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ActualitéWalloniemercredi 4 septembre 2024

Le projet de tram de Liège

Synthèse

Les intervenants ont critiqué la décision du Gouvernement de remplacer les extensions du tram vers Herstal et Seraing par des lignes de bus prioritaires, en demandant des précisions sur le tracé, les coûts réels, les dédits, l’indemnisation des sous-traitants et les conséquences pour l’emploi, les riverains et les usagers, notamment les personnes à mobilité réduite. François Desquesnes a répondu que le tram roulerait bien à Liège sur 11,5 km, mais que les extensions comportaient, selon lui, un risque élevé en raison d’un dossier de contractualisation incomplet, d’une position de négociation défavorable face à Tram’Ardent et de l’absence d’avis de l’AOT. Il a justifié l’abandon des extensions par un choix de mobilité jugé plus efficient, avec 15 km de bus en site propre ou prioritaire, un budget de 264 millions d’euros, une rénovation urbaine de façade à façade et une desserte élargie à 37 000 habitants contre 13 000 auparavant.

Débat · 14 interventions

  1. Monsieur le Ministre, je ne sais pas si vous avez conscience de l’incompréhension dans laquelle vous avez plongé toute une partie de l’agglomération liégeoise et des citoyens. Derrière la décision qui tombe comme cela et la volte-face, il y a des gens qui attendaient depuis longtemps – c’est peu de le dire – que ce tram arrive à Herstal et à Seraing. Il y a des citoyens, des commerçants, des étudiants et des entrepreneurs. Je vous demande juste une chose, Monsieur le Ministre: allez-vous venir les rencontrer sur le terrain? Quand cette situation est déclinée sur le terrain, il faut voir ce que cela donne pour le tram qui s’arrête net aux portes de Herstal et de Seraing. Demain, il y a une manifestation syndicale – vous ne l’ignorez pas – qui craint pour l’emploi local parce que cet arrêt a des conséquences indéniables sur l’emploi local. Allez-vous venir nous rencontrer? C’est incompréhensible – je suis bien placée pour le savoir – parce que, ce tracé, vous l’avez porté. Quand je dis «vous», c’est André Antoine, le cdH et, après vousmême, il y a encore quelques semaines, le MR dans le Gouvernement. Vous en connaissez tous les tenants et aboutissants. D’un coup, on l’arrête. Il faudra l’expliquer. Le seul argument que l’on a dans la presse, c’est le coût, c’est-à-dire que l’on ferait des économies. Je veux bien, mais j’ai besoin de précisions. Quel est le tracé précis? Sur Seraing, on ne sait pas du tout. Comparer deux tracés alors qu’on ne les a pas, c’est un peu compliqué et notamment comparer les coûts. Un autre élément que je voulais mettre en avant, c’est que l’on passe – j’ai scruté tous les chiffres, et l’on ne sait pas très bien combien on économise; 80 ou 120 millions d’euros? – de 56 millions d’euros au kilomètre à 9,5 millions d’euros au kilomètre. C’est un prix au kilomètre courant. Ce n’est pas le même projet puisque ce n’est pas un projet de tram. Comment arrivez-vous à passer de 56 à 9,5 millions d’euros? Vous n’allez pas rénover tous les espaces publics attenants et vous n’allez pas redéployer les quartiers autour. Les Sérésiens et les Herstaliens ont certainement raison: on va nous mettre simplement un peu plus de bus. J’aimerais des éclaircissements sur ces questions. Le dernier éclaircissement qu’il me faudrait, ce sont tous les coûts qui ne sont pas chiffrés et qui sont ceux de l’arrêt du chantier et les dédits des différents marchés qui ont déjà été passés. Comment va-t-on reboucher les trous à Herstal? Enfin, quid de tous les coûts indirects des citoyens qui ont investi et qui pensaient redynamiser un quartier, notamment via leur investissement?

  2. OD

    Monsieur le Ministre, de fait, l’annonce de la réorganisation de l’offre de transport public à Liège a suscité un vif émoi et soulevé de nombreuses questions que je vais vous relayer ici. Pouvez-vous nous préciser le cadre juridique et le cadre budgétaire du dossier? Un élément particulièrement important est de savoir quel est le contexte de la contractualisation qui n’aurait pas encore été faite avec Tram’Ardent par rapport à celle qui avait été faite avec le prestataire pour la construction et donc non pas avec l’exploitant. Confirmez-vous que, contrairement à votre prédécesseur, la décision s’appuie sur un avis de l’AOT? On parle aujourd’hui, de fait, d’une offre plus conséquente puisque plus d’habitants vont être concernés. Pouvez-vous nous donner des chiffres à ce sujet, notamment le coût par habitant? Beaucoup de citoyens nous posent des questions par rapport aux travaux. Pouvez-vous nous rassurer par rapport à un éventuel allongement de la durée des travaux? Plusieurs entreprises sous-traitantes du contractant principal sont inquiètes par rapport à la situation. J’en ai rencontré une récemment qui a déjà investi dans du matériel pour être sous-traitant de la réalisation. Pouvez-vous nous rassurer en matière de dédommagement et d’indemnisation? Avez-vous déjà pris des contacts à ce sujet avec les sous-traitants?

    Agressivité 72%Émotionnel 74%
  3. Monsieur le Ministre, je suis contrainte d’intervenir aujourd’hui sur la décision prise par votre Gouvernement: celle d’abandonner les deux lignes d’extension du tram à Liège – la première vers Herstal et la seconde vers Seraing – au profit de deux lignes de bus dites «prioritaires». Cette décision unilatérale, prise sans concertation avec les autorités locales, vous la qualifiez de «gagnante». À qui, réellement, votre décision va-t-elle profiter? Sûrement pas aux milliers de navetteurs, aux milliers d’étudiants, aux travailleurs, aux commerçants et aux touristes qui allaient pouvoir bénéficier de cette offre de transport tout à fait novatrice, structurante, efficace et moderne. Sûrement pas non plus aux personnes en situation de handicap qui voyaient dans cette nouvelle opportunité de transport une réelle facilité pour se déplacer d’un point A à un point B sans descendre du transport en commun et donc en toute autonomie. Monsieur le Ministre, les Liégeois et les Liégeoises se réjouiront aussi certainement de savoir que vous faites passer votre décision pour une économie aux yeux de tous, alors que votre décision va coûter bien plus cher à la Région wallonne: en termes financiers, en termes de mobilité, en termes d’environnement et au niveau de l’impact social et sociétal. Étant donné que vous semblez déjà parfaitement maîtriser votre dossier, j’ai quelques questions. Quel sera l’impact de votre décision sur les usagers et sur les usagers faibles? Quel sera l’impact de votre décision sur les travailleuses et les travailleurs ainsi que sur l’emploi en cité liégeoise? Quel sera l’impact de votre décision sur les riverains et les commerçants qui se situent déjà sur les extensions prévues au niveau du tram à Herstal et à Seraing? Enfin, je voudrais connaître aujourd’hui le montant exact de l’arrêt des travaux, le montant déjà versé aux sociétés qui travaillent sur les chantiers et les montants de compensation qui sont à prévoir. Je parle, par exemple, des montants à prévoir pour la société Galère.

  4. Monsieur le Ministre, le tram, j’en ai parlé quelques fois à cette tribune. Au moment où, sur le territoire de Liège-Ville, le tram commence à circuler – certes, à vide et pour des tests –, je ne m’attendais pas à devoir revenir ici pour discuter, entendre et commenter cette décision qui n’est certainement pas le scénario idéal. Le scénario idéal, c’était un réseau de transport structurant sur les deux rives, y compris la rive droite. En effet, ceux qui connaissent un peu Seraing savent que, relativement à la densité de population, l’immense majorité des personnes habitent en rive droite, alors que le tram roule en rive gauche. C’était la solution idéale. Sauf que, en 2011, il a été décidé – je ne vais pas faire l’affront de rappeler qui était aux manettes en 2011 et a pris la décision – de réaliser une liaison, une ligne de tram de Sclessin, sur le territoire de Liège-Ville, jusqu’à Coronmeuse, sur le territoire de Liège-Ville. Il a fallu attendre 2021 pour que votre prédécesseur, Monsieur le Ministre, grâce au Plan de relance européen, dégage 105 millions d’euros pour réaliser les travaux. C’était le budget annoncé, mais pas un mot ni sur les coûts d’exploitation ni de maintenance. En 2022, il nous a annoncé des délais, mais pas un mot ni sur les coûts d’exploitation ni de maintenance et donc les besoins de financement complémentaire. Fin 2023, il y a neuf mois, au moment des discussions budgétaires, on entendait: «Cent cinq millions d’euros, cela va être compliqué et cela couvrira juste les extensions vers Herstal. Pour Seraing, il faudra voir». Je crois que l’on nous annonçait 150 millions d’euros en plus. Si je compte bien, 255 millions d’euros, mais toujours pas un mot sur les besoins de financement complémentaire. En avril 2024, le Gouvernement précédent nous annonce qu’il a dégagé 355 millions d’euros, mais le ministre – votre prédécesseur – nous dit qu’il faudra encore trouver une solution avec Tram’Ardent pour les interconnexions, pour l’exploitation – avoir des rails, c’est bien, mais avoir un tram qui roule dessus, c’est encore mieux – et sur les financements complémentaires. Outre les considérations budgétaires, sur lesquelles je ne doute pas que vous reviendrez, ce qui m’intéresse en tant que Liégeoise – je parle au titre de l’agglomération –, ce sont les critères qui ont présidé au choix pour la mobilité des Liégeois. Dans la DPR, il était question d’analyser les investissements sous l’optique du coût-bénéfice, mais le coût-bénéfice est audelà du budget. Quels sont les coûts-bénéfices en matière de mobilité?

  5. Monsieur le Ministre, ce matin, j’ai emprunté le boulevard Zénobe Gramme et le chantier du tram que vous avez décidé d’arrêter. Pour information, le boulevard Zénobe Gramme se trouve à Herstal et non pas à Jemeppe. Parfois, vous confondez les deux. J’ai d’ailleurs amené un plan de Herstal si vous en avez besoin parce que, quand on prend des décisions qui impactent toute une commune, il faut savoir où cela se situe. J’ai donc emprunté ce boulevard et il y a deux mots qui me viennent : le gâchis et l’hypocrisie. Pourquoi l’hypocrisie? Parce que j’ai l’impression que vous débarquez. On va faire un peu de rappel puisque tout le monde ici a rappelé des dates et des chiffres. En 2019, c’est bien le Gouvernement MR-cdH – devenu Les Engagés – qui a signé le contrat de partenariat public-privé de Liège, le PPP, qui a donné tout le pouvoir à la multinationale qui a fait exploser les coûts, qui a demandé des augmentations à la Région wallonne, qui a pompé de l’argent public pendant cinq ans, qui a dit qu’il y avait le covid puis les inondations. Il y avait toujours quelque chose pour augmenter les coûts. C’est votre Gouvernement qui a passé ce contrat qui a permis à cette multinationale de faire ce qu’elle voulait sur le territoire liégeois. Le dernier Gouvernement, en 2019, s’est couché devant cette multinationale avec toutes ces demandes d’augmentation, notamment quand il a fallu faire les extensions et les connecter. C’est vrai que vous n’étiez pas dans ce Gouvernement, mais il y avait le PS, Ecolo et votre partenaire d’aujourd’hui, le MR. On voit que le MR était à deux étapes de ce chantier. Monsieur le Ministre, vous n’étiez pas là parce que vous étiez dans l’opposition et vous étiez avec une motion demandant au Gouvernement de financer et de garantir le financement de l’extension du tram vers Seraing. On a ici deux François Desquesnes: un qui est ministre et qui refuse de faire ce que le député François Desquesnes demandait à l’époque quand il était dans l’opposition. Que va-t-il se passer? Aujourd’hui, à Herstal, tout le boulevard est éventré et cela fait un an que les gens vivent dans les travaux. Que va-t-il se passer? Qui va payer? Combien cela va-t-il coûter? Une question cruciale est soulevée par les syndicats: allez-vous recourir aux partenariats public-privé, ceuxlà mêmes qui ont plombé les budgets pour le tram de Liège?

    Agressivité 47%Constructivité 37%Factuel 47%Émotionnel 49%
  6. FD

    Venant de votre part, cela m’honore, Monsieur le Ministre. Pardon, Monsieur le Président. J’ai dit qu’il fallait un certain temps d’adaptation.

    Agressivité 70%Émotionnel 74%
  7. FD

    Mesdames et Messieurs les Députés, je comprends l’émotion et l’émoi que ce dossier et la décision du Gouvernement suscitent légitimement ainsi que les questionnements de la population de la grande métropole liégeoise, des autorités locales, de l’ensemble des acteurs concernés et de vous-mêmes. Peut-être faut-il, sur quelques points, remettre les choses d’équerre et tout d’abord rappeler que, en 2025, le tram roulera à Liège sur 11,5 kilomètres. C’est un besoin qui était indispensable pour la métropole liégeoise, là où la densité de population et de services est la plus importante. Précisons aussi que ce tram est un investissement lourd et conséquent de la Région wallonne. Qu’il me soit permis, au travers de ma réponse, de saluer le travail de mes prédécesseurs, Carlo Di Antonio et Philippe Henry, qui ont permis que, en 2025, ce tram puisse rouler à Liège. Néanmoins, le coût budgétaire de cette opération est important: 1,175 milliard d’euros pour faire fonctionner ce tram, hors personnel et hors frais d’énergie, jusqu’en 2052. C’est donc un investissement conséquent pour l’une des deux grandes métropoles de la Wallonie. Quelquefois, on a un peu l’impression que le tram ne circulera pas, et il faut ramener les choses droites. Le deuxième élément, ce sont les conditions de gouvernance. J’ai entendu certains se gausser d’une motion que j’ai signée il y a presque un an. (Réactions dans l’assemblée) Au mois de janvier. Merci. Il ne vous échappera pas, chers collègues de l’opposition – j’y ai siégé pendant cinq ans –, que l’accès à l’information des parlementaires n’est pas le même que l’accès dont disposent les gouvernants, ce qui amène aux enjeux de gouvernance. Le 15 juillet, mon prédécesseur me transmet le dossier du tram et me dit: «Sur le tram, il y a la médiation, pour 79 millions d’euros. Il faut surveiller cela de près. Il y a un autre volet qui concerne les extensions, pour lesquelles il reste un contrat à signer, mais il faut le faire vite. Cela ne devrait pas poser de problème. Tout est en ordre, tout va bien». J’ai donc été un peu surpris parce que, le tram et les extensions du tram, c’est un tout. Pour les mettre en œuvre, il faut des travaux de voirie, des travaux d’aménagement public, mais aussi des travaux avec l’exploitation: les rames de tram, les conditions techniques, l’électromécanique et tout cela. J’ai constaté que mon prédécesseur avait estimé que les travaux pouvaient commencer en voirie, alors que l’autre partie du dossier n’était pas signée. Autrement dit, on s’engageait dans une voie de façon incertaine. Toujours en question de gouvernance, j’ai demandé l’avis de mes services et de l’OTW. Que m’ont-ils dit? «C’est un dossier avec un risque énorme – je parle de la négociation de l’extension – parce que, d’une part, c’est un autre mode de négociation que le partenariat publicprivé et que, d’autre part, on doit travailler avec le même exploitant, Tram’Ardent, qui est donc en position unique de seul contractant possible; position de force renforcée par la décision d’entamer les travaux. La position de négociation de l’OTW était donc très mauvaise, avec des risques clairement identifiés, y compris avec un impact sur la ligne principale. Cette analyse a été réalisée avec l’appui d’un cabinet d’avocats bien établi en place de Liège sur le plan juridique. Ensuite, je me dis que le conseil du Gouvernement en la matière, c’est l’autorité de régulation. Dans le décret sur les transports publics en Wallonie, il y a une espèce de pendant; on en a parlé tantôt à l’occasion des questions sur la ligne 82 du côté de La Louvière. Il y a, face au monopole qu’a l’OTW, une logique de régulateur. C’est un cadre légal qui existe depuis des années. D’ailleurs, dès qu’il faut modifier une ligne, même quelquefois de façon provisoire, l’avis de l’AOT, l’Autorité organisatrice du transport, logée au sein du SPW MI, qui offre une fonction de régulateur, doit être consulté. Pour les dossiers des extensions du tram de 5,5 kilomètres, dont le coût est de 630 millions d’euros, y compris la redevance pour l’exploitation pendant 25 années, un avis a-t-il été sollicité à l’AOT? L’AOT, que je sollicite, me dit: «C’est la première fois que nous sommes sollicités sur ce dossier». Comment comprendre, chers collègues, en termes de gouvernance, que, alors que pour de petites modifications l’autorité de régulation est citée, quand il s’agit d’une dépense d’investissement et de fonctionnement de 5 kilomètres de tram pour un coût budgétaire de 630 millions d’euros, l’avis de l’AOT ne soit pas sollicité? J’ai lu l’avis de l’AOT puisque je l’ai sollicité qui dit que c’est un mauvais choix parce qu’il ne convient pas aux besoins. Par rapport à la situation, avec les collègues du Gouvernement, nous avons examiné les alternatives pour faire un choix positif et un choix gagnant pour Liège et sa métropole qui le méritent. Le choix est celui de créer quelque chose qui soit adapté à ce que l’autorité de régulation nous dit. En fonction de la fréquence actuelle, et même en tenant compte d’une augmentation double ou triple des fréquences actuelles, tant vers Herstal que vers Seraing, c’est une ligne de bus en site propre ou prioritaire qu’il faut mettre en place, ce qui permet: - d’atteindre une vitesse commerciale équivalente à celle du tram; - trois fois plus de kilomètres de desserte puisque l’on passe de 5 à 15 kilomètres; - de maintenir un investissement urbain fondamental puisque – non seulement sur les 5 kilomètres, mais également sur les 15 kilomètres cette fois-ci – est inclus, dans le budget de 264 millions d’euros décidé par le Gouvernement wallon, une rénovation urbaine complète de façade à façade. Concernant ce dernier point, j’ai personnellement pris contact avec les quatre bourgmestres des communes concernées – car, même si Herstal et Seraing sont les plus concernées, la Ville de Liège et la Commune de Saint-Nicolas le sont également – de façon à dire, très clairement, que ce qui va être fait ou ce qui peut être fait sur les voiries le sera dans le cadre d’un groupe de travail spécifique avec chaque commune. J’ai donné l’instruction à mes services pour que les premières réunions soient programmées dans les prochaines semaines avec les autorités communales. Ce choix, plus efficace et meilleur pour la mobilité, correspond à un ratio coûts-bénéfices en termes de mobilité le meilleur possible et couvre davantage de populations, avec 37 000 habitants situés à moins de 500 mètres versus les 13 000 qui étaient prévus dans les 5,5 kilomètres des extensions du tram. À cela, il faut ajouter que nous aurons des bus électriques de même qualité environnementale que les trams. Par ailleurs, j’ai eu l’occasion de rencontrer la CEO de la SNCB qui m’a informé qu’il existait d’autres projets de mobilité, rive gauche et rive droite, que des lignes ferroviaires existaient et que la SNCB avait la volonté de développer l’offre suburbaine des trains S. Ce qui est important – et c’est mon job de ministre de la Mobilité –, c’est de faire converger l’ensemble des solutions avec le train, le tram à Liège, les lignes de bus en site propre et propriétaires, les radiales busway dont quatre sont prévues à l’horizon de l’année prochaine et de l’année suivante. Telle est la solution de mobilité que nous devons mettre en place dans l’intérêt des Wallons et des Wallons, des Liégeois, des habitants de la métropole et de tous ceux qui vivent et qui travaillent à Liège. Brièvement, sur le chantier, le choix du Gouvernement, à savoir des lignes de bus en site propre, colle avec le tracé partiel qui avait été déterminé pour les seuls 5 kilomètres de lignes de tram. Ici, on va partir sur 15 kilomètres en site propre. Sur les hauteurs de Seraing, on va aller jusqu’à Beauséjour. On passe dans des voiries communales. Là, ce seront des lignes prioritaires avec, par exemple, des feux qui se mettent au vert à l’approche des bus. Ces éléments, c’est un budget total de 264 millions d’euros, ce qui est une somme extrêmement importante. Par ailleurs, je rappelle – on est ici au Parlement de Wallonie – que l’objectif du Gouvernement wallon est de développer la mobilité et l’intermodalité sur l’ensemble du territoire wallon. Les besoins, il y en a partout. Bien sûr, dans les grandes villes, mais aussi dans les moyennes et petites villes ainsi que dans les campagnes.

    Agressivité 92%Constructivité 85%Factuel 90%Émotionnel 94%
  8. Si ce n’était pas aussi dramatique, j’en rirais. Il est impressionnant de vous entendre dire : « On ne savait pas. Maintenant, on a de nouvelles infos et, d’un coup, après 10 ans d’études, on change d’avis ». En effet, vous êtes mêlé au dossier depuis longtemps. Il est très drôle d’entendre dire: «Il faut de l’ambition. Ce n’est pas la solution idéale, et il faudrait être ambitieux. Alors, on arrête». De la part de l’un des partis politiques de la majorité, sérieusement? Qui va comprendre ceci: «Il faut être plus ambitieux. Donc, on arrête»? Quant à l’estimation que vous faites, je reviens sur le prix au kilomètre courant. Ce ne sera pas du tout un tram et une rénovation en profondeur avec tous les enjeux sociaux, sociétaux et de développement d’une métropole. Monsieur le Ministre, vous dites: «Regardez, c’est tellement beau, le tram roule à Liège», mais c’est un tram qui roule à Liège, qui s’arrête aux portes de Herstal et de Seraing et qui ne constitue pas le vrai squelette d’une métropole. En effet, un transport en commun efficace et performant du XXIe siècle, c’est le squelette d’une métropole. C’est gravissime! C’est vraiment dur de vous entendre dire: «Regardez, c’est tout mignon!»

  9. Un peu plus d’ambition pour la métropole liégeoise !

    Agressivité 91%Émotionnel 86%
  10. OD

    Je constate que l’on va avoir une offre de qualité pour plus de citoyens. Le chiffre est de 2,5 fois plus de citoyens, notamment sur la rive droite, du côté de Seraing, qui auront accès à ces transports, ce qu’ils n’auraient pas eu auparavant. C’est aussi, en termes de gouvernance, le fait d’avoir consulté l’AOT et surtout de ne pas avoir contractualisé tant que l’on n’avait pas d’avis de l’exploitant et de négociation avec l’exploitant. C’est de la bonne gouvernance. C’est aussi une réorientation intelligente de l’argent public puisque l’on diminue le coût par habitant d’un facteur impressionnant, tout en s’inscrivant dans une transition environnementale, en mettant plus de transports en commun pour plus de personnes, et ce, de manière continue.

    Agressivité 43%Constructivité 74%Factuel 57%Émotionnel 50%
  11. Monsieur le Ministre, vos réponses – vous vous en doutez – ne m’ont absolument pas convaincue. D’ailleurs, vous n’avez répondu à aucune de mes questions. Votre première décision si importante, sachez qu’elle fait mal aux Liégeois et Liégeoises ainsi qu’aux 300 000 habitants de notre métropole. Vous coupez tout simplement les ailes à notre redéploiement économique et urbanistique et au transport structurant auquel nous croyons tous encore aujourd’hui. Vous dites que le tram va rouler. Oui, nous allons avoir un tram, mais ni à Seraing ni à Herstal. Vous parlez de l’avis de l’AOT. Je veux bien le recevoir, si vous voulez bien, je vous donnerai mon adresse mail. L’AOT, en octobre 2023, avait validé le contrat de service public de l’OTW et donc les deux extensions. Jean-Claude Defossé va peut-être reprendre du service pour une nouvelle émission sur les travaux inutiles. Monsieur le Ministre, avec votre Gouvernement, vous aviez le choix entre des investissements ambitieux pour une métropole et des économies à court terme. Vous avez choisi les économies.

    Agressivité 54%
  12. Au final, vous n’aurez ni les économies – c’est certain – ni une mobilité structurante sur notre territoire wallon. Votre choix n’est pas un choix gagnant ; bien au contraire, c’est un choix qui va coûter cher.

    Agressivité 95%Émotionnel 88%
  13. Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour vos réponses. Comme je l’ai dit à la tribune, ce n’est pas le scénario idéal. Il n’est toutefois pas incompréhensible que l’on en soit arrivé là au vu de vos explications: - aucune concertation avec l’AOT, comme vous l’avez dit; - pas tous les budgets, comme je l’ai dit et comme vous l’avez confirmé, puisqu’il manquait toute une série de lignes budgétaires sur les financements complémentaires; - pas de contrat pour les connexions et pour l’exploitation, comme je l’ai dit aussi. Des rails, c’est bien; rien qui ne roule dessus, c’est plus compliqué et ce n’est pas une solution pour les Sérésiens et les habitants de Herstal. Depuis deux ans, le ministre Henry n’a pas arrêté de nous répondre: «Tout va bien!» Aujourd’hui, on vous reproche de l’avoir cru. Néanmoins, j’étais plus prudente, et aucun Liégeois ne me contredira, puisque, à de très nombreuses reprises, il nous a dit: «Tout va bien sur le chantier du tram à Liège», alors que rien n’a été. Il devait rouler en octobre 2022, et l’on se réjouit qu’il ait fait ses premières sorties en août 2024. J’étais plus prudente que vous. «Tout va bien», mais rien n’a été. Rien, ce n’est pas ce qui est mis sur la table. Rien, c’est ce que Seraing et Herstal ont eu jusqu’à maintenant. Maintenant, ils auront une solution. Ce n’est donc pas rien. (Réactions dans l’assemblée) Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs du Gouvernement, attention! En effet, il y a un autre dossier important pour Liège: le busway. Là aussi, la dernière fois que le ministre Henry nous a répondu, c’était: «Tout va bien». On verra aussi, au moment du budget, ce qu’il en est.

    Agressivité 96%Constructivité 91%Factuel 95%Émotionnel 97%
  14. Monsieur le Ministre, concernant votre projet de motion en tant que député, vous confirmez que, comme député, vous aviez des propositions qui ne tenaient pas la route, cela ne nous rassure pas comme ministre. Dans votre explication sur les surcoûts, vous avez aussi confirmé que le partenariat public-privé faisait exploser les coûts, donnait tout pouvoir à la multinationale et pouvait contraindre les pouvoirs publics à passer à la caisse. C’est ce qui a plombé le budget du tram. Ce sont vos partis – MR et Engagés – qui ont signé ce contrat de partenariat public-privé. On voit qu’en fait ce PPP est présent dans votre Déclaration de politique régionale à toutes les sauces. C’est votre politique. C’est ce que vous comptez mener comme politique. Les gens en ont marre de ce gaspillage et des travaux inutiles. Si votre plan est de continuer avec des PPP – vous n’avez pas répondu là-dessus –, on court à la même catastrophe qu’avec le tram de Liège.

    Agressivité 64%

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ActualitéWallonie16.11.23

Le retrait du plan de relance européen des extensions du tram de liège vers seraing et herstal

Le député dénonce les retards et l’arrêt des chantiers d’extension du tram vers Seraing et Herstal, estimant que les réponses précédentes du ministre contredisaient la réalité et révélant selon lui une mauvaise anticipation des coûts et de la connexion entre les lignes. Il critique plus largement l’échec du partenariat public-privé autour du tram de Liège, qu’il juge responsable du fiasco des délais et de la gestion du projet. Il s’inquiète enfin de la poursuite de cette logique de PPP dans d’autres projets du Gouvernement.

JLJulien Liradelfo · PTB Henry
Transports en communPlan de relance