L’impact de l’abandon des extensions du tram de Liège sur les ambitions climatiques de la Wallonie
Christie Morreale a interrogé la ministre sur l’impact climatique de l’abandon des extensions du tram de Liège vers Herstal et Seraing, estimant que cette décision compromettrait les objectifs du plan AirClimat-Énergie et demandant si l’estimation de 5 000 tonnes de CO2 par an pouvait être confirmée ainsi que quelles compensations avaient été prévues. Cécile Neven a répondu que la décision du Gouvernement était, selon elle, responsable aussi sur le plan climatique, en rappelant qu’un tram n’est pertinent qu’au-delà d’un certain seuil de fréquentation non atteint pour ces extensions et en indiquant ne pas pouvoir confirmer le chiffre avancé. Elle a ajouté que l’objectif global reste la réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et que l’examen des mesures se fera au regard de l’efficience, tout en renvoyant les aspects de mobilité à son collègue François Desquesnes. En réplique, Christie Morreale a dénoncé un manque de cohérence et d’alternatives concrètes en matière de transport public, tout en soulignant que l’impact sur la qualité de l’air et les émissions aurait, selon elle, dû être évalué.
Débat · 3 interventions
Madame la Ministre, le Gouvernement a décidé d’abandonner les extensions du tram vers Herstal et Seraing. On pourrait parler de l’argent gaspillé pour les travaux publics, le non-sens en matière de mobilité, mais je le verrai avec M. Desquesnes. La question que je vous adresse porte sur la responsabilité du Gouvernement et sur celle que vous avez aujourd’hui : que la Wallonie remplisse ses objectifs climatiques, notamment à travers le plan AirClimat-Énergie. Ce plan Air-Climat-Énergie, déposé et validé notamment par les membres de votre parti sous l’ancienne législature, validait les extensions du tram qui étaient donc comptabilisées dans les efforts climatiques qui devaient être faits pour atteindre ces objectifs. Les Shifters, une association qui regroupe des académiques, des scientifiques, des professionnels, des entreprises et des associations, ont estimé que l’abandon de l’extension du tram de Liège aurait un impact de 5 000 tonnes de CO2 par an. C’est considérable. D’après les informations que j’ai reçues, cela pourrait être à un niveau plancher, donc cela pourrait être au-delà. Validez-vous ces chiffres? Si vous les contestez, vous ne pouvez en tout cas pas contester le fait que cela aura un impact considérable sur les normes CO2 et sur la nécessité de devoir modifier ce PACE. Dès lors, dans la décision que vous avez prise, qui était une décision importante et lourde de conséquences, quelles compensations avez-vous imaginées pour pouvoir compenser ces pertes de CO2 qui ne seront plus absorbées au vu de l’abandon de ces extensions? Je vous remercie pour l’éclairage que vous voudrez bien donner à ces questions.
Madame la Députée, la décision qui a été prise par notre Gouvernement est une décision responsable, et pas uniquement en termes budgétaires. Un tram n’est une solution pertinente, y compris d’ailleurs du point de vue climatique, qu’au-delà d’un seuil de fréquentation qui, en l’occurrence, n’est pas atteint pour les extensions. En effet, vous mentionnez cette étude des Shifters, qui est certainement une étude très sérieuse, mais dont j’entends que les hypothèses sont contestées. Le chiffre que vous mentionnez, je ne sais pas le confirmer, et je vous invite, parce qu’il s’agit de seuil de fréquentation et d’éléments de mobilité, à interroger mon collègue, François Desquesnes, le ministre de la Mobilité, sur ces questions. Néanmoins, quand bien même il y aurait un impact, ce n’est pas pour autant qu’un investissement doit être fait à n’importe quel prix. Ma responsabilité est d’assurer le respect de l’objectif global du plan AirClimat-Énergie, qui est, je le rappelle, de -55 % de gaz à effet de serre à atteindre en 2030. Beaucoup d’ajustements seront nécessaires, d’abord parce que nous devons transposer une série de directives européennes et surtout aussi parce que nous analyserons chacune des mesures au regard de l’impact et de l’efficience. S’il y a un seul mot clé dans cet examen que nous mènerons, c’est bien celui de l’efficience. Vous pouvez compter sur moi pour assurer le respect de cet objectif global.
Agressivité 56%Constructivité 67%Factuel 51%Émotionnel 36%Merci, Madame la Ministre. En termes de bonne gouvernance et de cohérence, je m’interroge. Votre parti a validé toutes les opérations, tout le PUM. Le Gouvernement, dont votre parti faisait partie, a validé toutes les opérations qui parlaient de l’extension du tram de Liège. Aujourd’hui, vous faites un revirement, considérant que c’est une question de bonne gouvernance de ne pas le faire. Cela n’a aucune cohérence. Vous faites visiblement preuve d’amateurisme dans votre décision puisque, quand on vous demande quelle alternative vous prenez en termes de transport en commun et de bus, il n’y a strictement rien comme trajet. Ensuite, nous apprenons aujourd’hui que vous n’avez pas mesuré l’impact écologique que cela pouvait avoir. Je vous rappelle que votre responsabilité est aussi d’assumer que les 11 000 personnes qui meurent chaque année en Belgique de problèmes de qualité de l’air sont aussi votre responsabilité dans les objectifs que nous devons atteindre en termes de réduction de CO2. Votre responsabilité, quand vous prenez une décision comme celle-là, est de mesurer l’ensemble des impacts, que vous n’avez visiblement pas pris en compte.
Agressivité 99%Constructivité 35%Émotionnel 97%
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