Les nouveaux prélèvements non conformes dans le cadre des contaminations aux PFAS
Les députés ont interrogé le ministre sur de nouveaux prélèvements sanguins jugés non conformes chez des personnes exposées aux PFAS à Chièvres, Ronquières et Nandrin, en demandant si les informations de presse étaient exactes, quelles étaient les causes du problème et comment rassurer les citoyens concernés, parfois appelés à un troisième prélèvement. Yves Coppieters a indiqué qu’après l’erreur constatée fin août, l’ISSeP et le laboratoire appliquent une vigilance accrue; il a expliqué que 25 des 418 premiers échantillons présentaient une hémolyse, phénomène médical pouvant altérer un tube, et qu’en cas de doute il avait été demandé à 15 personnes de réaliser un prélèvement capillaire, moins invasif, plutôt qu’une nouvelle prise de sang. Il a précisé qu’aucune mauvaise manipulation n’était en cours, que les prélèvements se poursuivaient normalement et que le dossier juridique restait entre l’ISSeP et le laboratoire. Les députés ont salué les précisions et rappelé l’importance de la transparence, du suivi des victimes et du renforcement des moyens de l’ISSeP pour le biomonitoring PFAS.
Débat · 5 interventions
- VP
Monsieur le Ministre, je sais que vous reprenez la gestion et que vous êtes sur le terrain. Le 1er octobre, en commission, nous avons déjà parlé d’une non-conformité par rapport aux prélèvements sanguins de certaines personnes contaminées par les PFAS à Chièvres, Ronquières et Nandrin. Nous avions l’impression, y compris avec la directrice de l’ISSeP, d’avoir trouvé la problématique et surtout la solution. Un article, en début de semaine, nous dit: «Deuxième prélèvement et deuxième non-conformité». Je sais que vous êtes attentif, mais j’ai quelques questions. Validez-vous ce qui est dit dans la presse? Pourquoi se passe-t-il ce qu’il se passe ici? Pouvez-vous rassurer ces citoyens qui, pour la deuxième fois, voire la troisième fois pour certains, devront faire un nouveau prélèvement sanguin? Encore une fois, je vous remercie pour toute la transparence que vous faites en commission parce que c’est important pour eux et pour nous.
- BL
Monsieur le Ministre, je ne vais pas répéter ce que M. Palermo vient de dire très justement. On a l’impression d’être dans un mauvais film puisque, le 31 octobre dernier, les personnes qui ont passé les tests ont reçu un mail qui indiquait: «Le nouvel échantillon effectué ne permettrait à nouveau pas de garantir un résultat optimal». La confiance envers l’autorité publique était déjà un peu ébranlée. Là, c’est encore pire que depuis le début de cette affaire. Ce que j’essaie de comprendre aujourd’hui, c’est ce qui était problématique dans ces nouveaux prélèvements. Est-ce à nouveau le laboratoire privé qui en est le responsable? Avons-nous des nouvelles de la procédure judiciaire lancée dans le cadre de la première erreur liée aux premiers prélèvements? Comment allezvous convaincre les malheureuses victimes de retourner une troisième fois se faire prélever? On parle, maintenant, de gouttes de sang sur le doigt ou d’un autre nouveau procédé. En tout cas, cela devient fort compliqué pour les malheureuses victimes de cette pollution aux PFAS. Je vous remercie de nous éclairer, Monsieur le Ministre, sur cette nouvelle situation.
Messieurs les Députés, vous comprenez bien qu’à la suite à l’erreur constatée fin août dans les prélèvements initiaux, l’ISSeP et le laboratoire font preuve d’une vigilance extrême dans leur démarche pour ne pas retomber dans les mêmes travers et ne pas constater des erreurs a posteriori. Je voudrais vous rassurer, aucune mauvaise manipulation n’est en train d’être effectuée en ce moment. Les échantillons sont prélevés par des infirmières commanditées et les échantillons sont ensuite transmis au laboratoire. Sur les 418 premiers échantillons, on a observé un phénomène d’hémolyse, c’est-à-dire de destruction des globules rouges, qui a eu lieu dans certains flacons. C’est un phénomène tout à fait normal. Vous avez peut-être déjà dû refaire une prise de sang après une première, parce que ce phénomène s’exprime. Cela représente 25 tubes sur les 418, c’est-àdire 6 % des prélèvements. Sur un plan médical, que se passe-t-il? Il y a une destruction spontanée des globules rouges pour différentes raisons: soit parce que le garrot a été trop longtemps mis, soit parce que l’aiguille est trop fine, soit parce que le prélèvement est trop rapide, soit parce que vous souffrez d’une maladie chronique et que, naturellement, le phénomène d’hémolyse a lieu. Il y a beaucoup de raisons pour expliquer ce phénomène. On est très vigilants et l’ISSeP est très vigilant. Il préfère suivre le principe de précaution dès qu’il y a la moindre suspicion d’hémolyse sur un tube. Sur cette dizaine de tubes pour lesquels une suspicion existait, on a demandé aux personnes, non d’aller refaire une prise de sang, mais bien d’aller faire un prélèvement capillaire, comme on l’a effectué sur les enfants. C’est beaucoup moins invasif. On a procédé à un prélèvement capillaire sur ces 15 personnes simplement pour être sûrs que l’on était dans les bonnes mesures entre la suspicion d’hémolyse et ces échantillons. On n’a pas encore les résultats. Quoiqu’il en soit, je vous assure que les prises de sang, sur un plan opérationnel, continuent de façon tout à fait normale. Sur un plan juridique, l’affaire est entre l’ISSeP et le laboratoire. Je n’ai pas de conclusion à donner à ce stade. Toutes les choses sont en cours. On est là pour être très prudents, pour suivre le principe de précaution au moindre doute, mais – je l’espère – sans grandes conséquences pour nos concitoyens qui, malheureusement, ont ce problème.
Constructivité 38%Factuel 38%Émotionnel 39%- VP
Monsieur le Ministre, c’est mieux comme cela. On peut déjà se dire que l’on va attendre, mais que l’on peut être rassurés, surtout par ce que vous faites habituellement en commission, c’està-dire d’être transparent. Vous l’avez été ici, vous l’êtes aussi en commission. On doit veiller à cette transparence parce que cela reste un drame pour ces personnes concernées. C’est un drame humain et ces personnes veulent aujourd’hui être rassurées, suivies et encadrées. Je sais que vous allez répondre à ces attentes sans aucun problème. Merci pour cela.
- BL
Monsieur le Ministre, merci pour ces informations. Je ne suis pas médecin et je n’avais pas ces informations techniques. Je profite de l’occasion pour rappeler la demande de l’ISSeP d’augmenter le cadre pour mener le suivi du biomonitoring PFAS. J’espère que votre Gouvernement y sera attentif à l’avenir, dans le cadre des travaux budgétaires.
Agressivité 71%Constructivité 87%Factuel 60%Émotionnel 58%
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