Le plan d’adaptation d’ORES pour éviter la surtension du réseau électrique
Les députés ont interrogé la ministre sur le plan d’adaptation d’ORES, présenté comme nécessaire pour répondre à la hausse attendue de la demande d’électricité, à l’essor du photovoltaïque, des véhicules électriques, des pompes à chaleur et des besoins industriels. Ils ont demandé si ce plan s’inscrivait dans la DPR, quelle en était la méthodologie et comment la Wallonie pourrait l’accompagner. La ministre a rappelé que les investissements réseau sont financés par les consommateurs, qu’ils doivent donc être arbitrés avec attention, et a confirmé que le plan d’ORES relevait des missions normales des GRD. Elle a indiqué travailler sur la flexibilité de la demande, les communautés d’énergie, l’autoconsommation et une stratégie intervectorielle visant à mieux coordonner consommation, production et investissements, afin de soutenir aussi le développement du stockage et des renouvelables.
Débat · 5 interventions
- OM
Madame la Ministre, ORES, l’un des principaux GRD de Wallonie, a présenté hier son plan d’adaptation du réseau pour les cinq prochaines années. Il faut dire que les défis sont énormes, puisque les experts estiment que la demande d’électricité va augmenter de 30 % en 2030 et de 64 % en 2050. Il faut donc moderniser et renforcer le réseau pour répondre aux nouveaux usages, comme, par exemple, la multiplication des voitures électriques ou des pompes à chaleur, ou encore l’électrification des processus industriels. Il faut aussi absorber l’électricité des panneaux photovoltaïques qui se multiplient en Wallonie, et éviter ce qui se produit, hélas, trop souvent aujourd’hui, à savoir le décrochage des onduleurs. Cela ne suffira pas, puisque ORES prévient déjà qu’il va falloir aussi agir sur la demande. Madame la Ministre, comment accueillez-vous ce plan d’adaptation du réseau présenté hier par ORES? Ce plan s’inscrit-il dans les objectifs de la DPR? Comment la Wallonie va-t-elle le soutenir?
Agressivité 64%Émotionnel 54% - AGAnne-Catherine GoffinetLes Engagés
Madame la Ministre, la décarbonation passe par l’électrification. Dans ces défis, il est important d’avoir une connaissance des besoins, de les anticiper, mais aussi de planifier. C’est dans ce cadre qu’ORES a présenté son plan d’adaptation stratégique. Il est vrai que les besoins sont criants. On voit le développement du photovoltaïque, le développement de bornes de rechargement pour voitures. Il y a les besoins industriels, les besoins en pompes à chaleur, les besoins des entreprises de manière générale et le développement des zones d’activité économique. Par rapport à ce plan stratégique, quelle est la méthodologie et quel est le calendrier?
Agressivité 66%Constructivité 40%Factuel 36%Émotionnel 59% Madame et Monsieur les Députés, je voudrais d’abord rappeler que le réseau et tout ce qui concerne les investissements du réseau sont intégralement payés et pris en charge par la facture des consommateurs. Il faut bien l’avoir à l’esprit. Tout investissement dans le réseau se répercute d’une manière ou d’une autre sur les consommateurs, que ce soit les ménages ou les industriels. On est tous conscients qu’il faut investir. D’ailleurs, le plan qui est présenté par ORES est tout à fait dans ses missions et dans la logique qui le concerne, et tous les GRD doivent en présenter. Il faut à la fois investir, mais il faut aussi juguler la facture du consommateur. C’est dans cet équilibre que l’on va s’inscrire. Qui dit investissements réseaux, dit d’office investissements de moyen et de long terme. Ce ne sont pas des choses que l’on fait sur un coin de table. L’article auquel vous faites référence l’illustre très bien. On parle de difficultés, de permis, de délais, de personnel, même de ressources humaines nécessaires. Il y a beaucoup d’éléments qui doivent être pris en compte. Comme je l’ai dit il y a une quinzaine de jours devant cette assemblée, entre-temps, il faudra que nous travaillions sur des mécanismes qui concernent la demande et donc la flexibilité – j’en ai parlé – tant techniques que commerciales, tout ce qui concerne les communautés d’énergie. On va travailler sur ce cadre législatif pour augmenter les communautés d’énergie, les rendre plus accessibles et favoriser l’autoconsommation. Tous ces éléments jouent et permettent de diminuer les besoins d’investissement du réseau. C’est bien cela l’idée. Enfin, cela nécessiterait un peu plus de temps d’explication, mais nous travaillons sur une stratégie intervectorielle qui a justement pour but de mettre au regard les uns des autres à la fois les besoins de consommation, les besoins de production et d’en déduire les besoins d’investissement dans le réseau. Pour répondre à vos questions, oui, la démarche d’ORES s’inscrit dans cette façon de faire, bien logiquement d’ailleurs. Notre stratégie intervectorielle fera aussi émerger un nouveau mécanisme de soutien des filières renouvelables et des filières de stockage qui seront certainement nécessaires aussi. L’idée est aussi d’avoir une vision territoriale de ses besoins pour aider les gestionnaires de réseaux à mieux investir où c’est nécessaire et à limiter les prix. Sachez que je suis en contact très régulier tant avec les gestionnaires de réseau qu’avec le gestionnaire de réseau de transport.
Constructivité 60%Factuel 54%- OM
Je voudrais d’abord remercier la ministre pour sa réponse qui trace bien le chemin. Il y aura du taf, comme disent les jeunes, au cours des quatre prochaines années, parce que l’enjeu est crucial : il faut réussir l’indispensable transition. Tous les acteurs doivent inspirer la confiance, doivent être crédibles parce que, par le passé, on a vu un GRD qui avait investi une partie de ses bénéfices dans l’achat de journaux au fin fond du sud de la France. Tout cela n’est pas acceptable, et vos réponses me rassurent assez.
Constructivité 97%Factuel 46% - AGAnne-Catherine GoffinetLes Engagés
Cette planification stratégique est nécessaire et elle va se combiner avec les enjeux des besoins des consommateurs. On a déjà évoqué, il y a deux semaines, qu’il fallait aussi travailler sur une autre culture et une notion de partage des énergies. Quoi qu’il en soit, le développement des infrastructures doit être là pour être avoir un réseau sécurisé, fiable, mais aussi de qualité.
Agressivité 60%Émotionnel 59%
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