Les nouvelles perspectives de reconnaissance de la Palestine par les autorités belges
Anne Lambelin a plaidé pour une reconnaissance immédiate et formelle de l’État de Palestine, en estimant que la situation à Gaza relevait d’un génocide et qu’un « momentum » diplomatique existait autour de l’initiative française à New York. Adrien Dolimont a condamné la situation à Gaza comme « innommable », a rappelé que la reconnaissance de la Palestine restait soumise à des conditions prévues dans l’accord fédéral, et a insisté sur l’urgence humanitaire ainsi que sur le respect du droit international humanitaire. Il a également souligné la nécessité d’une position diplomatique cohérente et d’une action menée d’une seule voix aux différents niveaux de pouvoir.
Débat · 3 interventions
- AL
Monsieur le Ministre-Président, cela fait 18 mois maintenant que Gaza est le triste théâtre d’atrocités, d’une tragédie humaine sans précédent, d’une honte pour notre humanité : 52 000 Palestiniens et Palestiniennes tués. Des femmes, des enfants, des civils, des soignants. Les hôpitaux et les écoles pris pour cibles. Un blocus imposé par Israël sur Gaza, sur l’aide humanitaire, avec des convois bloqués à la frontière; 80 % de la population gazaouie déplacée. En droit international, c’est très simple, nous appelons cela un génocide. Au Parti socialiste, nous avons une position claire depuis des dizaines d’années: la reconnaissance immédiate et formelle de l’État de Palestine comme prémices aux discussions de paix. Cependant, aujourd’hui, Monsieur le Ministre-Président, nous vous demandons de reconnaître que c’est un génocide qui se passe sur place et que, quand nous faisons face à une telle situation, il faut prendre ses responsabilités et prendre des mesures à cet effet. Il y a actuellement un débat au sein de l’Arizona sur un texte pour la reconnaissance de l’État de Palestine et une position à adopter avant une réunion organisée à New York, à l’initiative de la France, présidée par l’Arabie saoudite. Cette reconnaissance est toujours conditionnée: - au démantèlement complet du Hamas; - à la libération des otages israéliens qui ont subi une attaque terroriste sans précédent et totalement injuste; - à la mise en place d’un interlocuteur fiable, diplomate au sein de l’Autorité palestinienne; - à la reconnaissance des frontières – qui ont pourtant été reconnues par les Nations unies en 1967. OK, nous pouvons discuter de tout cela, mais aujourd’hui, il y a urgence. Nous voulons une position diplomatique claire de votre Gouvernement et du Gouvernement de l’Arizona. Quelle est la position de votre Gouvernement aujourd’hui et êtes-vous en accord avec le Gouvernement de l’Arizona?
Madame la Députée, tout d’abord, ce qui se passe à Gaza, c’est innommable. Personne ici n’accepte ce qui se passe. C’est important d’insister sur cela. On a tous vu des images qui sont dramatiques. Je n’ai pas envie d’en faire un fait politique ou des déclarations assez alambiquées. Je ne dis pas que c’est ce que vous faites. Je vois déjà Mme Morreale qui me regarde avec de grands yeux. La question qui était posée portait encore sur la reconnaissance de l’État palestinien. Par rapport à cela, les choses sont très claires, y compris dans l’accord de gouvernement fédéral. Il faut que toute une série de conditions soient respectées. Il y a des initiatives autres que l’initiative fédérale qui sont prises aujourd’hui, et l’on doit continuer à les suivre. L’urgence aujourd’hui, c’est quoi? L’urgence, c’est de permettre l’aide humanitaire. Quand on voit ce qui se passe, notamment le blocage aux frontières, c’est juste inacceptable. Il y a un droit international humanitaire qui doit être respecté, et l’on doit mettre toutes les actions diplomatiques en place pour permettre d’aider la population sur place. Ensuite, pour la solution sur le long terme, je pense qu’elle doit être pérenne. C’est pour cela qu’il faut avoir une analyse globalisée, et non uniquement une force symbolique. Ce qui est nécessaire, c’est d’avoir toute une série de conditions bien précises qui doivent être respectées. C’est ce pour quoi nous allons continuer à nous battre fermement. On voit aussi que la situation évolue en permanence à Gaza. La situation et les réflexions au sein même du Gouvernement fédéral évoluent depuis ce qu’il y a eu sur le papier à la mise en place du Gouvernement fédéral jusqu’à aujourd’hui. Nous nous inscrivons pleinement dans ces positions. Pourquoi? Parce que si l’on veut un accord diplomatique le plus fort possible, il faut parler d’une seule voix à tous les niveaux.
Agressivité 100%Constructivité 84%Factuel 97%Émotionnel 100%- AL
Merci, Monsieur le Ministre-Président, pour vos éléments de réponse. Je l’entends. Je voudrais simplement vous dire que cela fait des années – des dizaines d’années, maintenant – que vous conditionnez la reconnaissance à une série de conditions et au moment opportun. Les discussions ont eu lieu. Le moment opportun, il est plus que présent aujourd’hui. Nous sommes à l’apogée des atrocités les plus complètes sur place. Aujourd’hui, s’il n’y a pas d’actes forts, de positions diplomatiques claires et urgentes, nous n’avancerons toujours pas. Il y a un momentum avec l’initiative d’Emmanuel Macron et de la France. Saisissez-le. Prenez vos responsabilités, reconnaissez la Palestine. Je vous implore de reconnaître également qu’il s’agit d’un génocide, et que nous ne pouvons pas rester passifs face à une telle situation.
Agressivité 78%Constructivité 62%Factuel 74%Émotionnel 67%
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