L’action de la Wallonie dans la lutte contre l’antisémitisme
Christie Morreale a évoqué l’agression commise devant une synagogue à Liège et la hausse des signalements d’antisémitisme en Belgique et en Wallonie, en demandant un renforcement de la coordination et de l’arsenal législatif, ainsi qu’une meilleure mobilisation des niveaux de pouvoir. Yves Coppieters a condamné fermement ces actes, rappelé l’existence du Plan de lutte contre le racisme 2023-2026 et la préparation d’un futur plan dès 2027, tout en soulignant la coordination interfédérale déjà engagée depuis 2024 avec Unia et les associations juives. Il a également mis en avant l’action de la Wallonie en matière d’éducation à la mémoire et à l’esprit critique, notamment via l’ASBL Les Territoires de la mémoire, et a plaidé pour un renforcement de la coopération avec le fédéral.
Débat · 3 interventions
Monsieur le Ministre, Liège a vécu un événement terrible, un acte criminel devant une synagogue. À Liège, où le vivreensemble est tellement important, nous avons été frappés par cet acte et nous espérons que le ou les auteurs pourront être rapidement arrêtés. Néanmoins, force est de constater que, depuis 2024, il y a une augmentation de l’antisémitisme en Belgique et en Wallonie. En 2024 et 2025 – cela nous a été confirmé par le directeur d’Unia et par bien d’autres également –, le nombre de signalements, qui n’est jamais que la partie visible de l’iceberg, montre qu’il y a un problème et que nous devons augmenter notre vigilance. Nous, au sein de notre parti, qui avons été les pères fondateurs de la loi contre le racisme et l’antisémitisme, pensons qu’il faut renforcer les éléments pour améliorer la situation et pour faire reculer ces faits infractionnels, ces crimes, ces délits. En 2024, nous avions, aux niveaux fédéral, régional et communautaire, associé nos forces pour élaborer un plan spécifique contre l’antisémitisme. Nous avions, à l’époque, pris toute une série d’engagements qui devaient se poursuivre. Que pouvez-vous faire, au niveau du Gouvernement, pour améliorer la situation, pour prendre les choses à bras-le-corps, pour déterminer si la coordination dans la lutte contre l’antisémitisme est efficace, à l’instar de ce qui existe au niveau européen, par exemple dans la lutte contre l’islamophobie ou l’antichristianisme qui existe? Ces coordinations doivent bien fonctionner pour améliorer notre vivre-ensemble.
Agressivité 71%Constructivité 36%Factuel 46%Émotionnel 71%Madame la Députée, je condamne avec la plus grande fermeté tous les actes antisémites qui ont été commis. L’antisémitisme n’a pas sa place dans notre société. Les violences que vous relatez, dramatiques, intolérables, doivent faire l’objet de mesures et doivent nous mobiliser. D’abord, je voudrais avoir une pensée vraiment profonde pour tous les membres de la communauté juive à Liège et en Belgique. Au niveau de la Belgique, nous travaillons sur un Plan de lutte contre le racisme. Vous savez, un plan 2023-2026 est en cours d’évaluation. Ce plan compte 38 mesures et comporte des dimensions transversales dans la lutte contre l’antisémitisme. Dans le futur plan – c’est décrétal –, qui démarrera en 2027, on doit mettre un accent en particulier sur certaines dimensions. Comme vous le dites, on participe aussi à la coordination interfédérale. Depuis 2024, les différents niveaux de pouvoir – le Fédéral, les Régions et les Communautés –, les associations juives ainsi que les associations de lutte contre les discriminations – dont Unia – mettent en œuvre des actions coordonnées. Il est vrai qu’il y a également une coordinatrice de lutte interfédérale sur qui l’on devrait se reposer davantage. En outre, en Région wallonne, on a aussi une vision structurelle basée sur le renforcement de l’éducation. On travaille depuis plus de 15 ans avec l’ASBL «Les Territoires de la mémoire» que vous connaissez sans doute. Il s’agit d’une ASBL dont les travaux se concentrent sur la mémoire en lien avec la Shoah; elle travaille avec les jeunes dans les écoles et dans différents milieux de vie sur différents aspects: mener une réflexion, développer un esprit critique sur la propagande, sur les discours de haine et sur la montée des extrêmes dans la société actuelle. Il faut renforcer cette dimension éducative envers nos jeunes. Il faut mieux travailler avec le niveau fédéral et les autres niveaux de pouvoir pour une coordination plus forte. On doit également être encore plus ambitieux dans notre futur Plan de lutte contre le racisme.
Agressivité 60%Constructivité 43%Factuel 52%Émotionnel 52%Il est important pour nous de voir que vous vous associez à cette question et que vous êtes solidaire – comme nous le sommes probablement tous. Au-delà du choc, il faut qu’on adapte notre arsenal législatif ainsi que les réponses qui doivent être données. En effet, une des critiques formulées par la communauté de confession juive est que cette coordinatrice ne travaille pas à temps plein et qu’elle fait d’autres choses. Leur demande va dans ce sens: avoir une personne à temps plein et 10 personnes autour, dans le cadre d’une coordination entre le Fédéral et les entités fédérées. Il s’agit de faits qui les concernent, qui concernent l’antisémitisme avec ses particularités. Toutefois, s’ils le souhaitent, on pourrait également assurer un travail de coordination avec l’anti-islamophobie. L’antichristianisme pourrait éventuellement être ajouté aussi. Cela existe au niveau de l’OSCE. Au niveau européen, une autre formule existe. Malgré leurs spécificités, ces trois formes de discriminations se parlent et elles peuvent être travaillées ensemble. Je vous invite, Monsieur le Ministre, à vous réunir rapidement avec vos collègues fédéraux pour agir, pour déployer, pour adapter la législation et pour nous assurer que l’ensemble des citoyens qui vivent sur ce territoire puissent vivre en toute sécurité.
Agressivité 55%Constructivité 62%Factuel 48%Émotionnel 59%
Questions similaires
La recrudescence des violences homophobes
Geneviève Lazaron a alerté sur la recrudescence des violences homophobes visant notamment de jeunes hommes gays, en citant des faits divers récents et les chiffres d’Unia, et a interrogé le ministre sur les mesures de prévention, de sensibilisation et de coordination entre EVRAS, santé mentale, pouvoirs publics et plateformes numériques. Yves Coppieters a rappelé le contexte de la Pride Week et la Journée du 17 mai, souligné que plus de 35 % des plaintes liées à la dimension sexuelle concernent des violences ou du harcèlement, et indiqué qu’un travail est en cours sur une stratégie intrafrancophone d’intégration des personnes LGBTQIA+ avec plus de 40 institutions, en vue d’une note de gouvernement en juin. Il a aussi insisté sur le renforcement de l’EVRAS, sur la coopération entre niveaux de pouvoir, notamment le fédéral et les pouvoirs locaux, et sur la responsabilité politique collective de lutter contre ces violences. La députée a conclu en saluant la détermination du ministre et en rappelant que l’orientation sexuelle et l’identité de genre sont des droits fondamentaux en Belgique.
Les mesures à prendre pour empêcher les féminicides en Wallonie
Les députées ont dénoncé le féminicide de Daphné, 19 ans, et ont interrogé le ministre sur la protection réelle des victimes, la détection précoce des violences, l’accompagnement des auteurs et la pérennité des moyens accordés aux associations et refuges. Elles ont aussi demandé un bilan de la rencontre du 13 mars avec les acteurs de terrain et des garanties sur les subventions après 2025. Yves Coppieters a évoqué le financement de cinq collectifs en 2025, la continuité du Pôle de ressources de Liège, l’extension des dispositifs DIViCo en plusieurs provinces, le soutien à un numéro unique national et les « packs nouveau départ », tout en rappelant l’évaluation du plan intrafrancophone et de la loi féminicide de 2023. Les intervenantes ont salué ces avancées mais ont insisté sur l’urgence d’actions concrètes, d’un renforcement des moyens et d’une meilleure coordination, y compris au niveau fédéral.
L’action de la Wallonie contre les violences faites aux femmes
Les députées ont dénoncé l’ampleur des violences faites aux femmes en Wallonie, en citant notamment les féminicides, les viols, le harcèlement et les violences conjugales, et ont interrogé le ministre sur la pérennisation du soutien aux associations, l’agrément éventuel des conventions-cadres et l’adéquation des budgets. Yves Coppieters a rappelé les chiffres de prévalence, affirmé que la lutte contre ces violences constitue une priorité du Gouvernement et présenté plusieurs leviers: campagnes de sensibilisation, renforcement des structures d’accueil et d’accompagnement, maintien du numéro d’écoute, dispositif « Pack nouveau départ », plan DIViCo et coordination avec les autres niveaux de pouvoir. Il a aussi annoncé sa participation à la manifestation de dimanche et à une table ronde le 25 novembre, tout en soulignant que l’action dépend en partie d’une concertation interfédérale.
La lutte contre les violences conjugales
Les députées ont interpellé le ministre sur l’insuffisance des dispositifs de protection contre les violences conjugales et sur la nécessité d’agir plus tôt, notamment en renforçant l’accueil des victimes, la formation des policiers et des professionnels de première ligne, ainsi qu’en développant une réflexion approfondie sur le profil des auteurs de féminicides. Elles ont demandé des précisions sur les suites d’une rencontre avec les acteurs du secteur et sur la pérennité des subventions des structures d’aide. Le ministre a présenté les financements assurés en 2025 pour plusieurs collectifs, la continuité du Pôle de ressources de Liège et le déploiement de dispositifs interdisciplinaire DIViCo dans plusieurs provinces, ainsi que le projet d’un numéro unique à trois chiffres et de « packs nouveau départ ». Il a également évoqué l’évaluation du plan intrafrancophone, le futur plan 2024-2029 axé sur l’accompagnement des auteurs et la prévention des violences de genre, ainsi que l’évaluation en cours de la loi féminicide de 2023.
Les actions régionales de prévention et de soutien face au cyberharcèlement
Les intervenants ont dénoncé la montée du cyberharcèlement sexiste visant particulièrement les femmes en politique, avec des propos insultants, discriminatoires et humiliants relayés sur les réseaux sociaux, et ont souligné ses effets sur la santé mentale, l’autocensure et la participation politique. En réponse, le ministre-président a jugé ces violences inacceptables, a rappelé l’existence d’un volet consacré au cyberharcèlement dans la Déclaration de politique régionale et a évoqué la nécessité d’un contrôle renforcé des plateformes ainsi que d’une possible correctionnalisation de ces délits. Le ministre Yves Coppieters a détaillé plusieurs actions régionales: futur plan Genre et Droits des femmes, adaptation des textes anti-discrimination, mobilisation des acteurs de santé mentale, financement de plateformes provinciales, mise en ligne d’un site de ressources et lancement annoncé d’une campagne de sensibilisation auprès des jeunes. Bénédicte Linard et Vincent Palermo ont insisté sur la nécessité d’articuler prévention et sanctions, notamment par une action plus contraignante envers les plateformes et une coopération avec la police.