pas ce qui se fait. Dans la Déclaration de politique régionale, c’était pourtant indiqué. On disait qu’un grand chantier allait s’ouvrir pour voir la pertinence de ces aides économiques. Des effets d’aubaine. J’ai lu cela dans la presse. M. Jeholet en a parlé. M. Dolimont, ce matin, n’en a rien dit. Il a dit qu’il fallait oser. À la RTBF, ils ont dit que vous avez dit, Monsieur Dolimont, 31 fois le mot «oser». (Réactions dans l’assemblée) Trente-quatre? Vous voulez une bataille de chiffres? Je vous l’accorde. Il faut oser alors! Il faut oser ouvrir ce chantier. Je ne suis pas contre les aides économiques, mais des aides économiques qui servent à des entreprises qui, finalement, ferment et détruisent les emplois n’ont pas de sens. L’autre élément, c’est la transparence. J’ai parlé tout à l’heure des certificats verts ou des accords de branche. Dans l’état actuel des choses, depuis 2022, on ne sait pas qui profite de quoi. On ne sait pas dire telle entreprise a profité d’autant de millions, d’autant de dizaines de millions ou de centaines de millions d’aides sur le plan énergétique. Là aussi, si vous êtes ingénieur, si vous voulez mettre sur la table – Mme De Bue en a parlé plusieurs fois dans son speech – la culture d’évaluation, le minimum est de savoir à qui l’on donne quoi. Le minimum est de savoir à quoi cela sert. Ce levier, vous l’avez, vous pouvez l’utiliser pour aider à ce que cet argent soit correctement utilisé. Un autre élément qui frappe par rapport à l’emploi – Mme Morreale en a parlé –, c’est la faculté qu’a ce Gouvernement de détruire l’emploi. C’est quand même très étonnant. Quand on voit à quel point on met en danger les 38 000 emplois APE, qui sont des emplois locaux, comment on met en danger des emplois d’éducateurs, d’éducatrices, de puéricultrices, d’enseignants, pour un Gouvernement qui dit qu’il veut mettre les gens au travail, qui veut augmenter le quota d’emplois pour mettre les gens au travail, c’est le contraire qui est en train de se passer. Il en va de même pour le secteur associatif. Avec la réduction de 60 millions d’euros de subventions facultatives, qui n’ont en fait rien de facultatif, ce sont des centaines d’associations qui sont mises en danger. Ce n’est pas nous qui le disons, ce n’est pas le groupe du PTB qui le dit; les associations elles-mêmes se sont fendues d’une carte blanche, il y a quelques semaines, pour expliquer à quel point elles vont devoir arrêter des services, mettre des projets au frigo ou simplement les supprimer, ou mettre la clé sous le paillasson à cause de cette mesure linéaire prise par le Gouvernement wallon. Là aussi, quelque chose au niveau de la méthode dépasse tout entendement. Si Mme De Bue est conséquente par rapport à sa culture d’évaluation, si le groupe MR, suivi par les Engagés, est conséquent par rapport à cette culture d’évaluation, il faut évaluer d’abord et prendre des mesures après. Là, on prend une mesure linéaire de suppression de subsides et, après, on voit ce qui va encore rester vivant après cette mesure. C’est exactement ce que critiquent ces assoces. Cela n’a pas de sens. Je vais ouvrir une parenthèse par rapport à ces assoces et par rapport à ces emplois. On est en train de parler d’emplois qui sont sociaux, qui sont indispensables, qui sont le tissu même de la société. Je suis très surpris, par exemple, que M. Dolimont n’ait rien dit sur nos aînés et sur les maisons de repos. J’espère que tout le monde se souvient que, en 2020, ce secteur a traversé une crise majeure, avec une pression majeure sur son personnel, avec, hélas, beaucoup de victimes. On peut quand même se mettre d’accord sur le fait que l’on n’en est pas du tout sortis. Là-dessus, pas un mot. C’est surprenant. Par respect même pour nos aînés, par respect même pour ceux qui nous ont aidés à construire la société dans laquelle on est maintenant, on devrait consacrer suffisamment de moyens et de personnel à ce secteur. Cela me paraît essentiel. J’espère que, dans les prises de parole futures, aujourd’hui ou à d’autres occasions, ce sera rectifié. C’est un secteur essentiel qui est en crise. Un dernier élément, c’est le tabou des tabous, sur lequel on ne dit rien, ce sont les privilèges des politiques. Là, je ne m’adresse pas au Gouvernement seulement, évidemment, je m’adresse aux groupes politiques. Soyez conséquents. Vous demandez à tout le monde de se serrer la ceinture, mais pas à vous. Les salaires des ministres à 11 000 euros par mois, les salaires des députés à 7 000 euros par mois, pas de problème, cela va rester. Même ces primes de départ qui se comptent en centaines de milliers d’euros, avec cette exception wallonne – j’espère que l’on va en dire un mot –, ici, c’est possible, pour certains députés, on en a parlé dans la presse – M. Sahli, Mmes Defrang-Firket, Marghem et Greoli –, on peut partir de ce Parlement pour aller vers un autre poste bien payé, en touchant des centaines de milliers d’euros. C’est une exception. J’espère que vous le savez. Dans les autres parlements où cette indemnité existe – elle ne devrait pas exister –, si l’on part volontairement pour un autre poste, on perd cette prime. Ce serait quand même le minimum de la décence de dire que, si tout le monde doit faire des sacrifices, la classe politique doit en faire aussi. Je ne parle pas de cette mesurette par rapport aux cabinets qui n’a même pas été réalisée jusqu’au bout, mais qui ne touche aucun politique dans son mode de vie de tous les jours, ce qui est exactement le contraire de ce qui va se passer avec nos citoyens. Par décence, les groupes politiques ici présents doivent aussi contribuer, doivent aussi être conséquents et dire que, si maintenant il faut serrer la ceinture, ce n’est pas seulement aux gens de serrer la ceinture, vous aussi, vous devez arrêter de mener cette grande vie. Sinon, cela veut dire qu’avec toutes vos mesures que vous avez prises depuis des mois, ce sont toujours les mêmes qui paient et c’est inacceptable. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à M. Dupont.

  11. JD
    Jori Dupont
    Indépendant

    Je vous remercie pour ce discours de ce matin, où l’avenir ira mieux, où vous allez beaucoup oser, où vous êtes des gestionnaires rigoureux et responsables qui, 34 fois, si j’ai bien compris le bon chiffre... Vous devez recompter ? On fera les comptes sur beaucoup de choses. Permettez-moi de redescendre un peu sur Terre. Pendant que vous vous félicitiez – j’ai même cru qu’il allait y avoir un rappel ce matin –, les Wallonnes et les Wallons trinquent réellement. S’il y a bien un domaine où le double discours du Gouvernement MR-Engagés explose, c’est celui de l’énergie et du logement, matières gérées par la ministre Neven du MR. C’est là que votre soi-disant gestion responsable vire à l’amateurisme complet. Pour oser làdessus, vous avez effectivement osé. Commençons par ce qui fait l’actualité ces dernières semaines: le sabotage organisé des primes à la rénovation énergétique. Vous avez coupé 60 % de ces aides, soi-disant à cause d’un dérapage budgétaire incontrôlé de l’ancien ministre. Ce dérapage, on l’a prouvé, c’est vous qui l’avez provoqué, par deux fois. Une première fois dès votre Déclaration de politique régionale... (Réaction de M. Maroy) Monsieur Maroy, vous pouvez rire autant que vous voulez. J’ai les preuves que c’est vrai. Je sais que vous préférez partir sur le fait que je mens, mais dans les faits, c’est vous qui mentez et j’ai les preuves pour cela. La première fois, dès votre Déclaration de politique régionale, vous avez menacé à ce moment-là la pérennité des primes. Résultat, les gens se sont précipités, parce qu’ils ont compris que vous alliez les flinguer. Une augmentation de 25 % des demandes dès les premiers mois de votre législature. Deuxième fois, en février, lorsque vous avez annoncé, le 13 à midi, la réduction brutale des primes, les citoyens ont eu alors moins de 12 heures pour avancer 20 % du montant de leur projet, sous peine d’être recalés. Cette méthode a d’ailleurs été dénoncée dans la presse comme étant mafieuse, par bon nombre de citoyens. Même hier, en commission, le Syndicat des propriétaires trouvait anxiogène cette décision précipitée pour les propriétaires. Résultat: 25 000 dossiers introduits en à peine 15 jours. Cette explosion était plus que prévisible et elle démontre votre amateurisme flagrant, bien loin des grands discours technocratiques d’ingénieurs de la Wallonie. Comme si cela ne suffisait pas, vous avez aligné les mensonges pour couvrir cette décision. Vous avez dit qu’il n’y avait pas de monitoring. Faux, il y en avait. Vous avez dit que c’était l’ancien ministre qui avait perdu le contrôle. Faux, les chiffres sont clairs, l’explosion des demandes a commencé sous votre législature, après votre DPR. Cerise sur le gâteau, cherry on the cake, l’avis du Conseil d’État, un avis explosif que vous avez planqué pendant deux semaines, malgré nos demandes répétées. Nous avons dû faire une suspension de séance pour l’avoir. On comprend pourquoi. L’avis dit que votre réforme est illégale sur deux points. Premièrement, sur le fait d’exiger que les citoyens avancent 20 % du montant. Sur quelle base? Pourquoi 20 %? Deuxièmement, sur le fait de limiter l’accès à l’ancienne prime sur une période de 15 jours. On comprend pourquoi on ne nous l’a pas remis. Vous saviez que cela vous mettait en tort. Ce n’est pas grave, vous avez décidé d’appliquer votre réforme. La réforme est avant tout budgétaire, pour faire 290 millions d’euros d’économie sur le dos des familles et des indépendants de la construction. C’est le vrai visage de votre Gouvernement, un gouvernement de casse sociale, de mensonges et de mépris pour nos citoyens. Pendant que vous coupiez dans les aides à la rénovation, on pourrait presque oublier que, quelques semaines avant, vous coupiez dans le logement public: 25 % du budget. Vous avez supprimé un quart du budget du logement public. On a vécu une séquence digne d’une série TV. Je ne sais pas si vous connaissez la série française Serge le Mytho. Ce sont des petits épisodes où Serge, interprété par Jonathan Cohen, tente d’expliquer une situation. Plus il essaie, plus il s’enfonce, jusqu’à ce que le mensonge devienne absurde. Il y avait: comment Serge a fait atterrir un avion, ou pourquoi Serge a arrêté l’école. Au Parlement wallon, on a eu droit à une petite spin-off. Pourquoi Mme Neven a-t-elle supprimé 25 % du budget du logement public? Pour tenter de justifier cette coupe brutale, la ministre MR nous a expliqué que le secteur de la construction n’était pas en mesure d’absorber un tel investissement. En gros, selon elle, les entreprises du bâtiment ne pouvaient pas suivre. On est allés parler à la Fédération de la construction. Ils nous disent tout l’inverse. Ils manquent de commandes. Ils disent même qu’il faudrait 375 000 nouveaux logements dans les cinq prochaines années pour éviter une crise généralisée. Certaines entreprises font faillite, faute de marchés publics. Quand on revient vers la ministre avec ces infos, Mme la Ministre s’enfonce un peu plus dans son récit, puisque deux semaines plus tard, en commission, elle change complètement de version. Elle me répond sérieusement: «Ce n’est pas du secteur de la construction dont je parlais, mais des différentes structures. Bref, vous m’avez mal comprise». C’est bizarre. Elle a peut-être oublié que les commissions étaient filmées, parce qu’un mois avant, elle l’a dit. Peut-être qu’elle a oublié que c’était écrit noir sur blanc dans le budget du Gouvernement MREngagés. Vous pouvez le vérifier, c’est à la page 4 du budget de Mme Neven. C’est mystérieux, on ne comprend pas pourquoi elle l’a fait. C’était un peu gros pour être crédible. Surtout, vous n’assumez pas votre vision idéologique. Contrairement à ce que M. Dolimont a dit ce matin, qui serait plus honnête. Vous essayez de noyer le poisson: «C’est à cause du secteur ou d’un ancien ministre». «Nous n’avons pas le choix». Cela a des conséquences concrètes et dramatiques pour les citoyens. Il y a 45 000 familles en attente d’un logement public, parfois depuis plus de 10 ans. En même temps, vous avez sabré dans l’allocation loyer. C’est une aide essentielle pour ces familles en attente d’un logement. Elle passe de 28 à 5 millions d’euros, soit une baisse de 82 %. Là encore, on attend toujours cette analyse qui nous disait qu’une telle coupe violait le principe constitutionnel de standstill. Vous saviez que c’était illégal de la supprimer complètement, donc vous avez laissé le strict minimum. Ce que vos décisions révèlent, ce ne sont pas de simples erreurs ou des réformes techniques d’ingénieur. Non, ce que vous menez, c’est une politique brutale, dogmatique et profondément marquée à droite. Vous coupez dans les aides aux familles, vous laissez de côté les plus vulnérables, vous fragilisez les indépendants, les petites entreprises et les PME du bâtiment. Vous sacrifiez le droit au logement, pourtant garanti par notre Constitution. Sous couvert d’écologie, vous imposez maintenant une taxe carbone qui va frapper de plein fouet la classe travailleuse. Malgré tout cela, vous venez donner des leçons, comme si tout allait bien. Ne vous étonnez pas, Monsieur Dolimont, si seulement un tiers des Wallons ont encore confiance dans leurs représentants politiques. Les citoyens jugeront. Croyez-moi, ils n’oublieront pas. Vos choix ne sont pas que des lignes dans un budget. Ce sont des vies brisées, des projets de famille brisés ou des entreprises qui ferment. C’est la réalité. Ce n’est pas avec quelques éléments de langage bien rodés que vous allez parvenir à le maquiller. Vous avez cité Winston Churchill. Mon camarade, Julien Liradelfo, a commencé sur une citation de Winston Churchill. Je vais d’abord vous le donner dans mon propre français puis je vous dirai la citation. Vous noyez la vérité sous plein de mots pour cacher ce que vous faites réellement. Pour citer Winston Churchill, «la vérité est incontestable, le mal peut l’attaquer, mais à la fin, elle est toujours là». (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à M. Bastin.

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  12. JB
    Jean-Paul Bastin
    Les Engagés

    Monsieur le Ministre-Président, Mesdames et Messieurs les Ministres, chers collègues, Sehr geehrte Damen und Herren, Liebe Kolleginnen und Kollegen, la Wallonie, une région au cœur de l’Europe et du monde. Sa plus grande richesse, sa plus belle finalité, ce sont ces 3,7 millions de Wallonnes et de Wallons auxquels nous devons essayer d’offrir un cadre de vie permettant à chacun et à chacune de devenir qui il veut devenir, qui il est. Comme disait le philosophe Spinoza : « Deviens ce que tu es, fais ce que toi seul peux faire ». En 2025, la Wallonie est bien ancrée dans notre État fédéral belge, en lien étroit avec la Fédération WallonieBruxelles, dont 72 de nos 75 parlementaires wallons rejoignent Bruxelles une semaine sur deux, alors que les trois parlementaires germanophones rejoignent le Parlement éponyme à Eupen, avec qui nous entretenons aussi des liens étroits. La Wallonie prend également pleinement sa place au sein de l’État avec le Gouvernement fédéral belge, sans omettre sa place au sein de l’Union européenne, du Conseil de l’Europe, et tout simplement au sein de ce monde à la géopolitique plus turbulente que jamais. Ce monde change, il s’accélère en de nombreux points. «Le changement, c’est maintenant», scandait en campagne un François français s’appelant Hollande. Treize ans plus tard, le changement, c’est tout le temps. Rarement le monde n’aura été aussi animé ni aussi tourmenté qu’actuellement. Cela représente énormément de défis, tout autant d’opportunités, mais aussi d’angoisses pour nos concitoyens, puisque les certitudes d’hier sont les incertitudes d’aujourd’hui et de demain. Les cycles économiques s’accélèrent. Là où le déclin industriel était déjà bien acté depuis plus de 40 ans, le secteur tertiaire est lui aussi frappé de plein fouet. Cora, ce symbole des hypermarchés nés avec l’essor de la voiture individuelle, accompagnant le développement des périphéries urbaines, est un modèle qui se meurt, en espérant que ce ne soit pas la première enseigne qui tombe avant potentiellement d’autres. Nous pouvons pleurer un monde révolu, avoir la nostalgie d’un monde qui se meurt ou qui n’est déjà plus, mais il était loin d’être tout rose pour autant. Notre cerveau reptilien a souvent une fâcheuse tendance à enjoliver le passé du simple fait que nous y avons survécu. Nous pouvons avoir une vision fantasmée et romancée du passé, alors que quand nous le vivions au présent, d’aucuns s’en plaignaient amèrement. L’être humain est souvent paradoxal. Pour les Engagés, la Wallonie a besoin de réformes comme de pain. La Wallonie a besoin des Wallonnes et des Wallons les mieux armés pour relever les nombreux défis. L’époque où l’on entrait à l’issue de ses études dans une entreprise ou une administration et l’on y faisait sa carrière complète si on le souhaitait est sans doute révolue. À l’instar de l’adage sur les sept vies des chats, nous avons désormais aussi plusieurs vies, non pas biologiques, puisque notre finitude est toujours présente, mais nous aurons sans doute plusieurs emplois, peutêtre une mobilité géographique accrue. Aujourd’hui plus qu’hier, le déterminisme social peut être plus limité, et c’est ce que nous voulons. Le savoir universel est à portée de clic sur nos écrans. Ensemble, nous voulons rendre notre territoire résilient. La Wallonie a un luxe inouï au Benelux, elle a de l’espace: 40 % des Wallons vivent en ruralité. Ce n’est pas pour autant qu’il faut bétonner notre belle nature. Au contraire, nous savons que nous devons arriver à zéro imperméabilisation à l’horizon 2050, soit demain. Nous sommes aujourd’hui à équidistance entre l’an 2000, où nous avons survécu à ce terrifiant bug annoncé qui allait nous ramener en 1900, et 2050 qui nous semble si éloigné, mais qui ne l’est pas. Nous avons 25 ans pour apprendre à construire la ville sur la ville, à préserver nos zones forestières et agricoles, à revitaliser nos friches, à réhabiliter nos zones économiques et industrielles en déshérence et à densifier l’habitat tout en préservant le caractère rural de nos villages. La catastrophe des inondations de juillet 2021 est dans toutes nos mémoires. Ces 3 milliards d’euros de dégâts nous pèsent. Ces 39 morts nous hantent. Cette catastrophe tragique est aussi une opportunité unique de construire avec les habitants, avec les entreprises, les associations, les administrations et les décideurs, un territoire modèle, un projet pilote pour préparer le territoire résilient de demain face aux changements climatiques. Demain sera ce que nous en ferons. Avant 2050, il y a 2030, soit le délai donné à nos communes pour adopter un schéma de développement communal: document central permettant de cadrer un aménagement du territoire qui est de construire dans chaque commune, avec les citoyens, les acteurs locaux, la DGO4, mais aussi, in fine, débattu et adopté dans chaque conseil communal. Aux côtés de la préparation de la résilience du territoire, il y a la gestion de crise et la culture du risque. Nous soutenons, Monsieur le Ministre-Président, ce Gouvernement, cette majorité dans la Constitution et l’adoption de son plan régional de crise. Nous soutenons le Gouvernement dans son passage du modèle des subventions facultatives annuelles à une dotation pérenne sur cinq ans, permettant aux associations de se concentrer sur leur objet social et non sur la justification du subside reçu concomitamment avec la préparation de la demande du prochain subside à recevoir. Nous soutenons la majorité quand elle veut faire de la Région wallonne un partenaire de chaque Wallonne, de chaque Wallon. La Région doit être aux côtés de ses habitants, mais elle ne doit pas être centrale. Son administration se doit d’être la plus agile. Cadrante, mais pas paralysante. Soutenante, mais pas portante. Incitante, mais pas créante. Que les entrepreneurs entreprennent, que les agriculteurs sèment, récoltent, élèvent et transforment, que le secteur associatif se déploie et que la Wallonie soit à leurs côtés, mais jamais à leur place. Nous soutenons la majorité pour plus de simplification administrative: la simplification des permis d’urbanisme, la dispense des permis supplémentaires, la perspective d’aller vers la dématérialisation des permis. Fini de remplir littéralement un coffre de caisses de permis avec une centaine de signatures manuscrites à la clé, symbole d’une procédure anachronique. Ce qui est possible à Leuven le sera aussi à Louvain-la-Neuve. Nous soutenons la réforme du transport scolaire pour les enfants dans l’enseignement spécialisé, pour mettre fin aux trajets trop longs pour certains élèves. La peine de la différence est souvent déjà très lourde, ne l’accentuons pas. Le changement, ce n’est pas la brutalité. Le changement, c’est la conscience de la nécessité d’évoluer, d’anticiper, d’accompagner, d’expliquer, mais aussi de garder le cap. C’est toujours facile de procrastiner financièrement ou de faire tourner la planche à billets par le recours à l’emprunt en ayant une bonne raison. Cependant, l’argent magique n’existe pas et c’est hors crise que l’on doit se remplumer, que l’on doit s’alléger pour être prêts à affronter la prochaine crise et ne pas devenir l’enfant malade de l’Europe. La mobilité est un enjeu majeur. Vous connaissez tous l’adage: «L’eau, c’est fort, ça porte des bateaux». Oui, nous avons une politique fluviale volontariste, ambitieuse et déterminée, et ce, à la fois pour réformer la gouvernance des ports autonomes, mais également pour augmenter le gabarit de certaines églises. Écluses! (Rires) C’est un lapsus et la réminiscence d’un passé pas si éloigné. C’est non seulement de l’attractivité territoriale pour nos entreprises, de l’écologie appliquée et des économies pour notre réseau routier épargné de milliers de camions. Une péniche – j’insiste sur la bonne prononciation, je suis prudent – transporte l’équivalent de 150 camions. Chers collègues, la Wallonie est belle. Le soleil se lève sur les Hautes-Fagnes, il se couche au Pays des collines. De la Semois aux plaines de l’Escaut, de la forêt d’Anlier aux étangs de Virelles, notre Région présente une nature exceptionnelle. Oui, nous voulons une Région qui protège, qui encadre, mais aussi qui permet aux citoyens, aux touristes et aux sportifs de profiter tout en respectant nos écrins de verdure, nos poches de nature où la biodiversité fragilisée réapparaît. Cette nature apaise, ressource, émerveille dès avant sept ans et bien plus tard que 77 ans. Dans chaque commune, nous avons des îlots de verdure à préserver; dans chaque province, nous avons des réserves à protéger, mais aussi à partager et à sillonner. Plus on connaît la nature, plus on la valorise et plus on veut la protéger, tant elle nous fait prendre conscience que nous en faisons également partie. La protéger, c’est nous protéger. C’est nous reconnecter avec notre essence première. Nous soutenons la volonté de ce Gouvernement dans sa volonté de respecter nos engagements européens, de compenser effectivement par un accroissement des zones de protection biologique. Au cœur de nos territoires, il y a nos communes. Elles sont à ce jour 261 au total, 252 francophones et 9 germanophones. Oui, nous devons être à leurs côtés pour leur permettre de relever leurs innombrables défis quotidiens qui sont effectivement en augmentation. Oui, nous soutenons le Gouvernement pour de nouvelles balises pour la fonction publique locale, avec une mobilité plus grande, une égalité entre statutaires et contractuels pour la promotion. Les pouvoirs locaux sont en tension de personnel, sont en tension suite aux missions toujours plus importantes qu’ils assument. Nos communes ont besoin de personnel motivé, impliqué et correctement payé par rapport au privé. Ce travail fait sens, ce travail où l’on peut évoluer, où l’on peut se former, où l’on peut avoir de la souplesse par rapport au télétravail ou du travail à temps partiel. Une Wallonie qui libère, c’est aussi une Wallonie avec une fiscalité plus juste. Nous ne pouvons pas être au sein du même royaume, avec une fiscalité paralysante au sud, générant un sentiment de rejet faisant le lit des extrêmes. Oui, le triangle vertueux est moins de taxes pour soutenir les investissements, pour encourager les comportements vertueux en matière d’environnement, de climat et pour aider les plus fragiles par une contribution plus juste de chacun à la hauteur de ses capacités. Moins de taxes pour les Wallons, c’est aussi une taxation plus juste. La vignette automobile avec les autres régions pour faire contribuer les automobilistes et les transporteurs étrangers à l’entretien de notre réseau routier est une bonne chose. Ce qui se fait en Suisse, en France ou en Autriche se fera chez nous aussi. Une Wallonie qui libère, c’est aussi une Wallonie où il fait bon entreprendre. La réforme des primes à l’investissement, la modernisation du décret AWEx, l’adoption du décret Agence du numérique, la mise à jour de la stratégie Digital Wallonia, la conclusion d’un nouveau plan d’entreprise avec le FOREm, la réforme du décret Titres-services, l’adoption de la feuille de route de Wallonie Entreprendre sont des guidelines qui font sens pour libérer les initiatives. Nous avons été très ingénieux pour savoir comment dépenser de l’argent. Soyons aussi soutenants pour ceux qui créent de la valeur, de l’emploi. La génération Z est souvent plus désinhibée vis-à-vis de l’entrepreneuriat. Tant mieux. Ils ressentent plus que personne dans ce monde que leur meilleur rempart pour affronter la vie, c’est leur propre capacité à l’adaptation. Les projets qui sortent des mini-entreprises sont souvent marqués du sceau des trois P: people, planet, profit. People, c’est la finalité humaine, c’est le respect des personnes qui travaillent au projet. C’est la plus-value du projet pour la société. Planet, c’est le respect de celle-ci, voire une contribution positive du projet. Profit, c’est la création de valeur. Ce n’est pas un gros mot. Oui, l’entrepreneuriat peut être social, écologique, épanouissant et rentable. Oui, nous voulons le soutenir. Chers tous, nous avons un capital qui n’est pas financier et qui est beaucoup plus précieux, c’est notre capital santé. Le doublement des moyens en prévention et promotion de la santé, l’investissement en amont pour préserver l’équilibre physique et mental des citoyens est un acquis de cette DPR et un axe marquant pour notre formation politique. C’est le déploiement de la stratégie One Health pour intégrer la santé dans toutes les politiques. C’est un meilleur accompagnement des jeunes en matière de bien-être. C’est une lutte active contre les addictions et une déstigmatisation de la santé mentale. Mesdames et Messieurs, dans cette époque de changement, dans cette époque où notre environnement altéré a des impacts sur la santé physique de nos concitoyens ou représente une menace à l’instar des PFAS, symptômes de notre époque, dans cette époque postconfinement, postcovid où beaucoup de choses s’accélèrent autour de nous, la santé mentale est centrale. La Wallonie, comme toute société évoluée, c’est aussi une administration, un Service public de Wallonie riche de 10 000 agents. C’est aussi un chantier important, avec une ambition de la majorité à la hauteur de ses défis, à savoir réformer en profondeur le Code de la fonction publique wallonne afin de rendre le service public plus agile, plus efficace et orienté client. Oui, mettre fin à la statutarisation des fonctionnaires et aux recrutements statutaires pour plus d’égalité et d’agilité dans le service public, c’est assumé. Je comprends que cela ne plaise pas à tout le monde, mais nous y voyons bien plus d’opportunités d’émancipation des énergies que de menaces. La Wallonie, ce sont des habitants de différentes générations et une ambition d’avoir des projets de crèches permettant aux parents de vivre une parentalité la plus sereine possible et aux enfants de vivre dans les meilleures conditions leurs 1 000 premiers jours, dont on sait qu’ils sont essentiels dans leur construction future. Wallonie, terre d’accueil, notamment, touristique, ou comment valoriser cette ressource, acteur économique ô combien important, avec de nouvelles pratiques, que ce soit l’essor de l’usage des camping-cars, des logements insolites, mais aussi l’accompagnement des communes pour encadrer les difficultés liées au surtourisme. La Wallonie est une terre agricole, sylvicole. Un tiers de sa surface est recouverte de forêts. Nous soutenons le Gouvernement dans sa volonté de mise en avant des produits agricoles rémunérant l’agriculture familiale à taille humaine, via notamment la création d’une marque forte. Nous voulons demain encore avoir des agriculteurs, des exploitations familiales et pas des employés agricoles au profit de fonds de pension étrangers détenant la terre. Enfin, nous soutenons les nombreuses réformes qui sont en cours, que ce soient celles des provinces, la simplification de la gouvernance locale et supracommunale, le pacte de simplification administrative, la généralisation des services en ligne open data et cybersécurité, la réforme des droits de succession, la réforme de l’accompagnement des chercheurs d’emploi, la réforme des APE et des aides à l’emploi, la reconfiguration du secteur du logement pour plus d’efficience, la reconfiguration de la politique énergétique régionale au travers d’un GRD unique, la stratégie intersectorielle et la révision des mécanismes de soutien aux énergies renouvelables. Oui, c’est une majorité de réformes. C’est une majorité de changements sans tabou. C’est une majorité d’audace. La majorité en Wallonie est en mouvement. Elle agit. Elle trace son cap. Elle crée un cadre émancipateur pour chaque Wallonne et chaque Wallon, et cela, c’est effectivement une révolution. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à M. Hazée.

    Agressivité 78%Émotionnel 54%
  13. Comment va la Wallonie ? C’est finalement la question au cœur de ce débat annuel. Nous pensons que c’est intéressant, une fois par an, de saisir cette occasion pour faire un état des lieux, identifier les enjeux qui progressent, ceux qui progressent mais pas assez, ceux qui reculent parfois, ainsi que mettre en avant certaines questions dont on parle trop peu ou partager quelques perspectives pour l’avenir. Le Gouvernement a développé ce matin un certain nombre d’indicateurs qu’il a choisis pour poser l’état de la situation. À côté des indicateurs chiffrés, sur lesquels je reviens immédiatement, j’ai entendu et j’ai apprécié, Monsieur le Ministre-Président, l’attention donnée sur la montée des extrémismes, singulièrement le péril de l’extrême droite, la nécessité de la combattre, de privilégier la nuance à la division et le dialogue à la polarisation. Vous avez raison, mais la dissonance cognitive est totale dès lors que l’un des principaux intervenants dans ce pays qui a propagé l’outrance, la division et la polarisation jusqu’à retweeter ou à flirter avec l’extrême droite est une personnalité très proche de votre Gouvernement. Comment va la Wallonie? La réponse n’est pas unilatérale ou binaire. Elle est évidemment plurielle et contrastée. La Wallonie a émis 29,4 millions de tonnes de CO2 équivalents en 2023, ce sont 30 % des émissions du pays. Les émissions de gaz à effet de serre diminuent tendanciellement et heureusement, mais cette baisse reste insuffisante pour respecter la trajectoire de réduction de la Wallonie, en particulier dans le secteur des transports, même si l’enjeu reste prégnant pour l’ensemble des secteurs. Il y a nécessité, à notre sens, comme écologistes, d’amplifier les mesures prises pour pouvoir être à la hauteur de nos engagements, mais aussi à la hauteur de la nécessité scientifique sur ce terrain. À cet égard, nous avons déjà dit nos inquiétudes quant au gel par le Gouvernement du PACE depuis neuf mois. Bien sûr, une mesure peut être remplacée par une autre qui serait plus appropriée, mais il n’y a par contre pas de marge de manœuvre pour un affaiblissement ou un report sans compensation. Il en va du respect de nos engagements internationaux, mais aussi de nos engagements humains, pour simplement laisser une terre habitable pour nos enfants, qu’il s’agisse d’Anna, mais aussi de celles et ceux qui sont nés ou encore pour l’ensemble des générations présentes et futures. La production d’énergie renouvelable a continué à progresser pour atteindre 17 % de la production d’électricité, avec les chiffres 2022. Il y a toujours un décalage dans certaines statistiques, l’appareil statistique reste à améliorer, nous le savons. En 2024, 105 mégawatts ont été ajoutés en éolien pour atteindre une capacité de plus de 1 500 mégawatts. Ce rythme reste cependant insuffisant pour atteindre les objectifs régionaux, a fortiori depuis le changement de législature et les refus plus nombreux de permis. Ces refus et ces non-décisions sont d’autant plus inexplicables qu’il n’y a plus qu’un seul ministre en charge de ces permis uniques. Nous espérions une facilitation de la décision et de la décision motivée par le Gouvernement. Il n’en est rien. Le photovoltaïque s’est fortement développé en 2022-2023 dans notre pays, avant une baisse anticipée en 2024, en lien avec la modification du régime de soutien. Il reste important de poursuivre ce développement dans le secteur industriel ou tertiaire bien sûr, mais aussi dans le secteur résidentiel, car les chiffres belges aujourd’hui sont tirés par la Flandre et par Bruxelles. Il importe, à nos yeux, de relancer une stratégie volontariste en la matière, car, à l’instar de l’éolien, il convient d’accélérer la cadence pour atteindre les objectifs. La modernisation et l’adaptation des réseaux – cela a été évoqué tout à l’heure avec l’actualité – demeurent également des enjeux prioritaires pour notre Région. Nous aborderons ensuite la biodiversité. Nonobstant que le Gouvernement n’en parle plus ou plus guère, elle ne s’est pas résolue avec le changement de législature. La préservation est une condition existentielle pour notre humanité. L’évolution des populations d’oiseaux continue à être très préoccupante, autant en Wallonie que dans l’ensemble de l’Union européenne. Ces populations étaient en baisse de 38 % dans l’environnement wallon en 2023 par rapport à 1990, à partir d’un comptage sur 81 espèces. Les chiffres plus récents du Bureau du Plan, qui examine 17 espèces, montrent même une diminution globale chez nous de 50 %, -2 % par an depuis 1990. Plus largement, sur 2 208 espèces, animales et végétales, menacées et reprises dans la liste rouge de l’Union internationale pour la protection de la nature, 200 ont déjà disparu en Wallonie et 676 sont vulnérables ou en danger, voire même en danger critique. Ceci illustre une nouvelle fois l’acuité du défi de la biodiversité. Si les politiques de la préservation et de la restauration de la nature ont heureusement été déployées comme jamais durant ces dernières années, il faut les poursuivre et les accentuer. C’est malheureusement le choix contraire qui est fait par le Gouvernement. L’espérance de vie de la population wallonne, le ministre-président l’a abordé, a poursuivi son retour à la hausse. Rappelez-vous qu’avec le covid, il y avait eu un impact très significatif. Elle dépasse à présent, et enfin, l’espérance de vie de 2019, à quasi 83 ans pour les femmes et un peu plus de 78 ans pour les hommes. Nous pensons que nous ne mesurons pas suffisamment que ceci est le fruit de notre système de santé et de sécurité sociale, un système performant, même s’il est perfectible, auquel d’aucuns veulent pourtant s’attaquer en prenant souvent pour modèle des États où l’espérance de vie est plus faible et où l’espérance de vie en bonne santé est également plus faible. L’espérance de vie en Wallonie reste cependant structurellement inférieure à l’espérance de vie en Flandre – de plus de deux ans –, en lien avec les maladies cardiovasculaires, mais aussi avec certains types de cancers, liés notamment à des habitudes de vie. C’est un point important pour la santé, dans toutes ses composantes, y compris la santé environnementale et l’alimentation. Le ministre-président a annoncé tout à l’heure une note sur One Health. Ceci rappelle l’importance de la prévention et l’impatience de voir arriver ce projet. Le ministre-président a opportunément fait référence aux enjeux de santé mentale. La situation est même plus inquiétante encore que celle décrite si nous considérons l’étude initiée par la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2024, selon laquelle 37 % des jeunes de 12 à 18 ans rencontrent des difficultés d’ordre psychologique. Le suivi annoncé par le Gouvernement est ici également urgent. À côté de cela, nous voulions aussi attirer l’attention sur les violences faites aux femmes – le ministreprésident l’a fait lui-même, à juste titre –, nous redirons ici les chiffres pour que chacun et chacune en mesurent l’énormité. Selon l’IWEPS, la proportion de femmes victimes de violences psychologiques, physiques ou sexuelles par partenaire intime est de 42 % en Wallonie. Les violences par non-partenaire sont également importantes, représentant 26 %. Dans les deux cas – le ministre-président ne l’a pas dit –, c’est environ le double par rapport à la situation flamande. Il y a là une situation dramatique qui touche encore plus fort les femmes en position de vulnérabilité, qu’il s’agisse du chômage, d’une incapacité de travail ou d’une précarité financière. Il ne faut pas seulement y réfléchir, il faut surtout renforcer notre action. Le taux d’emploi sur base trimestrielle a progressé de 2,9 % durant la précédente législature. C’est une évolution positive, même si c’est une évolution, par définition, trop faible, puisque nous restons en deçà de la moyenne européenne. Le taux d’emploi a toutefois baissé de 1,8 % depuis le début de cette législature. En parallèle, le total des demandeurs d’emploi inoccupés a augmenté. Le taux de chômage des jeunes en particulier reste très élevé, s’élevant à 22,3 % en 2024, même s’il est en baisse depuis trois ans. Le taux des jeunes qui ne suivent pas d’enseignement ou de formation et qui ne sont pas à l’emploi a également remonté, même s’il reste plus bas qu’en 2019, il est aujourd’hui supérieur à la moyenne de l’Union européenne. Ces éléments restent des enjeux majeurs pour la Wallonie – j’enfonce une porte ouverte –, ils méritent cependant autre chose que des mesures idéologiques, comme les coupes dans l’insertion socioprofessionnelle sans aucune évaluation, comme le maintien de dispositifs dont l’effet d’aubaine est, par contre, lui, très nettement évalué, ou pire, une logique d’exclusion aveugle. Nous avons alerté, depuis plusieurs années, à l’occasion de cet état de la Wallonie, quant à l’évolution des personnes diplômées de l’enseignement supérieur. Cet indicateur stagnait depuis plusieurs années et est maintenant carrément en baisse pour la deuxième année consécutive, s’élevant à 41,5 % des 25-34 ans en 2023. Pour la première fois, il est même dépassé par la moyenne européenne. Pour prendre toute la mesure de cet indicateur, il faut voir que, il y a 20 ans, la Wallonie était 10 % au-dessus de la moyenne européenne. Cela veut dire que le monde évolue, l’Europe progresse, nous stagnons, et maintenant nous sommes même en décrochage. Cela veut dire que, à côté de l’indispensable valorisation des métiers techniques, qui a été évoquée positivement par le ministre-président, même si cette évocation est contredite par les mesures de sa coalition contre le qualifiant en Fédération Wallonie-Bruxelles, le Gouvernement wallon doit, à notre sens, aussi s’emparer de cet enjeu des diplômés de l’enseignement supérieur, en partenariat avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il y a là un décrochage wallon qui doit nous préoccuper. Le ministre-président a évoqué le taux de créations nettes d’entreprises, de 3,8 % en 2022, mais il s’est malheureusement rétracté en 2023 à 1,7 %, après trois années de hausses consécutives. Soyons vigilants sur ce terrain. Il s’agirait de voir s’il y a des statistiques qui expliquent cette baisse étonnante en 2023. La Wallonie tient, par contre, la comparaison avec la Flandre sur le terrain de la recherche, avec 3,65 % de dépenses intérieures brutes dans les dernières statistiques disponibles. La conjoncture internationale est naturellement sous pression et gravement préoccupante eu égard aux menaces géopolitiques et l’avènement d’une politique imprévisible et incohérente, pour ne pas dire insensée, aux États-Unis. Le Gouvernement l’a à l’esprit, autant que l’ensemble des intervenants aujourd’hui. Cela met clairement en relief l’importance de développer l’autonomie stratégique européenne, non seulement sur le plan géopolitique, mais aussi sur le plan industriel, sur le plan alimentaire, agricole ou sur le plan sanitaire, ou encore sur le plan énergétique. À cet égard, l’UCM indiquait: «Une politique protectionniste américaine devrait inciter les entreprises européennes à se tourner davantage vers des fournisseurs régionaux, stimulant ainsi la production locale et l’économie locale. Cette relocalisation partielle permettrait également de réduire les risques liés aux perturbations mondiales et de favoriser l’emploi et l’investissement au sein même de l’Europe». Je cite ce passage parce que c’est le contraire de ce que nous propose la Commission européenne – avec, semble-t-il, le soutien du Gouvernement, mais cela ne demande qu’à être démenti par des faits –, qui mène une politique faite de fuites en avant sur le terrain des traités de libreéchange ou de dérégulation sur notre continent. Le taux de cellules commerciales vides dans les centres-villes a atteint un nouveau record: près de 21 %. Pendant ce temps, la pression sur les terres agricoles s’accentue encore et le prix moyen a aussi augmenté de 44 % en sept ans. La Région est en échec sur ces deux enjeux. Il importe, à notre sens, de renforcer nos outils de régulation. Sur le plan social, la situation reste difficile. Le ministre-président a évoqué le taux des citoyens dans une situation de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale à 21,8 %. Il était à 24,8 % en 2019. La situation s’améliore légèrement, mais elle est inacceptable. Le nombre de personnes bénéficiaires du revenu d’intégration est quant à lui en hausse. Il le sera encore plus à l’avenir, vu les mesures fédérales d’exclusion qui viennent d’être annoncées dans une joie ministérielle qui nous a horrifiés. L’Observatoire wallon du sans-abrisme a indiqué que 19 387 personnes sont en situation de sans-abrisme et d’absence de chez-soi en Wallonie, dont 5 204 enfants. C’est une réalité très dure. Cela reste un échec pour notre société. Nous souhaitons enfin évoquer, parmi ces différents indicateurs qui permettent de prendre la mesure des défis que nous avons devant nous, la sécurité routière et les victimes de la route. Il s’agit de vies innocentes fauchées chaque semaine par hasard, dans votre famille ou dans la mienne. Chacun, demain, est livré à ce risque. Cela justifie l’importance que les pouvoirs publics peuvent lui donner. La tendance baissière se poursuit, avec les chiffres disponibles: 225 personnes décédées en 2023, pour 309 en 2019. Il faut continuer les efforts. Il faut aussi conserver un objectif ambitieux de réduction de la mortalité – le Gouvernement semble avoir abandonné certains éléments en la matière, j’y reviendrai ultérieurement – et il faut agir sur les causes et sur les facteurs aggravants: le culte de la vitesse, la maîtrise de la puissance et la masse des véhicules ou encore la consommation de psychotropes. Il ne faut certainement pas, comme le faisait une élue locale MR récemment, communiquer publiquement les contrôles de police pour que les chauffards ivres puissent continuer à rouler ailleurs. Les défis auxquels est confrontée la Wallonie restent considérables. Sur une série de terrains, la situation progresse, mais il importe de poursuivre et souvent d’amplifier la dynamique engagée. Pour certaines politiques, le Gouvernement a indiqué qu’il allait agir en ce sens. Nous pensons à certains enjeux en matière de santé. Le Gouvernement a dit aussi vouloir avancer plus fort dans la simplification. Nous serons d’accord pour supprimer les procédures dénuées d’intérêt, voire même de sens; idem pour la sortie du sous-localisme. Nous ne demandons qu’à y croire et nous le soutiendrons. Malheureusement, dans un grand nombre de domaines, le Gouvernement a fait un virage qui nous conduit dans la mauvaise direction. C’est la grande régression. Par exemple, la coupe des moyens pour la nature opérée par votre premier budget est de -75 %. Cette politique est pourtant essentielle pour la préservation de nos conditions de vie, alors que nous approchons du point de non-retour. Concernant les primes énergie, la coupe moyenne est de -60 %. Elle a été opérée avec votre premier budget, avant un emballement qui vous a conduits à des mesures violentes, injustes et illégales. La politique d’isolation est pourtant une des priorités centrales pour avancer vers la neutralité carbone. Avec -35 millions et aussi -50 %, les moyens en moins pour le transport en commun, selon la Cour des comptes et les investissements en moins pour le vélo, cela veut dire des menaces sur l’offre, sur les investissements – on l’a déjà vu –, sur les tarifs du TEC et sur le développement des modes actifs. C’est la grande régression aussi avec le laisser-faire par rapport au démantèlement du Green Deal en cours au niveau européen. C’est sans doute le projet de dérégulation le plus important de l’histoire de l’Union européenne. Cela se passe pour le moment. À ce stade, le Gouvernement a choisi le mutisme. Il n’a d’ailleurs quasi rien répondu, ce lundi, quant au fond de notre interpellation sur sa position à l’égard de cet enjeu pourtant en discussion au niveau de la coordination intrabelge et au sein du Conseil européen. C’est la grande régression avec le laisser-faire sur les nouveaux OGM, pour lesquels les instances de notre pays ont finalement validé les reculs portés par la Commission européenne, moyennant quelques gesticulations. C’est un revirement par rapport aux positions antérieures de la Belgique et de la Wallonie. C’est la grande régression encore avec l’opération de quasi-promotion des pesticides lancée récemment par la ministre de l’Agriculture contre la science et contre la santé publique. C’est la grande régression encore avec le définancement des politiques du logement – 50 millions d’euros –, sans compter les attaques contre les structures d’aide aux personnes sans abri, alors que le droit au logement est un droit fondamental. Ne parlons pas du définancement des pouvoirs locaux, 450 millions d’euros sur la législature, ou des associations. Il faut aussi évoquer la grande régression de la gouvernance publique. C’est la mise à mal, par exemple, du Schéma de développement du territoire lorsqu’un permis est donné au centre commercial, par ailleurs démesuré, en périphérie de Philippeville. Ce permis était refusé par des ministres successifs depuis des années, sur la base d’arguments sérieux sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan économique, et qui est ici octroyé sans justification et contre la DPR, contre l’accord de gouvernement. C’est la suppression du certificat de management public et la fin d’une exigence d’une vérification préalable des compétences de façon impartiale et en temps non suspect. C’est la difficulté d’avancer pleinement dans la concrétisation des recommandations de l’étude sur la vallée de la Vesdre, pourtant financée par la Wallonie. L’adaptation de nos bassins-versants est cruciale pour la lutte contre les inondations, pour la lutte contre la sécheresse, pour la protection de notre population. Or, même la simple audition en commission de personnes impliquées dans la gouvernance et dans des expériences sur ce domaine doit être arrachée au forceps. Ce sont aussi les chipotages autour de la révocation avant terme et sans motif de plusieurs conseils d’administration, en dépit de tous les usages depuis trois ou quatre législatures. C’est l’illégalité dans l’utilisation du site officiel de la Wallonie pour faire la propagande politique en période électorale sur le fameux choc; le choc de l’illégalité de la propagande, sans doute. C’est aussi l’évaluation qui était promise et qui est évidemment une perspective intéressante, mais qui sert en fait d’alibi pour les coupes budgétaires qui, par contre, ne précèdent pas les décisions, en tout cas aucune de celles que je viens de lister. Il y a un grand écart entre une part importante du discours entendu ce matin et la réalité des pratiques et des décisions du Gouvernement. Les défis auxquels la Wallonie est confrontée sont considérables. Sur bon nombre d’enjeux, le Gouvernement va à contresens. Ce n’est pas le bon sens, c’est le contresens. Les groupes de la coalition bleu pétrole nous diront que c’est le mandat clair des élections en juin 2024. Je l’entends déjà, je l’ai déjà entendu, cela se laisse dire. La première fois, on n’y est pas attentif, on s’y laisse prendre. La deuxième fois, on s’interroge. Puis, on se rend compte que c’est tout à fait faux. Il n’y avait pas de majorité en Wallonie en juin 2024 pour diminuer les primes Énergie, puisque cette proposition ne figure pas au programme du MR et celui des Engagés promettait même le contraire avec un financement à 100 % par l’État. Il n’y avait pas de majorité en Wallonie en juin 2024 pour défenestrer les politiques de la biodiversité, puisque rien dans le programme du MR n’évoquait cette possibilité et celui des Engagés évoquait même le contraire, avec un financement supplémentaire pour la restauration de la nature. Il n’y avait pas de majorité en Wallonie en juin 2024 pour démanteler le certificat de management public, puisque le programme des Engagés disait le contraire en prévoyant que davantage de personnes pourraient l’obtenir. Il n’y avait pas de majorité en Wallonie en juin 2004 pour affaiblir le financement des associations, puisque le programme des Engagés disait en substance le contraire en les assurant de son soutien, et le terme était utilisé non pas 34, mais 150 fois. Il n’y avait pas de majorité en juin 2024, en Wallonie pour mettre 100 000 personnes, et encore bien plus demain, à la porte du chômage, alors que le programme des Engagés promettait une garantie d’emploi. Il n’y avait pas de majorité en Wallonie en juin 2024 pour relancer les centres commerciaux de la périphérie, puisque c’est même l’inverse qui est écrit en toutes lettres dans votre Déclaration de politique régionale. Ce ne sont que quelques illustrations. Par conséquent, non, vous n’avez pas reçu un mandat pour cette grande régression. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à M. le Ministre- Président Dolimont.

    Agressivité 86%Constructivité 81%Factuel 84%Émotionnel 83%
  14. Tout d’abord, je tiens à vous remercier toutes et tous pour vos exposés respectifs. Ce genre d’exercice permet de pointer des marqueurs importants qui nous différencient dans notre manière de voir la société et de faire la politique. Je vous propose ici de répondre de manière continue à l’ensemble des exposés. J’entends bien et je constate, comme vous tous d’ailleurs, qu’un certain nombre de faillites ont été déclarées dans notre région. Je pense qu’il ne vous aura pas échappé que la situation mondiale a bien évolué. Le contexte international est complexe et tendu, les répercussions sont globales et, malheureusement, la Wallonie ne déroge pas à cette règle. Des coups durs, nous en connaîtrons probablement encore. C’est la raison pour laquelle nous devons réfléchir à construire des emplois pérennes ici, chez nous, dans des secteurs qui peuvent être des leviers pour l’ensemble de notre économie. Par ailleurs, quand il y a des annonces de faillite, comme celle de Cora, les autorités publiques ne sont pas démunies; au contraire, les pouvoirs publics doivent intervenir, accompagner et proposer des solutions. Nous allons mettre en place une série d’outils pour le reclassement, le rebond des différents travailleurs. Vous le savez, le secteur du retail est en crise. Le modèle reposant sur les grands hypermarchés, où l’on trouve de tout sous le même toit, ne fonctionne plus comme avant. Ce secteur est en crise. Comme toujours, il y a deux manières de voir les choses: le fatalisme ou l’opportunisme. Le rôle des pouvoirs publics est d’accompagner les travailleurs licenciés, mais aussi de soutenir les potentiels repreneurs. Il ne faut pas oublier, dans les différentes galeries commerçantes, des centaines et des centaines d’emplois directs qui génèrent eux-mêmes des emplois indirects. Je salue d’ailleurs l’intervention de l’administratrice générale du FOREm qui a rapidement indiqué que plus de 1 200 offres d’emploi sont actuellement ouvertes dans le secteur de la vente sur le site du FOREm. De manière générale, la situation wallonne est aussi l’héritage d’une non-vision politique durant des décennies. Vous avez beaucoup de mal à l’entendre, mais c’est cela aussi la réalité. Nous ouvrons des dossiers et nous faisons face à des situations que l’on pourrait qualifier d’inattendues, comme pour le dossier des primes. Enfin, depuis neuf mois, vous avez passé votre temps à critiquer toutes les décisions que ce Gouvernement a prises. Cela nous renforce dans notre détermination à avancer, car, si nous ne le faisons pas, nous savons que nous irons droit dans le mur. L’amnésie de certains sur la responsabilité de leur formation politique dans la situation de notre Région perdure. Vous exigez de nous, en neuf mois, ce que vous n’avez pas pu réaliser en près de 40 ans. (Applaudissements) Madame la Cheffe de groupe, je vous ai écoutée attentivement ce matin; je vous ai également écoutée attentivement cet après-midi. En ce qui me concerne, je ne vais pas vous faire la leçon ni l’affront de vous faire un cours d’économie. Néanmoins, juger notre travail de ces derniers mois en comparant les taux d’emploi n’a pas grand sens. Comme vous l’avez à juste titre rappelé, la précédente législature a été marquée par de nombreuses crises. Tous les partis politiques ont décidé de soutenir massivement l’économie et les citoyens en mobilisant des moyens publics importants. Inévitablement, nous avons accepté de nous endetter pour le faire et de déréguler l’économie par un lourd interventionnisme public de soutien. Cela s’est traduit par un maintien global des indicateurs d’emploi et par une augmentation du taux d’emploi, lié également à la reprise de l’activité économique postcovid. Rappelez-vous, nous parlions à l’époque de «surchauffe de l’économie». Aujourd’hui est venu le temps du retour à l’équilibre des mécanismes économiques. Cela n’a rien d’exceptionnel et ce n’est en rien lié aux décisions de ce Gouvernement. En parlant d’activation d’emploi et de travail, ces derniers jours ont été très intéressants. Quand j’entends que l’on va exclure 100 000 personnes du chômage et créer de la pauvreté, je me rends compte que nous avons deux modèles de société complètement différents. La solidarité est indispensable à toute vie en société. C’est un fait incontestable que personne ne remet en cause. Je suis le premier à me réjouir qu’il existe des filets de sécurité pour les plus fragiles. Cependant, dans la mesure de ses possibilités, chacun doit aussi contribuer à cette vie en société, c’est-à-dire travailler, payer des impôts et contribuer à la sécurité sociale. C’est aussi un acte de solidarité. J’aimerais aussi vous répondre que mon prédécesseur, alors Premier ministre, a lui-même fait une réforme du chômage. Gouverner, je l’ai répété ce matin, c’est prendre ses responsabilités. Nous voulons évidemment garder un filet de sécurité pour les plus fragiles. Les sorties caricaturales sur des gouvernements qui veulent mettre à feu et à sang le système social n’ont clairement aucun sens. On veut surtout la préserver. Nous travaillons avec ordre, méthode et pragmatisme. L’argent doit servir en priorité à ceux qui en ont le plus besoin. Nous souhaitons aussi permettre à un maximum de personnes de retourner sur le marché du travail. Il faut activer l’emploi là où il peut l’être, à tous les niveaux de pouvoir. Je l’ai dit dans mon discours, nous avons en Wallonie près de 40 000 emplois vacants; et 180 000 en Belgique. Il y aura forcément des matchs possibles entre les emplois vacants et les profils de personnes qui ne vont plus pouvoir bénéficier des allocations de chômage. Cette réforme a un autre objectif: remettre au centre les valeurs du travail et de l’entrepreneuriat. Nous ne devons pas seulement accompagner la pauvreté avec des filets de sécurité, nous devons mettre en place des mesures pour la diminuer durablement. Sinon, à quoi servons-nous? Je l’ai dit dans mon discours, le taux d’emploi dans les deux plus grands arrondissements wallons est de moins de 55 %. Il nous semble logique et cohérent de regarder le problème en face et de trouver des solutions ensemble. Ces solutions doivent aussi être en phase avec notre réalité budgétaire. Oui, Madame la Cheffe de groupe, nous assumons avoir réformé certains dispositifs de mise à l’emploi qui coûtent énormément d’argent pour des résultats qui ne sont pas toujours à la hauteur. Nous vous le disons, c’est clair que 140 000 euros par an pour remettre à l’emploi une personne, c’est trop. Cela, on l’assume. Je ne veux pas rentrer dans une polémique de chiffres, mais je voudrais quand même signaler que les chiffres que vous utilisez pour parler de taux d’emploi m’étonnent. Vous signalez que le taux d’emploi a diminué de 1,8 % depuis l’installation de ce Gouvernement. Vous le savez, vous avez été ministre de l’Emploi précédemment, on compare toujours les données d’année en année, car – vous en êtes très bien informée, j’en suis certain – le taux d’emploi est cyclique selon les mois. J’ai fait l’exercice pour vous et je vais me permettre de l’expliquer ici, devant tout le monde. Le taux d’emploi a stagné sur toute l’année 2024. Si l’on prend au premier trimestre, autant reprendre les choses dans l’ordre, c’était 66,2 %. Si l’on regarde au quatrième trimestre, c’était 66,3 %. Vous expliquez que vous avez fait bondir le taux d’emploi de 4 %. Merveilleux! Pour des raisons évidentes d’inactivité économique, nous ne pouvons pas utiliser les chiffres de l’année 2020, l’année du covid. Ce serait assez absurde de prendre un élément assez central. Si je prends le quatrième trimestre 2021, le taux d’emploi était à l’époque de 66,6 %, soit, c’est vrai, supérieur à la situation actuelle, mais on est quand même – vous l’avouerez – assez loin des 4 %. Si vous avez fait le calcul, cela fait 0,3 % de plus qu’aujourd’hui, et non les 4 % comme vous l’annonciez fièrement. Je voudrais aussi insister sur le fait que le mot «travail» n’est pas une insulte. Quand on entend l’opposition s’opposer à des réformes qui ont pour but d’accompagner les gens vers une nouvelle vie active, je m’interroge. On a bien l’impression que le PS, le Parti socialiste, n’est pas créateur de progrès, comme votre slogan tente de le faire croire; mais le PS, c’est surtout la peur du changement. Travailler, c’est s’épanouir. C’est du lien social. C’est apprendre. C’est partager son savoir. C’est aussi donner du sens à sa vie. N’oublions pas que, grâce au travail et à l’impôt, le travail finance les systèmes de protection sociale. Oui, il y aura un impact sur les CPAS du pays. Nous le savons; le Fédéral aussi d’ailleurs. C’est pour cela qu’ils recevront une aide financière. Je suis pragmatique. Une réforme était nécessaire. Qui peut dire le contraire? Cette réforme, nous la faisons. On travaille avec ordre et méthode, je l’ai répété. Il y a une réforme, et il y aura un impact. La question est à présent: comment pouvons-nous faire mieux? Quand nous traversons des crises – nous en traversons beaucoup depuis cinq ans et nous allons encore en traverser –, nous devons avoir l’audace de réfléchir à ce qui peut être construit sur les mauvaises nouvelles. Nous sommes dans une période de turbulences assez fortes. L’adage «qui veut la paix prépare la guerre» doit mener notre action. Avec la Commission européenne, le Fédéral a préparé des sanctions si le président Trump persiste dans ses ambitions. Les décisions imprévisibles qui changent d’un jour à l’autre n’aident pas à analyser avec précision ce qui pourrait arriver. En politique, il n’y a pas de pire situation que celle où l’on ne sait pas de quoi sera fait demain. Comme je l’ai dit et écrit, nous décidons de faire de ces problèmes des opportunités. Il est temps de se réindustrialiser, de soutenir nos industries et de rétablir la compétitivité perdue. C’est en cours. C’est dans cette optique que j’ai eu l’occasion d’accueillir le ministre de la Défense, Theo Francken, à Namur. Cela a été l’occasion d’évoquer la question du réarmement, mais surtout de la réindustrialisation de notre Région dans ce secteur. Nous sommes en phase sur la rédaction d’un futur accord de coopération pour l’industrie de la défense dans notre Région. L’objectif est de favoriser la création d’emplois dans ce secteur stratégique de la défense. Le Gouvernement fédéral a annoncé 4 milliards d’euros d’investissements supplémentaires dans la défense d’ici la fin de la législature, et une partie de cet argent sera investi en Wallonie. Notre Gouvernement continuera à aider toutes les entreprises du secteur afin qu’elles puissent se développer davantage. Ces 10 dernières années, la Région wallonne a aidé le secteur en matière de recherche et développement à hauteur de 86 millions d’euros. Cette industrie génère 9 000 emplois chez nous. Nous pouvons être confiants sur une réelle croissance de ceux-ci dans ce secteur stratégique. Le secteur de la défense est une réussite en Wallonie. Nous pouvons en être fiers et être fiers des milliers de personnes qui y travaillent de façon directe et indirecte. Le secteur de la défense est aussi la preuve que, quand la Wallonie se spécialise dans un secteur de pointe avec de forts effets leviers, nous recréons une industrie et réindustrialisons notre Région. C’est aussi la preuve que faire de grands plans pouvant mobiliser des milliards d’euros sans une vision stratégique claire des effets retour estimés ne contribue pas au développement économique de notre Région. L’IWEPS ne me contredira pas. Vous nous dites que, contrairement à la Flandre, la Wallonie n’a pas de stratégie en matière de défense ni même de vision. La grande différence avec la Flandre est que nous disposons d’ores et déjà d’un secteur de la défense performant, avec des industriels qui excellent partout dans le monde. L’enjeu aujourd’hui... (Réaction de M. Collignon) Monsieur Collignon, vous le savez, je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain.

    Agressivité 88%Constructivité 81%Factuel 78%Émotionnel 92%
  15. Non, mais quant à tout dire, puisque l’on est responsables de tout, on est responsables aussi de cette stratégie d’avoir bien investi dans certains secteurs.

    Agressivité 81%Constructivité 37%Émotionnel 79%
  16. Je vais revenir sur le fait d’assumer le secteur de la défense comme secteur stratégique, avec des attitudes timorées par moment, vous en conviendrez.

    Agressivité 72%Émotionnel 93%
  17. Nous, on n’en a jamais eu. Cela n’a pas démarré avec vous, mais il faut reconnaître que ce sont les faits.

    Agressivité 90%Factuel 91%Émotionnel 88%
  18. Non, je ne généralise pas. (Réaction de M. Collignon) Permettez-moi de continuer, je ne vous ai pas interrompu... (Réaction de M. Collignon) Ce sont les faits. Permettez-moi de continuer. Je ne suis pas intervenu alors que cela me démangeait fortement, mais j’essaie d’être quelqu’un de respectueux dans les débats. Permettez-moi de continuer dans le respect qui, je pense, est une caractéristique qui m’est propre et qui m’est chère. (Applaudissements) La Wallonie a un secteur industriel fort dans le secteur de la défense. On a des industriels qui excellent partout dans le monde. L’enjeu aujourd’hui – on en revient peut-être à une spécialité –, ce n’est pas de recréer un énième plan, dont vous êtes particulièrement friands. Pour rappel, ce Gouvernement a hérité de pas moins de 125 plans spécifiques, engendrant des dépenses et des coûts supplémentaires. Nous vous le disons depuis le début de cette législature, nous ne sommes pas un gouvernement qui communique à tout va sur de grands plans, sur des task forces ou sur des groupes de travail. Aujourd’hui, l’enjeu, dans le secteur de la défense, est de permettre à nos industriels d’exporter leur savoirfaire. Exporter, c’est ce qui permet de créer des emplois sur nos territoires et dans nos bassins industriels. Contrairement à bon nombre de mes prédécesseurs – j’en viens à peut-être à un élément qui nous différencie dans ce secteur –, j’assume cette politique volontariste de soutien et de renforcement des exportations d’armes et de matériels de défense en octroyant davantage de licences. Pour ce faire, je vous soumettrai, dans les prochains mois, un projet de révision du décret sur les exportations d’armes et l’octroi de ces licences. Nous verrons alors qui, au-delà des paroles et des grands discours, souhaite réellement soutenir notre industrie et, par là également, les milliers d’emplois directs et indirects qui en dépendent. On m’a reproché de ne pas avoir assez abordé certains sujets. Je tiens tout d’abord à dire que, contrairement à ce qui s’est fait l’année dernière, je suis ici devant vous pour faire l’état de la Wallonie. Mon prédécesseur n’avait pas estimé que c’était obligatoire ou nécessaire à l’époque. Nous avons abordé de nombreuses thématiques, mais nous ne savons pas tout aborder. C’est clair qu’il y a des choix à faire, sinon cet exercice aurait pu durer des heures et vous auriez été les premiers à me le reprocher. Vous auriez dit que je vous noyais dans des tonnes d’informations pour éviter d’aller à l’essentiel. Pour qu’il n’y ait aucun doute, Monsieur le Chef de groupe, les aînés ont toute notre attention. Je vous renvoie d’ailleurs à la Déclaration de politique régionale en la matière. Il en va de même pour les chiffres que je vous ai partagés. Nous avons reçu des centaines de chiffres de l’IWEPS, que je remercie au passage pour son précieux travail. Nous avons dû faire des choix pour illustrer certains sujets qui devaient être absolument abordés: le chômage, la montée des extrêmes, de tous les extrêmes, la pauvreté, l’économie, les perspectives à moyen terme, les défis environnementaux, la santé des Wallons, les compositions de ménage et les violences faites aux femmes. Il nous est reproché d’être un gouvernement qui ne va pas assez vite et qui, au final, n’apporte pas grandchose. Pour ce qui est de la temporalité, je suis plutôt un pragmatique. Si l’on me donne les commandes d’un Airbus ou d’un grand paquebot, je vais d’abord prendre le temps de l’analyse afin de comprendre comment l’ensemble fonctionne. Ensuite, je prendrai le temps d’identifier les dysfonctionnements, pour enfin voir venir le temps des réparations. C’est exactement ce que nous avons fait avec les primes. Certains ici peuvent continuer à faire croire que tout était sous contrôle. Cependant, quand on se rend compte que l’administration n’avait pas encodé toutes les données dans l’informatique, on sait tous que le mur était devant et que l’on y fonçait à toute vitesse. Pour en revenir à mon avion, vient enfin le temps du décollage. Certains ici pointent le peu de réformes déjà entamées. Ils se sont peut-être assoupis durant le discours. Je pense que M. Hazée, lui, a bien été attentif, et d’ailleurs je l’en remercie. Je ne vais pas redire toutes les réformes en cours, ni même celles d’ores et déjà mises en place, ni même celles initiées et finalisées en 2025. Je vous invite à réécouter mon intervention de ce matin et vous verrez qu’elles sont nombreuses. Je vous donne un exemple concret: notre Gouvernement adopte une politique diversifiée en matière de soutien aux commerces wallons. Bien que le dispositif Objectif Proximité, clôturé le 30 novembre dernier, ne va pas être remplacé par un projet analogue, d’autres mesures de soutien existent. Je rappelle que ce dispositif était une mesure du Plan de relance et il était évident qu’il avait une durée limitée dans le temps. Vous le voyez assez régulièrement quand on parle de coupes dans certains budgets, ce sont souvent des moyens mis en place non pérennes. Je pense à la biodiversité. Je pense aussi au mécanisme des primes, bref, à toute une série de dispositifs. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. En un an et demi, moins de 200 primes «Je m’installe» ont été sollicitées sur les 4 200 cellules vides en 2023 en Wallonie. On peut quand même avouer que c’est peu impactant. J’estime qu’il est essentiel de soutenir nos commerces et d’aborder les problématiques auxquelles ils sont confrontés dans leur quotidien. Les réformes en cours sont connues: - moins de paperasse; - un paysage de l’accompagnement simplifié; - une politique d’aménagement du territoire cohérente; - des outils de soutien plus efficaces et performants, notamment avec le développement des agences de développement des centres-villes; - un soutien à la digitalisation pour mieux coller à la réalité; - une réforme de la loi de 1951 sur les baux commerciaux. Il est important également de repenser la politique d’aménagement du territoire en matière d’implantations commerciales. La Déclaration de politique régionale prévoit que le Gouvernement dissuadera la création et l’extension des centres commerciaux en périphérie des centres-villes pour faire revivre les commerces de proximité. En ce qui concerne la politique du logement, là aussi, le Gouvernement doit assumer les choix et les décisions du passé qui impactent lourdement le secteur. Vous me parlez du soutien aux logements publics et aux familles. Je vous rappelle que, dès le début de la législature, nous avons dû sauver la Société wallonne du crédit social de la faillite. Encore une fois, il s’agit du poids du passé, du poids de l’héritage. Je vous rappelle également que la politique du logement sous la précédente législature tirait principalement des moyens budgétaires sur des budgets exceptionnels, non pérennisés, c’est-à-dire non structurels dans le temps. En ce qui concerne les primes, ce débat a déjà largement eu lieu à plusieurs reprises. Vous maintenez votre ligne et nous maintenons la nôtre. Au final, comme M. Dupont l’a souligné, un jour la vérité finira par s’imposer. Concernant la biodiversité, c’est la même chose. On parle de diminution drastique de moyens. Toute une série de budgets dans les crédits de la ministre étaient non structuralisés et non prévus sur la trajectoire pluriannuelle, qui finançait les politiques et le soutien aux nombreuses associations. On ne peut pas non plus dire que c’est le plus percutant pour le secteur de la biodiversité. J’ai entendu – je l’avais déjà lu hier matin d’ailleurs – que nous sommes «le Gouvernement des taxes». On a de plus en plus l’habitude des slogans. Le Gouvernement part d’un principe simple: on ne peut plus dépenser l’argent dont on ne dispose pas. Monsieur le Député, si tous les mois vous dépensez plus que ce que vous gagnez, estimez-vous que votre situation est tenable sur le long terme? Non, c’est une question rhétorique qui n’appelle pas de réponse. Cette logique, si elle est valable pour un ménage ou pour M. et Mme Tout-le-Monde, est évidemment aussi valable pour les pouvoirs publics. Non, le plan Oxygène n’est pas un moyen détourné pour taxer les citoyens wallons, pas du tout. Ce n’est pas une sous-traitance d’éléments que nous avons peur d’assumer. On a vu que l’on était un Gouvernement qui assumait ses choix. Nous avons juste enfin pris en main ce que l’on peut qualifier – je n’ai pas peur des mots – de dérive financière de certaines grandes villes. Là où les premières années du plan ne consistaient qu’en une bouffée d’oxygène, sans prise en compte, sans volonté de réellement transformer leur gestion, ce que nous voulons, c’est que des villes comme Charleroi ou Liège présentent enfin des trajectoires avec des économies tangibles de plusieurs dizaines de millions d’euros à l’horizon 2030, alors que quasi rien n’avait été fait jusqu’à maintenant, depuis 2021, soit la mise en place du plan Oxygène. Les mesures reprises... (Réaction de M. Collignon) Vous pourrez intervenir après, si vous souhaitez la tribune, Monsieur Collignon. Il n’y a pas de problème.

    Factuel 38%Émotionnel 36%
  19. La vérité a ses droits.

    Agressivité 44%Constructivité 63%Factuel 86%Émotionnel 74%
  20. Exactement.

    Agressivité 62%Constructivité 68%Factuel 72%Émotionnel 86%
  21. Je suis certain qu’ils le feront avec beaucoup d’entrain. ###### M. Christophe Collignon (PS). – Je suis désolé, mais mon micro est bloqué. (Rires) M. Adrien Dolimont, Ministre-Président et Ministre du Budget, des Finances, de la Recherche et du Bienêtre animal. – Vous m’en voyez désolé. Les mesures reprises dans les différentes conventions visent un objectif très simple – sortons des caricatures qui en sont faites –, celui de retrouver l’équilibre budgétaire au sein des grandes villes wallonnes. Aujourd’hui, force est de constater que plus aucune institution bancaire n’est prête à les soutenir. C’est cela, la réalité des grandes villes aujourd’hui. La volonté de mon Gouvernement n’est pas de mettre de côté les grandes villes, loin de là. Si l’on veut embrasser les objectifs de taux d’emploi, cela passera par leur redéploiement. Cependant, je pense qu’il est important de leur demander aussi une gestion saine, de les remettre dans le rang – je n’ai pas peur des mots – et d’en faire des partenaires d’une Région qui avance et qui n’a pas peur de se réinventer. Ces taxes ne sont pas du tout destinées à financer la Région ni même à combler certaines coupes budgétaires régionales – n’essayez pas de faire croire cela –, mais bien uniquement à retrouver un équilibre budgétaire dans certaines de nos grandes villes où les déficits sont abyssaux. Je rappelle que toutes les communes de notre pays sont concernées par des transferts de charges du Fédéral. Fort heureusement, elles ne sont pas toutes non plus au bord de la faillite. Rejeter toute la faute sur le Fédéral, c’est assez réducteur et simpliste. Encore une fois, c’est fuir sa responsabilité sur sa situation présente. Est-ce que tout leur incombe? Non, on n’a jamais dit cela. Néanmoins, on est en droit, si on les aide ou leur donne une bouffée d’oxygène, d’attendre qu’elles prennent des mesures de redressement de leur situation budgétaire. J’ai entendu dire aussi que nous étions un gouvernement d’ingénieurs, qu’il n’y avait pas de place pour la culture, les artistes et même la poésie. On va commencer par dénoncer une fake news. La question est certes fédérale, mais je tiens à préciser que nous n’allons pas toucher au statut d’artiste. Par contre – comme nous le faisons pour l’ensemble des politiques –, le Fédéral veille à éviter qu’il y ait une utilisation abusive d’un statut pour une série de personnes. Je le redis: l’argent doit servir aux personnes qui en ont réellement le plus besoin. C’est valable pour toutes les politiques. C’est cela qui nous drive en permanence. Aujourd’hui, le statut d’artiste est limité sur trois ans. On ne va pas revenir sur cet élément. Pour ce qui est des ingénieurs, vous en avez un devant vous, c’est encore plus facile de tirer la caricature. Il se fait que je suis actuellement à la tête de ce Gouvernement, mais je refuse cette politique qui consiste à opposer les métiers ou à opposer les Wallonnes et les Wallons entre eux. Je refuse d’être dans le clivage permanent. L’actualité nous démontre qu’il est plus qu’utile d’avoir des personnes qui analysent, mais aussi d’autres personnes qui sont plus disruptives, qui font preuve de davantage de créativité. Comme je l’ai dit ce matin, nous ne sommes pas à Poudlard, je ne suis pas Harry Potter, je n’ai pas de baguette magique. Je fais avec la réalité que m’ont laissée mes prédécesseurs. Toutefois, nous avançons, car nous savons que les mesures mises en place vont transformer petit à petit la Wallonie, mais surtout la transformer durablement. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à Mme Morreale.

  22. La vérité a ses droits. S’exonérer de toute responsabilité dans la situation de la Wallonie n’honore personne. Sincèrement, cela n’honore personne. Vous avez toujours été au gouvernement, soit l’un, soit l’autre, même seul, ensemble, ces huit dernières années : le MR a participé aux Gouvernements régionaux pendant 18 ans, les Engagés pendant 33 ans. On ne va pas faire croire que vous n’y pesiez pas ou que vos ministres y faisaient de la figuration. Ce serait irrespectueux pour eux et contraire à la réalité. La simplification administrative est une bonne chose. C’est d’ailleurs la responsabilité des ministres cdH-Engagés depuis huit ans. Sur le constat, on est d’accord: c’est très bien de faire de la simplification administrative. Par contre, qu’avez-vous fait pendant sept ans? Vous avez, en effet, l’air de considérer... (Réaction de M. le Ministre Jeholet) Comment? Allez-y.

    Agressivité 47%Émotionnel 56%
  23. Le ministreprésident demande du respect à l’égard de mon collègue, M. Collignon, mais je voudrais bien que le ministre de l’Économie ait alors la même discipline. Ce sera respectueux pour chacun d’entre eux.

    Constructivité 47%Factuel 43%Émotionnel 50%
  24. La politique économique, c’est le MR qui l’a aussi depuis huit ans. Le portefeuille du budget, c’est le MR qui le détient depuis huit ans. Tout cela pour dire qu’il faut assumer l’héritage quand on est coauteur. Il ne faut pas se défausser sur les autres, parce que c’est faux et c’est injuste. Je sais que la participopposition a souvent marché chez vous. C’est vrai. Je vous engage juste à vous dire, après neuf mois : « On va dire ce que l’on fait plutôt que de venir travailler des slogans », d’ailleurs assez facilement contre-attaquable avec des arguments. Je me suis dit: «Je vais aller regarder quelle était la situation financière depuis 2014». Entre 2014-2017, le PS avait les budgets, c’était Christophe Lacroix: déficit wallon divisé par cinq en trois ans. Les comptes en témoignent. On procède au fact-checking quand vous voulez. Quand vous avez gouverné MR-Engagés – à l’époque, c’était le cdH, mais c’était les mêmes, sauf M. Coppieters –, vous avez doublé le déficit en trois ans, sans contexte de crise. Nous avons divisé par cinq, vous avez doublé le déficit en trois ans, alors qu’il n’y avait pas de contexte de crise. Quand le PS est revenu aux responsabilités dans un Gouvernement, on a fait un demi-milliard d’efforts structurels plus que ce que les experts nous recommandaient pour assurer la soutenabilité de notre endettement, certes pas conjoncturellement en lien avec la crise covid, avec les inondations, avec la crise énergétique. Monsieur Desquesnes, je vais retrouver, quand vous voulez, les informations où vous disiez que nous ne faisions pas assez. Je le retrouverai d’ailleurs également sur les APE, ce qui sera intéressant. Quand j’ai entendu l’écart entre ce que demandent maintenant les Engagés sur les APE et ce que vous disiez quand vous étiez ici même.... Depuis votre retour aux affaires en juillet 2024, vous avez dégradé le déficit de 77 millions d’euros et vous avez estimé que les finances wallonnes étaient suffisamment solides pour permettre de voter à la hussarde une réforme fiscale qui coûtera près de 900 millions d’euros sans aucun effet retour avéré. Non, vous ne pouvez pas vous exonérer de toute responsabilité, vous ne pouvez pas vous dissimuler derrière ce faux récit budgétaire pour justifier vos choix politiques. Ce sont bien des choix que vous avez faits de faire payer aux classes moyennes, aux plus vulnérables, aux services publics régionaux, au secteur associatif, les conséquences de vos options dogmatiques, de vos réformes fiscales au profit d’une minorité déjà privilégiée. Prenons le taux d’emploi. J’ai beaucoup travaillé sur les chiffres parce que j’ai envie de vous donner des informations précises. Là aussi, on s’est basé sur l’engagement de la Déclaration de politique régionale de 2019, dont le MR était coauteur, qui dit: objectif de taux d’emploi de +5 % par rapport à 63,7 %, qui était la moyenne de 2018. Si l’on compare ce taux à celui de la fin de la législature, en juin 2024, on était à 68,1 %, soit bien une augmentation de 4,4 %. Cela ne vous arrange peut-être pas, mais ce sont les chiffres de Statbel. J’en viens à l’indicateur que vous avez placé au centre de votre discours: la confiance des citoyens s’effrite. Les chiffres sont inquiétants et méritent d’être pris au sérieux. Cependant, ce que vous omettez de dire, c’est que depuis la mise en place de ce Gouvernement la tendance s’est aggravée. L’IWEPS, que vous félicitiez pour ses notes, l’indique. La confiance des consommateurs wallons s’est dégradée de plus de neuf points depuis août dernier en raison, je cite, «de l’augmentation attendue du chômage, de l’incertitude économique à laquelle ils font face.» Vous n’inspirez pas confiance et il ne se passe pas un jour sans que, dans nos rangs, nous ayons des témoignages d’électeurs qui se sentent grugés, dupés et qui regrettent leur choix. Voilà la réalité. Ce n’est pas une vue de l’esprit du Parti socialiste. Manifestement, les citoyens wallons s’inquiètent pour leur avenir. Des dizaines de milliers de personnes, les agents de service public, l’associatif, les enseignants, le secteur de la petite enfance, le secteur de la réinsertion socioprofessionnelle manifestent depuis des mois pour s’insurger contre les politiques gouvernementales, en vain, parce que vous avancez sans concertation. La confiance dans les institutions suppose l’adhésion, le respect, la parole publique, la cohérence et un cap. Pourtant, toute votre politique va à l’encontre de ces principes de bonne gouvernance. Vous multipliez les contradictions, je l’ai prouvé. Vous parlez de création d’emplois, mais on attend votre feuille de route du ministre de l’Économie. Vous parlez d’emploi, mais vous multipliez les mesures pour le détruire. Vous parlez de ramener les chômeurs vers l’emploi, mais vous réduisez les budgets des acteurs qui les accompagnent vers cet objectif. Vous parlez de rigueur budgétaire, mais vous dilapidez l’argent régional et vous ne chassez pas les effets d’aubaine dans les dispositifs. Vous prétendez défendre les classes moyennes, mais elles sont oubliées dans vos réformes. Ceux qui veulent acquérir une maison au prix moyen, que le ministre-président a évoqué dans sa présentation pour une maison, perdent de l’argent dans votre système. Vous parlez de pouvoir d’achat, mais vous refusez d’interdire les frais complémentaires pour les titres-services. Vous faites voter une taxe carbone sur les combustibles de chauffage et les carburants, qui coûtera jusque 640 euros aux ménages, sans mesure d’accompagnement social. Vous parlez santé, mais vous rejetez nos propositions concrètes pour améliorer la santé environnementale. Pire, certains de vos ministres minimisent l’impact des pesticides sur la santé et l’environnement au mépris des preuves scientifiques. Vous parlez de cohésion sociale, mais les initiatives Housing First sont toujours dans l’incertitude de leur financement après 2025. Vous parlez de défi climatique, mais les seules mesures prises ce jour nous éloignent de nos obligations internationales: réduction des primes à la rénovation, réduction des budgets pour la rénovation des logements publics, baisse de l’offre des TEC. Vous évoquez votre combat contre les idées extrémistes qui, je cite, «doivent être combattues avec force et sans relâche à tous les niveaux de pouvoir», mais vous tolérez que des ministres de vos formations politiques rencontrent ou envisagent d’associer à leurs travaux des groupes religieux et d’extrême droite qui prônent des idées d’un autre temps concernant le genre, par exemple, sur l’EVRAS. Vous dites qu’il faut concerter et dialoguer, mais votre ministre de l’Emploi affirmait encore hier en commission: «Une chose est sûre: je ne ferai jamais marche arrière parce qu’il y a des personnes dans la rue qui se battent contre les réformes que je compte mener, car j’estime que ces réformes sont bonnes». C’est cela son sens de la concertation. Si des personnes sont par milliers dans les rues, c’est qu’elles estiment qu’elles n’ont pas été écoutées ou entendues. Si des personnes sont par milliers dans les rues, c’est qu’elles estiment que le dialogue n’est pas possible. On ne construit pas un projet de société en ayant raison tout seul, en passant par la force. Neuf mois après votre entrée en fonction, on ne perçoit pas votre feuille de route. Neuf mois, vous êtes bien placé pour le savoir, Monsieur le Ministre-Président, c’est le temps d’une grossesse. Je vous félicite pour cela. C’est le temps nécessaire pour créer du souffle, de la vie. Or, après ces mois, nous avons eu l’impression ce matin d’assister à une deuxième présentation de la Déclaration de politique régionale. Vous avez dit: «piloter une Région, c’est comme prendre la mer». Le problème, c’est que vous créez vous-même les tempêtes. Les citoyens se sont exprimés dans les urnes, mais je ne suis pas certaine qu’ils s’attendaient à cela, qu’ils aient voté pour cela. Je me rallie entièrement à l’avis et à l’intention de M. Hazée. Vous pouvez encore rectifier le tir et vous mettre à l’écoute. Je vous assure que nous serons particulièrement vigilants dans les prochains discours sur l’état de la Wallonie pour voir l’évolution en termes de taux d’emploi et de personnes inscrites au CPAS. Nous continuerons à porter une Wallonie qui protège, qui redistribue, qui investit dans les gens plutôt que dans les dividendes, une Wallonie où le travail rime avec la dignité, où la jeunesse a un avenir, où la planète n’est pas une option, où personne ne reste au bord du chemin. Pour en terminer, vous avez fait beaucoup de citations, je vois que vous avez cité Einstein. Je vous invite à lire un article qu’il a écrit et qui s’appelle «Pourquoi le socialisme?», où il y discute de l’échec du capitalisme à libérer le potentiel de la créativité humaine. Vous feriez sans doute bien de vous en inspirer. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à Mme De Bue.

    Agressivité 98%Constructivité 94%Factuel 99%Émotionnel 98%
  25. Monsieur le Ministre-Président, chers collègues, je voudrais vous remercier pour l’ensemble des réponses que vous avez apportées aux diverses interventions et surtout aux précisions. Nous venons d’entendre les prises de parole de l’opposition. Nous y avons surtout vu l’expression d’une vision complètement différente de la nôtre. Il est naturel en démocratie que des visions s’opposent. C’est le cap qui compte. Le nôtre est clair: améliorer concrètement le quotidien des Wallonnes et des Wallons. La gauche n’a pas de leçons à donner, surtout après le constat lucide et responsable dressé par le ministreprésident. Il vient d’y répondre. Vous critiquez sans ménagement et avec virulence ce qui est mis en place depuis neuf mois. Nous ne sommes pas ici pour entretenir des illusions; nous sommes ici pour tracer l’avenir de la Wallonie. Cela ne se fait pas avec des slogans. Cela se fait avec du courage, de l’audace et de la cohérence. C’est le cas aussi au niveau fédéral avec la coalition Arizona, où les réformes avancent avec pragmatisme et détermination. On a beaucoup parlé de l’Arizona et des réformes fédérales dans certaines interventions. Je voudrais me réjouir et souligner la cohérence que nous observons dans tous les programmes du Gouvernement en Wallonie, à la Fédération Wallonie-Bruxelles et au Fédéral, parce que l’on avance dans la même direction. Je ne peux pas entendre que l’objectif du Gouvernement fédéral soit l’exclusion des chômeurs. Non, l’objectif est de créer des emplois et de sortir les gens de situations indignes. Cette politique doit être couplée avec une volonté forte d’activation et d’accompagnement. C’est ce que ce Gouvernement est en train de mettre en place. (Applaudissements) Aujourd’hui, la gauche a franchi une ligne. Certains d’entre vous ont préféré la caricature à l’argument, la mauvaise foi au débat, jusqu’à – ce n’est pas la première fois que je l’observe depuis le début de cette mandature – accuser les ministres de mentir. Cela suffit, les Wallons méritent mieux et le Parlement aussi. Je l’ai dit, on peut avoir des visions de société différentes. Néanmoins, on ne peut pas accepter d’entendre à longueur de commission ou de séance plénière que les ministres mentent. (Applaudissements) Remettons les choses à leur place. Le taux d’emploi baisse? Le ministre-président a apporté les précisions. Je précise aussi que nous sommes dans un contexte économique mondial difficile. Malgré cela, la Wallonie reste en création nette d’emplois, environ 10 000 par an. C’est notre collègue de Wasseige qui l’a rappelé hier lors du débat sur Cora. Oui, il y a des faillites et c’est malheureusement difficile. Cependant, vous ne pouvez pas accuser ce Gouvernement d’être la cause des faillites après seulement neuf mois d’action gouvernementale. Nous sommes face à certaines crises. D’ailleurs, le ministre-président l’a dit, la situation internationale, géopolitique et économique est instable. C’est justement pour faire face aux crises aujourd’hui et demain peutêtre que nous devons avoir une gestion efficace de nos finances publiques, une vision responsable. Cette responsabilité doit être partagée par tous les acteurs publics, que ce soit nos administrations ou les communes et même aussi les provinces. Nous refusons la fatalité. Nous préparons l’avenir: intelligence artificielle, numérique, nouveaux métiers. Le monde évolue de plus en plus et l’on doit anticiper, on doit rassurer. En matière économique, nous le disons clairement, la prospérité ne se décrète pas, elle se construit. Le Gouvernement wallon s’en est donné l’objectif: créer un environnement favorable aux entreprises et à l’entrepreneuriat, avec des ménages mieux ciblés et des procédures simplifiées. Ce que nous voulons, ce n’est pas un système de subsides à l’infini. Ce que nous voulons, ce sont des conditions favorables pour celles et ceux qui innovent, qui investissent et qui prennent des risques pour créer de l’activité, c’est-à-dire de la valeur et de l’emploi. Sur la fiscalité, comment pouvez-vous encore dénoncer une réforme fiscale qui serait injuste? Nous l’avons démontré. Ce sont des familles et des jeunes qui en bénéficient. Nous ne faisons pas de cadeaux: nous réparons des injustices. Nous payons aujourd’hui les droits de succession de 40 ans de socialisme. (Applaudissements) Sur la fonction publique, vous parlez de démantèlement. La réalité, c’est que nous mettons fin à une fonction publique à deux vitesses. Nous valorisons les compétences et favorisons les carrières mixtes. Mes oreilles sifflent régulièrement dans les commissions ou même en plénière: on m’épingle au sujet de la simplification administrative. Nous n’étions pas dans la même configuration. Ici, on a deux programmes de gouvernement très cohérents et l’on a des ministres à double casquette. On est face à des mesures bien plus ambitieuses que celles que nous voulions mettre en place et que notre feuille de route prévoyait de mettre en place. Je me réjouis que l’on soit enfin occupé de travailler sur un choc au bénéfice des citoyens, mené en concertation dans les deux Gouvernements. C’est cela, la transversalité. Avons-nous assez travaillé en transversalité? Poser la question, c’est y répondre. Ce n’était pas possible avant, car le PS bloquait beaucoup de réformes à tous les niveaux de pouvoir. Voilà la vérité. En conclusion, la différence entre la gauche et cette majorité, c’est une idéologie qui coûte cher contre une politique de l’évaluation et du résultat. La gauche a fait son choix de 40 ans de politique extrêmement coûteuse qui a transformé la Wallonie en l’une des régions les plus pauvres de l’Union européenne. Avec nous, les mesures de nos politiques devront être scrupuleusement objectivées. Le temps des dépenses budgétaires considérables est révolu. Nous sommes une majorité de réformes. Nous agissons pour les Wallonnes et les Wallons. Nous ne promettons pas la lune, nous construisons l’avenir. Le cap est fixé et nous aurons la fierté d’aller au bout. Pas pour le plaisir de réformer. On ne change pas hier, on ne connaît pas demain, mais aujourd’hui on agit. Gouverner, c’est prévoir, il faut le rappeler. Nous n’avons pas choisi le confort des illusions, mais la force des solutions. Moi aussi, j’aimerais terminer sur une citation d’un homme que je trouve inspirant, Barack Obama: «Le changement n’est jamais facile, mais toujours possible». (Applaudissements) M. le Président. – M. Liradelfo ne souhaite pas répliquer. La parole est à M. Mugemangango.

    Agressivité 83%Constructivité 84%Factuel 85%Émotionnel 76%
  26. Comme M. Hazée, j’ai été surpris d’entendre M. Dolimont parler de son combat contre l’extrême droite puisque, quand je vois l’évolution du MR, il y a quand même des choses inquiétantes. (Réactions dans l’assemblée) Cela vous embête peut-être, mais les faits sont là. Quand on voit que Rudy Aernoudt est nommé chef de cabinet de Georges-Louis Bouchez, lui qui était avant membre du Parti populaire, et que la seule excuse que l’on peut entendre de la part de M. Bouchez, c’est: «Ne vous inquiétez pas, M. Rudy Aernoudt est parti avant que le Parti populaire ne devienne raciste». Par la suite, M. Aernoudt, dans un débat en Flandre, dit du Vlaams Belang que ce n’est pas un parti raciste, cela suscite la réaction d’Alexia Bertrand, qui est pourtant de la même famille politique que le MR, à savoir l’Open VLD. Le premier qui félicite M. Aernoudt n’est autre que Tom Van Grieken. On peut se dire que la porosité entre certaines idées d’extrême droite et certaines déclarations du chef de file du MR, M. Bouchez, est inquiétante.

    Agressivité 53%Émotionnel 52%
  27. Et le communisme, ce n’est pas inquiétant ? (Applaudissements)

    Constructivité 93%Émotionnel 94%
  28. De ce point de vue, je ne peux que soutenir M. Dolimont dans son combat contre l’extrême droite, qui doit commencer à l’intérieur de son parti. Le second élément sur lequel je voulais réagir – ne vous inquiétez pas, vous allez considérer que c’est dans le débat –, c’est sur les communes. (Réaction de Mme Cassart-Mailleux) Si vous voulez, je peux discuter avec vous à l’avance de ce dont je peux parler.

    Agressivité 65%Constructivité 48%Factuel 39%Émotionnel 66%
  29. Et à faire preuve de démocratie. (Réaction de Mme Cassart-Mailleux) Dans tout ce débat sur les communes, Monsieur Dolimont, je n’ai jamais dit – M. Liradelfo ne l’a jamais prétendu – que les taxes que vous allez faire payer aux Carolos, aux Sérésiens et aux Herstaliens étaient pour financer la Région. C’est quelque chose pour enfumer le débat, pour mettre du brouillard. Ce que l’on vous dit très clairement – ce que, d’ailleurs, si vous avez été attentifs pour certains, le JT de la RTBF de 13 heures a très bien compris –, c’est que les mesures prises dans les communes sont prises effectivement sous pression de la Région. C’est la réalité. Cela veut dire que, quand la Région dit aux communes qu’il faut prendre des mesures d’austérité, qu’il faut mettre des contrats de gestion, tel que le FMI l’a fait avec les pays du sud du monde, cela veut dire que ces communes sont obligées de prendre des mesures qui sont des taxes, des augmentations de tarifs ou des fins de gratuité pour les gens. Comme je l’ai dit plusieurs fois, que cela vienne de la Région ou de la commune, cela vient du même portefeuille des citoyens et des citoyennes. La réalité, c’est que les faits sont têtus. Un Gouvernement qui dit qu’il ne fait pas de taxes, mais qui laisse les communes et les grandes villes en faire, cela fait des taxes pour les gens. Cela concerne les grandes villes de notre Région, soit la moitié des habitants de notre Région. Cela veut dire que les faits sont là, que les gens sont confrontés à des taxes par un Gouvernement qui dit: «On n’aura pas de taxes». Je n’ai pas entendu M. Desquesnes, qui voulait réagir apparemment. (Réaction de M. le Ministre Desquesnes) M. le Président. – Monsieur Desquesnes, je suis désolé, mais vous n’avez pas la parole.

    Agressivité 46%Émotionnel 38%
  30. Ce que je dis, c’est qu’il faut – on aura l’occasion d’en parler parce qu’il y a encore des motions sur le sujet –, Monsieur Desquesnes, assumer votre politique. Vous ne pouvez pas à la fois imposer des taxes au niveau des communes et dire : « Notre Gouvernement ne fait pas de taxes ». Il faut assumer votre politique, c’est la réalité. Si vous voulez la vérité, les faits sont là. Les gens le savent : vous leur faites payer des taxes.

    Agressivité 62%Factuel 96%Émotionnel 57%
  31. FD

    Vous parlez du déficit de qui ?

    Agressivité 85%Émotionnel 86%
  32. Parlons-en, Monsieur Desquesnes.

    Agressivité 84%Constructivité 67%Factuel 46%Émotionnel 86%
  33. C’est quand même fou de constater comment les grands démocrates sont dérangés quand on n’est pas d’accord avec eux. C’est le déficit de qui? Monsieur Desquesnes, je vais vous le dire. En cinq ans, 96 % du déficit des communes est lié aux dépenses que le Fédéral n’a pas voulu rembourser pour les communes. Vous êtes en train de faire une politique pour 4 % du problème. C’est la réalité. Tant que vous vous en prenez aux communes, mais que vous ne vous en prenez pas à ces problèmes de transfert qui définancent les communes, vous n’allez absolument rien résoudre. La réalité est que vous ne prenez pas vos possibilités par rapport aux transferts du Fédéral. Vous faites payer les travailleurs et les travailleuses de notre Région, c’est la réalité. Dernier élément, par rapport à l’emploi, on a tous entendu le vide sidéral qu’il y a dans ce Gouvernement concernant la politique au niveau de l’emploi. Personne ne dit ici que c’est la faute de M. Jeholet ou de M. Dolimont, qu’ils ont appuyé sur le bouton du licenciement, personne ne le dit. Opticable, s’ils ont perdu leur emploi, ce n’est pas la faute de M. Jeholet ou de M. Dolimont, personne ne dit cela. La question est: quelle est la raison pour laquelle on a un ministre de l’Économie et un Gouvernement wallon qui regardent le train passer? C’est cela le vrai débat. D’autant plus qu’il y a des outils que vous pouvez utiliser. Je n’ai pas entendu M. Dolimont en parler, il a dit qu’il y a toute une série de sujets sur lesquels il ne pouvait pas prendre la parole, c’est très dommage, on y reviendra. Les aides économiques, de quelque sorte que ce soit, si elles ne sont pas liées au maintien durable et sérieux des emplois, à quoi servent-elles? À quoi sert-il de dépenser tout cet argent pour aider des multinationales qui, finalement, vont finir par licencier les gens? C’est le débat. C’est un outil que vous pouvez utiliser. L’autre outil que vous pouvez utiliser, c’est investir publiquement dans le logement, dans le social, dans l’industrie, pour avoir des emplois que vous pouvez contrôler. Ces deux outils sont à la hauteur du Gouvernement wallon et vous ne les utilisez pas. Quand, d’une part, on ne parle pas de ces outils, mais que, d’autre part, on parle d’économies dans le FOREm, on parle de définancer le monde associatif, de s’attaquer aux emplois APE, de s’attaquer aussi aux centres d’insertion socioprofessionnelle, on ne doit pas être ingénieur pour le constater, il y a 40 000 emplois disponibles et 250 000 chômeurs, il y a un problème de match. (Réactions dans l’assemblée) De ce point de vue, Monsieur Dolimont, vous n’êtes peut-être pas Harry Potter, mais vous êtes victime de la pensée magique, c’est clair. La pensée magique, c’est une pensée qui s’éloigne des réalités. C’est une pensée qui ne tient pas compte des faits. Les faits, c’est que, si à la fois vous détruisez tout ce qui peut aider les gens à aller vers le travail et à la fois vous ne protégez pas les emplois qui existent actuellement, vous n’avez pas de politique qui va permettre aux gens de trouver un travail. Tout ce que vous allez réussir à faire, c’est simplement mettre les gens en concurrence les uns avec les autres pour des emplois toujours moins payés. C’est le débat. Quittez la pensée magique et ayez une véritable politique économique. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à M. Bastin.

    Agressivité 74%Émotionnel 65%
  34. JB
    Jean-Paul Bastin
    Les Engagés

    Tout d’abord, je remercie chacune et chacun des intervenants dans un exercice qui n’est pas toujours simple, mais qui, globalement, a fait la part belle aux idées, fussent-elles différentes, et où chacun a pu exprimer sa sensibilité, avec son prisme, qu’il soit idéologique ou qu’il soit celui de sa position dans la majorité ou dans la minorité. Apparemment, dès que l’on passe d’un côté à l’autre, il y a parfois un petit peu d’amnésie rapide qui arrive. Peut-être que M. le Ministre Coppieters pourrait s’y pencher dans le cadre de ses travaux sur la santé, déjà qu’il nous a mis à la diète. Je souhaite saluer la réponse de M. le Ministre-Président et de son propos dans la lutte contre les extrêmes, tous les extrêmes. Chaque fois qu’il en parlera, il nous trouvera à ses côtés. Le sujet n’est que trop important quand on voit ce qu’il se passe, soit dans des régions voisines, soit dans des pays voisins. En étant jeune, je m’inquiétais, au début des années 80 avec mon instituteur, de la montée d’un certain M. Le Pen. Aujourd’hui, cela paraît parfois presque une fatalité dans certains pays que cela puisse arriver. Tous ensemble, il en va de notre responsabilité entre démocrates d’être à la hauteur de nos mandats, de nos responsabilités, mais aussi de nos propos. Je vous remercie en tous cas, Monsieur le Ministre-Président, par rapport à vos paroles très claires. Je vous remercie pour les différents indicateurs présentés tout au long de cette journée. Les chiffres, on peut leur faire dire ce que l’on veut. Ce serait intéressant, année après année, de reprendre les mêmes indicateurs, en tout cas certains, pour avoir une cohérence et une traçabilité de ces différents éléments pour nous comparer, mais voir aussi comment nous avançons et nous progressons par rapport aux objectifs. Comme l’a dit M. Dupont, la vérité apparaîtra au grand jour et le temps est un juge de paix assez implacable dans beaucoup de domaines, qui permet d’augurer. Par rapport à l’emploi, la lutte pour l’emploi est centrale. Oui, il doit y avoir une main tendue. Oui, il doit y avoir un filet de sécurité. Oui, il doit y avoir aussi une certaine responsabilité accrue. C’est vrai, peut-être que cela choque de le dire aujourd’hui, en 2025, mais cela ne nous choque pas qu’il puisse y avoir cet équilibre entre la solidarité et la responsabilité. Le covid nous a enseigné aussi que la subsidiarité, que de travailler avec les acteurs au plus proche – par exemple, les communes ou les CPAS –, c’est également un élément où il y a plus d’efficience. On peut dire, raisonnablement, sans jeter l’opprobre sur tout ce qui s’est passé, sur les responsabilités des uns ou des autres et sans tomber dans un manichéisme qui ne ferait pas honneur à l’intelligence de chacun des membres, ici, que oui, nous avons besoin, non pas de quelque chose de très centralisé, mais au contraire de quelque chose de beaucoup plus mobile, beaucoup plus agile. Nous devons avoir la lucidité et l’ambition de changer le modèle, parce que ce qui a été jusqu’à présent n’a pas démontré, quelles que soient les bonnes intentions, une efficacité suffisante, et encore moins une efficience supportable. Je remercie également M. le Ministre et cette majorité de ne pas venir avec un énième plan. On a commencé les contrats d’avenir pour la Wallonie, les plans Marshall, les plans Marshall 2.vert, les plans Marshall 4.0, le Plan de relance. Je sais bien que, dans Lucky Luke, Rantanplan était assez agréable comme personnage, mais ce n’était quand même pas le plus intelligent. En 2025, ce n’est pas d’un énième plan dont nous avons besoin, mais au contraire d’un bagage un peu plus léger, un peu plus agile et de miser non pas simplement de manière autocentrée sur les institutions de la Wallonie, mais au contraire de libérer l’énergie qu’il y a dans les Wallonnes et dans les Wallons. Oui, il y a un poids du passé. Je ne rentrerai pas en disant: «C’est la faute de l’un, c’est la faute de l’autre». Je pense que ce n’est pas intéressant. Je salue également que, dans cette majorité, on ait pu réunir en un seul ministre les compétences de la Santé et de l’Environnement. Je pense que cela permet une meilleure lisibilité et une meilleure cohérence. Je me souviens – de l’extérieur – des dossiers des PFAS où cela avait été particulièrement cloisonné, alors qu’il est important que l’on soit au cœur de cette double compétence. Elles sont intrinsèquement liées. Par rapport aux communes, des nouvelles sont difficiles à entendre, parce que, globalement, il y a moins d’argent. On peut raconter la vie comme on veut: il y a moins d’argent. On a parlé des plans dressés à un moment donné. Au moment du covid, on a décidé de faire de l’argent hélicoptère. C’était peut-être une bonne nouvelle, c’était peut-être la chose à faire à ce momentlà. Aujourd’hui, il y a moins d’argent et nous devons tous nous serrer la ceinture, nous en parlerons dans le plan Oxygène. Effectivement, il va davantage y avoir une culture de la responsabilité. On ne peut plus continuer à faire comme si, avec de l’argent magique ou la pensée magique, en disant: «Ce n’est pas grave, je fais tourner la planche à billets, cela fonctionnera». Je veux et j’ai envie d’avoir une Wallonie qui mette les Wallons au centre. Enfin, par rapport à la phrase d’Einstein, je ne connais pas ses travaux sur le socialisme et je ne sais pas si cela a un lien avec sa théorie sur la relativité. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à M. Hazée.

    Constructivité 91%Factuel 94%Émotionnel 79%
  35. Les défis sont considérables et ils demandent certainement autre chose que des caricatures. Mme De Bue aime invisibiliser les différences entre les groupes de la minorité. Je pense que c’est malhonnête et que c’est méprisant. Pour notre part, nous avons essayé de développer ici un certain nombre d’indicateurs, des indicateurs nuancés, avec des évolutions qui me plaisent et d’autres qui ne me plaisent pas parce que c’est un exercice que l’on essaie de se donner chaque année et avec un certain nombre d’indicateurs qui sont les mêmes, ce qui permet de témoigner au mieux de l’évolution de notre société régionale; avec aussi l’un ou l’autre que l’on peut, à l’occasion, une année ou une autre, mettre davantage en avant. On peut ainsi parler d’éléments qui font moins l’actualité. J’entends que le ministre-président n’a pas contesté nos constats. J’aimerais revenir sur le taux d’emploi. Nous avons évoqué une évolution de 2,9, à savoir le taux d’emploi de juin 2019 par rapport au taux d’emploi de juin 2024. C’est une cohérence trimestrielle, comme vous l’avez d’ailleurs évoqué: on passe de 65,2 % à 68,1 %. Ensuite, nous avons évoqué le taux d’emploi qui concerne cette législature. Effectivement, là, on est seulement sur deux trimestres. On passe de 68,1 % à 66,3 %. Nous verrons au mois de juin ou un peu après le mois de juin où nous en sommes. C’était simplement pour la précision factuelle, puisque vous êtes rentré dans le détail sur ce terrain. Nous avons exposé un certain nombre d’illustrations qui témoignent d’une grande régression sur un certain nombre de politiques menées par ce Gouvernement. Vous avez seulement répondu à l’une ou l’autre, et d’ailleurs avec difficulté. Pour les crédits de la biodiversité, non, ce ne sont pas des crédits du Plan de relance de la Wallonie qui sont en cause. On parle bien des éléments structurellement dans le budget, qui ont été présentés et adoptés par ce Parlement. Vous êtes revenu sur les primes. À chaque fois que de nouvelles informations sont connues sur l’évolution chronologique du dossier, elles témoignent de la grande importance du changement de gouvernement et du discours de réduction ou de coupe de celui-ci. Vous avez évoqué la question des centres commerciaux en périphérie. L’exemple que j’ai donné à Philippeville démontre que votre accord de gouvernement est, ici, du pipeau. Enfin, vous aimez revenir sur la situation budgétaire qui empêche les choix. La situation budgétaire oblige à des choix, c’est absolument certain. Par contre, des choix ont été faits. Ceux que vous avez faits sont des réformes fiscales extrêmement coûteuses. C’est d’ailleurs tout à fait paroxystique de voir que les deux décisions les plus chères de la législature sont passées sans aucune évaluation à partir d’un gouvernement qui, pourtant, la porte au sommet, en tout cas dans ses discours. Pour le reste, les autres exemples de cette grande régression n’ont pas été contestés. Il ne faudrait pas que cette grande régression devienne une grande dépression, voire une grande désillusion, parce qu’il y a aujourd’hui une forme de sidération de la population par rapport à certaines mesures hors sol qui s’impriment. Il y a aussi une colère croissante qui s’exprime. On a évoqué des manifestations, on a évoqué des grèves. D’autres encore sont annoncées. Le ministre-président parlait de confiance. Il a certainement raison de parler de confiance. Toutefois, de quelle confiance s’agit-il quand les gouvernants font, en fait, le contraire sur un certain nombre de points des engagements qu’ils ont exprimés? Nous pensons qu’il y a là matière à reprendre le chantier de la participation. On peut avoir des points de vue différents, et c’est la noblesse de l’engagement de la démocratie sur un certain nombre de choix politiques pour la société, mais sans doute peut-on chercher à avancer sur le développement de nos mécanismes et de nos outils pour la participation citoyenne. Un travail a été mené sous la précédente législature dans ce Parlement. Il y a certainement moyen de poursuivre ce chantier. On a une Commission délibérative qui a produit des recommandations adoptées à une très large majorité il y a quelques mois. Elle reste en plan. Il y a certainement à travailler sur la facilitation des consultations populaires régionales, à développer le droit de pétition en Fédération Wallonie- Bruxelles – puisqu’il fonctionne ici sans que personne ne souhaite le contester –, ou encore à relancer le dialogue avec les interlocuteurs sociaux, économiques et environnementaux des forces vives de notre Région. Là aussi, il y a des passerelles à jeter par le Gouvernement pour tenter, au-delà des choix qui nous opposeront, de rallier le plus grand nombre sur un certain nombre d’options. Comme cela a été dit, le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui. Je fais un petit crochet parce que le ministreprésident a évoqué l’enjeu des licences d’armes. Il ne l’avait pas fait dans son propos initial. La situation géopolitique conduit à ce que les budgets et les moyens investis dans la défense soient augmentés. Dans ce cadre, l’industrie wallonne a un rôle à jouer pour protéger nos populations, que ce soit dans la défense de notre pays, mais aussi pour nos alliés. Dans ce contexte, il est d’autant plus important que l’exportation d’armes, dans un monde qui devient plus dangereux et où les menaces sont beaucoup plus importantes qu’il y a quelques années, soit scrupuleuse par rapport aux risques de réexportation dans des conflits armés, notamment en lien à l’utilisation de ces armes contre les droits humains, mais aussi, potentiellement, contre notre pays ou les États qui lui sont alliés. Je voulais mettre en exergue ce point, même si je sais que, d’ici quelques mois, cette discussion se poursuivra là où elle doit trouver sa place de manière plus approfondie. Bref, une grande régression, des éléments ont été challengés, mais que je peux assez facilement écarter, et un certain nombre d’autres restent là. Je terminerai en disant que, non, il n’y a pas eu de mandat clair de la population pour casser un certain nombre de politiques essentielles, qui, pourtant, se trouvaient soit dans vos programmes à tous deux, soit dans le programme d’un des partenaires de la coalition. Il y a là le risque d’une forme de trahison, d’une supercherie. Arrêtez de dire que vous avez un mandat clair pour tous ces enjeux, parce que c’est manifestement faux. (Applaudissements)

    Factuel 79%

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