Les inondations au sein de la commune de hermée
Les intervenants ont évoqué les inondations récentes en Wallonie, en soulignant leurs conséquences pour les habitants, les agriculteurs, les indépendants et les services de secours, ainsi que leur caractère de plus en plus fréquent. Philippe Dodrimont a insisté sur le cas répétitif du village de Hermée à Oupeye et a demandé une analyse précise des causes, notamment via la cellule GISER, avant de définir des remèdes. Les réponses ministérielles ont mis en avant la nécessité d’actions préventives et concertées entre la Région, les communes et les gestionnaires de voiries, en combinant aménagement du territoire, urbanisme, mesures agricoles, gestion des avaloirs et des cours d’eau, zones d’immersion temporaire et plantation de haies. Les intervenants ont conclu qu’un traitement au cas par cas s’impose, les situations d’inondation présentant des causes différentes selon les sites.
Débat · 4 interventions
- RRyckmansEcolo
Monsieur le Ministre, de très graves inondations se sont déroulées la semaine dernière un peu partout en Wallonie, avec des conséquences désastreuses: pour les habitants d’abord, qui ont vu leurs caves et leurs maisons inondées; pour les agriculteurs, qui perdent des récoltes; pour les indépendants, et notamment le secteur HORECA, qui avait préparé la reprise de leur restaurant ou de leur terrasse; pour les services de secours, qui ont agi toute la nuit, les services de protection civile, les pompiers, que, d’ailleurs, je souhaiterais saluer pour leur implication. Ce sont des épisodes particulièrement graves. On ne peut pas éviter la chute de pluies torrentielles, mais ces événements ont tendance à se répéter. On constate, en effet, des événements de ce type de plus en plus fréquents. P.W. – C.R.I. N° 32 (2020-2021) – Mercredi 9 juin 2021 10 Comment faire pour les anticiper, les éviter? On peut imaginer un certain nombre de facteurs qui entraînent et amènent ces inondations graves. Il est question des dérèglements climatiques, qui amènent des masses d’air chaud, avec des précipitations très importantes, mais aussi les pratiques culturales, la disparition des prairies permanentes, des bocages, de tout ce qui opère une rétention des eaux et des sols. C’est aussi, relativement aux pratiques culturales parfois, les spéculations que l’on met en place sur les terres nues, tout comme le fait que l’on ait de grandes parcelles sans intercalaire et sans séparation. Tout cela a évidemment des conséquences importantes. Des moyens sont mis pour pallier l’urgence, mais je pense, de plus en plus, qu’il faut mettre en place des mesures préventives. Je voulais dès lors vous interroger, Monsieur le Ministre, en tant que Ministre de l’Agriculture et de l’Aménagement du territoire, sur ce qui est fait en matière d’aménagement du territoire parce que l’un des éléments possibles aussi de ses conséquences ou de l’existence de la gravité de ces épisodes, c’est l’urbanisation: on construit dans des zones avec aléas d’inondations, on bitume, on goudronne, on fait de la construction un peu à tout-va. Quelles sont, Monsieur le Ministre, les actions que le Gouvernement peut mettre en place de manière à éviter ces épisodes importants?
Agressivité 93%Constructivité 67%Factuel 75%Émotionnel 96% Madame la Ministre, je souhaite vous interroger peut-être plus directement sur les mêmes phénomènes décrits par Mme Ryckmans. Il est vrai que ces phénomènes d’inondations se répètent, parfois depuis plusieurs années, pour certaines régions. J’ai identifié la commune d’Oupeye, avec ce village de Hermée, qui est victime, je pense, pour la troisième fois, sur un délai assez bref, de ce phénomène d’inondations, de ces coulées de boue et de nombreux dégâts pour les habitants. J’aimerais savoir, Madame la Ministre, ce qu’il conviendrait de faire pour – parce que je pense qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs –, déterminer les causes de ces différents phénomènes d’écoulement, de ruissellement d’eau, être au fait de la responsabilité de ces différents phénomènes. Je sais que vous avez la tutelle de la cellule GISER, qui est compétente en matière d’érosion, de ruissellement, comme on le sait. Je pense qu’une analyse pointue des différents phénomènes auxquels l’on a assisté serait, à mon sens, une première réponse à donner, avant d’identifier les causes et avant de trouver – on l’espère –, tous ensemble, les remèdes à apporter pour que ces situations ne perdurent pas. J’aimerais savoir, Madame la Ministre, ce qui va être mis en place sur le terrain pour l’identification de ces causes, et puis, on l’espère, par la suite, comment nous allons pouvoir réagir pour améliorer la situation et apporter plus de sécurité à ces riverains, qui ne méritent pas, évidemment, de connaître à nouveau ces différents phénomènes particulièrement pénalisants. Merci par avance pour votre attention.
Agressivité 67%Constructivité 42%Factuel 47%Émotionnel 61%- RRyckmansEcolo
Je remercie les deux ministres pour leurs réponses, qui montrent que l’on ne peut pas empêcher ces pluies torrentielles, comme vous l’avez rappelé. Elles ont été d’une ampleur, pas inédite, mais l’ampleur des eaux et des boues a vraiment surpris. Par contre, pour éviter les conséquences désastreuses, des actions ont été lancées. C’est important que vous les ayez rappelées. Il faut aussi une action concertée entre la Région et les différents ministres du Gouvernement et les communes puisque les communes ont aussi des leviers possibles, tant en matière de permis et d’aménagement du territoire et d’urbanisme, mais aussi en matière agricole et en matière de gestion des voiries, parce que l’on évoque aussi la difficulté de déboucher les avaloirs, notamment, et de gérer les lits des rivières qui sont de plus en plus encombrés, notamment par des plastiques. Ce sont des éléments sur lesquels il faudra pouvoir agir et mettre des moyens importants, donner un cadre législatif et budgétaire pour atteindre l’intérêt général.
Agressivité 55%Constructivité 51%Émotionnel 65% Je voudrais à mon tour remercier les ministres pour l’ensemble des réponses. Beaucoup d’éléments à travers ces différentes réponses. On a bien fait d’insister sur le fait qu’il est question ici d’un problème qui concerne l’ensemble du Gouvernement et des compétences exercées par les ministres, du moins en rapport avec les phénomènes que l’on a identifiés. Je pense qu’évoquer les zones d’immersion temporaire, la plantation de haies, me semble être des éléments de réponse que l’on peut déjà apporter aujourd’hui au débat. On sait qu’il faut certainement aller plus loin, Mme Ryckmans l’a pertinemment évoqué. Je pense que les gestionnaires de voiries, l’ensemble des acteurs communaux et autres se doivent d’être mobilisés. Je pense aussi qu’il faut faire état d’une réponse, au cas par cas, puisque l’on a parlé de plusieurs phénomènes d’inondations sur l’ensemble du territoire wallon; il n’y a pas deux cas semblables dans les événements qui se sont succédé. J’aimerais aussi que l’on puisse évoquer un traitement au cas par cas par rapport aux difficultés connues sur le terrain. P.W. – C.R.I. N° 32 (2020-2021) – Mercredi 9 juin 2021 12 Merci à tous les deux pour les réponses qui ont été apportées.
Agressivité 60%Constructivité 76%Factuel 69%Émotionnel 58%
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